La crainte de l’apocalypse

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LONDRES – Comme on pouvait s'y attendre, Al Gore, ancien vice-président des États-Unis, a donné un caractère apocalyptique au récent cyclone qui a ravagé la Birmanie. “L’année dernière,” a-t-il déclaré, “une tempête catastrophique a frappé le Bangladesh. L’année d’avant, le cyclone le plus violent des 50 dernières années a sévi en Chine… Nous assistons aux conséquences du réchauffement climatique annoncées par les scientifiques.”

Curieusement, Gore n’y a pas associé le tsunami asiatique de 2004, qui a fait 225 000 victimes. Son message, pas si subliminal que ça, était que ces catastrophes naturelles sont annonciatrices de la fin du monde.

Les croyances apocalyptiques ont toujours été un élément de la tradition chrétienne. Elles expriment l’aspiration ardente à un paradis sur terre, où le mal est détruit et les bons sauvés.

Dans leurs formes religieuses classiques, de telles croyances s’appuient sur des signes et des augures comme les tremblements de terre et les taches solaires, qui peuvent être interprétés, par référence à des passages bibliques, comme des présages de grand cataclysme et de purification. Ainsi, les moments apocalyptiques sont les produits d’un sentiment de crise : ils peuvent être déclenchés par des guerres et des catastrophes naturelles.

Il ne fait aucun doute que la pensée apocalyptique classique est bien vivante, surtout en Amérique, où elle se nourrit de fondamentalisme protestant et où elle est diffusée à grande échelle à l’aide de tous les médias modernes. Certains cercles proches de l’administration Bush, murmure-t-on, prennent les bouleversements actuels tel que le terrorisme comme une confirmation des prophéties bibliques.

On peut aujourd’hui affirmer
que d’importantes positions
scientifiques sont des convictions
religieuses plutôt que scientifiques

Dans sa forme laïcisée et pseudo-scientifique, la pensée apocalyptique a aussi été au cœur de politiques révolutionnaires. Dans son dernier ouvrage Black Mass , le philosophe John Gray commente la manière dont les doctrines politiques comme le marxisme se sont approprié la vision apocalyptique, en prophétisant la destruction du capitalisme comme prélude à l’utopie socialiste. Mais le messianisme politique était un rejeton de l’optimisme du XIXe siècle. Avec l’effondrement de cet optimisme, la croyance apocalyptique contemporaine met davantage l’accent sur la catastrophe et moins sur l’utopie.

Un exemple : dans son ouvrage Flat Earth News , le journaliste d’investigation Nick Davies nous reparle de la panique du bug de l’an 2000. Tous les journaux prédisaient que les systèmes informatiques allaient planter le 1er janvier 2000, et provoquer une fermeture mondiale. Le message caché était un refrain connu : ceux qui vivent de la technologie périront par la technologie.

Les comptes-rendus erronés de faits scientifiques sont désormais si courants que nous les remarquons à peine. Il est en revanche bien plus grave que la science elle-même se laisse infecter par l’esprit apocalyptique. Une science basée sur la foi est une contradiction dans les termes, car la vision scientifique du monde était apparue comme une remise en cause de la superstition religieuse. On peut pourtant aujourd’hui affirmer que d’importantes positions scientifiques sont des convictions religieuses plutôt que scientifiques.

Cela nous ramène à Al Gore et aux changements climatiques. La Terre s’est indiscutablement réchauffée au cours du XXe siècle (d’environ 0,7°C), ce que la plupart des scientifiques experts du climat attribuent largement aux émissions anthropiques de dioxyde de carbone. Si l’on ne fait rien pour réduire ces émissions, la température planétaire augmentera de 1,8 à 4 degrés au cours du prochain siècle. À un certain point de non-retour, le monde subira des déluges et des pestes dans le style apocalyptique le plus classique.

C’est le deuxième scénario de fin du monde de ces dernières décennies, le précédent étant la prédiction par le Club de Rome en 1972 que le monde aurait bientôt épuisé ses ressources naturelles. Les deux sont “scientifiques,” mais leur structure est la même que l’histoire biblique du déluge : la méchanceté humaine (dans le cas actuel, un matérialisme effréné) déclenche une désastreuse succession d’événements, qu’il est peut-être trop tard pour éviter. Tout comme les prophéties bibliques, les histoires scientifiques apocalyptiques semblent étanches à toute contestation, et sont constamment remodelées pour assouvir les soifs de catastrophe.

Les scientifiques tiennent les médias et les politiciens pour responsables, car ils utilisent leurs découvertes comme des promesses de salut ou des mises en garde contre un châtiment. Mais les scientifiques portent eux-mêmes une part de responsabilité, car ils ont changé des incertitudes en probabilités, traité des propositions contestables comme faits ordinaires et attaqué leurs détracteurs comme des hérétiques.

Le danger est que nous
devenions si infectés par
le virus de l’apocalypse que
nous finissions par provoquer
une vraie catastrophe

Il est notoire que les scientifiques détestent abandonner des conclusions auxquelles ils sont parvenus par des méthodes scientifiques reconnues, aussi erronées soient-elles. Mais leur intolérance face aux opinions qui ne sont pas les leurs est démesurément amplifiée lorsqu’ils se voient en capitaines de l’armée du salut, dont la mission est de purger le monde de ses habitudes maléfiques.

Aujourd’hui, c’est l’Occident qui impose une vision imaginaire apocalyptique au reste du monde. Peut-être devrions-nous nous adresser à l’Inde et à la Chine pour trouver des réponses sur la façon de traiter les dégâts environnementaux, au lieu d’utiliser le changement climatique comme un prétexte pour les priver de ce que nous possédons déjà. Comment les Chinois ressentent-ils leur tout nouveau matérialisme ? Leur structure intellectuelle leur permet-elle d’en tirer du sens ?

Le meilleur antidote aux marchands d’apocalypse est le scepticisme. Il nous faut être prêts à prendre sérieusement les incertitudes. Le réchauffement climatique est un fait. Mais la pensée apocalyptique déforme le débat scientifique et rend les causes et les conséquences de ce fait plus difficiles à expliquer, ce qui complique la manière de savoir comment aborder le problème.

Le danger est que nous devenions si infectés par le virus de l’apocalypse que nous finissions par provoquer une vraie catastrophe – l’effondrement de nos économies et de nos styles de vie – en essayant d’éviter un cataclysme imaginaire. En bref, si l’état d’esprit religieux mérite le plus grand respect, nous devons résister à la reconquête par la religion de matières qui doivent relever du domaine de la science.

Copyright: Project Syndicate, 2008.
Traduit de l’anglais par Bérengère Viennot

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651.  floyd | 14/11/2009 @ 11:21 Répondre à ce commentaire

Marot (#649),

On ne peut voir qu’un résumé, et pour l’instant le lien vers la version payante provoque une erreur.

652.  Marot | 14/11/2009 @ 12:57 Répondre à ce commentaire

floyd (#650), Merci pour le lien. Il est bon.

653.  Curieux | 14/11/2009 @ 13:21 Répondre à ce commentaire

the fritz (#648),

Le méthane fera un excellent gaz non conventionnels, certes moins énergétique que les gaz de pétrole et autres shales, mais vu les quantités supposées, ça compensera. Cf les chinois qui viennent d’en découvrir un énorme gisement dans les contrefort du Tibet.

654.  Pecqror | 14/11/2009 @ 22:56 Répondre à ce commentaire

Aprés le sondage des ricains, ou les croyants sur le réchauffement humaine était de 36%, la croyance sur les maisons hantées est de 37%
Maintenant les anglais
http://www.timesonline.co.uk/t.....916648.ece
Seulement 41% y croivent…
Quand ca veut pas, ca va pas!!

656.  floyd | 30/11/2009 @ 16:53 Répondre à ce commentaire

Le Nouvel Ordre du Pétrole

Ressource stratégique suprême, le pétrole le restera encore très longtemps, car, contrairement aux analystes simplistes sur la fin du pétrole, la planète regorge de réserves massives économiquement exploitables. Mais ces réserves d’un type nouveau se trouvent sur d’autres continents. De nouvelles puissances pétrolières émergent grâce à des technologies révolutionnaires.

Le marché du pétrole est en transition. La volatilité extrême des prix en est symptôme. L’explosion des prix en 2007-2008 était totalement indépendante de l’offre et de la demande, notamment de la fameuse demande chinoise. Elle s’explique essentiellement par la non-transparence des réserves des principaux producteurs et par l’incapacité de l’OPEP à réguler le marché. La stabilisation des prix nécessite un consensus entre consommateurs et producteurs et l’application de nouvelles règles : transparence et certification des réserves; soutenabilité environnementale. De ce point vue, la province canadienne de l’Alberta sera une superpuissance énergétique modèle.

Les intérêts stratégiques et économiques liés à l’émergence du nouvel ordre du pétrole sont immenses. L’objectif de ce livre est de permettre aux citoyens, aux investisseurs et aux dirigeants d’entreprises, de penser par eux-mêmes et de ne pas laisser influencer par des croyances irrationnelles et des explications simplistes. Le site http://www.newoilorder.com permet de poursuivre la réflexion.

Paul Michael Wihbey, Président de GWEST, Global Water & Energy Strategy Team, à Washington, est le conseiller stratégique de plusieurs gouvernants et entreprises en Amérique du nord et en Afrique dans le domaine de l’énergie. Les entretiens avec ce grand expert ont été réalisés en juillet et novembre 2008 par les journalistes suisses Anne Gaudard (24 heures et La Tribune de Genève) et Sébastien Ruche (L’Agefi), et par André-Valéry Bordes, directeur général d’Academy & Finance.

Alors que les médias n’arrêtent pas de nous dire que le pic pétrolier est déjà passé, voici un livre qui nous permettra d’avoir un autre point de vue.
Le livre devrait être disponible en français d’ici à l’année prochaine:
http://www.amazon.fr/Le-nouvel.....2970060264

En attendant vous pouvez toujours visiter le site http://www.newoilorder.com. Et qui sait peut-être que le père-noël nous donnera bientôt en cadeau une version électronique! 😉

Et pour les hérétiques, purs et durs, comme moi 😉 , voici une théorie différente sur la formation du pétrole:
http://en.wikipedia.org/wiki/A.....eum_origin

Je ne suis pas spécialiste sur le pétrole, et je ne peux me prononcer sur la validité de cette théorie non-biologique. Quelqu’un ici pourrait nous en dire plus?

657.  Marot | 30/11/2009 @ 17:52 Répondre à ce commentaire

floyd (#656),
On trouve du bon et du moins bon par google avec les deux mots :
pétrole abiotique

658.  floyd | 1/12/2009 @ 12:06 Répondre à ce commentaire

Voici un extrait du livre ‘Le nouvel ordre du pétrole’ (page 52-55):

AVB :…Ensuite, j’aimerais que vous expliquiez pourquoi ces réserves peuvent être produites à des coûts supportables. Il faudra bien sûr examiner les défis environnementaux posés par l’exploitation de ces nouvelles réserves non conventionnelles. Donc quelles sont les raisons de croire que les réserves sont disponibles et qu’il y aura une production à coût économique sans causer des dommages disproportionnés à l’environnement ? Pouvez-vous démontrer qu’il y a assez de pétrole en utilisant les chiffres récents ?

PMW : Le centre de gravité géographique des ressources et de la production s’éloigne du Golfe Persique. Ce déplacement est une conséquence de l’émergence de technologies qui permettent l’exploitation des ressources non conventionnelles, en particulier les sables et schistes bitumineux.
La meilleure illustration de ce changement est la province de l’Alberta dans l’Ouest du Canada. Fin 2003, l’Alberta avait 5 milliards de barils de réserves de pétrole. Puis, ses réserves de sables bitumineux ont été certifiées et auditées à hauteur de 174 milliards de barils. Il y a donc eu une augmentation de 5 à 179 milliards de barils du jour au lendemain des réserves de l’Alberta. Cette province s’est trouvée catapultée au rang de « premier détenteur de réserves auditées du monde ». A comparer avec la première place traditionnelle de l’Arabie Saoudite dont les 262 milliards de barils revendiqués n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante. Voici un changement tangible du centre de gravité. Un changement qui résulte de l’évolution de technologies innovantes dont le public, les politiciens, les officiels des gouvernements et les media ne savent pas grand-chose, du fait de l’échec de l’industrie pétrolière à promouvoir le développement et l’application de ces technologies, dont certaines peuvent être qualifiées de percées technologiques.
Ce déplacement symbolise le passage de l’ancien au nouvel ordre du pétrole. Décembre 2003, date à laquelle l’Alberta a considéré comme prouvées ses réserves de sables bitumineux, marque la naissance de cette nouvelle ère.
Le pivot géographique en est le bassin sédimentaire Ouest Canadien qui couvre 1,4 million de kilomètres carrés. Il est situé à cheval sur l’Alberta et le Saskatchewan. Et le pivot quantitatif en est la montée des ressources non conventionnelles : sables bitumineux, schistes bitumineux, GNL, méthane issu des couches charbonneuses.
De façon similaire, au Venezuela vous verrez des réserves qui seront certifiées à 236 milliards de barils en 2010. En ajoutant les réserves de pétrole extra lourd de la ceinture de l’Orénoque au Venezuela, qui est légèrement moins épais que les sables bitumineux de l’Alberta, à celles de cette province canadienne, vous obtenez 400 milliards de barils prouvés, certifiés, audités, tous situés dans l’hémisphère Nord. Ces 400 milliards de barils équivalent à 6o % des réserves que le Golfe persique prétend avoir. Soit la somme des réserves de l’Iran, de l’Irak, du Koweït et des Emirats Arabes Unis. La grande différence étant que ces 400 milliards sont audités, transparents. Ces nouvelles réserves ont un impact sur les décisions prises par les grands investisseurs. En prenant par ailleurs en compte la sécurité et un environnement politique sans risque au Canada, on comprend que des sociétés européennes comme Total, Shell, Statoil et BP aient investi massivement au cours des deux dernières années en Alberta et bientôt dans la province voisine du Saskatchewan. Et ceci au fur et à mesure qu’elles quittent des pays moins prometteurs et à haut risque.
L’Alberta Economic Forum qui se tiendra à Genève en mai 2009 avec la participation du Premier d’Alberta Ed Stelmach sera l’occasion de réaffirmer le potentiel et les opportunités d’investissement de l’Alberta.

SR : Mais ces technologies sont-elles suffisamment matures ?

PMW : Ces technologies très sophistiquées doivent être conformes à certaines réglementations environnementales et cette évolution prend du temps. Elles n’ont commencé à être appliquées que depuis 10 ou 15 ans. Mais au cours de la prochaine décennie, elles deviendront standard. Et naturellement, elles permettront d’accroître le volume et la qualité de la production. Le Ministère américain de l’Energie a documenté en détail ces technologies émergentes. Nous savons donc qu’il y a une nouvelle offre pétrolière, qui n’est donc pas du brut conventionnel léger, qui arrive. Ce à quoi nous sommes en train d’assister, c’est à une révolution qui modifiera profondément le marché global du pétrole, mais une révolution qui n’a pas encore été pleinement reconnue par Washington. Il n’y a pas eu de compréhension de la façon dont le marché est en train de changer ni de la façon dont ces nouvelles offres arrivent sur le marché et ou de la façon dont elles vont avoir un effet sur les prix. Ces nouvelles offres vont pouvoir satisfaire toute la demande de pétrole projetée au cours du XXIe siècle.
Les Américains ont d’importantes réserves de schistes bitumineux à l’Ouest des Etats-Unis, que le Ministère de l’Energie estime à 1200 milliards de barils. Ily a 32 milliards de barils de sables bitumineux, principalement en Utah. Le domaine de la Green River, d’une surface de 16000 miles carrés, à cheval sur l’Utah, le Colorado et le Wyoming, contient le plus grand gisement de schistes bitumineux au monde. Le Ministère de l’Energie estime qu’il y en a 750 milliards de barils à l’Ouest des Etats-Unis avec une densité de 25 gallons ou plus par tonne, qui peuvent être produits avec la technologie actuellement disponible (15 gallons par tonne est le minimum requis pour que l’extraction soit rentable). Selon le Ministère, un effort coordonné de l’industrie et du gouvernement permettrait de lancer une nouvelle vague d’exploitation dès 2011 qui permettrait de produire 2 mbpj en 2020 avec une capacité de production maximale de 10 mbpj (donc dépassant le niveau de production de l’Arabie Saoudite et égal à 50 % de la consommation américaine journalière). Le secteur privé est très intéressé à exploiter cette ressource. Les schistes bitumineux peuvent être produits avec un minimum d’impact sur l’environnement grâce aux nouvelles technologies. Par exemple, Raytheon, un fournisseur américain dans le domaine de la défense, et CF Technologies, ont développé une méthode d’extraction à partir de micro ondes de fréquence radio utilisée pour les missiles intercontinentaux pendant la Guerre Froide. Cette méthode consiste à chauffer la couche, à faire fondre les schistes et à en extraire le pétrole liquide. Les avantages sont : moins de consommation d’électricité, moins de dommages en surface et une meilleure protection des eaux souterraines. Selon Raytheon, cette technologie permet de récupérer 4 à 5 barils de pétrole pour chaque baril consommé au lieu de 1,5à 3 barils dans d’autres procédés in situ. Le délai de production pourrait n’être que de 4 mois alors que les technologies avancées d’extraction prennent un à deux ans pour chauffer et extraire la matière. Cette nouvelle technologie est révolutionnaire. Début 2008, Raytheon a annoncé avoir vendu cette technologie à Schlumberger.
La révolution dont je parle ne se limite pas aux pétroles non conventionnels. De nouvelles sources massives de pétroles conventionnels arriveront sur le marché dans un avenir proche.
Un exemple : le Golfe de Guinée. Le Nigeria, selon des estimations internes, détient jusqu’à 160 milliards de barils de réserves conventionnelles (soit plus que les réserves prouvées additionnées du Venezuela et du Koweït) alors que les estimations officielles sont aujourd’hui de 35 à 36 milliards de barils. Et ces réserves sont probablement de la meilleure des qualités de brut du monde. Aujourd’hui, le Nigeria est en train de rénover et de restructurer son secteur énergétique en créant une nouvelle compagnie pétrolière nationale et en établissant des méthodes transparentes. Les institutions financières auront confiance dans les investissements au Nigeria et permettront aux opérateurs locaux – par opposition aux grandes multinationales -d’opérer sur le continent. L’essentiel de ces réserves ne sont pas offshore mais situées à l’intérieur des terres, dans le delta du Niger et ses environs, où le pétrole est très facile et peu coûteux à exploiter. Pour l’heure, les conditions de sécurité ne sont pas suffisantes, des problèmes de financement subsistent et les Nigérians doivent encore moderniser leur compagnie nationale.

659.  floyd | 1/12/2009 @ 12:19 Répondre à ce commentaire

Deuxième extrait (page 120-122):

LE PÉTROLE NON CONVENTIONNEL ET LES PRÉOCCUPATIONS ENVIRONNEMENTALES

SR : Avec les pétroles non conventionnels n’y a-t-il pas tout de même un sérieux problème environnemental ? L’opinion publique pense que le pétrole lourd et les sables bitumineux sont sales. Et il est probable que les gouvernements n’iront pas contre l’opinion de leur population. Pensez-vous que cela pourrait empêcher le développement de la production de pétrole non conventionnel?

PMW : La même chose était dite au sujet des forages offshore. Les préoccupations environnementales furent exprimées à propos de la contamination des zones environnantes. Mais la technologie et la gestion des puits ont réduit ces préoccupations à tel point que les populations sensibles à l’environnement en Floride et en Californie sont maintenant favorables au forage offshore. Actuellement certains ont intérêt à promouvoir les énergies alternatives. D’autres voudraient éliminer tous les carburants fossiles. En Allemagne par exemple il y a eu un débat pour savoir si ce pays devrait avoir un objectif de réduction de 40 % de ses émissions de gaz carbonique en 2020. Mais au même moment l’Allemagne projetait de construire 26 nouvelles centrales électriques à charbon et de fermer ses centrales nucléaires. En effet, on ne peut pas se débarrasser purement et simplement des carburants fossiles. Par exemple l’éthanol à base de maïs n’est pas un substitut viable pour l’essence pour un certain nombre de raisons incluant les prix, les besoins de surface agricole et
ses propres émissions de gaz carbonique, qui sont importantes. Une approche réaliste devrait employer toutes les sources d’énergie : pétrole, gaz naturel, charbon, nucléaire, éolien et énergie solaire selon les circonstances. Tous les nouveaux camions diesel aux Etats-Unis depuis 2007 ont des moteurs qui éliminent pratiquement totalement l’émission de particules polluantes. La nouvelle technologie a clairement permis au diesel d’être utilisé comme carburant propre. Audi estime que ses voitures diesel propres attireront les consommateurs plus que les véhicules hybrides. La technologie est vraiment la clef ainsi que l’acceptation de l’idée que nous avons des quantités de pétrole suffisamment abondantes, différents types de fournisseurs et de ressources.
On est largement revenu en Europe de l’idéalisme de la réduction des émissions de 50 % parce que ce n’est pas un objectif réaliste et atteignable dans un espace de temps aussi court. On ne peut pas éliminer les carburants à base de pétrole du jour au lendemain. Il devrait y avoir une approche réaliste qui combine toutes les sources d’énergie. Il y a un rôle pour le pétrole, il y a un rôle pour le nucléaire, il y a un rôle pour le solaire selon les circonstances et les besoins des différents consommateurs. Mais simplement déclarer comme l’a fait George Bush que l’on peut détacher l’économie américaine du pétrole de façon relativement facile et remplacer le pétrole par l’éthanol et d’autres biocarburants n’est pas réaliste.

AVB: Mais l’électricité peut aussi être utilisée pour les transports, n’est-ce pas? On peut mettre de l’électricité dans sa voiture, électricité qui peut avoir été produite à partir d’énergie solaire, éolienne, nucléaire…

PMW: Il y a beaucoup de problèmes avec les voitures électriques aux Etats-Unis. Combien cela va coûter de produire l’électricité supplémentaire ? D’où va venir cette électricité ? De plus les systèmes de transmission de l’électricité aux Etats-Unis sont surchargés. Il faut en effet rénover toute l’infrastructure des systèmes de transmission de l’électricité. Combien cela va-t-il coûter ? Combien de temps cela va-t-il prendre ? Quand General Motors a montré sa voiture électrique à Détroit, il y a eu une énorme publicité autour de cet évènement mais, pour amener la voiture dans le hall de la conférence, les gens de General Motors ont dû la pousser car elle n’était pas opérationnelle !

SR: Pensez-vous que les Etats-Unis développeront le nucléaire dans un avenir proche ?

PMW: Il y a de nombreux problèmes pour produire plus d’électricité. Vous devez construire des centrales nucléaires aux Etats-Unis ce qui, je pense, est une très bonne idée. De toutes les solutions je pense que c’est la meilleure car c’est une solution viable.

660.  chria | 2/12/2009 @ 14:31 Répondre à ce commentaire

Je poste ce lien ici parce niveau catastrophisme avec rien, et niveau simplification de l’infos c’est fort.
Ah oui j’aime bien : pour éviter toutes ces catastrophes, une solution-clef, réduire nos émissions de CO2.
Clair, net et précis, le parfait manuel du sauveur de l’humanité, rédemption offerte.
http://www.clicanoo.com/index......ge=article

661.  Araucan | 3/12/2009 @ 0:04 Répondre à ce commentaire

Pour contre balancer le catastrophisme associé au RCA

662.  Astre Noir | 3/12/2009 @ 15:51 Répondre à ce commentaire

Araucan (#661),

Oui, mais si vous pensez que les gens boivent, fument et mangent trop parce qu’ils sont angoissés par le réchauffement climatique, qu’ils n’ont pas d’activité physique parce qu’ils fait trop chaud à cause du RCA, que les problèmes de manque d’eau potable, d’hygiène sont dus au RCA, vous vous rendez compte que le principal risque de morbidité est bien le RCA !!!

J’rigole, mais je pense qu’il y a bien des greenpisseux qui doivent le penser réellement

663.  Araucan | 3/12/2009 @ 22:19 Répondre à ce commentaire

Astre Noir (#662),

Je vous décerne le prix du raisonnement circulaire ! 😉

664.  floyd | 11/12/2009 @ 10:58 Répondre à ce commentaire

Marot (#649),

Voici la version complète du rapport 2009 de l’Agence internationale de l’énergie:

http://rs649.rapidshare.com/fi.....look09.rar

665.  floyd | 16/12/2009 @ 11:24 Répondre à ce commentaire

‘Le Nouvel Ordre du Petrole’ de Paul Michael Wihbey est disponible en version électronique:
http://rapidshare.com/files/32.....trole.djvu

666.  Marot | 16/12/2009 @ 11:30 Répondre à ce commentaire

floyd (#664),
Grand merci.

667.  the fritz | 16/12/2009 @ 13:23 Répondre à ce commentaire

Comment passer de 1100 Gb de réserves soit 35 ans de production au rythme actuel (la production, ou consommation, mondiale d’hydrocarbures liquides est d’environ 85 Mb/j, ou 31 Gb/a) à 120 ans soit 3800 Gb comme annoncé par certains (estimation la plus optimiste pour des données de ressources ultimes)
D’abord il faut dire que sur le diagramme de Freddy Hutter , qui mélange des hydrocarbures de toute origine, si l’on fait abstraction de quelques prévisions farfelues, la moyenne se situe plus près de 3000 que de 3800 Gb ; mais voyons ce qu’il a derrière ces chiffres.
Pour commencer, il ne faut pas confondre réserves et ressources ; les réserves où l’on distingue en général prouvé et probable, sont ce que l’on peut raisonnablement espérer produire ; concernant les ressources , auxquelles on associe habituellement le terme « d’ultimes », ce sont l’ensemble de la dotation mondiale, toute origine confondue et surtout intégrant le pétrole déjà consommé.( http://www.energybulletin.net/node/50793)
Aux 3800 Gb il faut donc retirer les 1100 Gb déjà consommés
( http://www.theoildrum.com/node/2186) ; il reste donc 2700 Gb à comparer aux 1200 Gb de réserve d’huile conventionnelle restant à produire de nos jours et que l’on peut comparer effectivement aux 1000 Gb affichés comme réserves dans les années 80. La différence de 1500 Gb de ressources ultimes entre les années 80 et 2009 peut se détailler de la façon suivante :
– la réévaluation des réserves de l’OPEP (300 Gb) lors de l’attribution des quotas de production, réserves spéculatives pour lesquelles on peut émettre de réels doutes
– les réserves d’huiles extra lourdes ( principalement Venezuela) et grés bitumineux du Canada ( 500 Gb) ; réserves déjà connues dans les années 80, mais non comptabilisées comme telles à cause de leur coût d’extraction .
– les gains technologiques : récupération assistée, forages horizontaux (250 Gb )
– les découvertes à venir : onshore et offshore peu profond, mais surtout mer profonde et arctique ( 200 Gb) http://www.theoildrum.com/node/5395
– Cela fait une somme de 1250 Gb ; après on peut rajouter les oil shale ou schistes bitumineux, jusqu’à 1200 Gb pour les plus optimistes.

Il y a donc des réserves sûres qui sont basées sur le pétrole conventionnel, et pour lesquelles tout le monde s’accorde sur un chiffre voisin de 1100 Gb, et puis il y a des réserves additionnelles, qui sont fonctions de nombreux critères :
– évolution économique
– prix du baril
– évolution technologique des moyens d’extraction
– développement des autres sources d’énergie
– évolution politique et pression écologique, etc……

Pour résumer, on dispose de 35 ans de production de pétrole conventionnel au rythme de la consommation actuelle; on peut espérer, grâce aux avancées technologiques et découvertes futures, prolonger cette période de 15 années supplémentaires, mais avec un coût d’extraction déjà bien supérieur; après on développera les huiles non conventionnelles avec des coûts d’exploitation multipliés par quatre et des impacts environnementaux qui auront leur prix aussi ; mais de toute façon, même en optimisant l’extraction de ces dernières réserves, on sera loin des 120 années de production qui alimentent les rêves de certains.

On peut lire une mise à jour récente de Jean Laherrere ici

http://aspofrance.viabloga.com.....-part1.pdf

668.  Alain Bernard | 22/12/2009 @ 2:23 Répondre à ce commentaire

L’article qui est à l’origine de cette interminable discussion ne vaut pas beaucoup mieux qu’un monologue philosophique de bistrot !

Il faut redescendre sur terre.

L’exposé de Paul Michael Wihbey de GWEST et son nouvel ordre du pétrole est un autre délire.

La mise au point de The Fritz (667) parait plus réaliste et raisonnable.

De toute façon, il faut prendre conscience qu’un siècle ce n’est absolument rien dans l’histoire de l’humanité. C’est à peine plus qu’une vie d’homme.
Le problème de l’énergie n’est pas celui de générations futures. il nous concerne tous, et dès aujourd’hui.

669.  Marot | 22/12/2009 @ 18:31 Répondre à ce commentaire

Alain Bernard (#668),
Comment se fait-il qu’il y ait autant de papiers délirants ou aberrants dans ce domaine ?

Les experts ne seraient-ils que des clowns ?

670.  floyd | 23/12/2009 @ 10:31 Répondre à ce commentaire

Alain Bernard (#668),

L’exposé de Paul Michael Wihbey de GWEST et son nouvel ordre du pétrole est un autre délire.

Quelle est argument profond! Vous avez lu son livre? Vous pouvez nous en dire plus?

671.  the fritz | 23/12/2009 @ 11:39 Répondre à ce commentaire

Marot (#669),
tout comme pour les climats, les journalistes ne racontent que des conneries; mais à l’inverse du climat, les experts dans le domaine du pétrole ne sont pas des fonctionnaires, mais des salariés des grandes boites, généralement à la retraite pour pouvoir parler plus librement

672.  Marot | 23/12/2009 @ 13:33 Répondre à ce commentaire

the fritz (#671),
Je ne me fiais pas aux journalistes mais aux dires d’experts.
Je vise le rapport de l’AIE
et l’exposé de Paul Wihbey.
Dans les deux l’influence journalistique me paraît négligeable.

P. S. Je lis vos interventions avec grand intérêt.

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