Ross McKitrik et le GIEC

Le rapport de l'IAC a fait long feu … et le rapport de la dernière assemblée plénière du GIEC n'est pas encore disponible (pour les documents, voir là). Le précédent est disponible sur cette page et plusieurs documents ont été publiés (voir ici). Mais cela va avancer lentement et le 5ième rapport devrait échapper, au moins en partie à ces changements de procédures.

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Fix it or fold it (Changez le ou cassez le)

Le 22/11/2011Shar

     Si les défauts du GIEC ne peuvent être corrigés, alors il faut abandonner.

    Par Ross McKitrick

    Depuis de nombreuses années, les tentatives pour encourager le débat sur les sciences ou les politiques du réchauffement global ont été bloquées par le fait que le Groupe d'experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) a émis des avis définitifs, et , ainsi va le raisonnement, la période du débat est terminée. Le GIEC est composé de milliers des meilleurs scientifiques du monde, il a un des plus rigoureux et exhaustif processus de relecture de l'histoire de la science et la supervision des 195 membres gouvernementaux en assure l'équilibre, la transparence et le sens des responsabilités. Voici ce qui nous est dit.

    Ces affirmations sur le GIEC ne sont pas vraies, mais jusqu'à relativement récemment peu s'interrogeaient sur ce qu'on leur disait. Les choses ont commencé à changer en 2009 avec la fuite des courriels du Climategate qui poussèrent certains observateurs à commencer à revoir leurs hypothèses sur celui-ci. Suite à ce coup de théâtre, la journaliste canadienne d'investigation Donna Laframboise a publié son livre The Delinquent Teenager Who Was Mistaken for the World’s Top Climate Expert, ( L'adolescent délinquant pris à tort pour le meilleur expert mondial sur le climat), un exposé superbe sur le GIEC qui montre clairement comment il a évolué en une organisation activiste n'ayant que peu de ressemblance avec la description de la probité scientifique faite par ses promoteurs et alliés militants.

    Lundi, de nouvelles informations nous sont parvenues en provenance d'une autre livraison de milliers de nouveaux courriels du Climategate, dont les premiers éléments laissent à penser ajoutent aux craintes sur le GIEC qui provenaient de 2009.

    J'ai le plaisir d'annoncer la publication d'un rapport que j'ai écrit, qui fournit un exposé détaillé des procédures du GIEC et qui plaide pour le réformer. Mon étude, appelée What is Wrong With the IPCC? A Proposal for Radical Reform (Qu'est ce qui ne va pas avec le GIEC ? Propositions pour une réforme radicale), a été éditée par la Global Warming Policy Foundation du Royaume Uni avec un avant-propos par l'honorable John Howard, ancien premier ministre australien.

    Une première chose à noter est que le rapport ne concerne pas la science. Il est sur les politiques, les procédures et les structures administratives du GIEC. un tiers de celui-ci consiste simplement à expliquer comment le GIEC travaille. Plus les gens en apprendront, et plus ils verront qu'il n'est pas à la hauteur de la réputation qui lui a été faite.

    La plupart des gens ne voudront pas se considérer comme étant d'un niveau suffisant pour arbitrer des conflits en sciences du réchauffement global. Mais il n'y a pas besoin d'être un scientifique pour comprendre quand une investigation est biaisée. Le processus d'évaluation du GIEC a des manques matériels, qui sont suffisamment sérieux et nombreux pour s'interroger sur les fondements de ses avis les plus intensément promus.

    Quels sont certains de ces défauts recensés ? Les équipes de rédaction du rapport sont choisies selon un processus opaque par un bureau secret à Genève, sans réelles exigences de s'assurer de la présence de différents points de vue. Des groupes de militants environnementalistes sont lourdement sur-représentés dans les listes finales d'auteurs. les conflits d'intérêt abondent tout au long de l'écriture du rapport, où des auteurs triés sur le volet sont priés de revoir leur propre travail et celui de leurs critiques, ce qui conduit inévitablement à conclure selon leurs propres vues. Le processus de revue par les experts est devenu un peu plus qu'un élégant jeu de scène, créant l'illusion d'un examen croisé tout en dissimulant la réalité de biais éditoriaux non vérifiés. Contrairement aux habituelles procédures académiques de revue par les pairs, les auteurs du GIEC sont autorisés à superviser les relecteurs et même à réécrire le texte après la clôture de ce processus.

    Dans mon rapport, je fournis des études de cas qui pistent des sections clefs des rapports antérieurs du GIEC durant la rédaction, la relecture et la publication, montrant comment des preuves furent manipulées ou modifiées après la fin du processus de relecture. Certains incidents sont déjà connus, alors que d'autres ne peuvent être à la fois véritablement expliqués que par la divulgation des archives du Climategate et par les fichiers reçus conformément aux règles d'accès à l'information au Royaume Uni.

    J'ai aussi regardé la révision de procédures du GIEC menée par l'Inter-Academy Council (IAC). Ce rapport pointe certains des problèmes majeurs que j'ai identifiés, mais la tâche de concevoir et de mettre en oeuvre les réformes revient à l'assemblée générale du GIEC, une assemblée passive et lourde composée de délégués venus de 195 états, dont l'indifférence manifeste a permis à la direction du GIEC de démonter la réforme avant même de la mettre en oeuvre.

    Mon rapport présente un ensemble de propositions de réforme basée sur la simple notion que le processus d'évaluation du GIEC devrait être aussi rigoureux que dans un journal scientifique ordinaire. Pour de nombreux lecteurs, la surprise viendra des changements radicaux qui seront nécessaires.

    Et surprise, toujours en développement rapide, lundi matin, il y a eu la publication de plus de 5 000 courriels nouveaux de climatologues en relation avec l'Unité de recherche sur le climat au Royaume Uni. Ils seront lus avec grand intérêt dans les jours prochains. Pour en avoir lu quelques centaines, beaucoup ne sont que des échanges habituels entre collègues en activité. Mais ceux qui touchent au processus du GIEC soutiennent le contenu de mon rapport.

    Par exemple, j'y expose la question que les auteurs des chapitres du rapport du GIEC peuvent recruter des contributeurs (contributing authors ou CAs) selon des voies opaques qui ne garantissent pas une diversité de vues. L'uniformité qui en résulte est évidente, juste en regardant la liste des auteurs, mais la confirmation est maintenant visible aussi dans les échanges de courriels. Dans deux courriels (n°0714 et 3205), Phil Jones, auteur principal du GIEC, discute d'une liste de possibles contributeurs avec son co-auteur Kevin Trenberth et déclare "Mettre des gens que nous connaissons et en qui nous avons confiance est vital". Il fait ensuite des recommandations, basées non sur le fait que le contributeur potentiel est le plus qualifié mais sur le constat qu'il est "du bon coté" (i.e en accord avec lui), ou s'il a confiance en lui ou non. A un moment donné, il exclut certain expert, qui "a beaucoup fait mais en qui je n'ai pas confiance". Cette sorte de népotisme rampant au sein du GIEC est mis en évidence par ces courriels.

    En principe, je pense que le GIEC peut être réformé, mais nul ne doit sous-estimer la tâche. L'obstacle principal au changement est qu'il est gouverné par une assemblée générale de 195 membres difficiles à bouger, semblant apathiques et toujours déférents devant le bureau du GIEC, qu'ils sont sensés superviser. D'une certaine façon, la délégation canadienne a été une voix isolée en demandant des améliorations aux procédures, mais ces demandes ont été jusqu'à présent ignorées.

    Pour les pays qui recherchent une information sur la climatologie, qui soit réellement objective, équilibrée et rigoureuse et sur laquelle baser des décisions politiques capitales, ma recommandation clef est de pousser aux réformes, mais de ne pas attendre éternellement. Si le GIEC ne peut être rapidement changé, les gouvernements qui veulent sérieusement prendre de bonnes décisions politiques en matière de climat, devraient se préparer à s'en retirer et à créer un nouvel organe d'évaluation, libéré des défauts du modèle actuel.


    Ross McKitrick est professeur d'économie à l'Université de Guelph.

    Source

    Financial Post

    @@@@@@

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    1.  Yves Pelletier | 5/12/2011 @ 3:16 Répondre à ce commentaire

    Merci pour la traduction du texte de McKitrick, qui présente son rapport (What is Wrong With the IPCC? A Proposal for Radical Reform) dans un texte publié au Financial Post.

    J’ai d’ailleurs publié un billet sur le rapport en question il y a quelques jours, après en avoir complété la lecture, dont je recommande vivement la lecture.

    Ça se passe ici:
    http://www.rechauffementmediat.....e-du-giec/

    2.  Araucan | 5/12/2011 @ 8:41 Répondre à ce commentaire

    Yves Pelletier (#1),

    Merci !

    Notre constat est commun : l’AR5 sera fait selon les mêmes procédures qu’antérieurement ou peu s’en faut …

    3.  Mihai V | 5/12/2011 @ 9:32 Répondre à ce commentaire

    Je propose de corriger la traduction du titre du livre.

    The Delinquent Teenager Who Was Mistaken for the World’s Top Climate Expert, ( L’adolescent délinquant induit en erreur par le meilleur expert mondial sur le climat)

    ( L’adolescent délinquant pris par erreur pour le meilleur expert mondial sur le climat)

    4.  Bob | 5/12/2011 @ 17:20 Répondre à ce commentaire

    Mihai V (#3),
    Oui.

    5.  parousnik | 6/12/2011 @ 0:13 Répondre à ce commentaire

    Si le GIEC ( Gang Internationale d’Escrocs Climatique ) ne peut être rapidement changé… En quoi ??? Que faire de cette bande de lascars véreux ? De la politique peut être… car ils n’ont plus leurs places dans cette Science même balbutiante qu’ils ont trahi….
    « libéré des défauts du modèle actuel. » C’est bien gentil mais ni les mensonge, ni les falsifications de données scientifiques ne sont des défauts mais des tares… « Le climat fera le ménage et cet immondice de propagande disparaîtra car une chose est évidente c’est encore la Nature… qui aura le dernier mot.

    6.  Araucan | 6/12/2011 @ 19:16 Répondre à ce commentaire
    7.  Bob | 6/12/2011 @ 19:33 Répondre à ce commentaire

    Araucan (#6),

    L’adolescent délinquant pris à tort le meilleur expert mondial sur le climat

    Pas tout à fait. Il manque un « pour » .

    8.  Araucan | 6/12/2011 @ 19:42 Répondre à ce commentaire

    Bob (#7),

    Oups !

    9.  Fabge02 | 7/12/2011 @ 11:43 Répondre à ce commentaire

    Paru dans un blog du Monden, sous la plume d’un universitaire, Gaffie

    Il ne manque pas de savants esprits pour expliquer que les inondations de Bangkok ne sont dues qu’au réchauffement climatique ou aux initiatives malheureuses d’anciens dirigeants qui ont voulu moderniser la capitale thaïlandaise en comblant des canaux pour y faire passer des rues. Des éléments d’information consultables dans quelques ouvrages classiques, essentiellement en langue thaïe, nous montrent toutefois que les inondations à Bangkok ont loin d’avoir un caractère exceptionnel.

    10.  Fabge02 | 7/12/2011 @ 11:48 Répondre à ce commentaire

    Je précise, Jean Baffie, CNRS-Université de Provence, directeur de la Maison Asie-Pacifique, Marseille

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