Comment en finir avec la cueillette des cerises

(redirigé depuis Le Mythe climatique)

Dans le débat climatique, la « cueillette des cerises » (cherry-picking) consiste à sélectionner consciencieusement les données qu’on utilise dans le but d’obtenir le résultat qui nous arrange (à l’image d’une cueillette, donc, au cours de laquelle on ne prend bien sûr que les meilleurs fruits). La cueillette des cerises est particulièrement utilisée dans l’un des champs de bataille les plus importants du débat : l’évolution de la température moyenne globale. Comme on le sait, cette courbe est loin d’être sagement régulière : elle montre des fluctuations à toutes les échelles de temps, si bien que, selon que vous calculez la tendance des cinq, des dix, des vingt, des trente ou des cent dernières années, vous n’obtenez pas du tout la même chose. Un « guide du cueilleur de cerises » a été donné par Chip Knappenberger en octobre 2009, qui indique le nombre d’années que vous avez intérêt à prendre pour soutenir que la Terre « se réchauffe encore plus vite que prévu » (prendre les 17 ou 18 dernières années), qu’elle « se refroidit très vite » (8 dernières années), ou que « sa température est stable » (13 dernières années).
Inutile de dire que personne n’est d’accord sur le nombre d’années à considérer et que, comme par hasard, le choix des uns et des autres est à peu près entièrement déterminé par leur position générale dans le débat.
Une tendance est considérée comme « climatique » dès lors qu’elle est mesurée sur une période d’au moins 30 ans. Selon cette convention, donc, l’on devrait s’interdire de calculer des tendances sur des périodes plus courtes pour tester la réalité d’un éventuel réchauffement « climatique ». Mais personne ne s’y tient et, d’ailleurs, la dernière tendance haussière observée n’a duré qu’une vingtaine d’années. Notons en passant qu’imposer la durée de 30 ans ne serait pas très charitable pour d’éventuels carbocentristes de l’an 2028, car l’année 1998 particulièrement chaude tirera sûrement exagérément vers le bas la tendance climatique mesurée trente ans plus tard (de la même manière que l’éruption du Pinatubo est pour beaucoup dans la forte tendance à la hausse qu’indique le calcul sur les 17 ou 18 dernières années).
Une prépublication de David Stockwell et Anthony Cox (de juillet dernier, signalée sur Watts Up With That) présente le très grand intérêt de repenser le problème d’une manière nouvelle, en s’intéressant non pas à une, mais à plusieurs tendances qui peuvent coexister les unes à la suite des autres dans la courbe globale de température. L’idée maîtresse réside dans la méthode de découpage : plutôt que de procéder au pifomètre selon ce que semble montrer la courbe, les auteurs utilisent un test statistique (le test de Chow) pour évaluer la probabilité qu’une rupture de tendance se soit produite à un moment donné. Lorsque cette probabilité est suffisamment élevée, l’on peut considérer qu’une rupture a bien eu lieu, quelle qu’en soit la cause (changement brusque dans l’activité solaire, par exemple, ou autre phénomène, connu ou inconnu).
Entre autres conclusions, la prépublication conforte l’opinion des sceptiques en établissant qu’il s’est très probablement produit une rupture de tendance en 1997 et que, après une période de réchauffement, nous sommes désormais dans une période de stagnation de la température globale (le calcul exact donne une diminution de 0,02°C par décennie, avec une incertitude de 0,05°C). Le test de Chow marque-t-il la fin de la saison de la cueillette ? On aimerait le croire…

Benoît Rittaud.

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101.  miniTAX | 13/01/2010 @ 0:59 Répondre à ce commentaire

Manu95 (#100), laisse beton. La « précision au mm », c’est de l’ironie à la fritz pour sa rhétorique ad absurdum.
Il en est réduit à ça parce qu’il n’a rien, nada, niveau vrais arguments.

102.  Manu95 | 13/01/2010 @ 4:13 Répondre à ce commentaire

miniTAX (#101),

D’accord !

« On peut mener un cheval à la rivière, mais on ne peut le forcer à boire… » 🙂

103.  yvesdemars | 13/01/2010 @ 18:08 Répondre à ce commentaire

encore de mystérieux ajustements sur les relevés de températures à Central Park NYC
sur Icecap

Ces ajustements ne pourraient se justifier que si la population de New York s’était dramatiquement effondrée. Est ce à cause des twins Towers (humour noir …)??

104.  the fritz | 14/01/2010 @ 18:48 Répondre à ce commentaire

miniTAX (#98),
Désolé de t’avoir fait attendre , mais j’ai préféré profiter de la neige tombée dans la montagne et faire de la rando que de prêcher dans le désert. Sans doute n’as tu pas attendu pour conclure ; moi ce qui m’étonne c’est que tu n’aies pas les réponses aux questions que tu poses ; serais-tu aussi mal renseigné ? Ou alors serais-tu aussi malhonnête et pervers de me poser des questions en connaissant les réponses ? Mais bon, je veux bien faire l’interrogation écrite du professeur
Comme ton graphe respirait le bidouillage à plein nez, puisqu’il s’intitulait delta O18 alors qu’il donnait des valeurs de delta D, je suis allé contrôler ceci sur le site suivant
http://pedagogie.ac-toulouse.f.....limats.htm

C’est mon côté Saint thomas ; les données sont donc justes ; il n’y a que la transformation de l’oxygène en hydrogène qui puisse mériter le qualificatif de miracle, encore qu’il ne s’agisse pas de transformation d’eau en vin
Concernant les transformations de profondeurs en âges, je pense que tout le monde sait que cela se fait en combinant des courbes de précipitation et des courbes de compaction, avec si on a la chance des garde fous basés sur la datation de cendres volcaniques ou autres niveaux repères si la main de la nature a la gentillesse de répandre équitablement ces poussières révélatrices ; ce n’est bien sûr pas parfait mais faut faire confiance à ceux qui ont essayé de le faire, et on leur permettra de faire les corrections nécessaires pour faire coïncider les événements thermiques des deux sites somme toute assez voisins.
Concernant les différences de delta D, je pense qu’il faut chercher du côté de la situation géographique des deux sites ; en effet Vostok est situé environ 3° de latitude plus au sud et à 3800m d’altitude , alors que Epica n’est qu’à 3200 m ; cette situation différente peut bien expliquer les 40 pour mille de différence qui correspondent à quelque chose comme 5°C
D’ailleurs , je viens de téléphoner à ma copine Valérie qui m’a entièrement confirmé ces explications et qui m’a passé son bras droit Georg qui te porte particulièrement dans son cœur et te transmet le bonjour
Il m’a dit : Ach , Kamarad Fritz, che suis heureux de t’ententre, ponne année, fous les sceptiques fous devriez fous resigler ; on organise des zéminaires, on fous fera un brix de gros pour skyfal ; amène zurdout minitax et manu ; et puis l’autre Kamarad pierre ernest et j’invite graduidement votre chef Araucan ; c’est mon aczion commerziale ; le stage commense par une choucroute royale ; auf wieder sehen

105.  Araucan | 14/01/2010 @ 19:55 Répondre à ce commentaire

the fritz (#104),

Chef de quoi ?

106.  the fritz | 14/01/2010 @ 21:18 Répondre à ce commentaire

Araucan (#105),
D’orchestre bien sûr pour éviter les fausses notes ……(distribuées par le professeur)

107.  miniTAX | 14/01/2010 @ 22:18 Répondre à ce commentaire

« Concernant les différences de delta D, je pense qu’il faut chercher du côté de la situation géographique des deux sites ; en effet Vostok est situé environ 3° de latitude plus au sud et à 3800m d’altitude , alors que Epica n’est qu’à 3200 m ; cette situation différente peut bien expliquer les 40 pour mille de différence qui correspondent à quelque chose comme 5°C »

the fritz (#104), mouais bof, tu diras à ta copine Valérie d’arrêter de confirmer n’importe quoi du moment où ça ne remet pas en cause la FARCE. Tu lui diras de ma part que l’explication de la différence de 5°C par l’altitude et la latitude, c’est de la foutaisetitude, parce que le proxy glaciaire représente la température de surface l’océan environnant (isotopes de l’eau évaporé, toussa) et non du lieu de forage. Et enfin, tu lui demanderas d’arrêter de se foutre de ma gueule en balançant de la soupe, sans réf., sans source, sans citation, sans rien.
Mais bon, je ne me fais pas trop d’espoir qu’elle m’entende, vu ses exploits pour expliquer pourquoi « la neige ne tombera plus » à cause du réchauffement climatique, il y a tout juste qq temps. Quant au zéminaire du bon vieux Georg, ça m’intéresse, mais juste pour la choucroute royale. Zéminaire de quoi déjà ?

P.S. A ta prochaine sortie neige, n’abuse pas trop du soleil d’hiver. Avec la réverbération, ça tape dur sur la tête :mrgreen:

108.  Araucan | 14/01/2010 @ 22:39 Répondre à ce commentaire

the fritz (#106),

Chacun est responsable de ses fausses notes qu’il émet !

109.  Pierre-Ernest | 14/01/2010 @ 23:19 Répondre à ce commentaire

Pour en revenir à mes doutes concernant les carottes glaciaires, supposez un instant qu’un phénomène (inconnu) fasse monter ou baisser les concentrations des différents constituants de l’atmosphère contenue dans les bulles, et que ce phénomène ait un tout petit peu d’influence (variable) sur le méthane, le CO2, et beaucoup d’influence sur l’azote et l’oxygène (ou un seul des deux).
Quelle serait alors la forme des courbes ?
Précisément celle qu’on observe. Mais ça montrerait quoi ? Qu’on a une forte variation sur le diluant (l’azote et l’oxygène) et pas de variation ou presque sur les contenus (CO2, méthane), malgré que l’on voit les courbes de concentration évoluer. En effet, la concentration, c’est le rapport entre le constituant et le total.
Quelquefois, les chercheurs ne voient que ce qu’ils veulent voir, alors que l’évidence est ailleurs…
Je ne prétends pas vouloir à tout prix démontrer que les courbes sont fausses, j’evoque un certain nombre d’hypothèses…

(Le principe évoqué ici, c’est le même que celui de Magritte lorsqu’il écrit avec raison sous le dessin d’une pipe : ceci n’est pas une pipe ).

110.  the fritz | 15/01/2010 @ 9:54 Répondre à ce commentaire

Pierre-Ernest (#109),
Si j’ai bien compris ce que tu veux dire, c’est que tu mets en doute les valeurs absolues de CO2 et CH4 dans les bulles, mais pas leurs valeurs relatives ou leurs variations; cela ne me dérange pas outre mesure dans la mesure où l’on ne cherche pas à rattacher celles-ci aux mesures actuelles; qu’on essaie d’augmenter le taux de CO2 des bulles, ou de diminuer celui des mesures Mauna Loa en disant que c’est les usines à charbon de la Chine qui les polluent, dans le seul but de démontrer que le CO2 a déjà été plus important dans un passé plus ou moins récent, est pour moi un faux problème, tant que l’on parle de réchauffement climatique; si l’on aborde le serpent de mer de l’acidification des océans, c’est peut-être pas pareil; mais les géologues ont également leur mot à dire dans cette discussion

111.  Pierre-Ernest | 15/01/2010 @ 11:33 Répondre à ce commentaire

Comme je l’ai déja écrit, le dogme du RC repose sur 3 pieds :
1. les températures actuelles sont les plus élevées que l’on ait connu depuis 1300 ans.
2. La teneur actuelle en CO2 de l’atmosphère est la plus élevée que l’on ait connu depuis 800 000 ans.
3. L’augmentation de température provoquée (par exemple) par les gaz à effet de serre, est fortement amplifiée par la vapeur d’eau.

Si l’on met en défaut un seul de ces postulats, toute la théorie du réchauffement climatique anthropique s’écroule, comme un trépied qui n’a plus que 2 pieds.
La comparaison des paléo teneurs atmosphériques en GES avec les teneurs actuelles est donc importante…

112.  the fritz | 15/01/2010 @ 22:36 Répondre à ce commentaire

Pierre-Ernest (#111),
Ce n’est pas la peine de se mettre des boulets aux pieds en essayant de scier tes trois barreaux; la température evolue comme elle veut, le CO2 aussi , et la vapeur d’eau (et les nuages) aussi et chacun est drivé par ses propres coach comme par exemple le soleil pour la température, l’activité humaine ou la circulation thermohaline pour le CO2, les rayons cosmiques pour les nuages; limiter le système à l’interaction entre les trois barreaux est un peu sommaire

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