Changement climatique et santé humaine

[Non, non : vous ne rêvez pas.]

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par Chelsea Schilling (traduction par Ben)

Le réchauffement climatique pourrait rendre les Terriens grincheux et stressés, les rendre fous, leur donner le cancer et même aggraver leurs problèmes sexuels, selon un nouveau rapport gouvernemental américain sur le changement climatique – mais les scientifiques précisent qu’ils auraient besoin de davantage de moyens pour en être tout à fait certains.

Quelles seraient les conséquences de l’inaction ?

En un mot : l’Humanité souffrirait d’inimaginables maux, et ce serait pour l’essentiel la fin du monde.
Les scientifiques de plusieurs institutions publiques, dont le Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies, l’Institut national américain pour les sciences de la santé environnementale, le Département d’État et l’Agence de protection de l’environnement, ont compilé un rapport de 80 pages intitulé « Santé humaine et changement climatique : rapport soulignant les besoins pour une recherche sur les effets sur la santé humaine du changement climatique ».
Ce rapport, « respectueux de la forêt ancienne » et imprimé avec de l’encre 100% recyclée, est organisé autour des onze catégories suivantes de maladies que les scientifiques considèrent comme risquant très probablement d’avoir un impact modifié par le changement climatique :
  • asthme, allergies et syndromes asthmatiques
  • cancer
  • maladies cardiovasculaires, AVC
  • altération du développement
  • morbidité et mortalité liées à la chaleur
  • santé mentale et troubles causés par le stress
  • maladies et troubles nerveux
  • malnutrition et maladies d’origine alimentaire
  • maladies d’origine animale
  • maladies liées à l’usage de l’eau
  • morbidité et mortalité liées à la météo.

Asthme et allergies

Les scientifiques concluent que les allergies et maladies respiratoires vont devenir plus importantes car, selon eux, la saison de croissance des plantes va être modifiée, accroissant l’exposition humaine aux pollens.

« Le changement climatique va probablement amplifier la stimulation environnementale existante pour l’asthme, les allergies respiratoires et les syndromes asthmatiques, avec pour effet de plus graves et plus fréquentes maladies, et une augmentation du fardeau que cela représente », affirme le rapport. « C’est pourquoi une recherche suivie est essentielle sur l’effet du changement climatique sur les modifications dans la composition du mélange entre aéroallergènes et pollution atmosphérique et leurs conséquences. »

Cancer humain et animal

Selon le rapport, le changement climatique va aussi causer une augmentation mondiale des cancers humains et animaux, tout particulièrement après de fortes chutes de pluie et « par une volatilité accrue de produits chimiques dans des conditions de températures plus élevées. »

« Dans des situations de fortes pluies, ou d’inondations, on pourrait observer une augmentation de la diffusion de produits chimiques toxiques et de métaux lourds provenant de sites de stockage, et une plus grande contamination de l’eau avec les eaux de ruissellement contenant des produits chimiques persistants qui se trouvent déjà dans l’environnement », avertit le rapport. « Des animaux marins, y compris des mammifères, pourraient eux aussi souffrir directement de cancers liés à l’exposition fréquente ou chronique à des produits chimiques contaminants présents dans leur environnement, pouvant ainsi servir d’indicateurs de risques similaires pour les humains. »

Le rapport alerte aussi sur le fait que le changement climatique aura pour effet une plus grande durée et une plus grande intensité dans l’exposition aux radiations ultraviolettes, augmentant ainsi le risque de cancers de la peau et de cataractes.

Maladies cardiovasculaires et AVC

Les scientifiques affirment aussi que le changement climatique va exacerber les maladies cardiovasculaires existantes, « en accroissant le stress dû à la chaleur, en augmentant dans le corps la quantité de particules, et en changeant la répartition des maladies d’origine animale causant des maladies infectieuses liées aux maladies cardiovasculaires. »
Selon le rapport, froid extrême et chaleur extrême peuvent jouer le rôle de « déclencheurs pour des individus chez qui préexistent une maladie cardiovasculaire. » Il explique également que la chaleur amplifie les impacts néfastes de l’ozone et des particules sur les maladies cardiovasculaires.
« Il est probable que ces polluants seraient réduits par des actions d’atténuation du changement climatique, ce qui réduirait ainsi la rapidité de la morbidité et de la mortalité cardiovasculaires », explique le rapport.

Les scientifiques expliquent en outre que l’utilisation accrue d’énergie d’origine éolienne, solaire et nucléaire « aurait probablement pour effet de réduire les risques cardiovasculaires, en réduisant les particules et autres polluants atmosphériques. »

Maladies d’origine alimentaire et malnutrition

Le changement climatique pourrait provoquer pénuries alimentaires, malnutritions et intoxications alimentaires, s’alarment les auteurs. Selon le rapport, des événements météorologiques extrêmes et des changements de température et du cycle des précipitations pourrait anéantir les récoltes, détruire les réserves alimentaires et interrompre la distribution de nourriture. Des gens pourraient contracter des maladies alimentaires en raison d’aliments avariés, contaminés par des microbes, des pesticides et autres toxines.

Les scientifiques affirment également que les cultures agricoles et la pêche pourraient être menacées de contamination par des métaux, des produits chimiques et autres toxines, relâchés dans l’environnement après des événements météorologiques extrêmes comme des inondations, des sécheresses et des feux de forêts dus au changement climatique.

Morbidité et mortalité liés à la chaleur

« En raison du changement climatique d’origine humaine, la température globale moyenne augmente, et l’on s’attend à ce que cela se poursuive, indépendamment des progrès dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre », avertit le rapport. « La température moyenne globale devrait augmenter de 1,8°C à 4,0°C d’ici la fin de ce siècle. »
Il est probable que cette hausse de la température conduira à des vagues de chaleur, disent les scientifiques. L’exposition prolongée à la chaleur pourrait provoquer des épuisements, des crampes de chaleur, des coups de chaleur mortels, et pourrait « exacerber des conditions préexistantes chroniques comme diverses maladies respiratoires, cérébrales et cardiovasculaires, tout autant qu’augmenter les risques pour les patients souffrant de troubles mentaux et traités par médicaments psychotropes… »

Bien que les auteurs notent que la climatisation pourrait réduire les risques liés à la chaleur, ils mettent en garde que « l’utilisation accrue de la climatisation pourrait accroître les émissions de gaz à effet de serre. De plus, dans la mesure où les réseaux électriques sont surchargés durant les épisodes de chaleur excessive, il pourrait se produire des pannes d’électricité et des baisses de tension susceptibles de laisser des populations exposées à un plus grand risque de décès. »

Mutations génétiques, malformations congénitales

Selon le rapport, le changement climatique pourrait avoir un impact sur la santé des générations futures.

« Certains changements environnementaux résultants du changement climatique pourraient affecter le développement humain aussi bien dans le ventre de la mère que plus tard dans la vie », énonce le rapport. Les femmes enceintes pourraient souffrir de malnutrition, qui conduirait leur enfant à avoir un poids trop faible à la naissance et à connaître des retards de développement. Les scientifiques affirment que des polluants comme le mercure et le plomb dans les poissons et les produits de la mer pourraient altérer le développement.
« Par exemple, certains produits chimiques du commerce présents dans des sites de stockage peuvent altérer le développement corporel », explique le rapport. « Des inondations causées par des événements météorologiques extrêmes et l’augmentation du niveau des mers auront probablement pour effet la libération de certains de ces produits chimiques et de ces métaux lourds, affectant très probablement la qualité de l’eau, qu’on l’utilise pour la boire ou comme divertissement. Certains, comme le mercure et le plomb, ont des effets connus sur le développement. »

Les scientifiques avertissent aussi que l’accès aux soins prénatals pourrait être perturbés après des événements météorologiques extrêmes, « augmentant le risque de conséquences à long terme pour les mères, les enfants et la société. »

Santé mentale, stress

« Les impacts psychologiques du changement climatique, allant du stress léger au stress chronique ou d’autres troubles mentaux, sont généralement indirects et ne sont considérés que depuis peu parmi les effets les plus dévastateurs en terme de souffrance humaine, et parmi les plus difficiles à quantifier et à résoudre. »

Les scientifiques affirment que des événements météorologiques extrêmes comme les ouragans, les feux de forêt et les inondations pourraient causer de l’anxiété et des stress émotionnels, ainsi qu’une augmentation des troubles post-traumatiques, des deuils difficiles à vivre, des dépressions, des difficultés de concentration, des pertes de sommeil, des troubles sexuels, des refus de socialisation, de l’irritabilité et des abus de drogue et d’alcool.

Autres maladies et troubles

Le rapport lie le changement climatique à une possible augmentation de maladies neurologiques et de troubles résultants de la prolifération d’algues, de maladies infectieuses comme le paludisme et la grippe aviaire et des maladies liées à l’usage de l’eau, causée par la prolifération de micro-organismes, de biotoxines et de contaminants dans l’eau potable. Il alerte également sur les effets d’événements météorologiques extrêmes connexes comme les ouragans, les inondations, les tempêtes de neige et les sécheresses, entraînant un grand nombre de morts.
« La hausse du niveau des mers liée au changement climatique va accroître la menace de séries de tempêtes et d’événements météorologiques extrêmes sur les domaines côtiers », énonce le rapport. « D’autres régions, comme le Sud-Ouest [des États-Unis], connaissent le risque d’une productivité agricole décroissante, en raison de sécheresses et de problèmes possibles concernant l’approvisionnement en eau potable à cause des inondations consécutives à de fortes précipitations. »

Les scientifiques en appellent à un financement public accru pour mener des études complémentaires sur les impacts potentiels du changement climatique, l’une des « préoccupations environnementales les plus visibles du 21è siècle. »

« Risques globaux » du changement climatique

« Une certaine dose de changement climatique est inévitable, et nous devrons nous adapter à ses effets sur la santé ; cependant, d’ambitieux programmes d’atténuation pourraient limiter significativement les pires des problèmes », concluent les scientifiques en ajoutant : « Pourtant, il y aura des effets sur la santé des personnes aux États-Unis, certains d’entre eux étant probablement déjà en cours. Si grands que soient les risques intérieurs pour le public étatsunien, les risques globaux sont encore plus grands. »

Source.

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51.  Laurent | 17/05/2010 @ 12:20 Répondre à ce commentaire

rageous (#50),
Personne ne conteste que les fortes températures peuvent aussi poser des problèmes…. particulièrement en 2003 dans le cas de personnes âgées à la santé fragile résidant dans des maisons chauffées l’hiver mais non climatisées l’été… et qui ne pensent pas naturellement (parce qu’elles n’en ont pas l’habitude) à l’hydrater et à s’humidifier…
Il se trouve que pendant l’été 2003, il y a eu relativement peu de surmortalité en Provence… parce que les vagues de chaleur y sont régulières et que les bonnes habitudes y sont « normales » (et fréquemment rappelées par un dispositif ad hoc), ce qui n’était pas le cas dans le reste de la France.

Par contre, on peut dire ce que l’on veut et ergoter sur tout un tas de points, il reste que les statistiques sont totalement claires, partout dans le monde, on meurt plus pendant les périodes froides que pendant les périodes chaudes… y compris dans les pays chauds.
Cela c’est factuel et non critiquable.

Il est tout aussi factuel de dire qu’on peut vivre à l’extérieur avec quelques bouts de tissus, de l’eau et de la nourriture dans des endroits ou la température atteint en milieu de journée 45°C à l’ombre (et 30°C la nuit)…. et que c’est strictement impossible à moins de 0°C.

52.  RanTanPlan | 17/05/2010 @ 15:33 Répondre à ce commentaire

Ce rapport est à se tordre de rire quand même. Qu’il fasse chaud, qu’il fasse froid, de toutes les façons il y aura une augmentation des inondations et une dilutions plus importantes de la pollution par les métaux lourds et autres joyeusetés nées de l’industrialisation qui augmentera les risques de maladies. Encore heureux que c’est écrit au conditionnel !

Le rapport cataclysmique par excellence et dont la profondeur de la preuve est nulle. Mais remboursez !

53.  pastilleverte | 17/05/2010 @ 17:18 Répondre à ce commentaire

à lire tous les posts, il apparait de + en + clairement que les dangers sanitaires du « soi-disant » RC sont à trouver dans les maladies psychiques. ..
(ça jette un chaud ou un froid ?)
En tout cas, pour les maladies parasitaires, ne pas oublier la démission fracassante du GIEC de la part du Pr Reiter, grand spécialiste de ces maladies, et sans un faire un « argument d’autorité »

54.  yvesdemars | 17/05/2010 @ 17:55 Répondre à ce commentaire

sur la canicule de 2003, c’est la chaleur nocturne bien plus que les températures diurnes qui a été un problème.
Avoir 40°C ou plus la journée si on reste à l’ombre et qu’on se rafraîchit régulièrement n’est pas un souci.
Par contre si le thermomètre ne redescend pas vers les 20°C la nuit cela empêche de récupérer et ne permet pas un sommeil réparateur.

Je note qu’à Bordeaux ou l’été 2009 a été chaud, les températures minimales ont été rarement supérieures à 20°C la nuit, et de ce fait tout le monde s’est félicité de ce bel été (y compris la vigne qui nous a mitonné un millésime exceptionnel http://www.skyfall.fr/wp-inclu....._smile.gif)

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