G8 : Un dollar de plus pour le climat, un dollar de moins pour la santé

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Les pays du G8 se sont engagés à consacrer six milliards de dollars aux nouveaux Fonds d’investissement pour le climat. Mais ces sommes seront prises sur le budget de l’Aide au Développement et réduiront d’autant les programmes sanitaires et éducatifs dans les pays les plus pauvres.

Agence IRIN (ONU), 11 juillet 2008

La décision des pays membres du Groupe des huit (G8) de détourner les fonds de leur Overseas Development Assistance (ODA) pour aider les pays pauvres à s’adapter au changement climatique a été vivement critiquée.

Les huit pays industrialisés se sont également retrouvés sous les feux de la critique pour n’avoir pas fixé d’objectifs à court et moyen termes en vue de réduire leurs dangereuses émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique.

« Ce [détournement des fonds de l’ODA] est une nouvelle catastrophique : chaque dollar prélevé sur les fonds de l’ODA au profit de l’adaptation au changement climatique est un dollar de moins consacré [aux programmes] sanitaires et éducatifs dans les pays en voie de développement », a prévenu Antonio Hill, conseiller principal en politiques à Oxfam, l’organisme d’aide au développement britannique.

Les pays du G8 se sont réunis cette semaine à Hokkaido, au Japon, où ils se sont engagés à consacrer six milliards de dollars, dans le cadre de l’ODA, aux nouveaux Fonds d’investissement pour le climat (FIC), qui doivent se composer de deux fonds : l’un contribuera à fournir des technologies propres, l’autre à renforcer la capacité d’adaptation des pays pauvres. Ces deux fonds seront gérés par la Banque mondiale.

Le Groupe des cinq, qui représente les économies émergentes que sont la Chine, l’Inde, le Brésil, le Mexique et l’Afrique du Sud, et s’est réuni parallèlement au forum du G8 au Japon, a pour sa part appelé à l’instauration de « nouveaux […] mécanismes financiers novateurs » pour mobiliser des fonds « supplémentaires » sans devoir détourner les fonds de l’ODA et d’autres ressources multilatérales destinées à réduire la pauvreté.

Pour Oxfam, les fonds qui doivent être consacrés aux FIC sont « une goutte d’eau dans la mer » : l’organisme a fait remarquer qu’il faudrait 800 millions de dollars rien que pour couvrir les besoins immédiats de l’Ethiopie en matière d’adaptation au climat.

L’organisme d’aide au développement a également souligné le déséquilibre financier qui existe entre les FIC du G8 et le fonds d’adaptation des Nations Unies. Les FIC s’étaient déjà attiré la désapprobation de la société civile à l’approche du sommet d’Hokkaido : en effet, les sommes de chaque fonds seront versées sous forme de prêts, ce qui, selon diverses organisations non-gouvernementales (ONG) telles qu’Oxfam, constitue une violation du Principe pollueur-payeur (PPP).

Le PPP est globalement reconnu comme un principe général du droit international sur l’environnement ; il s’agit en outre d’un des principes fondamentaux de la politique adoptée par la Communauté européenne dans le domaine de l’environnement.

Une vision « pathétique » pour le long terme

Au dernier sommet du G8, à Heiligendamm, en Allemagne, les pays riches avaient convenu d’envisager, comme objectif global, une réduction d’au moins 50 pour cent des émissions d’ici à 2050, par rapport au niveau atteint en 1990.

« Confirmer les résultats du sommet de l’année dernière, à Heiligendamm, n’est guère une issue remarquable », a déclaré Kim Carstensen, directeur de l’initiative sur le climat mondial, menée par l’organisation non-gouvernementale (ONG) World Wide Fund for Nature (WWF), qui lutte pour la protection de l’environnement.

« Si peu de progrès après une année entière de réunions ministérielles et de négociations… Non seulement il s’agit là d’une occasion manquée, mais [ces engagements] sont dangereusement loin d’apporter ce dont on a besoin pour protéger les populations et la nature du changement climatique », a-t-il estimé.

Le monde a jusqu’au sommet de Copenhague (Danemark) sur le changement climatique, qui se tiendra en décembre 2009 ; cette rencontre devrait voir l’adoption d’un nouvel accord de réduction des émissions de gaz à effet de serre, qui devrait entrer en vigueur après 2012.

Un nouvel accord doit être conclu car la première phase d’engagement du protocole de Kyoto (adopté par les pays développés en 1997 pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, une substance nocive, et aider les pays pauvres à réduire les leurs) s’achève en 2012.

Pour les scientifiques et les écologistes, il n’y a plus de temps à perdre. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), un organe scientifique intergouvernemental formé par l’Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), a suggéré une réduction de 25 à 40 pour cent d’ici à l’an 2020 pour éviter une hausse de deux degrés Celsius de la température mondiale.

Une telle hausse détruirait en effet 30 à 40 pour cent des espèces connues, et provoquerait des vagues de chaleur et de sécheresse à plus grande échelle, plus violentes et plus fréquentes, et des événements climatiques plus intenses, tels que des crues ou des cyclones.

Au dernier sommet des Nations Unies sur le protocole, en décembre 2007, M. Hill d’Oxfam avait fait remarquer qu’au moins quatre membres européens du G8 avaient reconnu la nécessité de réduire leurs émissions de 25 à 40 pour cent d’ici à l’an 2020.

Mais « le Canada, les Etats-Unis et le Japon prennent le monde en otage sur les objectifs pour 2020 ; et les populations pauvres en paient le prix », avait-il expliqué.

Pour les Etats-Unis, qui ont refusé d’adopter le protocole de Kyoto, les économies en développement telles que la Chine ou l’Inde, qui comptent parmi les principaux émetteurs de gaz nocifs du monde, devraient elles aussi procéder à des réductions obligatoires.

D’après M. Hill, les pays du Groupe des cinq ont déclaré qu’ils étaient disposés à procéder à une réduction obligatoire de 50 pour cent des émissions d’ici à l’an 2050, si les pays riches acceptaient de réduire leurs émissions d’au moins 25 à 40 pour cent, par rapport au niveau atteint en 1990, d’ici à l’an 2020.

« Le G8 est responsable de 62 pour cent du dioxyde de carbone accumulé dans l’atmosphère de la terre, il est donc le principal coupable de l’évolution du climat et représente le plus gros du problème », a estimé M. Carstensen de WWF.

Les scientifiques ont d’ailleurs appelé à des réductions de 80 à 95 pour cent par rapport au niveau atteint en 1990, d’ici à l’an 2050.

Le Royaume-Uni, conformément à un accord bilatéral conclu avec l’Afrique du Sud cette semaine, a annoncé qu’il était prêt à s’engager à procéder à cette réduction plus stricte des émissions de gaz, de 80 à 95 pour cent, d’ici à l’an 2050.

« Pour y arriver, les émissions mondiales doivent atteindre leur maximum et diminuer dans 10 à 15 ans, et les pays riches doivent réduire leurs émissions de 25 à 40 pour cent d’ici à 2020. Or, ces impératifs, d’une importance cruciale, ne figurent pas dans le communiqué du G8 », a noté M. Carstensen.

Selon M. Hill, les négociations devront se poursuivre au prochain sommet majeur des Nations Unies sur le climat, qui aura lieu en Pologne, en décembre prochain.

Source: IRIN

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1.  Marot | 14/07/2008 @ 7:37 Répondre à ce commentaire

Tout cela me parait très cohérent.

Un objectif majeur de la technocratie onusienne et de plusieurs groupes se prétendant écologiques est la diminution de la population.

Celle-ci sera en partie atteinte par la réduction des aides sanitaires qui entrainera plus de mortalité.

Le premier grand succès de cette politique avait été l’interdiction du DDT qui a provoqué des millions de morts par maladies parasitaires.

La cohérence est maintenue.

2.  jeff hersson | 14/07/2008 @ 9:09 Répondre à ce commentaire

Honteux de voir autant d’argent gaspillé dans cette gabegie, pendant que des chercheurs pleurent de l’aide pour la recherche contre le SIDA ou le paludisme…
Effectivement, c’est une vision très malthusienne qui me fait avoir des nausées…

3.  maurice | 14/07/2008 @ 9:21 Répondre à ce commentaire

grâce au G8 les pauvres pourront continuer de mourir les pieds au sec, merci le G8 et la FARCE !

4.  joletaxi | 14/07/2008 @ 11:33 Répondre à ce commentaire

Dans un article paru sur climats,je lisais un commentaire d’un tenant de la thèse réchauffiste,qui expliquait à propos de la chute marquée des t° sur certaines zones,qu’il ne fallait pas tirer des conclusions dans un sens ou un autre, d’événements ponctuels,mais qu’il fallait s’en tenir à examiner une tendance globale sur une période suffisamment longue.J’ai vaguement l’impression d’un changement dans le discours.
Ceci m’interpelle, comme il est de bon ton de le dire…
En dépit de tous les aléas à propos de la fixation d’une t° globale,a-t-on une idée précise de la tendance de celle-ci ces dernier mois?D’autre part, est-il fondé ce continuer à croire que l’augmentation continue de la concentration des GES,doit nécessairement conduire à une pente ascendante de la t° globale,sans qu’il ne puisse y avoir de « rémission » temporaire?Et si c’était le cas, quel justification est-elle avancée dans ce cas?
Merci d’avance aux correspondants amicaux de me donner quelques pistes

5.  Curieux | 14/07/2008 @ 11:50 Répondre à ce commentaire

Bof, quand un bout de banquise s’effondre en Antarctique, c’est un signe alarmant du RC anthropique, mais que la tendance depuis 11 ans soit à la baisse des T° ou que l’Antarctique est atteint sa plus grande extension jamais mesuré avec 1 000 000 de Km2 de plus (~10%) ça compte pour du beurre… ce n’est plus une FARCE mais une escroquerie.

6.  cocaaladioxine | 14/07/2008 @ 13:15 Répondre à ce commentaire

Bonjour Jo,

habituellement en climatologie, on considère qu’une tendance ne peut s’établir que sur plusieurs années (au moins 10, je dirais). Il existe toujours des alarmistes pour essayer de faire ressortir l’un ou l’autre fat divers dans le sens du RC, mais perso je préfère me fier à des indicateurs globaux plutôt qu’à des anecdotes locales.

Certains modélisateurs pensent qu’il existe un effet de rétroaction négatif sur le climat qui pourrait mener à une saturation de la hausse des températures, mais je crois qu’il n’y pas beaucoup de preuves allant dans ce sens à l’heure où je vous parle.

Concernant curieux, je vous rappelle que les températures ont bel et bien augmenté en moyenne ces 11 dernières années – n’oubliez pas que 1998 était une année anormalement chaude, due au phénomène el nino le plus fort du siècle. Comme je vous l’ai déjà dit (d’ailleurs) l’extension de l’antarctique est prévue par les théories du RC – au passage, l’albédo total, lui, diminue d’année en année.

7.  laurent | 14/07/2008 @ 13:49 Répondre à ce commentaire

l’albédo total, lui, diminue d’année en année.

Affirmation gratuite, comme d’habitude…
On mesure très mal l’albédo total sur l’ensemble du spectre. Les meilleures mesures satellitaires actuelles ne permettent pas de dériver une tendance significative.

8.  REDBARON 17 | 14/07/2008 @ 14:37 Répondre à ce commentaire

« Le G8 est responsable de 62 pour cent du dioxyde de carbone accumulé dans l’atmosphère de la terre, il est donc le principal coupable de l’évolution du climat et représente le plus gros du problème », a estimé M. Carstensen de WWF. »

Raisonnons un peu.

Le CO2 dans l’atmosphère c’est 0,038 %.
La part anthropique du CO2 de l’atmosphère serait de… 3 % de 0,038 %…
Vous m’arrêtez si je me trompe…
Soit 0,00114% de CO2 produit par les activités humaines.
Le G8 serait donc responsable de 62 % de 0,00114% de CO2 dans l’atmosphère.

Damned ! 0,0007068 % de CO2 dans l’atmosphère… Salopard de G8 !!!

Mais que fait l’ONU ?!!!!

Vite alertez le GIEC…!!!!!!!!!!

9.  cocaaladioxine | 14/07/2008 @ 14:37 Répondre à ce commentaire

Bah, je veux bien vous donner les références mais vous me direz que ce n’est pas assez précis, ou encore écrit par des partisans du réchauffement.

Etes-vous par contre d’accord avec l’idée que la superficie globale de banquise diminue ?

10.  laurent | 14/07/2008 @ 15:31 Répondre à ce commentaire

Bah…. tu ne peux pas donner de références…. car il n’y en a pas qui démontrent que l’on peut mesurer une tendance se dégageant du bruit de mesure.
La mesure de l’albédo global est une problématique que tu ne connais pas (comme la plupart des choses dont tu essaie de causer…)

La surface de la banquise n’est qu’un des facteurs qui jouent sur l’albedo global.

11.  Curieux | 14/07/2008 @ 15:51 Répondre à ce commentaire

Pout, pout, pout mon pauvre vieux elle augmente.

Et la fonte du Pôle Nord, (1 000 000 Km2) de plus qu’en 2007, je croyais que c’était pour cette année ?
PS, allume vite bougies et radiateurs et démarre tes 4×4, tu ‘as plus qu’un mois et demi pour te refaire.

12.  cocaaladioxine | 14/07/2008 @ 16:38 Répondre à ce commentaire

Je sais mon cher petit curieux, que chaque fois vous me sortez ce graphe en prétendant que la surface totale de la banquise a augmenté ces 30 dernières années, alors que la tendance montre nettement une baisse… Si vous regardez bien ce graphe, vous verrez que la surface totale diminue à un rythme moyen de 600 000 km2 par décennie… (régression linéaire à l’appui)

Pour la banquise arctique, je vous ai déjà dit qu’il vaut mieux attendre. Pour justifier ce point de vue, je vous conseille d’aller voir la distribution spatiale du pourcentage de glace sur cryosphere, par rapport à 2007… Vous pouvez y voir d’énormes superficies très pauvres en glace, mais rentrant toujours dans le calcul de l’étendue spatiale. Soyons donc patients et attendons la fin de l’été…

Je pense a priori qu’on devrait avoir une chute assez rapide si l’énorme bloc au nord des US continue à fondre comme ça.

13.  Curieux | 14/07/2008 @ 19:43 Répondre à ce commentaire

Je sais mon cher petit curieux

Coco, je ne suis ni ton cher, ni ton petit. La seule et unique raison que j'ai de te répondre, c'est que j'adore te botter le cul, bien que soit un peu facile. Donc…

Si je suis votre, comment dite vous, régression linéaire, on a 600 000 km2 de banquise en moins par an pendant 30 ans soit -600 000 Km2 x 30 ans = -18 000 000 Km2.
L'Antarctique actuel à aujourd'hui 1 000 000 Km2 de plus que ces 30 dernières années ce qui nous donne l'égalité suivante :

-600 000 Km2 x 30 ans = -18 000 000 Km2 = +1 000 000 Km2.

****

14.  Curieux | 14/07/2008 @ 19:46 Répondre à ce commentaire

Correction,
-600 000 Km2 x 3 décades = -1 800 000 Km2 = +1 000 000 Km2.

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15.  Sirius | 23/07/2008 @ 21:33 Répondre à ce commentaire

Une autre niaiserie :

Le Royaume-Uni, conformément à un accord bilatéral conclu avec l’Afrique du Sud cette semaine, a annoncé qu’il était prêt à s’engager à procéder à cette réduction plus stricte des émissions de gaz, de 80 à 95 pour cent, d’ici à l’an 2050.

Pourquoi pas 100% un coup parti?

16.  Araucan | 23/07/2008 @ 22:17 Répondre à ce commentaire

Ben, les anglais auront encore le droit des respirer après ça ?

: 🙂 :

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