Alerte, la planète se refroidit dans le passé

Le dernier Résumé du GIEC 2007 a décrit une hausse de température de 0,74°C sur 100 ans, soit plus de 25% de plus que la hausse de 0,6°C couramment citée lors de son 3e rapport d'évaluation de 2001 [1]. Un observateur attentif des derniers développements scientifiques du réchauffement climatique aurait trouvé cette hausse, qui passe pour "sans précédent" aux yeux des profanes, plutôt curieuse dans la mesure où la température globale dans l'intervalle de temps qui sépare les deux rapports n'a pas augmenté dans des proportions aussi importantes ou a même tendance à stagner si l'on se réfère aux températures fournies par les satellites.

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Courbe noire: Fig2-7 TAR 2001. Courbe bleue: Fig3.6, 4AR 2007. Animation GIF

En fait, si on compare les courbes de température établies en 2001 (en noir) et 2007 (en bleu), on se rend compte tout simplement que cette hausse annoncée par le GIEC est due moins à une augmentation de température récente qu'à une baisse de température passée et un décalage dans la période de référence. En quelque sorte, le GIEC a réussi à refroidir la planète au début du 20e siècle en torturant des données vieilles de 100 ans. L'on notera aussi sur le graphique l'incertitude des mesures de l'ordre de +-0,2°C qui rend caduque l'interprétation de toute fluctuation d'amplitude inférieure à ces ordres de grandeur, ainsi que les nombreuses inconsistances, même dans les années 90, entre les deux courbes qui sont sensées pourtant représenter le même passé.

Malheureusement, il est pour l'instant impossible d'en connaître la ou les causes car ces courbes sont fournies par la CRU (Climate Reseach Unit de l'Université d'East Anglia, Grande Bretagne) et Philip Jones, auteur principal au GIEC et l'un des 20 scientifiques [2] qui ont rédigé le Résumé pour Décideurs du GIEC2007. En effet, Jones s'est refusé depuis plus de 15 ans à rendre publique les données (température, description des noms des stations, algorithmes…) ayant permis d'établir ces courbes qui servent pourtant de référence au GIEC. Une des variables centrales de la climatologie ne respecte pas un des fondements de la science expérimentale moderne, à savoir la reproductibilité par des pairs, et l'on en est réduit à croire sur parole les courbes de température du GIEC.

Il y a deux semaines, Jones, suite à d'anciennes procédures de plaintes auprès de son Université, vient de rendre disponible une partie de ses données mais sans en donner la description en arguant des problèmes d'archivage. Cette affaire très embarrassante pour un acteur clé de la théorie du réchauffement climatique ayant de grandes responsabilités et des pouvoirs étendus au sein d'institutions prestigieuses ressemble fortement à celle de la crosse de hockey et on peut espérer pour le bien de la science qu'elle n'en restera pas là. Ceux qui souhaitent en connaître le détail et suivre le cours peuvent consulter le site ClimateAudit (1 , 2 , 3 , 4).

[1] "The updated 100-year linear trend (1906–2005) of 0.74 [0.56 to 0.92]°C is therefore larger than the corresponding trend for 1901-2000 given in the TAR of 0.6 [0.4 to 0.8]°C. The linear warming trend over the last 50 years (0.13 [0.10 to 0.16]°C per decade) is nearly twice that for the last 100 years." SPM 4AR 2007
[2] Piers Forster, Richard Somerville, Nathan Bindoff, Jens Christensen, Ken Denman, Gabi Hegerl, Bruce Hewitson, Eystein Jansen, Philip Jones, Peter Lemke, Gerald Meehl, Jonathan Overpeck, V. Ramaswamy, David Randall, Thomas Stocker, Kevin Trenberth, Hervé Le Treut, Jürgen Willebrand, Richard Wood, Francis Zwier. Coordinateurs-Auteurs principaux du Groupe de Travail I du GIEC 2007

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1.  miniTAX | 23/04/2007 @ 8:51 Répondre à ce commentaire

Frédéric,
Bon post! Par contre, vous ne comparez pas exactement deux choses comparables. S’il s’agit de température de surface combinée continent-océan (« Global annual combined land surface air temperature and SST » dans le jargon GIEC), c’est la figure 2.7 du TAR qu’il faut prendre et non la figure 2.1. Ca risque de ne pas donner la même chose même si à vue de nez, je soupçonne qu’il y a autant d’inconsistance, surtout le « refroidissement » suspect que le GIEC 2007 a donné « artistiquement » à 1900-1910.

Sinon, on remarque que la notion de « température globale » est totalement ridicule. On fait la moyenne entre la température des stations terrestre et la température de l’eau en surface des océans (SST). Autant additionner pomme et poire. En plus, cette SST a été mesurée encore jusqu’à dans les années 70 par un seau de prélèvement et un thermomètre à mercure (historiquement, les capitaines de bateaux à vapeur ont besoin de connaître la température de l’eau pour calculer le rendement de leurs machines et on a gardé pendant longtemps ce standard de mesure par seau d’eau+thermomètre). Bref, niveau précision, c’est minable. Et niveau couverture spatiale, pas mieux puisqu’on avait les mesures qu’au niveau des routes maritimes ce qui représente une surface minuscule par rapport à l’étendue des océans.
Le roi climatique est nu. Vive le roi.

P.S. On voit aussi sur le liste de 20 rédacteurs du Résumé pour Décideurs du GIEC 2007 un certain Jonathan Overpeck… celui là même qui a porté plainte devant la cours Suprême des EU contre l’EPA pour obliger l’agence à réguler le CO2 automobile. Bonjour pour l’objectivité.
La fraternité alarmiste est finalement pas si grand même si elle crie sur les toits qu’elle représente « le consensus » de milliers de climatologues.

2.  Frédéric, admin skyfall | 23/04/2007 @ 12:45 Répondre à ce commentaire

Bonjour,

Merci de m'avoir signalé l'erreur 😳
Ce sera corrigé dès que possible.

Edit: la correction a été faite.

3.  Barbapapa | 1/05/2007 @ 23:43 Répondre à ce commentaire

« L’on notera aussi sur le graphique l’incertitude des mesures de l’ordre de +-0,2°C qui rend caduque l’interprétation de toute fluctuation d’amplitude inférieure à ces ordres de grandeur »
Mais 0,74°C c’est bien plus important que 0,2°C ?

4.  dem | 12/02/2008 @ 17:59 Répondre à ce commentaire

Jones s’est refusé depuis plus de 15 ans à rendre publique les données (température, description des noms des stations, algorithmes…) ayant permis d’établir ces courbes qui servent pourtant de référence au GIEC.

Tel le « truc » du magicien, qui doit rester secret afin de préserver l’attention admirative de son public.

5.  Araucan | 14/11/2008 @ 23:47 Répondre à ce commentaire

Bidouillages à la NASA.
(traduction du dernier blog d’Anthony Watts du blog Whats up with that …)

En résumé, le 10 novembre le GISS publie les données pour le mois d’octobre (stations de surface). Une anomalie attire tout de suite l’attention de blogueurs affûtés (Sibérie) qui constatent que les températures de Septembre pour ces stations ont été recopiées pour octobre (voir également mon post n°30 dans la liste sur le vote en Californie, skyfal.free.fr/?p=281#comment-11109 avec les graphiques avant et après correction et la comparaison avec les données satellite).
Bien sûr des demandes de correction et d’explications ont été demandées
D’autres on commencé à regarder le reste des données en détail et à trouver des choses bizarres, comme par exemple les températures élevées sur l’arctique alors que la glace s’étend plus rapidement que les autres années…
En résumé, la discussion porte autant sur la qualité des données (cohérence) que sur la qualité du travail fait par le GISS , vérification des données, traitement de celles-ci et résultats obtenus. En gros, le GISS se défausse sur la NOAA…(National Oceanic and Atmospheric Administration)

QUESTIONS SUR L’EVOLUTION DE LA TEMPERATURE FOURNIE PAR LE GISS

Comparateur des données de températures du GISS pour les USA (d’après Zapruder)
La dernière fois que j’ai vérifié la terre n’avait pas modifié rétroactivement ses températures de surface. 😉
En réalité, les jeux de données subissent des corrections, telle la modification faite par le RSS pour améliorer la qualité des enregistrements par les satellites, consistant à regrouper les données fournies par plusieurs satellites. Toutefois, dans le cas de l(enregistrement des températures de surface, nous avons des stations de longue durée qui couvrent la majeure partie de la période ci-dessus et elles sont déjà été ajustées pour TOBS, SHAP, FILNET, etc par la NOAA avant d’être envoyées pour utilisation à des organismes tels que le GISS. Ces ajustements ajoutent principalement un biais positif.

Dans le récent fiasco sur la recopie des données (wattsupwiththat.com/2008/11/10/giss-releases-october-2008-data/), le GISS reproche à la NOAA d’avoir fourni des données défectueuses plutôt que reconnaître leur erreur de recopie des températures de septembre sur Octobre. Pour cetet fois, il est vrai que la sujet concerne la NOAA, mais dans une affaire où vous êtes le fournisseur d’un produit, les plus prudents des hommes d’affaires ont une approche du type « on arrête tout » quand il faut réparer un défaut sur un produit, plutôt de de blâmer le fournisseur. Le GISS fournit un produit pour une consommation publique partout dans le monde, et il me semble qu’il devrait supporter la responsabilité des erreurs qui apparaissent dans leurs propres produits.

Dans le cas ci-dessus, quelles sont les explications sur les modifications apportées ?

Le comparateur est également paru sur le site ICECAP
Merci au site http://wattsupwiththat.com/

6.  Frédéric, admin skyfall | 16/11/2008 @ 11:01 Répondre à ce commentaire

Araucan (#5), merci pour votre graphique, je l’ai déplacé ici.
Une autre courbe de température intéressante vient de la NOAA, avant et après « ajustement ». Etrangement, celui-ci consiste à augmenter la température alors que la correction de l’effet de bulle de chaleur urbaine devrait au contraire abaisser la température !

7.  Araucan | 16/11/2008 @ 14:46 Répondre à ce commentaire

Frédéric, admin skyfall (#6),

En ce moment, c’est vraiment chaud, si l’on peut dire :

– problèmes du traitement des données par le GISS/NASA (vérification, traitements, ajustements rétroactifs non explicités),
– stations de surface non fiables ( cf le dernier post d’Antony Watts wattsupwiththat.com/2008/11/15/giss-noaa-ghcn-and-the-odd-russian-temperature-anomaly-its-all-pipes/#more-4154, où on s’aperçoit que le réchauffement de la Sibérie en hiver proviendrait de réseaux de chaleur non isolés en surface…)
– mesures des températures des océans non fiables et recorrigées (earthobservatory.nasa.gov/Features/OceanCooling/ cité par joletaxi)

Voir également mon envoi skyfal.free.fr/?p=281#comment-11109
avec les cartes montrant les différences entre le 10 et le 12/11 ainsi que des données satellite…

ll y a beaucoup de différences et pas seulement en Sibérie (ex Amérique latine)

N’y avait-il pas déjà eu une polémique/réajustement des données satellite biaisées ?

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