Influence planétaire sur l’activité solaire.

Traduction de Scaletrans.

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L’activité solaire est-elle influencée par les planètes?
Posté le 10 Novembre 2012 par Antony Watts.
Tribune libre de David Archibald

Suspectée depuis longtemps, cette influence est maintenant confirmée par un article publié par Astronomy and Astrophysics sous le titre “Is there a planetary influence on solar activity ?” par Abreu & al. le 22 Octobre 2012.
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Extraits du chapitre Discussion et Conclusions.

L’excellente corrélation entre les effets de marée planétaire sur la tachocline et l’activité magnétique solaire est surprenante, car le couplage des marées était considéré comme négligeable jusqu’alors. Dans l’Annexe A nous montrons que la possibilité d’une coïncidence accidentelle doit être rejetée. Nous suggérons par conséquent qu’une modulation planétaire de l’activité solaire s’effectue à des échelles multi-décennales à séculaires.

Les auteurs notent que les modèles actuels de la dynamo solaire sont incapables d’expliquer les périodicités de l’activité solaire comme les cycles de 88 ans (Gleissberg), 104 ans, 150 ans, 208 ans (de Vries), 506 ans, 1000 ans (Eddy) et 2200 ans (Halstatt). Ils ont adopté un point de vue différent en considérant les planètes et la dynamo solaire comme deux systèmes non linéaires faiblement couplés.

L’idée selon laquelle les mouvements planétaires peuvent influencer l’activité solaire semble avoir été émise par Rudolf Wolf vers 1850. Quoique les considérations énergétiques montrent clairement que les planètes ne peuvent être la cause directe de l’activité solaire, elles peuvent perturber la dynamo solaire.
En particulier, les auteurs ont calculé le moment planétaire au niveau de la tachocline. La tachocline du soleil est une couche  de cisaillements qui représente une transition brusque entre deux régimes de rotation distincts : la zone de convection à rotation différentielle et l’intérieur rayonnant à rotation presque rigide. La tachocline joue un rôle fondamental dans la génération et le stockage du flux magnétique toroïdal qui génère par la suite des régions actives du soleil. Un couple de marée net, corrélé avec le rythme des marées, s’exerce dans une petite zone proche de la tachocline, en raison de la fréquence de poussée provenant de la zone de convection. On suppose que la tachocline est non sphérique – c'est à dire une sphéroïde  qui est soit prolate (ellipsoïde de révolution dont l'axe polaire est plus grand que l'axe équatorial ) soit oblate ( l'inverse ). Le modèle des auteurs décrit des couples planétaires agissant sur une tachocline solaire non sphérique.

La Figure 5 provenant de l’article montre les données de Bérillium 10, montré comme potentiel de modulation, et le moment planétaire en termes de fréquences

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Figure 5 : comparaison entre l’activité solaire et le moment planétaire en termes de fréquence.

Le graphique a est le spectre de Fourier de l’activité solaire quantifié par le potentiel de modulation solaire. Le graphique b est le spectre de Fourier en moyenne annuelle. Les cycles de Gleissber de 88 ans et de 208 ans de Vries sont les plus marquants, mais des périodicités d’environ 104, 150 et 506 ans sont également visibles.

La relation entre la théorie et la preuve physique est très très bonne. Comme les auteurs le disent, « il existe une preuve  statistiquement hautement significative d’une relation causale entre le spectre de puissance du moment planétaire sur le Soleil et l’activité magnétique observée à la surface solaire telle que dérivée des radionucléides cosmosgéniques. »

Ils font également état d’un mécanisme plausible selon lequel la tachocline, jouant un rôle clé dans le processus de dynamo solaire, est une couche de fort cisaillement coïncidant plus ou moins avec l'interface  (overshooting convection layer) à la base de la zone de convection. Cette interface est considérée comme cruciale pour le stockage et l’amplification des tubes de flux magnétique qui vont faire éruption à la surface de la photosphère pour former des régions actives. De petites variations dans la stratification de l'interface ″d’environ -10-4 peut décider si un tube de flux devient instable à 2.10-4 G ou à 10-5 G. Cela fait une grande différence, car les tubes de flux qui n’atteignent pas une puissance proche de 10-5 G avant d’entrer dans la zone de convection ne peuvent déboucher à la surface du Soleil en tant que structure cohérente et ne peuvent par conséquent former des taches.″ Cela ressemble à une explication de l’effet Livingstone et Penn sur les taches solaires évanescentes.

La Figure A.1 provenant de l’article montre également l’excellente corrélation entre les radionucléides cosmogéniques pour la période 300-9400 ans BP et les résultats du modèle.

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Graphique supérieur : 10Be provenant du forage GRIP au Groenland
Graphique intermédiaire supérieur :  14C taux de production dérivé de l’enregistrement INTCAL09
Graphique intermédiaire inférieur : enregistrement de modulation solaire basé sur les données 10Be de GRIP
(Groenland) et de Dronning Maud Land (Antarctique) et sur le taux de production de 14C.
Graphique inférieur : Couple calculé d’après la position des planètes.
Si le moment planétaire module l'activité solaire, est-ce que celle-ci module en retour le climat de la terre ? regardons ce que les données de 10Beindiquent (Enregistrement Dye 3- Groenland).

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Toutes les périodes froides de ces six cent dernières années sont associées aux pointes de 10Be et par conséquent à une faible activité solaire. Cela indique également que le passage à la période de réchauffement moderne est associé à des niveaux de radionucléides bien plus faibles. Il y a un mécanisme solaire qui explique le réchauffement du 20ième siècle. Cela se voit également dans les enregistrements de température de Central England [NDT ce sont les relevés continus les plus anciens du monde, mesurés journellement depuis 1772] comme montré à la figure suivante :

 

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Conclusion

Cet article représente un progrès majeur de notre compréhension de la manière dont l’activité solaire est modulée et de ses effets sur le climat terrestre. On peut s’attendre à ce que le calcul du moment planétaire progresse de façon à devenir un outil majeur de prédiction climatique – pour plusieurs centaines d’années à l’avance.

Reference

J.A. Abreu, J. Beer, A. Ferriz-Mas, K.G. McCracken, and F. Steinhilber, Is there a planetary influence on solar activity?” Astronomy and Astrophysics, October 22, 2012
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54 Comments     Poster votre commentaire »

51.  scaletrans | 19/11/2012 @ 19:49 Répondre à ce commentaire

MichelLN35 (#50),

Cependant, il faut garder à l’esprit que la corrélation entre l’activité et le moment planétaire est qualifiée par Abreu & al. « d’excellente ».

52.  Jojobargeot | 20/11/2012 @ 9:49 Répondre à ce commentaire

scaletrans (#49), Pas de soucis ce genre de négateurs on les pratique depuis bien longtemps. A quoi bon lui mettre des références de toutes manières à l’instar de ses gourous il les balayera avec mépris. Quand on ne sait PAS ce qu’est la science, je vous laisse imaginer son degré de conscience. L’essentiel c’est de savoir que NOUS sommes dans le vrai. Merci pour le soutient 😉

Undegrédeplus (#48), http://www.pensee-unique.fr/theses.html#evolution C’est là, mais il faut le lire et essayer de comprendre, ce dont je doute fort compte tenu de vos préjugés.

53.  pastilleverte | 21/11/2012 @ 20:01 Répondre à ce commentaire

# williams 14
oui, merci, c’est ça, encore désolé pour mon ignorance (mais j’essaie d’apprendre, promis)

54.  williams | 23/11/2012 @ 22:56 Répondre à ce commentaire

# williams 14
oui, merci, c’est ça, encore désolé pour mon ignorance (mais j’essaie d’apprendre, promis)

Pas la peine d’être désolé pastilleverte car comme tu le dis c’est posant des questions, en lisant… qu’on apprends sur tout ces domaines scientifiques complexes et voir compliqués 😉

Williams