Le commissaire européen à l’Industrie met en garde contre « l’hystérie » climatique

[L'Europe a beaucoup de mal à remplir son rôle de leader écologique autoproclamé]


Guenter Verheugen, commissaire
européen à l'Industrie

Le commissaire européen à l'Industrie, Guenter Verheugen a averti contre l'hystérie dans le débat sur le changement climatique au moment où l'Union envisage de mettre des nouveaux objectifs plus sévères de limitation des émissions de gaz à effet de serre à un sommet cette semaine. Voix dissonante parmi les appels à rendre l'UE leader dans la réduction des émissions pour les décennies à venir, M. Verheugen affirme au journal allemand Bild am Sontag que bien que le changement climatique doive être combattu sur tous les fronts, l'UE "ne doit pas prendre des mesures basées sur l'hystérie".

Le commissaire allemand a également évoqué des "tendances étranges dans le début public, en disant que "il y a 2 ans, on parlait de 'travail, travail, travail', maintenant, c'est 'climat, climat, climat'". Il réitère sa crainte – exprimée récemment dans les plans de l'UE imposés à l'industrie automobile visant à réduire la pollution des voitures – qu'en essayant de mettre la barre environnementale trop haute, l'UE risque de perdre sa compétitivité face aux autres régions moins écologistes de la planète. "Notre tâche la plus importante sera de s'assurer que les USA, la Chine, l'Inde et la Russie s'engagent autant dans la protection du climat que nous".

Les mots de M. Verheugen reflètent bien la bataille politique actuelle au sein de l'UE sur la manière de concilier l'économie et l'environnement. Cette dissension risque de resurgir lors des prochaines réunions des leaders de l'UE Mardi et Vendredi destinées à débattre pour savoir s'il faut ou non mettre des objectifs obligatoires de réduction des émissions ou à déterminer la place des énergies renouvelables. La Commission Européenne, dirigée par Jose Manuel Barroso – récemment converti aux arguments économiques de la nécessité de combattre le changement climatique – pousse à fixer des objectifs concrets par peur que des engagements vagues vont saper la rhétorique environnementale de l'UE.

l'UE peine à respecter son
objectif de réduction des
émissions de CO2 de 8%
signé dans le cadre de
l'accord international de Kyoto

La semaine dernière, le chef actuel de l'UE, la Chancelière allemande, Angela Merkel, a dit que l'UE doit démontrer qu'il est possible d'être à la fois économique progressiste et écologiquement en avance et l'on s'attend à ce qu'elle pousse pour des objectifs ambitieux lors de la clôture du sommet en fin de semaine. Le quotidien allemand Handelsblatt rapporta lundi que Berlin veut que l'UE promeuve d'importantes réductions d'émissions de CO2 à long terme – 60 à 80% avant 2050 – et une réduction de 30% pour 2020.

Cependant, bien que cela va faire les gros titres autour du monde si l'UE parvient à mettre des objectifs long-terme serrés, le diable reste dans les détails, avec en arrière plan la menace de disputes entre gouvernements dès qu'il s'agit de marchander entre eux sur la charge que chacun devra porter. Les ministres de l'environnement de l'UE sont tombés d'accord le mois dernier sur une réduction de 20% d'ici 2020 mais l'UE peine déjà à respecter son objectif de réduction des émissions de CO2 de 8% signé dans le cadre de l'accord international de Kyoto.

Entre-temps, les pays tels que la Grande-Bretagne, qui a fait la promotion de son implication environnementale récemment, a également des problèmes. Le quotidien britannique the Guardian rapporte qu'un audit scientifique indépendant de la politique climatique du pays a prédit que la GB va être bien loin de ses objectifs de réduction de 30% d'ici 2020.

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