Pourquoi nous avons bloqué l’aéroport de Stansted

[Le mouvement Plane Stupid expliquent pourquoi ils ont bloqué l'aéroport londonnien de Stansted. On peut tout expliquer dès que des "millions de vies" sont en jeu]

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L'action de lundi dernier a montré le pouvoir de jeunes gens déterminés à transformer les paroles sur en l'action. Nous avons pris la décision de perturber l'aéroport Stansted pour directement réduire son impact CO2, en réponse à la décision du gouvernement de consentir à son expansion. Nous l'avons fait avec le coeur lourd, sachant qu'il perturbera des passagers, parce que nous savons que les conséquences de cette action ne peuvent pas être pires que les conséquences de l'inaction. Si le changement climatique irréversible se produit, des millions de vies seront détruites.

Réchauffement climatique
Des manifestants de "Plane Stupid" s'enchaînant à des barrières pour bloquer Stansted

Nous sommes réellement reconnaissants du soutien de personnes qui sont d'accord avec nous que des conditions désespérées en appellent à des mesures désespérées. Nous avons utilisé cette action pour demander à tout le monde "s'il vous plaît, faites quelque chose". Nous espérons que tous ceux qui ont exprimé leur soutien à l'action d'aujourd'hui vont maintenant réfléchir à ce qu'ils vont faire pour assurer la survie de notre planète et ses habitants.

La nature du changement climatique signifie que nous ne disposons que de sept ans pour réduire massivement les émissions avant que l'extinction de millions d'espèces et même de la race humaine ne soient inévitables. En tant que groupe de personnes au début de notre vie d'adulte, nous méritons d'hériter d'un monde digne d'être vécu et nous avons l'intention de prendre nos responsabilités et de défendre ce droit par tous les moyens pacifiques qui nous restent.

Plane Stupid a utilisé tous les moyens disponibles pour mettre en évidence l'hypocrisie des gouvernements qui promettent à la fois d'élargir les aéroports et de stopper le changement climatique. La science prouve que les deux choses sont totalement contradictoires. Le gouvernement est en train tromper sciemment le public quand il dit qu'il peut faire les deux.  Avec des lettres, des réunions, des publicités chocs, jusqu'à l'escalade au-dessus du Parlement – nous avons fait tout notre possible pour sonner l'alarme du climat. Nous avons essayé de rendre compte du délit de collusion entre le gouvernement et la BAA [British Aerospace Association] et malgré les preuves que nous avons, la police refuse d'enquêter à leur sujet. Si tous les canaux officiels échouent, nous sommes déterminer à arrêter physiquement les émissions de carbone avec nos propres corps.

Nous sommes confrontés aux conséquences juridiques de nos actions en sachant qu'en ce qui nous concerne, l'action Stansted n'est que le début. Le Royaume-Uni doit faire des réductions massives de carbone aujourd'hui, pas dans 50 ans. Plane Stupid s'engagera dans l'action directe jusqu'à ce que nous voyions le Royaume-Uni prendre au sérieux le changement climatique.

Source

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51.  Araucan | 18/12/2008 @ 1:58 Répondre à ce commentaire

Definition Wiki : Le paradoxe (substantif masculin) est une proposition qui contient ou semble contenir une contradiction logique, ou un raisonnement qui, bien que sans faille apparente, aboutit à une absurdité, ou encore, une situation qui contredit l’intuition commune. Le paradoxe est un puissant stimulant pour la réflexion.

Je ne pense pas que traiter les animaux avec humanité soit une intuition commune : il y a une différence entre les traiter comme des humains (déviation récente du comportement de certains humains allant jusqu’au spécisme) ou de les traiter décemment.

Mais dans l’environnementalisme, cela peut aller jusqu’à nier la place de l’homme cela a un peu évolué (voir le lien d’un de mes précédents post sur l’indonésie où l’on jette les paysans pour faire une réserve à carbone -nb- sans illusion sur le coté excéssif de l’article- mais révélateur de certaines grandes ONG ).
Ou encore à une émission récente sur  » l’horreur » qu’est le fois gras.

La question n’est pas simple quand il s’agit de choisir entre faire une aire protégée (dont on peut comprendre l’intérêt et la nécessité) et des agriculteurs. La mise en place d’aires protégées peut amener de fortes contestations locales (perte de revenus) sans réelles alternatives pour les gens concernés, souvent très pauvres.

Et certaines ONG peuvent être très impérialistes, car elles ont de l’argent…

52.  Sirius | 19/12/2008 @ 0:34 Répondre à ce commentaire

@51_Araucan

Je ne pense pas que traiter les animaux avec humanité soit une intuition commune : il y a une différence entre les traiter comme des humains (déviation récente du comportement de certains humains allant jusqu’au spécisme) ou de les traiter décemment.

Vous avez raison. Les propositions : (a) « Il faut traiter les animaux comme des êtres humains »; (b) « Il faut traiter les animaux de manière décente », n’ont pas le même sens. L’intuition morale commune donne résolument son assentiment à la proposition (b), non à la proposition (a). Cela est un fait d’observation.

Je voulais seulement souligner que selon certains, spécialement les portes parole de l’écologie profonde ou radicale, l’être humain n’a au mieux pas plus de valeur, au sens moral du terme, que les animaux et que cela est contraire à l’intuition morale commune. On s’explique.

La question de la place de l’homme dans la nature et de la valeur que nous devons lui attribuer par rapport aux autres êtres n’a pas encore, je pense, de réponse univoque et claire dans l’idéologie de l’écologie profonde. Selon une certaine variante de cette doctrine, l’homme serait une espèce de « cancer » sur la planète. Il serait à la planète ce que le cancer est à la vie. Il aurait donc une valeur franchement négative. (Argument utilitariste? Même pas! Un cancer n’est pas une entité sensible, libre et raisonnable, contrairement à l’être humain qui est doté de sensibilité et de libre arbitre. Tant l’utilitarisme que l’éthique kantienne du devoir rejetteraient cette grossière et fausse analogie.)

Selon une autre variante de l’éthique de l’écologie profonde, l’homme n’est qu’une espèce naturelle parmi les autres; il doit cependant assumer, en vertu de ses pouvoirs intellectuel et matériel, une responsabilité envers les autres êtres terrestres qui ne les possèdent pas (c’est-à-dire toutes). Mais cette responsabilité ne lui confère pas une valeur morale particulière en termes de respect, de bienveillance et d’honnêteté. En effet, pour la « bonne cause », on serait justifier moralement de lui mentir, de le contraindre, voire de le sacrifier…

Je ne suis pas (encore) bien au courant de l’idéologie de l’écologie profonde et de ses présupposés et implications éthiques. Mais je m’y connais un peu en matière de philosophie éthique. Or, si ce que je viens de résumer est vrai, alors aucune des positions éthiques de l’écologie profonde ne tient la route. En outre, elles m’apparaissent toutes politiquement dangereuses. Après tout, l’homme est un animal politique, disait ce bon vieil Aristote…

53.  Araucan | 19/12/2008 @ 2:16 Répondre à ce commentaire

La place de l’homme dans la nature est une des propositions de base qui différencient les ONG de conservation de la nature. Les inventeurs de la deep ecology sont des américains, confrontés à un immense continent considéré comme vide (à tort, il y avait les Amérindiens là depuis -20 000 ans à peu près). ils ont créé le mot wilderness (pas de traduction en français, sauvagerie est trop connoté) et les parcs nationaux. J’ai même lu (dans un guide Audubon, je crois, que les feux allumés par les amérindiens étaient « naturels » : c’est bien dénier à ceux-ci leur humanité.
En Europe par comparaison, on est peuplés depuis un long moment et ce concept ne pouvait pas se matérialiser sur place.
Les premières grandes ONG conservationnistes étaient clairement pour privilégier les grandes zones non habitées et le sont toujours, même si elles se sont rendues compte qu’il y a du monde partout et que chacun a le droit de vivre. Alors on a réinventé le bon sauvage (réinvention plus ou moins instrumentalisée par d’autres ONG plus tiers mondistes sur la base des revendications et des massacres d’Indiens d’Amazonie, quand celle-ci est devenue le front pionnier du Brésil), cette fois ci en Amérique du Sud et centrale car les populations autochtones y sont plus nombreuses (parfois, pas au Brésil) que les descendants d’immigrés européens et autres et dans des situations économiques et sociales peu reluisantes.

Donc pour faire de la conservation ont se cache derrière les autochtones, sensés vouloir vivre toujours comme leurs ancêtres (mais on ne leur demande pas vraiment ce qu’ils veulent, s’ils avaient les moyens de choisir : on leur demande de jouer leur rôle d’indien et de gardien de la nature.

En Europe, ces mouvement touchent moins parce qu’il n’existe plus ou très peu (au nord et encore, il y a les Lapons) de zones où il n’y a personne. Le débat est donc plus comment garder de la nature (ou de la naturalité, garder du sauvage) un peu partout.

On voit là clairement qu’il y a les humains hors nature (les urbains ou les occidentaux urbanisés selon le cas, les seuls qui comptent puisqu’ils sont la majorité et qu’ils ont l’élite) et qui détruisent directement ou indirectement la nature, ceux de la zone grise (populations rurales, communautés locales) parfois placés dans un camp parfois dans l’autre selon le message à faire passer, et les autochtones, les autres, ceux qui ne sont jamais sortis du sein de mère nature (ou que l’on a arrachés à celle-ci) et à qui on demande de continuer à vivre comme leurs grands parents mais aussi de faire de l’exotisme pour les touristes.

Lisez la prose de la Convention sur la diversité biologique : c’est très net, cette distinction.

54.  Sirius | 19/12/2008 @ 2:57 Répondre à ce commentaire

@53_Araucan
Et il est patent que les écolos se trouvent davantage dans les grands centres urbains que dans les campagnes et les régions géographiquement éloignées des grands centres urbains. Les plus kyotistes, pro-compostistes, anti-bagnoles et tout le reste, qui désirent de surcroit une taxe sur le carbone et sur les VUS, sont les gens habitants les villes. La plus vive résistance contre ces mesures préconisées se trouve chez les ruraux (les fermiers, les gens de la terre) et les autochtones. Pourquoi? Réponse : ils ne vivent pas dans les même conditions matérielles d’existence. Pas besoin d’un doctorat pour comprendre ça.

55.  scaletrans | 19/12/2008 @ 10:09 Répondre à ce commentaire

Pour la place de l’homme dans la Création, je m’en remets à la Genèse. Pour l’usage qu’il doit en faire, je m’en remets à l’Eglise: en user avec modération, et je ne sache pas que ce soit la caractéristique du monde actuel. Pour le comportement vis à vis des animaux, voir Saint François d’Assise, ce qui ne m’empêche pas de chasser.

56.  Araucan | 19/12/2008 @ 12:43 Répondre à ce commentaire

Sirius (#54), Et puis, ils sont plus facilement culpabilisés et culpabilisables, puisqu’ils ne vivent pas directement de la nature. C’est aussi plus facile de dire aux autres ce qu’ils doivent faire…

scaletrans (#55), d’accord avec vous la notion de modération est à réhabiliter. la gestion en bon père de famille me semble convenir aussi (on l’oublie souvent celle-ci).

57.  Sirius | 20/12/2008 @ 0:10 Répondre à ce commentaire

@56
En effet. Surtout s’ils pourront toujours déguster leur cappuccino chaque matin… 🙂

58.  Sirius | 20/12/2008 @ 0:34 Répondre à ce commentaire

@55_scaletrans
La parole du Seigneur du climat (Giec/Ipcc) est impénétrable…:)

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