A PROPOS DE LA SORTIE DU PETIT AGE GLACIAIRE

Un grand merci à scaletrans pour cette excellente traduction de l'article de

Syun-Ichi Akasofu

 "On the recovery from the Little Ice Age", version originale en libre accès ici

International Arctic Research Center, University of Alaska Fairbanks, Fairbanks, USA; sakasofu@iarc.uaf.edu
Received 28 July 2010; revised 30 August 2010; accepted 3 September 2010.

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RESUME 

Un certain nombre de papiers publiés et de données d’accès libre sur les modifications du niveau des mers, le recul des glaciers, les dates de gel et de dégel des rivières, le recul de la banquise, l’étude des cernes des arbres, les carottages de glace et les changements d’intensité des rayons cosmiques depuis l’an mille jusqu’à présent, sont étudiés pour examiner comment la Terre est sortie du Petit Age Glaciaire (PAG). Nous avons appris que la sortie du PAG s’est produite de façon continue -en gros de manière linéaire, de 1800-1850 jusqu’à présent. Le rythme de récupération en termes de température est d’environ 0,5° C/siècle et est donc d’une grande importance pour la compréhension du réchauffement actuel. Cela semble indiquer, en se basant sur des données beaucoup plus longues, que la Terre est toujours en cours de sortie du PAG ; il n’y a aucun signe de fin de sortie avant 1900.Les relevés d’intensité de rayons cosmiques montrent que l’activité solaire est corrélée à la fois au PAG et à sa sortie. L’oscillation multi décennale d’une période de 50 à 60 ans se superpose à la tendance linéaire ; cette oscillation a culminé en 1940 et en 2000, provoquant l’arrêt temporaire du réchauffement  après 2000. Ces changements sont naturels, et afin de déterminer la contribution de l’effet de serre d’origine humaine, il est urgent de les identifier correctement et avec précision et de les retrancher de la tendance actuelle au réchauffement/refroidissement global.

Mots Clés : Petit Age Glaciaire

1. INTRODUCTION : LE PETIT AGE GLACIAIRE (PAG)

Le petit Age Glaciaire (PAG) est étudié dans un grand nombre de publications, y compris des monographies (cf. Lamb [1] ; Grove [2]. Bien qu’il soit généralement admis que le PAG s’est terminé il y a deux siècles, il n’y a pas beaucoup d’études sur la façon dont la récupération s’effectue. Dans cet article s’appuyant sur des documents publics et des données librement accessibles, nous constatons que le PAG a pris fin entre 1800 et 1850, mais la récupération a continué jusqu’à présent avec des ‘fluctuations’ se superposant . Dans ce chapitre nous reverrons rapidement les données du PAG. Au chapitre 2 nous examinerons les données des carottages, les dates de gel et de débâcle des fleuves, les changements de niveau des mers, les modifications de la banquise, les modifications des glaciers, les données des cernes d’arbres et de l’intensité des rayons cosmiques, et nous constaterons  que la récupération a progressé de 1800-1850 jusqu’à maintenant.

Dans le chapitre 3, possédant des données plus précises après 1900, nous constaterons que les changements de température Durant le 20ième siècle peuvent être considérés comme la continuation de la récupération, avec une tendance approximativement linéaire de 0,5°C/siècle, avec des oscillations multi décennales se superposant. Au chapitre 4 nous apprendrons d’après les changements d’intensité des rayons cosmiques depuis l’an 1000 jusqu’à maintenant que l’activité solaire fut relativement faible durant le PAG, mais a commencé à augmenter autour de 1800-1850. Au chapitre 5 on suggère que l’oscillation multi décennale arrête temporairement la récupération du PAG donnant une situation similaire à la période 1940 à 1975. Le résumé est donné au chapitre 6 et la conclusion au chapitre 7.

On ne peut douter que la Terre ait connu une période relativement froide après l’Optimum Médiéval de l’an 1000. Dans ce chapitre nous verrons rapidement les changements de température depuis l’an 1000 jusqu’à présent avant d’examiner les détails de la sortie du PAG. La Figure 1(a) montre un exemple caractéristique de données des cernes d’arbres de latitudes moyennes (Esper et al. [3] ; Frank et al. [4]). Comparée à la moyenne de 1961-1990, la température fut relativement basse depuis environ 1100 jusqu’à 1800-1850, montrant que la Terre a connu un période relativement froide, le PAG. Nous nous intéressons particulièrement ici à la récupération qui commença aux environs de 1800-1850, c'est-à-dire à l’augmentation de température de 1800-1850 jusqu’à présent. On peut voir que l’augmentation de température de 1800-1850 jusqu’à présent fut continue avec des ‘fluctuations’ superposées et qu’il n’y a aucun signe de fin de récupération avant 1900.

La Figure 1(b) montre les variations de température de l’an 900 jusqu’à présent qui combine sept (incluant la Figure 1(a)) différents résultats de recherche (National Research Council [5]. Il est clair d’après les Figures 1(a) et 1(b) que la Terre a connu une période relativement froide de 1100 jusqu’à 1800 environ, le PAG. A nouveau on peut noter que toutes les données montrent la récupération progressive depuis 1800-1850 jusqu’à présent, avec des ‘fluctuations’ se superposant.


   Figure 1. (a) Variations de températures d’après les cernes d’arbres de 14 sites depuis 800. On voit les données ajustées par Esper et al. [3] avec la moyenne des données brutes. La ligne en pointillés représente l’anomalie sur la période référence 1961-1990 (Frank et al. [4])

Figure 1.(b) Reconstructions de variations de température générales de surface (Hémisphère Nord ou ensemble du Globe) de sept différentes équipes de recherche (incluant la Figure 2(a) avec les données instrumentales de la température globale de surface. Chaque graphe donne une histoire quelque peu différente des variations de température et est sujet à des séries d’incertitudes quelque peu différentes qui s’accroissent généralement lorsque l’on recule dans le temps, comme indiqué par le grisé (National Research Council [5]

Figure 1(c) Scène de débâcle au Lac Suwa dans l’île centrale du Japon entre 1450 et 2000. Elle produisait un bruit important et on pensait que Dieu franchissait le lac. C’est pour un motif religieux que l’évènement est enregistré depuis si longtemps. Le jour zéro se réfère au 1er Janvier. Les tirets au sommet indiquent les années où la débâcle ne s’est pas produite (Ito [6]) 

La Figure 1(c) montre un intéressant enregistrement de la date de rupture au Lac Suwa dans l’ïle centrale du Japon de 1450 à 2000. Le lac a une forme quasi circulaire, et ce phénomène particulier de rupture, appelé “Omiwatari”, ce qui signifie ‘passage de Dieu’, tend à se produire au début de la période de gel, peut-être à cause de la pression exercée par l’expansion de la glace. Le retard dans les dates de rupture indique un réchauffement de 1800 jusqu’à maintenant (Ito [6]). Cet exemple montre que le PAG s’est aussi produit en Asie. La présence du PAG dans la zone Indo-Pacifique est documentée par Nunn [7], Oppo et al. [8] et d’autres (voir Lamb [1] ; Grove [2] ; Fagan [9]). En réalité, nombre de publications indiquent que le PAG fut un phénomène mondial (Kweigwin [10] ; Tarand & Nordli [11] ; van Engelen et al. [12] ; Pollack & Smerdon [13] ; Asami et al. [14] ; Moberg et al. [15] ; Holmes et al. [16] ; Liu et al. [17] ; Richey et al. [18] ; Aono [19]).

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101.  miniTAX | 1/03/2011 @ 18:52 Répondre à ce commentaire

Petit problème de thermodynamique pour la FARCE :
1) Bangkok est à la même latitude qu’Ouagadougou
2) L’air à Bangkok contient 100x plus de gaz à effet de serre (vapeur d’eau) que l’air à Ouagadougou.
3) Donc Bangkok devrait être beaucoup plus chaud qu’Ouagadougou
4) Eh bah non, tous deux sont à 28°C en moyenne !
5) Pourquoi ? Et Paf le chien.

102.  Murps | 2/03/2011 @ 0:04 Répondre à ce commentaire

miniTAX (#101), parce que le CO2 ne produit qu’un forcage global par rapport à la self-saturation des jets streams de la poële à frire.
Ca self-sature l’ufnuf et permet la fonte des glaces du pôle, donc des hivers très très froid en europe et un gradient de température nul sur Ouagadougou.
D’ou l’égalité.

Ca fait sérieux ou bien je reformule sans déconner ?
Sérieux.
Je dois pouvoir produire une explication qui semble plausible.
Faut me laisser un peu de temps.;-)

103.  Papyjako | 2/03/2011 @ 7:28 Répondre à ce commentaire

Murps (#102),
Murps, vous avez là la substance d’une communication à l’IPSL, et peut-être, qui sait, une Thèse ?…

104.  scaletrans | 2/03/2011 @ 10:09 Répondre à ce commentaire

miniTAX (#101), Murps (#102), Papyjako (#103),

Vous oubliez le bidulator !!!

105.  JG2433 | 2/03/2011 @ 10:18 Répondre à ce commentaire

scaletrans (#104),

le bidulator

miniTAX™ 🙂

106.  Marot | 3/03/2011 @ 18:16 Répondre à ce commentaire

Une contribution inattendue au travail d’Akasofu vient de Grant Foster (Tamino) ici.

Ce billet est clairement analysé par Lubos Motl ici.

En bref, il semble fortement y avoir un cycle de moyennes de températures d’environ 66 ans.
Ceci est établi par analyse de Fourier de carottes du lac proglaciaire Agassiz, période de -6000 à -4000 av. J.-C.
La figure la plus spectaculaire est

Le pic principal à la fréquence annuelle 0,0152 correspond à 1/0,0152 = 66 ans.

La permanence de ce cycle et sa ou ses causes font évidemment débat.

107.  Murps | 3/03/2011 @ 22:52 Répondre à ce commentaire

Excusez Marot, mais cette courbe de Motl me laisse dubitatif.

En particulier ce pic seulement « double » par rapport à ses voisins me semble bien « fragile » surtout compte tenu de l’extrapolation des températures.
Ca ne serait pas plutôt une conséquence d’une géographie locale du lac ?
(genre barrage glaciaire qui grossit et cède régulièrement)

108.  Bob | 3/03/2011 @ 23:07 Répondre à ce commentaire

Je rappelle le travail de Scafetta où on voit très bien le cycle de 60+ ans :

Murps #107 : Le problème est que l’article de Nature par Knudsen et al , commenté par Tamino, puis par Motl, retrouve ce cycle de 60+ ans dans plusieurs forages glaciaires, situés à des distances de plusieurs milliers de km.
Alors, la géographie locale…

Il faut lire l’article de Knudsen et al. Il est encore en accès libre (réf sur le site de Tamino alias Foster Grant).
Knudsen élimine le soleil et lui préfère l’AMO, parce ça ne colle pas avec le cycle de Gleisberg de 88 ans…ce qui n’est pas étonnant.

AMHA, ces gens-là ne lisent pas les articles de leurs collègues.

109.  Marot | 3/03/2011 @ 23:16 Répondre à ce commentaire

Marot (#106), Murps (#107)
Complément et Rectification

Le papier original in extenso est ici.

Il apparaît à la lecture qu’il ne s’agit pas du lac proglaciaire Agassiz mais de carotte de glace du glacier Agassiz proche d’Ellesmere (grand nord canadien).

Mea culpa.

110.  Marot | 22/03/2011 @ 17:56 Répondre à ce commentaire

L’Union européenne des géosciences vient d’attribuer la médaille Hannes Alfvén, du nom du prix Nobel de physique de 1970 au professeur Syun Ichi Akasofu.

via Lubos Motl.

111.  Papyjako | 23/03/2011 @ 4:05 Répondre à ce commentaire

Marot (#109),

L’Union européenne des géosciences vient d’attribuer la médaille Hannes Alfvén, du nom du prix Nobel de physique de 1970 au professeur Syun Ichi Akasofu.

Cela réchauffe … le coeur !

Merci pour l’info Marot.

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