Lord Turnbull : la vérité qui dérange vraiment

  Je peux traiter le niveau 2 du travail du GIEC très rapidement. À mon avis, c'est là que leur travail est le plus moche. Il y a beaucoup d’affirmations spectaculaires sur le niveau des mers, la fonte des glaciers, la glace, les rendements des cultures, la disparition des espèces spécialement les ours polaires. On a montré qu’une grande partie vient de documents non revus, nommés littérature grise et pire encore certains d'entre eux ont même été tirés de documents fournis par des ONG vertes. Cela a été un modèle constant de cherry picking, d'exagération, de mise en évidence des extrêmes et d’échec à reconnaître les effets bénéfiques. En gros, l'humanité a prospéré dans les périodes plus chaudes. Les plantes poussent plus vite et capturent plus de CO2 dans une atmosphère plus chaude, plus humide et plus riche en CO2. Le froid provoque plus de décès que la chaleur. La principale cause de ce que les tempêtes causent plus de dommages est que nous avons mis plus de personnes et des biens en danger. Les craintes sur la propagation du paludisme sont largement discréditées. 
 
  Permettez-moi maintenant de passer au niveau 3, la politique. 
 
  • Le premier problème est que la politique a été basée sur une vue réchauffiste prépondérante du monde. Beaucoup, comme l'institution des Ingénieurs civils pensent qu’on a accordé trop peu  d'attention à l'adaptation, c'est-à-dire à être plus résistants quand la somme des forces naturelles et du CO2 nous emmène vers le haut ou vers le bas. Ce point de vue réchauffiste du monde peut expliquer pourquoi nous n’avons pas été préparés pour les hivers froids, un phénomène qui est très explicable par l'état du cycle solaire de 11 ans où les taches solaires sont au plus bas. 
 
  • Le problème majeur de la politique du Royaume-Uni est son unilatéralisme. Notre Climate Change Act impose des obligations légales, sans tenir compte de ce que d'autres pays feront ou ne feront pas. Le Royaume-Uni produit seulement 2% du PIB mondial, son effet sur le réchauffement climatique mondial est minime. Si on pousse trop fort à la décarbonisation en augmentant le prix du carbone par une gamme d'instruments, nous souffrirons un double péril. Les industries qui utilisent de l'énergie vont migrer et si les pessimistes du climat ont raison, nous aurons en plus à payer pour nous adapter, par exemple en augmentant nos défenses contre les inondations. À mon avis, nous devrions nous concentrer sur les choses qui ont clairement des avantages «sans regret», il y en a beaucoup, et placer le reste de l'ordre du jour uniquement dans le cadre d’une action internationale. Il y a une bande de furieux dans la Commission européenne sur ce point précis. Le commissaire à l’action climatique veut adopter un plus ambitieux 30 %, même en l'absence de tout accord, tandis que le commissaire à l'énergie y est fortement opposé. 
 
  L'approche économiste logique est de classer les réponses politiques en fonction du coût par tonne de CO2 évitée et ensuite travailler dans le bon ordre, en commençant par les plus efficaces. Ou ce qui revient au même, fixer un prix du carbone, puis laisser les différentes technologies – gaz, charbon avec CSC, nucléaire, éolienne, marémotrice, etc. se battre pour les parts de marché. 
 
  Mais les obligations énergétiques renouvelables de l'UE sont la négation de cette logique. Un jeu particulier de technologies et en particulier l'éolien, a reçu une part de marché garantie et un prix garanti indexé, indépendamment de sa compétitivité. La poursuite actuelle de l'énergie éolienne est une folie… Son coût par kwh dépasse largement celui des autres sources à faible intensité carbonique comme le nucléaire quand on tient compte de l'intermittence et du coût de l'extension du réseau loin du lieu où se trouvent les consommateurs. Il ya une confusion constante entre la capacité installée pour l'énergie éolienne et son rendement réel, qui est d'environ 25-30 % de la première. Il y a aussi le problème que les périodes les plus froides au Royaume-Uni coïncident souvent avec des vents faibles. 
 
  Il y a eu d'abord dans ce pays une hostilité à l'énergie nucléaire et maintenant, au mieux, une tiédeur. Le secrétaire d'Etat au DECC l’a désignée comme technologie essayée, testée et ratée. Il se peut que dans le Royaume-Uni, historiquement, elle n'ait pas eu le succès qu'elle aurait pu avoir, mais elle a depuis 50 ans fourni autour de 20 % de notre électricité fiable, compétitive et sûre. À seulement 20 miles de nos côtes, la France produit plus des 2/3 de son électricité par le nucléaire, et considère cela comme un grand succès. De toute évidence, les événements au Japon soulèvent de nouvelles questions sur l'énergie nucléaire. Nous ne pouvons pas encore dire s’il y a une leçon générale sur les modèles actuels ou si la leçon porte sur des conceptions d’il y a 40 ans en zones sismiques actives. 
 
  Le mécanisme tarifaire feed-in devient rapidement un scandale. Ceux qui ont la chance d’avoir des bâtiments assez grands pour y installer des panneaux solaires ou assez de terres pour un parc éolien, reçoivent 30 à 40p pour un kWh qui est vendu au détail 11p seulement. La perte est payée par un prélèvement sur les entreprises et les ménages. Il est ahurissant que des libéraux, qui attachent une telle importance à l'équité, ferment les yeux sur ce transfert des pauvres aux riches qui se monte à des milliards de £ chaque année. Si vous habitez dans un HLM à Lambeth vous n'avez pas beaucoup de possibilités de mettre votre nez dans ce fromage. 
 
  Il y a un nouveau développement majeur qui correspond à une technologie de rupture, c’est l'introduction de nouvelles techniques de forage qui rendent l’extraction du gaz des schistes possible. Ceci a considérablement élargi la disponibilité géographique du gaz, a produit une augmentation massive de réserves de gaz et a découplé le prix du gaz de celui du pétrole. Le gaz a l'avantage de produire environ moitié moins de CO2 que le charbon. Nous sommes donc face à une perspective heureuse pour remplacer en grand nombre la combustion du charbon par le gaz, réduire les prix de l'énergie, et faire une grande réduction des émissions de CO2 mais pas la décarbonisation complète demandée par certains. Certainement le coût d'opportunité des renouvelables a augmenté, et peut-être celui du nucléaire aussi. 
 
  Une autre défense de l'ordre du jour RCA est le prétendu argument des emplois verts, c'est à dire que nous devrions être à la pointe de l'adoption de technologies vertes afin d’avoir l'avantage du premier comme fournisseur de ces technologies. Ma conception est simple. Si une technologie peut se justifier sans subventions massives, nous devons renforcer nos recherches et nos compétences. Mais si une technologie n'existe que par la subvention, nous nous appauvrissons en essayant de créer des emplois sur des bases aussi fragiles.