La pseudo-révolution verte

par Bjørn Lomborg

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COPENHAGEN – Les pressions de la récession mondiale mettent en danger l’ardeur des mesures sur le réchauffement climatique. Ce n’est pas un détail, car dans un peu plus d’un an, se tiendront à Copenhague les discussions internationales pour parvenir à l’accord qui remplacera le décevant Protocole de Kyoto. Les gens perdant travail et revenus, le soutien immédiat à l’économie semble compter davantage que d’éventuels écarts de température dans 100 ans.

Nombre d’experts environnementaux ont pourtant commencé à dire que la crise financière rend d’autant plus sensible le besoin de mesures pour lutter contre le réchauffement climatique. Ils pressent le futur président d’Amérique, Barack Obama, de déclencher une “révolution verte” en investissant massivement dans les énergies renouvelables. Ils mettent en avant la création de millions d’emplois de “cols verts” et l’ouverture de nouveaux marchés importants qu’elle représenterait. On n’est pas surpris de voir ces convictions relayées par les dirigeants d’entreprises qui vivent de ces subventions. Mais ces requêtes profitent-elles intelligemment à la société?

Le hic dans le choix de la révolution verte, c’est qu’on ne s’encombre pas de préoccupations d’efficacité. Le plus souvent, cette révolution est portée aux nues pour les nouveaux emplois qu’elle serait susceptible de générer. Mais des milliards de dollars en subventions d’origine fiscale créeraient quantité de nouveaux emplois, pratiquement dans tous les secteurs: l’idée est qu’avec l’apport de l’argent des contribuables, un plus petit nombre de secteurs à haute intensité de capital générerait un plus grand nombre d’emplois.

De la même façon, les initiatives vertes ouvriront de nouveaux marchés, à condition que d’autres pays subventionnent des technologies inefficaces, achetées hors de leurs frontières. Ainsi, le véritable jeu devient: à quels pays sera-t-il réservé d’aspirer les subventions financées par les impôts d’autres pays? A part l’inefficacité globale qui en résultera, on héritera de toute une cargaison d’acteurs industriels qui s’ingénieront à faire campagne pour une législation inefficace, pour la bonne raison qu’elle leur remplira les poches.

Le Danemark en est une bonne illustration. Très tôt, ce pays a accordé d’énormes subventions à l’énergie éolienne, en équipant son territoire, à partir des années 1980, de milliers d’éoliennes inutiles. Aujourd’hui, on souligne souvent que le Danemark fournit un tiers des éoliennes dans le monde, générant des milliards, en revenus et en emplois.

Pourtant, il y a quelques années, le Conseil économique danois a dressé une évaluation complète de l’industrie éolienne, en comptabilisant non seulement ses effets bénéfiques sur l’emploi et la production, mais aussi les subventions reçues. Le bilan qui en est ressorti montre, non un bénéfice, mais un modeste coût.

Il n’est pas surprenant que le leader danois de l’industrie éolienne en appelle aujourd’hui à des efforts vis-à-vis du réchauffement climatique, puisqu’ils signifient un accroissement des ventes d’éoliennes. Sa société sponsorise l’émission de CNN “Planet in Peril”, qui contribue à stimuler la pression du public.

Le point crucial, c’est que beaucoup de ces technologies vertes ne sont pas rentables, du moins pas encore. Si elles l’étaient, on n’aurait pas besoin de les subventionner.

Le contre-argument habituel consiste à avancer que les technologies vertes ne semblent plus chères que parce que les prix des carburants fossiles ne reflètent pas ce qu’ils coûtent en termes de dégâts climatiques. Ce n’est pas dénué de fondement. Etant donné que les carburants fossiles contribuent au réchauffement climatique, les théories économiques classiques suggèrent que nous devrions les taxer en fonction de leurs effets négatifs cumulés.

Mais cela ne changerait pas grand chose du point de vue de l’inefficacité de la plupart des technologies vertes. La méta-analyse économique la plus complète montre que la totalité des retombées climatiques motiverait une taxe de €0.012 par litre de pétrole ($0.06 par gallon aux Etats-Unis.) Un montant minuscule par rapport à la taxe que nombre de pays européens imposent déjà, et bien moindre que dans le système commercial européen.

Pourtant, on avance que des taxes et des subventions élevées sont le meilleur moyen de pousser la recherche et le développement dans des sources d’énergie renouvelables moins coûteuses et inédites. C’est faux. Durant la période d’investissements massifs liés au traité de Kyoto, les mises de fonds, par les pays participants, dans la recherche et le développement, ont diminué en pourcentage de PIB, pas augmenté. Il semble assez évident que si l’on investit massivement dans des panneaux solaires inopérants, on aura mis la majeure partie de son argent dans l’achat de ces dits panneaux, en revanche on n’aura réservé qu’une petite part de cet argent à la recherche et au développement. Si l’on veut davantage de recherche et développement, on doit directement accorder cet argent à la recherche et au développement. A la longue, ce serait une avancée dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Enfin, on affirme souvent que les taxes sur le CO2 et les subventions en direction des technologies vertes sont réellement profitables, et là encore le Danemark est cité en exemple. Après tout, soutient-on, le Danemark a maintenu ses émissions de CO2 à un niveau fixe, tout en jouissant d’une croissance économique de 70% depuis 1981. Mais le Danemark aurait-il prospéré davantage s’il n’avait pas restreint ses émissions de CO2? Pour la même période, les émissions aux Etats-Unis ont augmenté de 29%, mais leur PIB a augmenté de 39% de plus que celui du Danemark, ce qui démontre tout simplement que réductions de CO2 et subventions n’entraînent pas nécessairement une croissance zéro, mais plus probablement une croissance plus lente.

Le futur président Obama se trouve maintenant face à une multitude de gens qui affirment que les subventions pour une énergie renouvelable et les taxes sur le CO2 sont d’excellents moyens pour braver le réchauffement climatique et forger une nouvelle économie verte. Malheureusement, c’est presque totalement erroné. Les taxes et les subventions sont toujours chères et susceptibles d’entraver la croissance. Et si l’on veut vraiment freiner le réchauffement climatique, il nous faut éviter de mobiliser d’énormes sommes d’argent dans l’achat de technologies vertes inefficaces – il faut investir, directement, dans la recherche et le développement, afin de rendre les technologies vertes du futur plus compétitives.

Obama doit prendre les devants et faire en sorte que ce rendez-vous de Copenhague l’an prochain, porte, non pas sur des subventions gonflées pour des technologies inefficaces, mais sur des investissements raisonnables dans les découvertes futures. Voilà comment affronter le défi du réchauffement climatique et soutenir une économie réellement dynamique.

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51.  the fritz | 25/11/2008 @ 18:14 Répondre à ce commentaire

Le trollage minitax tu le suscite pour mieux te défouler; c’est bien simple ne réponds plus à kousougoulou et réponds par exemple à mes questions sur l’extrapolation des courbes de hutter au-delà de 2040 ; si tu veux suivre ces courbes et si tu fais confiance à la courbe en cloche des découvertes , il faudra en rajouter une grosse pour les années à venir; peut-être pourras-tu y contribuer?

52.  Kousougoulou | 25/11/2008 @ 18:40 Répondre à ce commentaire

@Tous. Désolé d’avoir été si gonfflant. Sur d’autres site ça passe, ici pas. Je suis sans doute pas au niveau. Je vais prendre un peu de recule, il y a matière à travailler.

Guiliguili

53.  miniTAX | 25/11/2008 @ 19:22 Répondre à ce commentaire

mes questions sur l’extrapolation des courbes de hutter au-delà de 2040 ; si tu veux suivre ces courbes et si tu fais confiance à la courbe en cloche des découvertes , il faudra en rajouter une grosse pour les années à venir; peut-être pourras-tu y contribuer?

the fritz (#51),
Je ne vois pas de quelle « extrapolations des courbes de hutter » tu parles ?
Je répète, Hutter ne fait aucune extrapolation, il ne fait que regrouper les extrapolations des spécialistes de la question. Et si je montre toutes ces extrapolations DIFFERENTES, c’est bien pour montrer que je n’y accorde aucune confiance puisque chacun y va de son pronostic.
C’est moi qui explique mal ou c’est toi qui es long à la détente ?

54.  Astre Noir | 25/11/2008 @ 21:31 Répondre à ce commentaire

miniTAX (#53),

Ben, si je peux dire mon mot…
Moi, dès que j’ai vu le « plat de spaghetti » de miniTax, j’ai compris ce qu’il voulait dire…

Mais n’allez rien en conclure sur the fritz, hein…

55.  Murps | 25/11/2008 @ 23:50 Répondre à ce commentaire

Sacré file !
Apparemment certains donnent à fond dans le registre mystique.
Avec quelques expressions scientifiques mal maîtrisées pour faire bien…

Si c’est pas de la conviction religieuse, je ne m’appelle pas Murps de mon pseudo.
Pauvre science ; tu auras longtemps honte de la période que nous vivont…

:-))
Ouarf !

Cordialement, Murps.

56.  the fritz | 26/11/2008 @ 0:01 Répondre à ce commentaire

C’est moi qui suis long à la détente, parce que je vous invitais à faire un effort de réflexion sur ce plat de spaghettis parmi lesquelles il y en a un grand nombre qui n’ont aucun sens. Il est donc clair que si le but de Hutter était de montrer que, vu l’allure de l’enchevêtrement, on ne pouvait accorder aucune confiance à ces pronostics, il a réussi, enfin uniquement parmi ceux qui ne veulent pas réfléchir au problème

57.  DM | 26/11/2008 @ 16:11 Répondre à ce commentaire

#38
Il reste les déserts..

Actuellement il y a un pic mais pas dans le sens des pro-peakoil.
Nous vivons une période de paix grace à l’abondance, mais qui dit que cette abondance est durable ?
2007 et sans doute 2008 ont vu le nombre de mal-nourris et de personne souffrant de faim dans le monde augmenter.
Qui peut prévoir ce qui ressortira de la « récession » actuelle, si c’en est bien une ?

58.  DM | 26/11/2008 @ 16:14 Répondre à ce commentaire

@Minitax ce n’est pas en le disant plus fort et plus vulgairement que vous avez davantage raison.
Calmez vous, vous êtes en train de perdre des mois de vie pour rien..

59.  Marot | 26/11/2008 @ 17:27 Répondre à ce commentaire

DM (#57),
Et qui dit que les volcans d’Auvergne ne vont pas détruire Clermont-Ferrand ?
et qui dit qu’un tsunami ne va pas dévaster la Côte d’azur
et qui dit que…

anxieux pathologique ?
arrêtez café et thé, activez-vous, rompez votre solitude.

60.  miniTAX | 26/11/2008 @ 18:37 Répondre à ce commentaire

Marot (#59),
Pour la Côte d’Azur, il y a un risque bien plus énorme et imminent.
Pourtant les autorités s’en inquiètent autant qu’on s’est inquiété de l’état des digues du lac Pontchartrain avant Katrina, càd autant que d’une guigne.

Les inquiétudes officielles, c’est comme les vêtements, ça se change vite et c’est une question de mode.
Bah oui, vu toutes les peurs des temps modernes, on ne peut plus s’occuper que des peurs à la mode. Non mais !

61.  Marot | 26/11/2008 @ 19:39 Répondre à ce commentaire

miniTAX (#60),
miniTAX , ces risques je les connais bien et ils ne sont limités à la baie des Anges.

C’est toute la basse vallée de la Durance jusqu’à Cavaillon qui est dans ce cas.

Le tremblement de terre de Lambesc est resté dans les mémoires et j’ai suffisamment vécu à Saint Paul les Durance (Cadarache) pour avoir vu osciller les lampes de plafond.

Mais vous conviendrez que DM est un anxieux.

62.  Araucan | 26/11/2008 @ 20:03 Répondre à ce commentaire

Marot (#61),

De toutes façon, les risques sismiques dans certaines régions de France sont bien plus élevés que les risques du RCA (notamment en raison du manque de respect des normes anti-sismiques sur les constructions).

Il y a notamment un joli glissement de terrain en amont de NIce, qui ne demande qu’une petite secousse pour descendre et bloquer la vallée.

63.  joletaxi | 26/11/2008 @ 20:48 Répondre à ce commentaire

@60
Le risque de tsunami est bien réel et a déjà tué par exemple aux Saintes Marie de la mer.
Le delta du Rhone a créé un talus alluvionnaire qui s’étend au large.Sur les cartes marines, on voit très bien cette frange de faibles profondeurs qui dès que l’on s ‘éloigne au large tombe littéralement à des fonds de – 1000 mètres.
Le cas de figure catastrophe:une période de tempêtes d’Est,Sud-Est,accompagnées de fortes pluies, qui font monter le niveau de la mer(il n’est pas rare d’avoir 1,5 m de marnage) et un effondrement d’une partie importante du talus.
Résultat garanti:la mer remonterait jusqu »à Arles.

64.  Fabge | 27/11/2008 @ 12:58 Répondre à ce commentaire

De toutes manières, le littoral est la zone de tous les dangers. Entre les tempêtes, les invasions, la rareté des ressources dans une économie rurale, l’urbanisation a longtemps été limitée sur les côtes et son extension est très récente.

65.  Fabge | 27/11/2008 @ 13:02 Répondre à ce commentaire

@59

Les dernières coulée volcaniques dans le Massif Central sont plus récentes que -12.000 ans, une paille! De nombreuses conditions géologiques laissent tout à fait envisager une reprise d’activité n’importe quand ou presque.
J’ai deux rêves lorsque je vais travailler dans ces contrées : voir un loup (je crois que c’est fait, mais pas sûr à 100%) et voir une éruption. Après, je veux bien payer mes taxes carbone!

66.  Araucan | 27/11/2008 @ 13:14 Répondre à ce commentaire

joletaxi (#63), Fabge (#65),

Il y a régulièrement une vague isolée de 2 m qui noie la plage des Saintes Marie de la Mer (ce qui rend le camping sur la plage dangereux voir mortel) et rentre dans le delta. je ne sais pas si c’est un tsunami stricto sensu.

Quand au loup dans le MC, encore faudrait-il être sûr qu’il n’en ait jamais disparu…

67.  Hacène | 27/11/2008 @ 14:32 Répondre à ce commentaire

Pour le Loup, il a bien disparu du Massif Central, mais il y est revenu ! Il a été observé en Lozère de manière certaine, c’est un fait acquis, de la même manière que ceux que l’on trouve de nouveau dans les Pyrénées sont venus des Alpes et non de la proche Espagne, d’où ils n’ont jamais disparu.

68.  Araucan | 27/11/2008 @ 15:09 Répondre à ce commentaire

Après Bush, l’Europe s’y met… Double langage !

Course aux matières premières : Bruxelles s’intéresse aux réserves naturelles

6.11.2008

Les espaces naturels protégés par la législation de l’UE pourraient s’ouvrir à l’exploitation minière afin de limiter la dépendance européenne grandissante à l’égard des importations de minéraux et métaux précieux en provenance de pays tiers. C’est ce qu’a annoncé la Commission européenne le 4 novembre.

C’est le début d’une nouvelle stratégie en matière de ressources naturelles, a déclaré Günter Verheugen, commissaire européen à l’Entreprise, lors de la présentation d’une nouvelle «stratégie intégrée » pour les matières premières.

L’initiative intervient dans un contexte de préoccupations grandissantes quant à la pénurie mondiale de ressources à l’heure où « l’empreinte » écologique de la population planétaire est de plus en plus marquée (EurActiv.com 29/10/08).

Les industries de l’UE, et tout particulièrement celles des secteurs de la communication, de l’aérospatial et des hautes technologies, subissent une concurrence accrue de la part d’économies émergentes telles que la Chine et l’Inde. Ces pays se procurent de plus en plus de matières premières dans les pays d’Afrique et d’Amérique latine, qui renferment certaines des plus grandes réserves du monde de minerais et de métaux tels que le cobalt, le cuivre, le zinc, l’or et les diamants.

Pour répondre à la situation, la Commission a appelé à une transparence accrue quant à l’accès de l’industrie aux gisements de minerais et de métaux disponibles dans les réserves naturelles du réseau Natura 2000 de l’UE.

Par ailleurs, l’exécutif européen veut renforcer la diplomatie en matière de ressources – des pourparlers avec les partenaires internationaux – afin de décrocher des accords sur l’accès aux ressources. La stratégie, qui ne contient cependant aucune mesure législative spécifique, recommande également une amélioration du recyclage des biens en fin de vie ainsi que des efforts pour enrayer les exportations illégales de ferraille.

Selon M. Verheugen, des propositions législatives pourraient toutefois intervenir d’ici la fin 2010.

Jusqu’à présent, les ONG écologistes basées à Bruxelles n’ont pas émis de critiques par rapport au plan. Andreas Baumueller, le coordinateur du WWF pour les questions relatives à la biodiversité, a indiqué à EurActiv que toute modification des règles existantes régissant l’accès des zones couvertes par le réseau Natura 2000 devrait être évaluée en se fondant sur les indications de la directive européenne de 1992 sur les habitats naturels.

Au cours de la présentation, M. Verheugen a souligné le fait que l’augmentation de l’activité minière dans les zones protégées devrait se faire de manière durable, ajoutant que des critères précis devraient être définis.

69.  Araucan | 28/11/2008 @ 16:21 Répondre à ce commentaire

la géothermie n’est pas sans risques non plus….

La géothermie vire au cauchemar à Staufen-en-Brisgau (AFP)

Faire de la mairie de Staufen-en-Brisgau un pionnier de la géothermie était a priori une bonne idée. Mais l’expérience vire au cauchemar à mesure que d’inquiétantes fissures lézardent le centre de cette bourgade pittoresque du piémont de la Forêt-Noire.

Tous les jours, quand il monte l’escalier de pierre en colimaçon menant à son bureau de l’Hôtel de ville, le maire Michael Benitz manque de trébucher sur les marches effritées. Au mur, les fissures s’élargissent de jour en jour.

Depuis qu’une société autrichienne a réalisé en septembre 2007 sept forages à 140 mètres de profondeur derrière la mairie, le sous-sol gonfle. Il s’élève d’un centimètre par mois, confirme le maire. « Ce n’est pas très spectaculaire, mais à l’échelle géologique, c’est énorme ».

Pour la petite ville au milieu des vignes dominée par un romantique château en ruine, « c’est une vraie catastrophe. A la différence d’une tempête, elle a lieu au ralenti », soupire l’édile.

A ce jour, des dégâts ont été signalés sur 129 maisons du centre historique classé de cette commune de 7.800 âmes, où, dit la légende, le Dr Faust a été rattrapé par le diable en 1539.

« Un de mes clients a le sol de son salon traversé par une faille dans laquelle on peut déjà glisser deux doigts. Il venait de dépenser 100.000 euros pour rénover sa maison, maintenant plus personne ne voudra l’acheter », déplore l’avocat fribourgeois Mirko Benesch.

Ce dernier a porté plainte contre la ville qui refuse à ce jour d’indemniser les victimes, en arguant que les responsabilités n’ont pas été encore juridiquement établies.

Les experts sont certes d’accord sur la cause: un bouleversement des nappes d’eau souterraines a humidifié une couche de sédiments contenant de l’anhydrite, qui se transforme en gypse et augmente alors de 60% de volume.

Un tel phénomène a déjà été observé lors de la percée d’un tunnel autoroutier près de Stuttgart, où le sous-sol, en gonflant de cette manière, s’est soulevé de près de deux mètres.

Mais à Staufen-en-Brisgau, une première expertise a conclu en septembre qu’il y avait « seulement » deux chances sur trois que les forages géothermiques aient été à l’origine de ce bouleversement, sans exclure des causes naturelles, dans cette région de failles sismiques.

Une conclusion que réfute Me Benesch: « Tous les autres experts que j’ai consultés considèrent que des causes naturelles sont très peu vraisemblables ». D’abord parce qu’aucun séisme n’a été enregistré récemment, ensuite parce que les maisons touchées sont assez proches des forages.

L’autre scandale, tempête l’avocat, est que « le maire savait qu’il avait affaire à un sous-sol difficile » avant de confier les forages à une entreprise étrangère à la région.

Un reproche que récuse l’intéressé, qui souligne que l’opération a reçu « toutes les autorisations nécessaires », notamment des autorités minières régionales, très au fait de la géologie du sous-sol.

Ces dernières sont en effet favorables aux forages géothermiques dans de telles zones, pourvu que certaines précautions soient prises.

Au-delà de la bataille juridique et des joutes d’experts, tous sont d’accord pour admettre qu’il y a urgence à agir.

« Des cavités pourraient se former si l’eau continue à circuler sous terre et il y aurait alors risque d’effondrement », avance Mirko Benesch.

Conscient que les entreprises impliquées pourront difficilement faire face à l’ampleur des dommages si leur responsabilité était avérée, le maire estime qu’il faut avant tout s’atteler « à une solution politique, pas seulement à l’échelle communale », pour réparer les dégâts.

70.  Marot | 28/11/2008 @ 19:47 Répondre à ce commentaire

Eh bien reste à souhaiter que le maire se casse la gueule un bon coup, il changera d’avis alors.

On est quand même content de constater que la langue de bois est pratiquée en Forêt-Noire.
Il va colmater les fissures avec une solution politique !

71.  scaletrans | 29/11/2008 @ 10:55 Répondre à ce commentaire

Il va colmater les fissures avec une solution politique !

Vous m’avez devancé: c’est énorme !

72.  Marot | 30/11/2008 @ 19:11 Répondre à ce commentaire

Poursuite de la discussion sur tsunamis et Méditerranée :

« Dimanche matin, là où la fête foraine Luna Park est installée chaque année, sur un front de mer à l’ouest de la Croisette, un énorme mur d’eau a provoqué d’importants dégâts chez les forains, au moment où ceux-ci installaient leur matériel.

… « Dans la nuit, vers 2h du matin, il y a eu une tempête. Puis, vers 5h, une lame de fond, un véritable mur d’eau de 10 mètres s’est abattu sur les installations. Dans la matinée, il y en a eu quelques autres. La première a tout emporté sur son passage… Contactés par LCI.fr, les services de la police et de la mairie ont confirmé « un phénomène de lames de fond ce dimanche sur Cannes », mais refusé de donner plus détails.

« C’est déjà arrivé il y a 17 ans. La municipalité avait alors fait reculer la fête foraine de 20 mètres. Mais d’année en année, les installations grignotaient du terrain et se rapprochaient de la mer… »

73.  Araucan | 2/12/2008 @ 17:51 Répondre à ce commentaire

Quelques perles dans cette dépêche :

La création d’emplois verts entravée par la pénurie de professionnels

Aujourd’hui, 00h03
AFP

* Imprimer

La création de 500.000 emplois verts d’ici 2020 risque d’être entravée par un déficit de professionnels, selon une étude publiée mardi.

Les objectifs du Grenelle de l’environnement de créer 500.000 emplois dans les secteurs du bâtiment et des énergies renouvelables d’ici 2020 sont « ambitieux », souligne cette étude publiée par le site spécialisé Actu-Environnement.

Mais « les compétences pour les atteindre sont encore loin d’être disponibles et les chiffres qui attestent de la capacité de formation sont encore inexistants », ajoute l’étude.

Dans le bâtiment, « un large effort reste à faire pour adapter le marché de l’emploi à la demande future » car « les entreprises manquent de personnel qualifié ».

Selon les professionnels interrogés par Actu-environnement, il faudrait disposer de 10.000 enseignants pour être en mesure de former l’ensemble des professionnels requis d’ici 2020.

« Plus que de formations généralistes, le secteur a besoin de formations professionnelles adaptées, intégrant les nouvelles problématiques liées au développement durable », souligne l’étude.

Beaucoup d’artisans ne sont pas en mesure de proposer des solutions globales, pourtant « les objectifs du Grenelle obligent à une approche globale dans la conception du bâtiment », explique Paul Rossines, du Syndicat des énergies renouvelables (SER), cité dans l’étude.

Pourtant, « avec la crise, les carnets de commande commencent à avoir des trous, ce qui va permettre aux artisans de se former », fait remarquer Matthieu Orphelin, de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’energie (Ademe).

Le secteur des énergies renouvelables – solaire, éolien, bois-énergie, biogaz, géothermie – constitue un « formidable vivier d’emplois » mais « il manque encore cruellement de main d’oeuvre qualifiée », selon l’étude.

« Il y a un manque de personnel technique et qualifié sur quasiment toutes les filières », précise David Ascher, directeur de la publication Emploi-environnement et Actu-environnement (éditions Cogiterra).

La pénurie concerne notamment les installateurs de panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques, d’éoliennes, de chaufferies à bois, de pompes à chaleur, les techniciens forestiers, et les technico-commerciaux.

74.  laurent | 2/12/2008 @ 22:53 Répondre à ce commentaire

Ce qui est bête… c’est que quand on aura formé tous ces spécialistes des énergies renouvelables… le vent aura peut-être tourné, et tout cela n’aura plus aucun intérêt… ce qui fera donc 500.000 chômeurs de plus…

75.  Araucan | 2/12/2008 @ 23:23 Répondre à ce commentaire

C’est tout de même génial : les gouvernements ont créé les marchés de toute pièce, fait des réglementations dans tous les sens et oublié de prévoir les formations ? Depuis dix ans que l’on nous bassine avec le RCA ? Avec deux millions de chomeurs ?

Pourtant, “avec la crise, les carnets de commande commencent à avoir des trous, ce qui va permettre aux artisans de se former”, fait remarquer Matthieu Orphelin, de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’energie (Ademe).

Et en plus, on nous fait le coup de vive la crise ! (NB : pour se payer des formations, il faut des rentrées d’argent…).

Quand il faudra recycler le silicium, on aura aussi oublié de prévoir comment s’y prendre…

76.  Curieux | 3/12/2008 @ 15:43 Répondre à ce commentaire

laurent (#74),

ce qui fera donc 500.000 chômeurs de plus…

Tu es pessimiste Laurent, ce seront les mêmes ! ils auront juste eu un CDD entre les deux.
La seule question sera, le CDD, 6 mois ou un peu plus ? 😉

77.  Chria | 9/12/2008 @ 14:47 Répondre à ce commentaire

Je ne savais pas qu’on censurait ici, à moins qu’il n’y ait eu un bug

78.  Araucan | 9/12/2008 @ 15:54 Répondre à ce commentaire

Y’a du avoir un bug (si c’est censuré Frédéric le dit…)

79.  Chria | 9/12/2008 @ 16:23 Répondre à ce commentaire

Ou alors c’est Nicolas Princen…

80.  Araucan | 9/12/2008 @ 16:47 Répondre à ce commentaire

Dur, dur

http://revuedeweb.blogs.nouvel.....crete.html

Plus de gros mots sur ce site SVP !

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