Comment écrire un article sur le RCA …

Voici un article signalé par Bob, révélateur à mon sens du mélange de journalisme et de militantisme rencontré sur le sujet ( et mériterait un éditorial similaire à celui-ci). Pris à l'envers, c'est aussi un moyen de déconstruire les articles sur le RCA …
 
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Le traitement journalistique des changements climatiques est une tâche aussi importante que redoutable. James Fahn explique comment rédiger des articles à la fois exacts et saisissants.

Les changements climatiques pourraient bien être le plus grand sujet journalistique du vingt-et-unième siècle – impactant à grande échelle les sociétés, les économies et les individus. Si nous voulons en atténuer les effets, nous serons amenés à apporter des modifications tout aussi significatives à nos systèmes énergétiques et de transports, à nos économies et nos sociétés.

Tous les journalistes se doivent de comprendre la science des changements climatiques – ses causes du phénomène, les controverses qu'il suscitent et ses impacts présents et futurs. Pour ce faire, commencez par mener vos propres recherches auprès de sources reconnues et fiables, comme les rapports du Groupe intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC), l'Association américaine pour l'Avancement de la Science (AAAS), ou auprès d'experts locaux en qui vous avez confiance.

Lisez et rendez compte des recherches récentes publiées dans les revues scientifiques spécialisées, ou tout du moins, dans les publications scientifiques grand public réputées.

Cette nécessité s'applique particulièrement aux journalistes du monde en développement, où la question des changements climatiques est généralement assez peu traité, alors même que ce sont les pays les plus démunis qui sont aussi les plus vulnérables.

Comment communiquer sur l'incertitude

Les changements climatiques sont la conséquence de ce qu'on pourrait qualifier d'énorme 'expérience' non planifiée : la libération dans l'atmosphère de tonnes de gaz à effet de serre. Les scientifiques tentent de décrypter le phénomène en traitant des données, qu'elles soient historiques ou actuelles, à l'aide de modèles informatiques de plus en plus sophistiqués. Ils cherchent aussi à identifier de potentiels effets de rétroaction susceptibles d'atténuer ou exacerber le réchauffement climatique.

Cette imprévisibilité complexe fait de l'étude des changements climatiques une science particulièrement incertaine. Voici donc quelques ficelles pour éviter les pièges du traitement de ce sujet.

Ne cédez pas au sensationnalisme. Les journalistes doivent souvent trouver un équilibre entre des rédacteurs en chef en quête de titres alarmistes et les avertissements des scientifiques quant au caractère incertain des conclusions de leurs recherches. Ne vous laissez pas tenter par l'idée de faire sensation – un article fiable et nuancé vaut mieux qu'un article au caractère erroné en page de couverture.

Sachez distinguer entre des événements climatiques isolés et les changements climatiques. Le climat n'est autre que la météo moyen constaté sur une longue période. Quelques événements climatiques extrêmes ne suffisent ni à confirmer ni à infirmer la réalité des changements climatiques  ; il est généralement
mal inspiré d'attribuer directement des événements climatiques individuels aux changements climatiques. Mais si votre sujet concerne, par exemple, un cyclone dévastateur, il convient d'interroger des climatologues ou des experts météorologiques afin de tenir compte de leurs opinions sur les tendances probables que l'incident reflète.

Expliquez le niveau de risque. Les spécialistes des changements climatiques parlent souvent de niveaux de risque. Comment faire comprendre ces nuances au grand public ? La terminologie du GIEC peut vous être utile – le Groupe propose des termes simples pour traduire les valeurs numériques qu'il utilise pour quantifier le risque.

Ainsi, la dernière évaluation du GIEC annonce que les actions de l'homme sont 'très probablement' la cause des changements climatiques : il y a au moins 90% de chances que cela soit vrai. Selon le même raisonnement,  le terme 'probable' renvoie à une probabilité d'au moins 66 pour cent, et 'plus probable qu'improbable' implique une probabilité supérieure à 50 pour cent.

Evitez d'être faussement nuancé. En essayant d'être équilibrés et équitables, certains journalistes présentent malgré eux, dans leurs articles sur les changements climatiques, les arguments des sceptiques comme un vrai contrepoids. Parfois, faire de la sorte revient à accorder à une opinion minoritaire le même poids qu'à des faits scientifiques reconnus. Ainsi, une écrasante majorité de climatologues pensent que les températures moyennes dans le monde sont en hausse
comparé à la période avant l'an 1800 – et que l'activité humaine en est une cause majeure.

Rendre compte de toutes les opinions, à condition d'être mises en contexte, est bien sûr une bonne pratique. Si vous présentez le point de vue des sceptiques, n'oubliez pas de parler de leurs affiliations et de leur crédibilité, et de dire si leur opinion est minoritaire.

Comment faire un reportage saisissant

Si les articles des journalistes doivent être exacts, il est tout aussi essentiel qu'ils soient attrayants. Plusieurs stratégies permettent de construire un bon sujet de reportage sur les changements climatiques.

Prenez des perspectives différentes. Les changements climatiques ont trait à la fois à la politique, l'économie, la science, les droits de l'homme, l'énergie et la technologie. Explorez ces divers angles (et d'autres encore), et proposez votre article aux chefs d'édition en leur montrant cette gamme de perspectives différentes. Editeurs et producteurs pourront, de leur côté, confier des sujets de reportage sur les changements climatiques à leurs journalistes, quelle que soit leur spécialité.

Présentez aussi les solutions. Si les journalistes ne montrent pas également comment atténuer et s'adapter aux changements climatiques, le public pourrait baisser les bras et se détourner de la question.

Donnez un lien concret. Proposer un lien à des personnes, des lieux ou à des sujets intéressant se révèle une technique particulièrement utile lorsque le sujet traite des solutions ou des habitats, de plantes, ou d'animaux menacés par les changements climatiques. Donnez une voix et un visage à la question.

Utilisez les outils d'aide au reportage. Captivez l'attention de votre lectorat en utilisant, lorsqu'ils existent, des sondages sur les questions des changements climatiques, des rapports d'enquête, des graphiques pour mieux expliquer les données complexes, et bien sûr, des vidéos, des sons et des photos. Si votre budget est plus modeste, pensez à utiliser les sites de réseaux sociaux pour vous aider à réaliser des sondages et à promouvoir votre sujet, en utilisant des blogs vidéo pour les interviews.

Puisez à différentes sources. Trop souvent, les journalistes ne répercutent que ce qu'annoncent les responsables gouvernementaux lors des conférences. Les scientifiques font aussi d'excellentes sources – ils sont généralement comme vous à la recherche de la vérité. Mais veillez à traduire leur propos en des termes simples. N'oubliez pas d'inclure les avis des autres parties prenantes, qu'il s'agisse de villageois locaux, des organisations non gouvernementales ou de grands dirigeants d'entreprises. Tous pourront vous apporter un éclairage.

Si les dirigeants et les scientifiques ne vous font pas confiance, ne perdez pas courage, et insistez. Essayez des les approcher directement (lors de conférences ou de séminaires par exemple) pour leur poser des questions sur des sujets qu'ils n'abordent généralement pas quand pendant leurs déclarations publiques. Pour des sujets hautement techniques, vous pouvez proposer de vous faire relire par un scientifique.  Cela pourrait permettre de gagner leur confiance ; mais ce n'est pas une tactique conseillée pour ce qui est de sujets plus généraux ou si vos sources ont des opinions plutôt tranchées.

Question mondiale, retombée locale

La majorité des lecteurs veut généralement savoir quel sera l'impact direct des changements climatiques sur sa vie – c'est un réflexe naturel. Le problème se pose donc de rassembler suffisamment d'informations scientifiques sur des localités spécifiques – cela peut s'avérer difficile, parce qu'en dehors de certains effets généralement bien compris comme la montée des océans, les modèles climatiques deviennent moins fiables quand ils sont appliqués à des échelles plus réduites.

Il existe pourtant d'autres stratégies pour donner une perspective locale aux changements climatiques.

Proposez le point de vue des populations locales.
Interviewez des citoyens ordinaires et donnez la parole aux personnes les plus vulnérables aux changements climatiques : c'est un rôle important qui incombe aux journalistes, surtout dans les pays en développement. Les communautés les plus démunies sont les plus exposées. Parfois, elles luttent déjà pour leur survie et disposent de moyens plus limités pour s'adapter. Leurs opinions ne sont pourtant généralement pas exprimées dans le traitement des changements climatiques par les journalistes dans le monde.

Comparez causes locales et mondiales. Certains des impacts prévus des changements climatiques –  comme des inondations ou des glissements de terrain plus fréquents, la pénurie en eau douce, l'évolution des populations d'animaux et de plantes – peuvent être également une conséquence des changements subis par l'environnement local, tels que la déforestation, la construction des routes ou la chasse et la cueillette non durables.

Recherchez les changements intervenus dans l'environnement local. Des travaux de recherche pourraient vous expliquer en quoi ces changements sont dus à des causes plutôt locales ou mondiales. Ne mettez pas tout sur le compte des changements climatiques : les réponses à ce genre d'interrogations parfois n'existent tout simplement pas. Vous aurez donc, une fois de plus, à fournir un contexte et expliquer les incertitudes qui caractérisent la situation – les scientifiques locaux sauront vous être utiles sur ce point.

Expliquez en quoi consiste l'adaptation. De nombreux articles de presse sur les changements climatiques, surtout dans le monde en développement, traiteront de la manière dont les villes, les communautés et les populations peuvent s'adapter. Dans certains cas, l'adaptation peut nécessiter la construction de nouvelles grosses infrastructures ou de systèmes d'alerte rapide. Mais souvent, elle impliquera l'adoption de meilleures pratiques environnementales : la protection des écosystèmes côtiers, des terres humides et des forêts, l'exploitation durable des terres ou la préparation aux catastrophes. Dans chacun des cas, cela voudra dire modifier les modes de pensée : les lecteurs doivent pouvoir prendre les changements climatiques en compte dans leurs décisions quotidiennes. Ainsi, la sensibilisation est un autre rôle important qui incombe aux médias.

Cherchez les chiffres. Qui paiera pour l'adaptation aux changements climatiques dans le monde en développement ? La question s'impose et suscite déjà des controverses. Mettre l'accent sur des questions, telle que le financement des plans d'action nationaux pour l'adaptation, constitue un bon moyen de trouver des sujets de reportage et de leur donner du relief – surtout au vu de l'actuelle crise financière mondiale.

Devenez à la fois détective et comité de vigilance.
Vous pouvez aussi chercher à déterminer si les organisations de votre pays respectent la réglementation, les pays en développement mettant en oeuvre de plus en plus de mesures d'atténuation dans le cadre du mécanisme pour un développement propre et des autres instruments d'échanges de crédits carbone. Le respect de la réglementation par les gouvernements deviendra d'autant plus crucial si de futurs accords internationaux imposent de nouvelles contraintes aux pays en développement en matière d'émissions de gaz à effet de serre.

La couverture des sommets mondiaux. La couverture d'un sommet mondial peut se révéler une expérience éprouvante, vu le nombre de personnes qu'on y rencontre et le nombre d'événements qui y sont organisés. Il peut donc être utile de nouer des contacts avec quelques membres la délégation de votre pays ou des participants locaux – ils sauront  vous aider à obtenir et à recouper les informations. Faîtes connaître et analysez la position de votre gouvernement dans les négociations. Ne cherchez pas à couvrir tous les événements, choisissez plutôt quelques sujets que vous suivrez de très près. Recoupez également les informations que vos confrères obtiennent auprès des délégations de leurs pays – vous pouvez finir par en savoir bien plus sur les progrès des négociations que les délégués de votre pays ne savent. Et surtout, ayez le coeur à l'ouvrage

Si le traitement médiatique des changements climatiques vous semble difficile, gardez à l'esprit que les médias ont déjà bien avancé dans le domaine. Certes, de nombreuses incertitudes persistent, mais bien moins que par le passé. C'est aussi un sujet fascinant.

Si la recherche d'une solution aux problèmes posés par les changements climatiques peut paraître péniblement lents et représente un bourbier politique, le phénomène est aujourd'hui pris beaucoup plus au sérieux : un traité mondial encadrant les émissions et un nouvel accord seront probablement conclus d'ici la fin de l'année. Les médias commencent enfin à accorder à ce sujet l'attention qu'il mérite : les changements climatiques sont devenus un sujet de première page et le
resteront pendant longtemps.

James Fahn est le Directeur des programmes environnementaux d'Internews, qui gère le réseau Earth Journalism Network. Il est basé en Thaïlande.

(Source)

@@@@@@

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1.  RanTanPlan | 17/09/2010 @ 14:46 Répondre à ce commentaire

Les scientifiques font aussi d’excellentes sources

Sans rire ?

un traité mondial encadrant les émissions et un nouvel accord seront probablement conclus d’ici la fin de l’année

Il aurait du faire chiffrer la probabilité.

Mais tout n’est pas à jeter, honnêtement.
L’encouragement donné à faire la part des choses entre changement lié à des causes locales et liées à des causes globales, prise au pied de la lettre devrait gommer tout article globalo-catastrophique. On peut rêver.

2.  Electron | 17/09/2010 @ 18:36 Répondre à ce commentaire

un article qui fait vraiment froid dans le dos…

Du grand art dans la manipulation de l’opinion ! Y a t’il encore un vrai journaliste dans la salle ?

3.  Scaletrans | 17/09/2010 @ 18:39 Répondre à ce commentaire

Evitez d’être faussement nuancé. En essayant d’être équilibrés et équitables, certains journalistes présentent malgré eux, dans leurs articles sur les changements climatiques, les arguments des sceptiques comme un vrai contrepoids. Parfois, faire de la sorte revient à accorder à une opinion minoritaire le même poids qu’à des faits scientifiques reconnus. Ainsi, une écrasante majorité de climatologues pensent que les températures moyennes dans le monde sont en hausse
comparé à la période avant l’an 1800 – et que l’activité humaine en est une cause majeure.

Rendre compte de toutes les opinions, à condition d’être mises en contexte, est bien sûr une bonne pratique. Si vous présentez le point de vue des sceptiques, n’oubliez pas de parler de leurs affiliations et de leur crédibilité, et de dire si leur opinion est minoritaire.

Tout est là vous ne pensez pas ?

4.  julien | 17/09/2010 @ 18:56 Répondre à ce commentaire

C’est sur que ça va remettre en cause le montant des recherches si il n’y a pas de vraie menace due à l’être humain finalement…

Ce qui explique l’attitude autiste et agressive de la communauté des climatologues.. Ils savent bien qu’ils vont y perdre des plumes si de nouvelles hypothèses se vérifiaient..

5.  Patrick Bousquet de Rouvex | 17/09/2010 @ 19:25 Répondre à ce commentaire

Scaletrans (#3),

leurs affiliations

c’est quoi l’affiliation d’un sceptique ?
je n’irai pas jusqu’à demander quelle est la crédibilité d’un sceptique, car il faudrait d’abord définir la crédibilité d’un croyant du RCA, ce qui ne serait pas chose aisée, de nos jours….

6.  Marco33 | 17/09/2010 @ 20:23 Répondre à ce commentaire

Scaletrans (#3), Là, ils tendent le bâton pour se faire battre !!!
On pourrait expliquer que c’est exactement cette manière de faire que la théorie de Wegener sur la dérive des continents a été traité. Et qu’il faudra environ 50 ans avant que sa théorie soit enfin admise….

« Pour dévoiler les états antérieurs du globe, toutes les sciences s’occupant des problèmes de la terre doivent être mises à contribution et ce n’est que par la réunion de tous les indices fournis par elles que l’on peut obtenir la vérité ; mais cette idée ne paraît toujours pas être suffisamment répandue parmi les chercheurs. […] Ce qui est certain, c’est qu’à une époque donnée la terre ne peut avoir eu qu’une seule face sur laquelle elle ne nous fournit pas de renseignements directs. Nous sommes devant la terre comme un juge devant un accusé refusant toute réponse, et nous avons la tâche de découvrir la vérité à l’aide de présomptions. Toutes les preuves que nous pouvons fournir présentent le caractère trompeur des présomptions. Quel accueil réserverions-nous au juge qui arriverait à sa conclusion en utilisant seulement une partie des indices à sa disposition ? Ce n’est qu’en réunissant les données de toutes les sciences qui se rapportent à l’étude du globe que nous pourrons espérer obtenir la « vérité », c’est-à-dire l’image qui systématise de la meilleure façon la totalité des faits connus et qui peut, par conséquent, prétendre être la plus probable. Et, même dans ce cas, nous devons nous attendre à ce qu’elle soit modifiée, à tout moment, par toute nouvelle découverte, quelle que soit la science qui l’ait permise. » (Alfred Wegener, La genèse des continents et des océans, Préface, 1928 ; réédition, Paris, C. Bourgois, 1990, p. XIII-XIV.)
Source

Je propose que l’on présente des exemples de ce type pour décrédibiliser ce genre d’articles. Cela démontre ô combien quand ignorant l’histoire des sciences, on répète les mêmes aberrations!

7.  Antonio San | 18/09/2010 @ 8:02 Répondre à ce commentaire

Gestation écologique…

Cécile Duflot explique:

« Depuis 2007, avec d’autres, j’ai permis à la fois le rassemblement des écolos et la transmutation des Verts. J’ai donc envie de porter ce projet jusqu’à son terme. »

Si ca avait été Mamère, on en aurait eu pour 9 mois maximum!

8.  PapyJako | 18/09/2010 @ 9:44 Répondre à ce commentaire

Marco33 (#6),

Cela démontre ô combien quand ignorant l’histoire des sciences, on répète les mêmes aberrations!

C’est très juste. Et je « plussoye », ces prétendus « scientifiques » n’ignorent pas seulement l’histoire « des sciences », ils ignorent l’histoire tout court. Ou ils la nient, ce qui est encore plus grave.

9.  Murps | 18/09/2010 @ 11:06 Répondre à ce commentaire

RanTanPlan (#1),

Mais tout n’est pas à jeter, honnêtement.

Je pense que si, justement.

On ne peut pas prendre des petits bouts de cet article en expliquant que ceux-ci sont « acceptables » ou même « très bien ».

Il faut prendre cet article comme un ensemble et pour ce qu’il est : à la fois un vademecum de manipulation de l’opinion et un manifeste écologiste, le tout à l’usage des militants journalistes environnementalistes.

Ca me rappelle la réflexion de S. Huet ; il disait dans l’émission de Schneidermann que l’exactitude des informations n’avaient pas d’importance tant que « ça allait dans le bon sens »…

Singulière conception du journalisme, elle fait froid dans le dos.

10.  Marot | 18/09/2010 @ 11:49 Répondre à ce commentaire

RanTanPlan (#1)
Murps (#9)
Tout jeter, je ne crois pas non plus.
Ce texte a l’immense avantage d’être un compendium remarquable qui détaille ce qui est pratiqué bien ou mal par les réchauffistes.

De grands morceaux de cette trame peuvent être appliqués tels quels ou modifiés.

Quelques exemples :
Cherchez les chiffres. Qui paiera pour l’adaptation aux changements climatiques ? Mettre l’accent sur des questions, telle que le financement des plans d’action nationaux.
Évitez d’être faussement nuancé. En essayant d’être équilibrés et équitables, vous présentez malgré vous les arguments réchauffistes comme un vrai contrepoids.
Donnez la parole aux personnes les plus vulnérables. Expliquez que chacun paiera une note aberrante en tarifs d’électricité et en impôts pour financer les lubies vertes.

etc.

11.  Myke | 18/09/2010 @ 12:02 Répondre à ce commentaire

Murps (#9),
Tout dépend du sens que l’on donne à la notion de « tout jeter ».
Que ce texte constitue un manuel de bourrage de crâne journalistique, nul n’en doute ; en ce sens, il mériterait en effet la poubelle, dans un premier mouvement d’humeur.
Mais, second mouvement, il peut rester utile en tant que grille de lecture de la majorité des articles sur le climat (et sur d’autres sujets d’ailleurs).

12.  Murps | 18/09/2010 @ 13:19 Répondre à ce commentaire

Myke (#11), certes…
Mais on ne peut pas le considérer comme une incitation à faire un travail journalistique honnête.

Déjà, partir du principe qu’on va écrire un article sur le RCA suppose que l’on croit qu’il y a RCA.

A ce titre, je le trouve orienté.

Bon, si vous jouez sur les mots, sachez que quand je parle de le « jeter », il ne s’agit nullement d’un autodafé.
« Jeter » signifie pour moi qu’il ne vaut pas un clou en terme de déontologie journalistique. Ou alors j’ai loupé des épisodes…

😉

13.  Myke | 18/09/2010 @ 16:23 Répondre à ce commentaire

Murps (#12),
Nous sommes bien d’accord.

14.  lemiere | 18/09/2010 @ 22:41 Répondre à ce commentaire

il ne suffit pas de grand chose pour trouble les spectateur….
l’expression  » LE changement climatique » suffit….. »
elle sous entend que le climat ne change pas …naturellement …
elle appuie sur la singularité de cet événement.. » the big one »….
Et surtout le climat est une réponse du systeme terrestre à des forces diverses…. on trouve pourtant l’expression  » à cause du changement climatique » à la place de « ce qui pourrait montrer un changement du climat »….ou eventuellement ce qui est tu  » à cause de l’homme »…
bof dans les edias la semaine derniere ( je crois) j’ai vu à de multiples reprises un reportage sur le fait que les femmes ( européennes???) preferent les danseurs qui bougent d’une certaine façon…avec des commentaires du genre messieurs dansez comme ça vous seduirez des femmes….. hem…les memes peuvent vous parler du rechauffement climatique…faire des micro trottoirs… » madame que pensez vous du rechauffement climatique? »…ou des sondages…
On peut remarquer aussi que les journalistes préfèrent l’incertitude… une explosion? un acte terroriste???
une disparition d’enfant? un rapt un viol un meurtre????

Il y a des journalistes serieux mais le gros de ce qu’on lit dans les média c’est de la soupe…

15.  Shadok | 18/09/2010 @ 22:48 Répondre à ce commentaire

Amha, quand on commence par « les scientifiques [ont dit/cherchent/pensent/etc.] », il y a un malaise : « DES scientifiques » serait largement plus réaliste, non ?

16.  jean l | 19/09/2010 @ 6:50 Répondre à ce commentaire

lemiere (#14),
Franchement, Lemiere, vous deviez vous relire avant de poster : ce serait sympa pour le lecteur

17.  Patrick | 19/09/2010 @ 10:04 Répondre à ce commentaire

La propagande de l’ ADEME parle du dérèglement climatique, pas du réchauffement climatique.
Ils commencent à faire machine arrière.

18.  lemiere | 19/09/2010 @ 12:41 Répondre à ce commentaire

non…ne poste-t-on pas ici surtout pour soi même? Je n’ai pas l’impression d’apporter grand chose au débat ( mais c’est le cas de beaucoup d’autres intervenants aussi)..
Et cet article même éclaire-t-il sur la question scientifique du rôle du CO2 dans le climat?
L’article précèdent sur les temperatures est d’un tout autre intérêt… on pourrait faire la remarque qu’il existe sur le net des « manuels » à l’usage des sceptiques…ça n’a pas un grand intérêt…la question est scientifique elle sera tranchée par l’observation et le progrès de la comprehension théorique.

La propagande peut aussi s’appliquer pour de justes causes voire à diffuser des vérités…

19.  Marot | 19/09/2010 @ 13:17 Répondre à ce commentaire

Patrick (#17)
Je ne crois pas, ils ne font que suivre la mode.

Réchauffement climatique anthropique, RCA (AGW américain) trop long
a été remplacé par
Réchauffement climatique
Quelques froidures d’hiver leur ont fait comprendre que c’était risible malgré les cris « c’est de la météo, pas du climat ».
puis par
Dérèglement climatique en 2008 (Ademe, notre-planète.info)
Immense avantage : plus chaud, plus froid, cela marche tout le temps,
la canicule en Russie, c’est bon, le froid en Amérique du sud, c’est toujours bon.

Le décroissant Holdren vient de créer « Global climate disruption » (dérangement)
Dérangement climatique global
à mon avis pas assez clair, on verra.

20.  Petite Fleur des Alpes | 19/09/2010 @ 13:29 Répondre à ce commentaire

Marco33 (#6),

On pourrait expliquer que c’est exactement cette manière de faire que la théorie de Wegener sur la dérive des continents a été traité. Et qu’il faudra environ 50 ans avant que sa théorie soit enfin admise….

L’histoire de la théorie de Wegener est bien connue des historiens des sciences (par exemple Frankel 1976, Rupke 1996, Macrakis 1984) ; elle ne ressemble pas à l’idée qu’on peut s’en faire si on limite ses lectures à quelques ouvrages de vulgarisation grand public.

Pour faire bref – car je pars avec mes fils visiter un observatoire dans le cadre des Journées du Parimoine – : Wegener, astronome de formation et météorologue de métier, a énoncé une théorie sur la base de constatations géologiques, paléontologiques et climatiques. Pour étayer sa théorie il s’est livré à des expériences et il a proposé un mécanisme physique.

Ses expériences portaient sur la transmission des ondes radio entre l’Europe et l’Amérique, mais elles ne donnèrent aucun résultat probant.
Sa théorie est construite sur une influence des effets de marée lunaires pour expliquer la dérive des continents.

Au bout du compte, ses échecs expérimentaux et l’impossibilité de sa théorie – dont la réfutation par les géologues de son époque a été immédiate et probante – ont mis en difficulté ses idées sur la dérive des continents. Wegener a tenté de modifier ses conceptions théoriques, mais il a abandonné en 1928 car il se rendait compte qu’il ne maîtrisait pas suffisamment la géologie pour arriver à quelque chose. La mort prématurée de Wegener, lors d’une expédition au Groenland, a mis un terme à sa théorie.

Cependant, quelques géologues de son époque on tenté de reprendre ses idées, mais les mécanismes proposés ont tous été réfutés facilement : Holmes, Du Toit, etc.

Il a fallu attendre les années 1940-60 – Holmes 1945 pour la convection, Hess 1962 pour le tapis roulant océanique – pour que les géologues découvrent et commencent à comprendre ce qui va devenir la tectonique des plaques.

Wegener n’est donc pas un scientifique incompris en butte au conservatisme de ses collègues : c’est un chercheur qui tente de formuler une théorie dans un domaine qu’il ne maîtrise pas ; qui se trompe sur le mécanise théorique proposé et qui propose des expériences qui ne sont pas probantes.

21.  lemiere | 19/09/2010 @ 15:28 Répondre à ce commentaire

c’est vrai que la théorie de la derive des continents est utilisée de façon récurrente pour ILLUSTRER le fait que le consensus ne veut pas dire vérité mais e n’est pas non plus important en ce qui concerne la compréhension du débat sur le réchauffement global du climat du fait de l’homme…ce qui manque ce sont les éléments tangibles pour affirmer quoique ce soit…

Ils sont où les observations qui permettraient à un simple citoyen comme moi de savoir comment se comportera la flotte et si oui ou non on voit déjà l’effet CO2…

22.  Patrick Bousquet de Rouvex | 19/09/2010 @ 15:59 Répondre à ce commentaire

Marot (#19), C’est un peu comme « dérangement gastrique », ça fait quand même moins gore (al ?) que « grosse chiasse puante » : en fait ils commencent à montrer qu’ils n’arrivent plus, malgré leurs efforts et les émoluments y afférents, mais plus une seconde,à croire eux-mêmes à leur « dérangement » maousse costaud qui fout la poisse globale !!

23.  Laterjuju | 20/09/2010 @ 4:49 Répondre à ce commentaire

@Petite Fleur des Alpes
Vous avez une référence pertinente concernant Wegener et l histoire de la théorie de la tectonique des plaques ? Ça m’intéresse…

24.  Laterjuju | 20/09/2010 @ 4:51 Répondre à ce commentaire

@petite fleur des Alpes
Oups j avais mal lu et n avais pas vu que vous citiez déjà quelques travaux… autant pour moi…

25.  RanTanPlan | 20/09/2010 @ 10:31 Répondre à ce commentaire

Laterjuju (#23), pour une première lecture de l’histoire de cette théorie, je conseille la lecture de ceci : La dérive des continents, histoire d’une contreverse
Bonne lecture.

26.  Petite Fleur des Alpes | 20/09/2010 @ 10:58 Répondre à ce commentaire

Laterjuju (#23), et RanTanPlan (#25) : en rédigeant ma petite intervention, j’ai cherché des liens vers des articles librement consultables. Mais je n’ai rien trouvé pour le moment. Le lien fourni par RanTanPlan est hélas très succinct. Je continue à chercher.

27.  Bob | 20/09/2010 @ 11:22 Répondre à ce commentaire

Les annales des Mines sur Wegener :
TRAVAUX DU
COMITÉ FRANÇAIS D’HISTOIRE DE LA GÉOLOGIE
– Troisième série –
T.XVIII (2004)

http://www.annales.org/archive.....moine.html

28.  Myke | 21/09/2010 @ 19:23 Répondre à ce commentaire

Laterjuju (#23),
Je vous recommande le remarquable ouvrage de Claude Allègre (mais si !) « l’Ecume de la terre » (Fayard, 1983), qui consacre les deux tiers de son livre à cette aventure scientifique, d’ailleurs instructive aussi par ses aspects épistémologiques (comme dirait Benoit). Voir notamment le chapitre 1er : « l’aventure wegenerienne ».
C’est Arthur Koestler, je crois, qui disait qu’il y a des vérités stériles et des erreurs fécondes.

29.  Patrick Bousquet de Rouvex | 25/09/2010 @ 20:14 Répondre à ce commentaire

Je suggère à Frédéric de supprimer le message 29 qui émane vraisemblablement d’une personne qui recommence à usurper le nom de M. Faucon comme cet hiver !!!!

30.  Araucan | 25/09/2010 @ 21:27 Répondre à ce commentaire

Patrick Bousquet de Rouvex (#29),

Fait

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