Economie du changement climatique/4

Traduit par scaletrans et MichelN35

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2.6.2 Effet d’une CSF réduite sur les avantages économiques du contrôle des émissions

Une sensibilité climatique (CSF) plus basse signifie une plus faible augmentation de température, ce qui implique également que les avantages économiques du contrôle sont moindres, mais il est clair que les estimations de CSF du GIEC sont bien trop élevées si l’on se base sur les quatre tests réels résumés au paragraphe 2.3.

Si on avait fait appel à des corrélations physiques valides pour l’hypothèse 2, les avantages économiques auraient été bien moindres, probablement moins d’un quart de ce que donne la meilleure estimation du GIEC en 2007. Si les conclusions de Lindzen/Choi [21,39] et de Spencer/Braswell [41] sont correctes, cela signifie que l’estimation des bénéfices fondée sur la meilleure estimation de l’AR4 du GIEC [5] de 3,0° C doit être multipliée par un facteur qui ne serait pas supérieur à 0,7 (Lindzen) ou 0,6 (Spencer/Braswell), chacun divisé par 3. Cela donne un coefficient de correction de 0,20 à 0,23. Pour la simplicité cet article considèrera que ce coefficient est inférieur à un quart, soit 0,25. Cela implique que les avantages économiques peuvent être fonction linéaire de la température. En réalité, il semble probable que les avantages augmentent plus rapidement que la température, spécialement avec des augmentations très élevées de température, ce qui fait que 0,25 sous estime le changement pour les avantages réels révisés. On note qu’un certain nombre d’études des avantages économiques ont été faites avant la publication de l’AR4, et que les rapports antérieurs du GIEC utilisaient des valeurs légèrement différentes de la meilleure estimation de la CSF, les différences étant cependant faibles.

Ces augmentations plus faibles de la température moyenne globale ne paraissent pas être suffisamment importantes pour représenter quelque risque sérieux de CAGW puisque même avec un doublement des niveaux de CO2, on aurait une élévation des températures globales inférieure à 0,7°C, ce qui est bien inférieur aux variations de température durant l’Holocène au cours duquel on a pas connaissance d’un effet CAGW. D’où, par un examen attentif de la science, il est raisonnable de conclure que des effets de CAGW sont hautement improbables et vraisemblablement impossibles. Il en résulte que les avantages économiques pour éviter une augmentation mineure de température sont réduits.

Bien que des augmentations extrêmes des températures globales puissent avoir des effets néfastes substantiels, on ne sait pas si de petites augmentations comme une sensibilité de 0,6 ou 0,7°C seraient néfastes ou bénéfiques. Tol [54] croit qu’elle seraient bénéfiques. Si un réchauffement significatif intervenait, les zones septentrionales de l’Hémisphère Nord seraient probablement ouvertes à la culture, comme le Sud du Groenland le fut durant l’Optimum Médiéval. La validité scientifique des hypothèses en physique comme la valeur de la CSF peut seulement être déterminée par comparaison avec des données réelles, à l’aide de la méthode scientifique et non par des articles revus par les pairs, des modèles atmosphériques ou des affirmations d’experts. Bien que Lindzen/Cjoi [21,39] et Spencer/Braswell [41] aient dérivé leurs estimations de sensibilité climatique (CSF) à partir de données réelles, cela ne prouve pas que ces estimations s’avèreront exactes au final. Cependant, elles apparaissent bien mieux fondées sur des observations plus tangibles que celles de l’AR4 essentiellement basées sur des modèles. Et elles sont cohérentes avec les quatre tests négatifs des sensibilités élevées utilisées dans l’AR comme nous l’avons vu en 2.3.

2.6.3. Effet combiné des corrections de CSF et de temps de résidence.

Le résultat net de la combinaison des corrections des hypothèses 1 et 2 suggérées plus haut serait un coefficient de 0,04 fois 0,25, soit 0,01. Cela signifierait que toutes les estimations des avantages qui n’auraient pas tenu compte de l’invalidité des hypothèses 1 et 2 devraient être divisées par 100. Autant dire que cela ne vaudrait même pas la peine d’en parler.

3. Les coûts économiques de l’atténuation du changement climatique

Je pense qu’il y a également des différences significatives dans les coûts de réduction du CAGW qui sont supérieurs à ce qui est généralement admis par nombre d’économistes qui ont examiné cette question. En premier lieu, la CSF nettement plus faible et le temps de résidence plus court du CO2 dans l’atmosphère comme expliqué aux paragraphes 2.2, 2.3 et 2.6 précédents accroît grandement le coût de la réduction des émissions de CO2 par degré du refroidissement global que l’on compte obtenir du fait que cela demande un bien plus grand changement des émissions de CO2 pour une réduction donnée de température. Autrement dit, de même qu’un accroissement des niveaux de GES augmente beaucoup moins les températures que ne le prétend le GIEC, les réductions de CO2 seraient beaucoup moins efficaces dans la réduction des températures. A noter que cela ne change pas le coût total de la réduction puisqu’il y aurait probablement moins d’augmentation de température à corriger. La seconde différence est que la plupart des tentatives d’estimation des coûts de réduction des émissions de CO2 semblent avoir grandement sous estimé les coût réels. La troisième différence est qu’à une exception près seul un des analystes étudiés dans cet article a recherché des méthodes alternatives moins coûteuses pour réaliser une telle attébuation pour autant qu’elle soit nécessaire et désirée. Ces trois différences seront examinées dans les trois sous chapitres suivants.

3.1 Pourquoi l’efficacité de la réduction proposée des émissions de CO2 dans la limitation de l’augmentation de température sera bien inférieure à ce qu’en attendent beaucoup d’économistes.

La CSF bien plus basse telle que trouvée par Lindzen/Choi [21,39] et Spencer/Braswell [41] affecte les coûts comme les avantages de la limitation du réchauffement global. Comme esquissé au Chapitre 2.6, l’augmentation des températures globales conjecturée sera inférieure de plus de quatre fois à ce qui est prévu par les modèles de  l’AR 4 du GIEC car la CSF semble être au moins quatre fois moindre. Si les dommages économiques sont proportionnels à l’augmentation de température, donc les avantages de la limitation seraient au moins de quatre fois inférieurs. De même, le coût de chaque degré de limitation serait au moins quatre fois plus élevé puisque l’effet de l’abaissement des niveaux de CO2 serait inférieur à un quart dans le meilleur des cas. Ainsi les avantages de la limitation seraient de seulement un quart pour un coût de limitation identique tout en ne réalisant qu’un quart de la réduction de température anticipée.

Il en résulte que le rapport coût/bénéfice des réductions ″conventionnelles″ des émissions de CO2 serait de moins du quart des niveaux préalablement calculés, toutes choses égales par ailleurs. Par conséquent l’accroissement de température devant être limité serait de moins d’un quart de ce qui est conjecturé dans les études, donc les bénéfices de la plupart des efforts de limitation proposés seraient de moins d’un quart, alors que le coût de cette limitation resterait le même.

De même, le temps de résidence bien plus bas du CO2 dans l’atmosphère tel qu’obtenu empiriquement réduit grandement les effets de la réduction des émissions de CO2 et par conséquent de la température. Il y a bien moins d’augmentation de température à compenser, mais le coût de la compensation serait essentiellement le même qu’estimé auparavant par les analystes.

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