Al Gore va-t-il fondre ?

Par FLEMMING ROSE et BJORN LOMBORG

Al Gore voyage à travers le monde pour nous dire comment nous devrions changer fondamentalement notre civilisation à cause de la menace du réchauffement planétaire. Aujourd’hui, il est au Danemark pour disséminer le message. Mais si nous avions à nous embarquer sur le projet politique le plus cher jamais réalisé, peut-être devrions-nous nous assurer qu’il repose sur des bases solides. Il devrait être fondé sur les meilleurs faits, non seulement des faits qui arrangent. C’était pourquoi le plus grand journal danois, le Jyllands-Posten, avait décidé d’organiser une interview d'enquête de M. Gore.

Pour cela, le journal a pensé qu’il serait évident de s’adjoindre les services de Bjorn Lomborg, auteur de l’Ecologiste sceptique, qui a fourni les contre-arguments les plus significatifs au discours d’Al Gore.
L’interview a été planifiée depuis des mois. L’agent de M. Gore avait pensé hier qu’une rencontre Gore-Lomborg aurait été une bonne idée. Cependant, une heure plus tard, il est revenu sur sa décision en disant que Bjorn Lomborg devrait être exclu de l’interview pour avoir été très critique vis-à-vis du message de M. Gore au sujet du réchauffement global et pour avoir mis en question l’impartialité de M. Gore. D’après l’agent, M. Gore voulait uniquement des questions au sujet de son livre et documentaire, posées uniquement par un reporter. Ces demandes avaient été immédiatement acceptées par le Jyllands-Posten. Cependant, une heure plus tard, nous recevions un email de l’agent disant que l’interview est à présent annulée.

Que s’est-il passé ? On ne peut que spéculer. Mais si nous devions suivre les suggestions de M. Gore de changer radicalement notre façon de vivre, les coûts ne sont pas triviaux. Si nous changions lentement nos émissions de gaz à effet de serre sur le siècle en cours, l’ONU estime en fait que nous vivrons dans un monde plus chaud mais immensément plus riche. Cependant, le GIEC suggère que si nous suivions le chemin d’Al Gore vers une société obsédée par l’environnement, cela aura des conséquences importantes pour le monde, sans parler des plus pauvres. En 2100, M. Al Gore aurait laissé un terrien en moyenne 30% plus pauvre et ainsi moins capable de résoudre les nombreux problèmes auxquels nous aurons à faire face, changement climatique ou non.

Clairement, nous avons à nous poser des questions difficiles. Si le monde de M. Gore vaut vraiment le sacrifice ? Mais il semblerait qu’il est hors de question de poser des questions critiques. Ce serait bien de lui poser la question pourquoi il ne parle que d’une élévation du niveau des océans de 6 mètres. Dans son film, il montre des séquences effrayantes de la Floride, San-Francisco, New-York, les Pays-Bas, Calcutta, Bejing et Shangai inondés par 6 m d’eau. Mais est-ce que les niveaux de hausse réalistes ne sont pas assez dramatiques ? Le GIEC s’attend à seulement 25 cm d’élévation du niveau des océans sur ce siècle. De plus, cette hausse correspond à ce qui s’est passé sur les 150 ans passés. Est-ce que M. Gore trouve cela équilibré d’exagérer les meilleures données scientifiques disponibles d’un facteur de 20 ?

M. Gore affirme que le réchauffement global va favoriser la malaria et illustre son argument central avec l’exemple de Nairobi. Selon lui, Nairobi a été fondée précisément à un endroit qui était trop froid pour que la malaria puisse s’implanter. Cependant, avec le réchauffement climatique qui s’avance, il nous dit que la malaria fait à présent son apparition dans la ville. Cependant, cela contredit précisément les données de l’OMS. Actuellement, Nairobi est considéré sans malaria mais dans les années 1920, 30, quand la température était plus basse que maintenant, les épidémies de malaria se produisaient régulièrement. L’histoire de M. Al Gore est une histoire qui arrange mais n’est-elle pas contredite par les faits ?

Il considère que l’Antarctique est le canari dans les mines mais encore une fois, il ne raconte pas toute l’histoire. Il présente des images de 2% de l’Antarctique en train de se réchauffer de manière spectaculaire mais ignore que 98% du continent s’est largement refroidi depuis les 35 dernières années. Le GIEC estime que la glace de l’Antarctique va augmenter en poids pendant le 21e siècle grâce à plus de neige. De même, M. Gore pointe du doigt le rétrécissement de la glace de mer en Arctique mais ne mentionne pas que la glace de mer en Antarctique a augmenté.

Devrions-nous avoir peur de ces faits ? M. Gore raconte comment des températures plus hautes dues au réchauffement global tuent des gens. Il mentionne spécifiquement le cas de la vague de chaleur de 2003 en Europe qui a tué 35.000 personnes. Mais il laisse complètement de côté le fait qu’un réchauffement global signifie également moins de froid, ce qui sauve des vies. De plus, les morts dus au froid évités dépassent largement les morts dus à la chaleur. Pour la Grande Bretagne, il est estimé qu’il y aura 2.000 morts de plus à cause du réchauffement global. Mais dans le même temps, 20.000 morts de froid vont être évités. Pourquoi M. Gore ne raconte-t-il qu’une partie de l’histoire ?

Al Gore est en mission. S’il réussit, nous pourrions finir par choisir un futur, basé sur des affirmations douteuses, qui pourrait nous coûter, d’après une estimation de l’ONU, plus de 553 mille milliards au cours du siècle. Avoir des réponses à des questions difficiles n’est pas une attente déraisonnable avant que nous ne prenions son projet au sérieux. Il est crucial que nous prenions de bonnes décisions nécessaires pour relever le défi du réchauffement climatique. Nous y arriverons le mieux avec un débat ouvert et nous l’invitons à prendre du temps pour nous répondre. Nous sommes prêts à vous interviewer n’importe quand, M. Gore, et n’importe où.

Source.

Share on FacebookTweet about this on TwitterEmail this to someone
1.  Frédéric | 27/01/2007 @ 22:17 Répondre à ce commentaire

Dans son texte ci-dessus, Lomborg écrit :

dans les années 1920, 30, quand la température était plus basse que maintenant, les épidémies de malaria se produisaient régulièrement.

En fait, on ne peut même pas dire que Nairobi s'est réchauffé, comme l'a signalé le Professeur Reiter (cf. un article précédent)

Les séries de mesure disponibles officiellement sur le site de la Nasa ne sont pas compatibles entre elle: entre la première série 1870-1955 et la deuxième série 1950-2006, il y a un écart de +1°C à la jonction en 1950 (apparemment suite à un changement d'emplacement de station).

Si on enlève cet écart, qui n'a pas de raison d'exister, il est évident que la température actuelle n'est pas plus haute que celles dans les années 1900 ou 1930.

2.  venans | 29/01/2007 @ 8:53 Répondre à ce commentaire

bonjour a tous

je n’ai pas encore vu le film ,mais tellement entendu parler…

cela me fait penser au trou de la secu;plus il y a de mesures pour le boucher et moins c’est efficace !!

les mesures prises et a prendre seront elles vraiment de grandes utilitées

a vous lire merci pour votre article paul venans

a tous

3.  miniTAX | 29/01/2007 @ 11:20 Répondre à ce commentaire

Paul,
D’après le compteur Kyoto, les mesures prises ont coûté plus de 200 Milliards d’euro et auraient quand même permis « d’éviter » une hausse de 0,002 °C, quand même !

4.  Audrey | 29/03/2007 @ 15:01 Répondre à ce commentaire

N’IMPORTE QUOI !!!!!!
C’est facile de fermer les yeux et de continuer à vivre sans se soucier de ce qui va se passer! La vérité dans tout ça est qu’on est trop lâches pour changer notre mode de vie et faire en sorte qu’un avenir sûr soit à la disposition des générations futures.

5.  jelise | 30/03/2007 @ 22:31 Répondre à ce commentaire

#4

Cela ne sert à rien de s’énerver Audrey.

La vérité dans tout ça est qu’on est trop lâches pour changer notre mode de vie et faire en sorte qu’un avenir sûr soit à la disposition des générations futures.

Le problème principal c’est l’amalgame entre d’une part la pollution et d’autre part un prétendue réchauffement climatique d’origine humaine (anthropique).

S’il est légitime de luter contre la pollution, il est absurde, grotesque, voire criminel de dépenser un kopeck pour lutter contre cette chimère médiatique.
L’astuce dans cette affaire c’est qu’on a réussi à faire passer le gaz carbonique pour un polluant !

Il suffit de se renseigner un tant soit peu pour s’apercevoir que toute cette affaire de réchauffement climatique est une arnaque monumentale. Commencez par lire les rapports du GIEC par exemple pour vous rendre compte à quel point ce qu’on entend dans les média est loin de ce qui y est écrit.
Mais de nos jours, on ne prend plus le temps d’examiner si ce qu’on nous dit est vrai. On croit aveuglément… comme au Moyen-Age 😉

6.  Raoul | 3/04/2007 @ 21:06 Répondre à ce commentaire

jelise : Commencez par lire les rapports du GIEC par exemple pour vous rendre compte à quel point ce qu’on entend dans les média est loin de ce qui y est écrit.

Salut,
Tu peux résumer ce qui est écrit dans les rapports du GIEC s’il te plaît ? (l’essentiel en quelques lignes)

7.  jelise | 6/04/2007 @ 8:37 Répondre à ce commentaire

#6
Reporte-toi par exemple à mon post #25 de ce fil

8.  Raoul | 6/04/2007 @ 8:43 Répondre à ce commentaire

Jelise : Voici ce qui est dit dans le 2e rapport, à la page 22 : …

Salut Jelise,

Tu parles bien dans ce post du 2e rapport du GIEC (1995) ?

9.  Raoul | 6/04/2007 @ 11:42 Répondre à ce commentaire

Joseph Henry LaCasce … Naysayers are playing devil’s advocate or not qualified to discuss the science. “

The atmospheric C02 levels have been rising alarmingly fast since the early to mid-20th century, and the global mean surface temperature has been rising in tandem. There is no serious disagreement about these trends, because both C02 and temperature can be measured with high accuracy.

The C02 increase is due to anthropogenic forcing. The problem has been establishing that the temperature increase is linked to that in C02 and not, for instance, due to solar variability. This link has now been established, and this has really happened between the releases of the third and fourth IPCC assessments. The climate models are now sufficiently reliable to demonstrate a statistically significant difference between the current climate and one in which the C02 forcing is removed. This means we can now state that solar activity cannot account for the observed temperature increase; it is the C02, and hence anthropogenic activity.

One always likes to have debate on scientific questions, and the media in particular has been eager to present both sides. The striking thing about this issue though is that nearly all the scientists working in the field agree. This means that the (few) naysayers could be seen as mavericks. But the most serious among the naysayers are either playing devil’s advocate (to foster further debate, or for other reasons) or are really not qualified to discuss the science.

J. H. LaCasce is in the Department of Meteorology at the University of Oslo, Norway

10.  Raoul | 6/04/2007 @ 11:43 Répondre à ce commentaire

Bruce A. Wielicki … The final IPCC report carries an authority and depth far beyond that of any individual scientist or small group of scientists, no matter how gifted or experienced.”

Scientists are notoriously skeptical, individualistic, and do not tend to play “team” sports. As a result, they only engage in major efforts like the IPCC report in times of clear need. The IPCC process takes about 3 years, and involves nearly 1000 U.S. and international scientists in reviewing the scientific literature, writing chapter drafts, reviewing drafts, and editing and responding to reviewer comments. Scientific results are only connsidered which have survived rigorous peer review in scientific journals, and results from over 4500 journal papers were used and referenced in the previous IPCC report in 2001.

The reason for such a large effort is the fact that a thorough review and understanding of climate change requires scientific expertise across sciences including biology, chemistry, oceanography, atmospheric physics, sea ice and ice sheets, geology, paleontology, meteorology, radiation physics, and remote sensing from space. In most areas both observational and theoretical modeling expertise is required.

The final IPCC report produced every 5 years since 1990 carries an authority and depth far beyond that of any individual scientist or small group of scientists, no matter how gifted or experienced. Unfortunately, in the age of the internet, the number of voices with personal opinions is in fact almost endless. The IPCC report is designed to cut through the noise and summarize the current state of scientific knowledge on climate change. The conclusions of IPCC reports are typically supported and endorsed by all major scientific organizations in the U.S. including the National Academy of Sciences, the American Association for the Advancement of Science (the largest scientific organization in the world with 10 million members), the American Geophysical Union (45,000 earth scientists from 140 nations), the American Meteorological Society (12,000 members), and the U.S. Global Change Science Program which coordinates the U.S. climate change science effort across 13 agencies and departments, including NOAA, NASA, DoD, DOE, EPA, USGS. As far as scientific advice for policy relevant questions like global climate change, the IPCC is as good as it gets.

Bruce A. Wielicki, of NASA’s Langley Research Center, is Principal Investigator for CERES, a project that uses Earth-orbiting satellites to monitor how clouds affect our climate.

11.  Raoul | 6/04/2007 @ 11:46 Répondre à ce commentaire

John Kermond … There will always be a marginal fringe in most aspects of science.”

To comprehend the scientific consensus regarding global warming, you need to understand the process that the International Panel on Climate Change (IPCC) engages in.

Essentially, this is a regular (5 year) literature review. Teams of scientists world-wide review all of the climate peer-reviewed literature and write up summaries of their findings. The research reported in this literature has already undergone peer review before it was published.

The IPCC does another peer review. Further, the ensuing policy maker documents are then argued WORD FOR WORD by delegates from all of the nations. So when the IPCC reported in February 2007 that it is now “unequivocal” that humans are contributing to global warming, this is the language the delegates agreed to and this is what the literature is reporting.

There will always be a marginal fringe in most aspects of science. Statistically speaking, most researchers are content at the 99% or even 95% level of certainty. By design, this means that they may be wrong, but only at worst 5 times in a hundred.

John Kermond is a UCAR visiting scientist with NOAA’s Climate Program Office.

12.  Raoul | 6/04/2007 @ 18:05 Répondre à ce commentaire

En Inde, la tentative de sauvetage du Gange par les textes sacrés

A Narora, petite ville située au bord du Gange, il y a un rituel que les pèlerins n’osent plus accomplir. « Je préfère porter l’eau du fleuve à mon visage et la laisser couler le long de mes bras plutôt que la boire », explique l’un d’eux…

http://www.lemonde.fr/web/arti.....544,0.html

13.  Raoul | 6/04/2007 @ 18:19 Répondre à ce commentaire

#4 Audrey :
N’IMPORTE QUOI !!!!!!
C’est facile de fermer les yeux et de continuer à vivre sans se soucier de ce qui va se passer! La vérité dans tout ça est qu’on est trop lâches pour changer notre mode de vie et faire en sorte qu’un avenir sûr soit à la disposition des générations futures.

Entièrement d’accord.

Sorry, the comment form is closed at this time.