Mise à disposition des données climatologiques

[Les données de Jones qui font l'objet de la demande de divulgation ci-après sont à la base d'une des 3 séries officielles de température de surface utilisées en climatologie, notamment dans les modèles et dans les résultats du GIEC. Jones n'a jamais communiqué les données source, l'identification des stations de mesure et les méthodes de correction des îlots de chaleur urbains pour permettre aux autres chercheurs de vérifier sa méthodologie et l'incertitude des mesures. Désormais, c'est chose faite, mais c'est choquant de savoir que les données expérimentales ne sont mises à la disposition d'autres chercheurs que 16 ans après la première publication qui les utilise]



Un des gros problèmes dans la recherche en réchauffement climatique et en science en général, est que les données ne sont souvent disponibles que pour un cercle restreint. Les chercheurs ont tendance à réserver les données pour eux-mêmes et pour leurs collègues amis (qui rechignent à être critiques).

Le mois dernier, Steve McIntyre (à l'origine de l'affaire de la crosse de hockey) a commencé une bataille contre cela en envoyant une requête dans le cadre de la loi Liberté d'Information (Freedom of Information ou FOI) pour demander des données utilisées dans une étude importante sur le réchauffement global. L'étude avait été faite par Phil Jones (un chercheur réputé), de l'Université d'East Anglia. La requête de McIntyre a été refusée initialement par l'université. McIntyre a alors lancé une procédure d'appel à l'université.

Parallèlement, j'ai fait une requête pour une portion des mêmes données. La première fois, l'université a dit qu'ils vont traiter ma requête de la même manière qu'ils ont traité celle de McIntyre, ce qui est, selon moi, inapproprié. Alors, j'ai fait une ébauche de lettre de plainte au commissaire de l'Office Britannique de l'Information, envoyé cette ébauche à l'université pour leur demander s'ils pensent qu'elle est juste.

Hier, le 3 avril, McIntyre et moi avions reçu la nouvelle que l’université va fournir l'information que nous avons demandée. Plus de détails se trouvent sur le blog de McIntyre

Cela pourrait changer la manière dont les recherches sont conduites en GB. Le résultat devrait être à la fois 1) une meilleure qualité des travaux car les chercheurs réalisent que leurs analyses seront suivies de bien plus près que ce qui avait été fait auparavent et 2) une amélioration notable des interactions de la science. En d'autres termes, le changement potentiel pour la science en GB est vraiment énorme.

Pour ce que ça vaut, j'ai été impliqué de manière lointaine dans une autre requête FOI pour des données scientifiques. C'était la fameuse "affaire Gillberg" en Suède. Dans cette affaire là, les chercheurs ont combattu fermement la requête et avant que les données purent être examinées, ils les ont détruites : 100,000 pages couvrant 15 années de recherches ont été perdues.

Email de D.J. Keenan de http://www.informath.org

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1.  Murps | 8/04/2007 @ 19:40 Répondre à ce commentaire

Moi qui croyait que toutes les données des sciences de la terre étaient accessibles par tous les scientifiques qui en ferait la demande…

Apparemment ça n’est pas le cas.

Une naïveté de plus de ma part. Et une raison de plus de me méfier.

Cordialement.
Murps.

2.  florent76 | 4/09/2008 @ 10:07 Répondre à ce commentaire

A lire :

Loehle, C. 2007. A 2000-year global temperature reconstruction based on non-treering proxies. Energy & Environment 18(7-8): 1049-1058. Note: Les données de la Figure 1 sont disponibles dans un fichier CSV.

Loehle, C., and J.H. McCulloch. 2008. Correction to: A 2000-year global temperature reconstruction based on non-treering proxies. Energy & Environment 19(1): 93-100. Note: des données supplémentaires sont téléchargeables dans un fichier ZIP.

Une nouvelle reconstruction du climat montrant une structure cohérente a été réalisée en extrayant la trop forte dominance des données issues des cernes des arbres. La série montre l’optimum médiéval (Medieval Warm Period (MWP)) et le Petit Age glaciaire (Little Ice Age (LIA)) clairement avec le MWP qui est approximativement 0.3°C plus chaud que le 20e siècle sur la base de 80 sites.

Page web :
http://www.ncasi.org/publicati.....px?id=3025

3.  Marot | 4/09/2008 @ 10:38 Répondre à ce commentaire

Publication intéressante.

Un petit regret, qu’elle n’ait pas été publiée dans une revue à révision.

Mais cela n’infère pas de restriction sur son contenu.

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