Alliance transatlantique.

Les crédits carbone appliqués aux transports aériens continuent de faire des remous.

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Boeing a décidé de s'allier à Airbus contre la taxe européenne sur les émissions des compagnies aériennes jeudi dernier (22 mars), annonçant dans le même temps un accord visant à développer et à commercialiser des biocarburants durables pour les avions.
Le directeur général de Boeing a rejoint le concert de critiques du Système d'échange d'émissions (ETS) de CO2 de l'Union européenne qui fera payer les compagnies aériennes, que Bruxelles estime nécessaire pour combattre le changement climatique. "Il ne s'agit pas de Boeing ou d'Airbus, il s'agit de ce qui est le mieux pour nos clients et comment nous allons faire pour que toute l'industrie réduise son empreinte environnementale», a déclaré Jim Albaugh à Reuters.
«Je ne pense pas que l'approche européenne ETS est la bonne. Nous avons besoin d'un moratoire sur ces travaux et avec l' OACI (Organisation de l'aviation civile internationale), d'obtenir la mise en place de règles internationales auxquelles tout le monde puisse adhérer, et qui nous conduiront aussi à faire les investissements dont nous avons besoin d' nécessaires pour améliorer l'efficacité des avions. "
Albaugh a parlé après la réunion de l'industrie aéronautique à Genève, et a exhorté les gouvernements à utiliser l'OACI pour négocier un accord global sur la question controversée des émissions des aéronefs.
Des nations comme la Chine, l'Inde et les Etats-Unis ne sont pas satisfaits que l'UE allait de l'avant avec un régime qui s'applique à leur espace aérien, alors que l'UE dit qu'elle a été forcée d'agir ainsi après des années d'inaction internationale sur la pollution aérienne des avions.
Airbus avec d'autres sociétés a lancé la semaine dernière un appel aux dirigeants européens pour retarder le projet, car il a perturbé l'approbation par le gouvernement chinois de dizaines de commandes d'avions pour une valeur importante. Dans une apparition conjointe avec Albaugh, son rival Tom Enders, directeur exécutif d'Airbus, a déclaré dans une conférence de presse à Genève qu'il n'était pas "amusé" sur les délais et a pressé la Commission européenne de geler le système en attendant un accord plus large. "Donnez à l'ICAO le temps de monter un régime mondial. Arrêtez maintenant, ne prenez pas le chemin d'une guerre commerciale".

Le fonctionnaire européen en charge du dossier soutien que l'UE gardera son système tant que l'ICAO n'aura pas mis en place un système mondial.

Interrogé sur les commentaires d'un officiel chinois niant que Pékin était intervenu pour stopper les commandes d'avions, Enders a déclaré qu'il y a des manières plus subtiles pour ce faire et que tout le monde sait que les achats d'avions en Chine ont besoin de l'accord du gouvernement.

Solidaires sur les biocarburants.

Airbus et Boeing sont concurrents sur des commandes d'environ 100 milliards de dollars (75,7 milliards d'euros) par an, mais coopèrent sur certaines questions. Les deux géants ont signé un accord avec le constructeur brésilien Embraer afin de développer des biocarburants, une question bien traitée par la Commission européenne, selon M. Enders.

« Il faut parfois être en concurrence et parfois coopérer », a déclaré M. Albaugh. « Deux des plus grandes menaces qui pèsent sur notre secteur sont les prix du pétrole et l'impact du transport aérien commercial sur l'environnement. En collaborant avec Airbus et Embraer sur la question des biocarburants durables, nous pouvons accélérer leur arrivée sur le marché et réduire l'impact de notre secteur sur la planète. »

Ces trois entreprises font partie du SAFUG (Sustainable Aviation Fuel Users Group) qui rassemble 23 grandes compagnies aériennes et vise à accélérer le développement et la commercialisation de biocarburants durables pour l'aviation. Les membres
de ce groupe sont responsables d'environ 25 % de la consommation annuelle de carburant dans le secteur de l'aviation.

Les compagnies aériennes considèrent l'utilisation des biocarburants comme un élément essentiel de leur engagement envers « une croissance neutre en carbone » d'ici 2020. L'association du transport aérien international (IATA) a fixé des objectifs d'augmentation de l'utilisation des biocarburants à hauteur de 10 % de la consommation totale d'ici 2017, assurant que les compagnies pourraient réduire l'empreinte carbonique du secteur jusqu'à 80 %.

M. Albaugh, qui a indiqué que l'aviation avait réduit ses émissions de 70 % en 40 ans, a déploré la manière dont le secteur était traité en comparaison à d'autres comme la construction ou le ciment. « Ils peuvent obtenir beaucoup de crédits carbone […] Ils peuvent réduire leurs émissions et vendre leurs crédits, ils sont donc presque récompensés pour ne pas avoir fait grand-chose. »

Source

@@@@@@

 

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51.  Arcandier | 1/04/2012 @ 13:41 Répondre à ce commentaire

Araucan (#50),

Merci beaucoup pour toutes vos réponses, comme pour le réchauffement climatique, il n’y a rien de simple, sauf peut-être une chose : l’alarmisme systématique de certains media. Si l’on fait une recherche internet sur certains sujets (réchauffement, ressources naturelles, OGM, électrosensiblité,..), on voit que c’est toujours les mêmes qui disent qu’on nous cache tout, on nous dit rien, et que la grande cata est pour demain.

Une chose qui m’irrite beaucoup dans les media, c’est la place donnée aux associations écolos : si l’on interroge un ingénieur EDF à la radio, on est sûr d’entendre aussitôt un membre de pisseverte ou de robins des bois (appartenir à un tel groupuscule donne immédiatement l’équivalent d’un doctorat en physique nucléaire), tandis que si un écolo est interrogé, personne n’est autorisé à répondre. C’est toujours à eux que l’on donne le dernier mot.

52.  Araucan | 1/04/2012 @ 14:33 Répondre à ce commentaire

Arcandier (#51),

Dans les médias, l’actualité environnementale, est quasiment toujours provoquée par une association écologiste … Cela se vérifie tous les jours. L’agenda à ce sujet ne relève donc pas d’une politique éditoriale construite, même dans les grands journaux. De ce fait, il n’y a jamais contre-enquête : le dernier truc que je viens de lire concerne le blaireau (animal sympathique et très discret, dont on nous dit qu’il faut le protéger en France, selon une ONG auto proclamée).
Le fait résulte de plusieurs phénomènes :
– l’environnement ne fait pas partie des sujets nobles des journaux ou n’en est pas l’héritier, les postes ont donc été pourvus plutôt par des convaincus de la chose,
– des journalistes plutôt des convaincus ou des copieurs-colleurs, en partie « piégés » par leur réseau d’information, ONG, scientifiques mis sur le devant de la scènes, scientifiques qui expliquent ce qu’il faut comprendre,
– un sujet à plusieurs dimensions : scientifique (complexité, expérimental, observations, avec les problématiques spécifiques liées à la biologie et aux sciences de la nature), expertise, politique (agendas internationaux, européens ou nationaux), sociétal (ONG, public, conflits d’usage, NIMBY, etc …) et poltiques publiques (que fait-on ?),
– la propension rémanente à chercher le scandale ou à mettre en évidence ce qui serait insupportable.

D’où les rubriques Terre ou Planète (celle-ci a disparu en tant que telle du site du Monde d’ailleurs …) où l’on mélange tout (science, politique, etc…) , reflet de la bouillie conceptuelle qui existe sur l’approche du sujet environnement en général. Les premiers à dénoncer les effets de lobby (il y en a) sont les premiers à s’y faire prendre, mais pas par les mêmes.

Un faux équilibre peut-être mis en place pour donner l’impression de donner la parole à tout le monde, sauf que mettre une ONG face à un ingénieur d’une entreprise publique (discours technique par exemple) c’est flinguer l’ingénieur car les discours ne sont structurellement pas les mêmes.

Une des forces du discours environnementaliste est qu’il peut être repris par quasiment n’importe qui pour faire de l’emballage, sincère ou non : par exemple, si Skyfall est sur Internet, c’est bien sur pour diminuer son empreinte carbone par rapport à une publication ! 😀 )
Le vrai boulot est de faire une contre-enquête, de ne pas mélanger les débats et d’avoir des dossiers solides. Peut-être que ce que dit une ONG mérite considération voire une action, mais pas a priori et pas en bloc, car sinon c’est de la politique (priorité aux contre-pouvoirs affichés, même si la notion de « gouvernance » tend à les institutionnaliser) …

Une autre point est que les articles ne visent pas tant à vous informer, que bien souvent à vous convaincre. Le lecteur n’a pas réfléchir ou à compléter son information. Au bout d’un moment, cela fatigue …

53.  Murps | 1/04/2012 @ 15:08 Répondre à ce commentaire

Araucan (#52),

Un faux équilibre peut-être mis en place pour donner l’impression de donner la parole à tout le monde, sauf que mettre une ONG face à un ingénieur d’une entreprise publique (discours technique par exemple) c’est flinguer l’ingénieur car les discours ne sont structurellement pas les mêmes.

C’est pas si évident.
Le manque de cohérence des discours écolos associé à l’ignorance technique crasse de leurs représentants est telle que l’Ingénieur de base, même non rompu aux débats politiques peut, et c’est son rôle, se tenir au factuel.
Vous remarquerez que l’on ne met pas souvent dans les reportages un spécialiste de la technique face aux affirmations péremptoires d’un écolo enragé. Presque Jamais ! Le risque d’être pris en défaut d’ignorance et de montrer qu’on ne maîtrise pas le sujet est trop grand.

54.  Laurent Berthod | 1/04/2012 @ 16:15 Répondre à ce commentaire

Murps (#53),

Bof, c’est pas les ONG qui décident qui on leur oppose, c’est les journalistes. Ce sont les journalistes qui choisissent de ne mettre, à l’occasion, face aux ONG, que des professionnels ou des scientifiques qui pensent comme eux. Les journalistes à la françaises sont les croisés de la vérité, qu’ils détiennent de droit quasi divin, disons du droit d’être passé dans une école de journalisme.

55.  Bob | 1/04/2012 @ 17:34 Répondre à ce commentaire

Laurent Berthod (#54),

Je ne crois pas qu’il faille mettre tous les journalistes dans le même sac.
En réalité, devant la montée de la mode écolo et des besoins (créés) vis à vis des questions environnementales, les rédactions ont été poussées à recruter des journalistes « spécialisés environnement » issus des écoles de journalisme.
Ces gens-là sont donc « structurellement » triés d’après leurs convictions écolos.
Le résultat est évidemment catastrophique.
Impartialité, esprit critique = zéro.

56.  pastilleverte | 2/04/2012 @ 19:33 Répondre à ce commentaire

@scaletrans #49
au sujet des centrales filière thorium : où puis-je trouver des informations « fiables » et à portée de « M tout le monde » sur cette technique, peu développée, entre autres, parce que le nuke civil est fils du nuke militaire uranium/plutonium (si j’ai bien compris ?)

57.  Mihai V | 2/04/2012 @ 20:25 Répondre à ce commentaire

Un court article sur WUWT
http://wattsupwiththat.com/201.....eptics”/

L’Atome Vert de Jean-Christophe de Mestral, Editions Favre.
Que l’on peut lire en ligne ICI

58.  Mihai V | 2/04/2012 @ 20:58 Répondre à ce commentaire

Mihai V (#57),
Wordpress a massacré le premier lien. Le revoici donc.

Un court article sur WUWT Lien

Quatre de couverture du livre de J-C de Mestral

Jean-Christophe de Mestral

L’ATOME VERT

La catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, a mis une pression immense sur les pays producteurs d ‘ énergie nucléaire. Face aux craintes de leurs populations, certains gouvernements ont pris la décision d ‘arrêter et de démanteler, dans un avenir proche, leurs installations nucléaires existantes, ainsi que d’écarter la filière nucléaire de leur politique énergétique future.
Or la disponibilité des énergies fossiles diminue, le solaire et l’éolien ne sont pas encore capables de prendre le relais totalement. Mais au-de là des émotions, on aperçoit d’autres solutions, nucléaires elles aussi, révolutionnaires et pourtant déjà largement testées, et qui permettraient de régler les deux principaux reproches fait s aux centrales actuelles : la sécurité et les déchets . Il s’agit d’une idée développée dans les années 50 à 70, puis perfectionnée dans les années 90:
les centrales fonctionnant au thorium et non pas à l’uranium ou au plutonium .
Les réacteurs au thorium démontrent des qualités de sécurité intrinsèques exceptionnelles, que ce soit par leur forte capacité autorégulatrice, la facilité des arrêts d’urgence, l’absence de risque d’explosion et de fonte du réacteur. Avec une densité énergétique au kilogramme 200 fois supérieure à celle de l’uranium, nous disposons de réserves mondiales de thorium, réparties sur tous les continents, pour 10’000 ans au moins. La durée de vie des déchets se compte en centaines d’années, et non en centaines de milliers d’années, et leur volume est considérablement inférieur. Les caractéristiques du thorium rendent la fabrication d’une bombe atomique pratiquement inaccessible et, cerise sur le gâteau, les déchets actuels et le plutonium militaire peuvent être incinérés dans le cœur des centrales au thorium.
Plusieurs gouvernements s’ y intéressent de près. L’Inde et la Chine ont entrepris de développer des centrales au thorium à l’échelle industrielle . Si cette technologie est encore méconnue du grand public, il est cependant indispensable qu’elle soit intégrée au débat. Elle présente trop d’avantages pour être ignorée. Il est indispensable que les politiciens, tout comme les citoyens, aient connaissance de cette technologie. Ce livre présente de manière accessible cette voie prometteuse à de nombreux égards.

59.  Mihai V | 2/04/2012 @ 21:03 Répondre à ce commentaire

Mihai V (#58),

Le livre peut encore être téléchargé ici (format PDF) mais rien ne dit que cela durera.

60.  scaletrans | 2/04/2012 @ 21:21 Répondre à ce commentaire

Mihai V (#57),

Oui, c’est ce livre que je viens de lire et qui m’a permis d’étaler (comme la confiture) ma science 🙂

61.  Mihai V | 2/04/2012 @ 22:12 Répondre à ce commentaire

scaletrans (#60),

C’est le livre que j’ai téléchargé quand il était disponible sur Filesonic. Mais il a été retiré depuis.
Je conseille donc aux intéressés de ne pas traîner avant d’en faire une « copie pour usage personnel » bien entendu.

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