Temps de résidence du dioxyde de carbone atmosphérique.

Traduction de Scaletrans. Grand merci.

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La courbe des essais nucléaires et son implication dans le temps de résidence du dioxyde de carbone atmosphérique.

Les études du Carbone 14 émis dans l’atmosphère par les essais nucléaires montrent que le modèle de Bern utilisé par le GIEC contredit pratiquement tous les résultats expérimentaux publiés.

Article invité de Gösta Pettersson sur WUWT.

La courbe de Keeling montre que le niveau de dioxyde de carbone dans l’atmosphère a augmenté de façon constante sur une tendance longue depuis 1958. Les tenants du réchauffement climatique anthropique (RCA) attribuent cette augmentation aux activités humaines telles que la consommation de combustibles fossiles et les modifications d’usage des terres. Les opposants à l’hypothèse RCA soutiennent que cela impliquerait que le temps de renouvellement du dioxyde de carbone atmosphérique serait d’environ 100 ans, ce qui contredit une multitude d’études expérimentales indiquant que le temps de renouvellement est d’environ 10 ans.

 

operation_crossroads_explosion_1.jpg
Test nucléaire sur l'atoll de Bikini en 1946.

Depuis sa constitution en 1988, le Groupe Intergouvernemental d’Etude du Climat (GIEC) des Nation Unies a négligé les temps de renouvellement relevés empiriquement, proclamant qu’il leur manque le rythme d’élimination du dioxyde de carbone anthropique de l’atmosphère. Au contraire, le quatrième rapport du GIEC prétend que l’élimination des émissions de dioxyde carbone est correctement décrite par le ‘modèle de Berne’, une modélisation du cycle du carbone conçue par d’éminents climatologues de l’Université de Berne. Le modèle de Berne présuppose que l’augmentation des niveaux du dioxyde de carbone atmosphérique est du exclusivement aux émissions anthropiques. Calibré pour s’adapter à la courbe de Keeling, le modèle stipule que la relaxation d’un train d’émissions de dioxyde de carbone est multi phase avec des composants lents suggérant un transfert lent de dioxyde de carbone depuis la surface des océans jusqu’aux grandes profondeurs. Le problème est que les observations empiriques nous racontent une histoire totalement différente.

 

Les essais de charges nucléaires au début des années soixante ont initié une expérience avec un marqueur scientifique idéal décrivant la cinétique de l’élimination de l’excès de dioxyde de carbone atmosphérique. Lorsque les essais nucléaires dans l’atmosphère cessèrent en 1963, ils avaient amené le niveau de C14 dans l’air à presque deux fois sa valeur d’origine. La relaxation de cet excès de dioxyde de carbone C14 a maintenant été observée durant cinquante ans. La figure 1 montre les résultats représentatifs issus des enregistrements expérimentaux de plus de 95% du processus de réduction.

 

bombtest-1.jpg

Le GIEC a négligé les données des essais nucléaires de la figure 1 (qui donne le rapport de C14/C12), prétendant que « une perturbation atmosphérique dans le rapport isotopique disparaît beaucoup plus rapidement que la perturbation du nombre d’atomes C14 ». Cet argument est inacceptable et certainement incorrect. La Figure 2 montre les données de la Figure 1 après changement d’échelle et correction pour les effets mineurs de dilution provoqués par l’augmentation de la concentration de dioxyde de carbone C12 durant la période examinée.

 

bombtest-2.jpg

Les séries de points expérimentaux résultants (données en noir Fig. 2) décrivent la disparition de « la perturbation du nombre d’atomes de C14 », et sont presque indistincts des données de la Fig. 1, et seront référencés comme « courbe d’essais nucléaires ».

Afin d’attirer l’attention sur la courbe des essais nucléaires et ses importantes implications, j’ai publié un trio de rigoureuses analyses cinétiques de réaction pour répondre aux controverses quant à l’interprétation de la courbe de Keeling entre les tenants et les opposants de l’hypothèse AGW.

(Note voir ci-après les liens pour les trois articles)

 

L’Article 1 du trio montre que:

  1. La courbe des essais nucléaires fournit un enregistrement empirique de la relaxation de 95% du dioxyde de carbone C14 de l’atmosphère. Comme les effets cinétiques des isotopes de carbone sont petits, la courbe des essais nucléaires peut être considérée comme représentative de la relaxation des trains d’émission de dioxyde de carbone en général.

     

  2. Le processus de disparition a la forme d’une relation mono exponentielle (courbe rouge Fig.2) et peut donc être décrit comme un simple temps de relaxation (temps de renouvellement). Au plan de la cinétique, il n’y a pas de raison valide de ne pas prendre en compte les évaluations expérimentales connues de ce temps de relaxation (5-14 ans).

     

  3. Le caractère exponentiel de la relaxation implique que le taux de disparition du C14 est proportionnel à la quantité de C14. Cela signifie que les 95% du processus de relaxation ont été régis par la concentration de dioxyde de carbone C14 selon la loi d’action de masse, sans aucune contribution décelable provenant d’évènements océaniques lents.
  4. Les prescriptions du modèle de Berne (courbe bleue Fig.2) sont incompatibles avec les observations effectuées, et sous-estiment gravement à la fois le taux et l’importance de la disparition des émissions anthropiques de dioxyde de carbone. Sur la foi des prédictions du modèle de Berne, le GIEC déclare qu’il se passe quelques centaines d’années avant que les premiers 80% de dioxyde de carbone anthropique ne disparaissent de l’atmosphère. La courbe des essais nucléaires montre que cela prend moins de 25 ans.
L’article 2 de la trilogie utilise les relations cinétiques dérivées de la courbe nucléaire pour calculer dans quelle mesure le niveau de dioxyde de carbone a été affecté par les émissions anthropiques de dioxyde de carbone depuis 1850. Les résultats montrent que seulement la moitié de la tendance long terme de la courbe de Keeling a pour origine les émissions anthropiques.
Le modèle de Berne et d’autres modèles du cycle de carbone ajustés pour s’adapter à la courbe de Keeling sont régulièrement utilisés par les modélisateurs du climat pour obtenir des données estimées des niveaux futurs de dioxyde de carbone dans leurs scénarios d’émissions postulés. L’article 2 montre que les estimations ainsi obtenues exagèrent les contributions d’origine humaine aux niveaux futurs de dioxyde de carbone (et par conséquent aux températures globales) par des facteurs de 3-14 pour les scénarios représentatifs des émissions sur des périodes s’étendant jusqu’à 2100 et au-delà. Avec des valeurs étayées empiriquement, les projections des modèles climatiques montrent en fait que le réchauffement climatique dû aux émissions de dioxyde de carbone fossile restera dans des limites acceptables.

L'article 3 de la trilogie attire l’attention sur le fait que l’eau chaude retient moins de dioxyde de carbone dissous que l’eau froide. Cela signifie que le réchauffement global du 20e siècle a conduit nécessairement à un dégazage thermique de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Avec un modèle cinétique air-océan, on peut estimer l’importance de cet effet thermique en analysant la dépendance de la température aux fluctuations multi annuelles de la courbe de Keeling et la décrire en termes d’énergie d’activation du processus de dégazage.

Pour les valeurs estimées empiriquement obtenues selon les articles 1 et 3, le modèle montre que le dégazage thermique et les émissions anthropiques ont contribué à peu près à égalité à l’augmentation des niveaux de dioxyde de carbone sur la période 1850-2010 examinée. Durant les deux dernières décennies, les contributions du dégazage thermique ont excédé de presque 40% celles des émissions anthropiques. Ceci est illustré par les données de la Fig. 3, qui indique également que la courbe de Keeling peut être quantitativement évaluée comme les effets combinés du dégazage thermique et des émissions anthropiques.

 

bombtest-3.jpg

Les résultats de la Fig.3 appellent à une révision drastique du budget du cycle du carbone proposé par le GIEC. En particulier, la très discutée ‘chaleur manquante’ (appelée ‘chaleur terrestre résiduelle’ dans le 4ièmerapport du GIEC) peut être identifiée comme se trouvant dans l’hydrosphère ; le total des émissions absorbées par les océans a été gravement sous-estimé par le GIEC parce qu’ils ont ignoré le dégazage thermique. De plus, l’importance de l’effet du dégazage thermique met les modélisateurs du climat dans la délicate situation d’avoir à connaître quelles seront les températures futures avant qu’ils ne puissent les prédire compte tenu de l’effet de serre du aux niveaux futurs de dioxyde de carbone.

 

En accréditant le modèle de Berne et des modèles similaires du cycle du carbone, le GIEC et les modélisateurs du climat présupposent que la courbe de Keeling ne représente que les émissions anthropiques de dioxyde de carbone. Les résultats de Articles 1-3 montrent que ce présupposé est incompatible avec pratiquement tous les résultats expérimentaux publiés reposant sur la cinétique de relaxation du dioxyde carbone atmosphérique. Aussi longtemps que les modélisateurs du climat continueront à négliger les données expérimentales disponibles sur le dégazage thermique et sur la cinétique de relaxation du dioxyde de carbone atmosphérique, leurs modèles de prévisions resteront trop biaisés pour fournir quelque conclusion significative intéressant la science ou la politique.

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Références:

Climate Change 2007: IPCC Working Group I: The Physical Science Basis section 10.4 – Changes Associated with Biogeochemical Feedbacks and Ocean Acidification

http://www.ipcc.ch/publications_and_data/ar4/wg1/en/ch10s10-4.html

Climate Change 2007: IPCC Working Group I: The Physical Science Basis section 2.10.2 Direct Global Warming Potentials

http://www.ipcc.ch/publications_and_data/ar4/wg1/en/ch2s2-10-2.html

GLOBAL BIOGEOCHEMICAL CYCLES, VOL. 15, NO. 4, PAGES 891–907, DECEMBER 2001 Joos et al. Global warming feedbacks on terrestrial carbon uptake under the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) emission scenarios

ftp://ftp.elet.polimi.it/users/Giorgio.Guariso/papers/joos01gbc[1]-1.pdf

Click below for a free download of the three papers referenced in the essay as PDF files.

Paper 1 Relaxation kinetics of atmospheric carbon dioxide

Paper 2 Anthropogenic contributions to the atmospheric content of carbon dioxide during the industrial era

Paper 3 Temperature effects on the atmospheric carbon dioxide level

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Gösta Pettersson est  professeur de biochimie en retraite à l’Université de Lund (Suède) et ancien rédacteur du Journal Européen de Biochimie comme expert en réactions cinétiques et modélisation mathématique. Ses recherches scientifiques se sont intéressées à la fixation du dioxyde de carbone par les plantes, ce qui l’a familiarisé avec le cycle du carbone, qui intéresse les climatologues et d’autres.

Liens des articles :

Article 1 http://www.false-alarm.net/wp-content/uploads/2013/06/paper1.pdf

Article 2 http://www.false-alarm.net/wp-content/uploads/2013/06/paper2.pdf

Article 3 http://www.false-alarm.net/wp-content/uploads/2013/06/paper3.pdf

@@@@@@

 

 

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    162 Comments     Poster votre commentaire »

    151.  Laurent Berthod | 20/08/2013 @ 22:11 Répondre à ce commentaire

    M (#146),

    Le traitement que je suis est très efficace.

    Merci de cette bonne nouvelle qui me fait vraiment plaisir.

    Bien à vous.

    152.  scaletrans | 21/08/2013 @ 10:41 Répondre à ce commentaire

    M (#146),

    Le problème est que Araucan est en vacances (sinon, il aurait mis en ligne ma dernière traduction de Akasofu 😈 )

    153.  M | 21/08/2013 @ 13:37 Répondre à ce commentaire

    scaletrans (#148),

    Il me semble qu’il y a quand même un autre modérateur, celui qui a hébergé le blog quand on ne savait pas où était le webmestre.

    Désolé quand le modérateur part sans se faire remplacer c’est un abandon de poste.

    154.  Murps | 21/08/2013 @ 16:19 Répondre à ce commentaire

    M (#146), heureux également de voir que votre état s’améliore, à vous lire une fois les filtralacons de wordpress désactivés.

    Cordialement,
    Murps

    155.  scaletrans | 21/08/2013 @ 18:46 Répondre à ce commentaire

    M (#149),

    Faut pas exagérer, c’est du bénévolat quand même. Je connais bien car, pour voler huit jours de détente dans le Massif Central, j’ai été obligé d’annoncer par un placard à l’entrée que le musée serait exceptionnellement fermé les dimanche 25 et Mercredi 28 car auncun bénévole ne peut me remplacer.
    Au fait, il s’agit du Parc Musée des Mines de la Brutz à Teillay 35620.
    Ouvert les mercredi et Dimanche jusque fin septembre. C’est un domaine de 7 hectares sur le carreau d’une ancienne mine de fer (minerai magnétique Fe3O4 ou minerai « suédois »). Visite de 2h30 environ car il y a beaucoup à voir et à dire. Nous n’avons malheureusement pas encore de site Internet et le téléphone est la plupart du temps sur répondeur:0299442773.
    Nous manquons de bénévoles et la ComCom propriétaire du site hésite à sauter le pas en pariant sur la fréquentation pour engager des permanents.
    Outre des collections de matériels, le site possède les archives minières et ardoisières de tout l’Ouest.

    156.  scaletrans | 21/08/2013 @ 18:48 Répondre à ce commentaire

    scaletrans (#151),

    Je voulais dire les plus importantes de tout l’Ouest
    On devrait se relire avant de poster…

    157.  M | 21/08/2013 @ 19:58 Répondre à ce commentaire

    scaletrans (#151),

    Cher ami,

    Je suis tout à fait d’accord avec toi, mais dans les règles du commandement il est bien précisé qu’un chef doit savoir déléguer parce qu’il ne peut pas tout faire lui-même.

    Araucan est seul pour l’instant à assurer tout le boulot, il pourrait trouver quelqu’un qui a du temps et se décharger sur lui des affaires courantes telles que la surveillance du blog, gardant pour lui les mises en pages de traduction, les bannissements de trolls, etc.

    Comme je dors très peu et que je passe environ 18 heures par jour devant mon ordi, je pourrais m’en charger.
    J’ai l’avantage d’avoir déjà une expérience certaine.
    J’ai été modérateur sur les forums d’Assiste pendant 4 ans.
    J’ai même été propriétaire et propriétaire d’un forum francophone anti-islam, nettement plus brûlant que Skyfall. J’y ai tenu le coup un peu plus d’un an avant d’envoyer les membres vers le forum principal anglophone et de fermer ce forum où il n’y avait qu’une trentaine de membres actifs et qui était envahi par des fanatiques islamistes, pire que nos parasites.

    Je suis tellement connu sous le pseudo de Vazkor, qu’une connaissance sur Assiste m’a invité à m’inscrire sur Tutoriaux Excalibur et m’a tout de suite passé comme V.I.P. ce qui me donne accès à toutes les parties du forum.

    Amitiés,

    Jean-Claude

    158.  M | 21/08/2013 @ 23:19 Répondre à ce commentaire

    M (#153),

    Cher ami,

    Je ne résiste pas plus longtemps à vous montrer comment j’ai été bien accueilli sur Tutoriaux Excalibur.

    N’est-ce pas beau comme accueil.

    159.  Araucan | 21/08/2013 @ 23:53 Répondre à ce commentaire

    Ferdinand Engelbeen (#113),
    Merci de votre intervention et désolé pour le délai de publication. Je mets votre intervention à nouveau ici

    Nom : Ferdinand Engelbeen | URI : http://www.ferdinand-engelbeen.be/

    Sorry that I have to write in English, my French is good enough to read and speak (in general) but I lack some practice in writing (worked all my working life in The Netherlands)…

    I have reacted on the thesis of Pettersson at WUWT in several comments. The main comment is here:
    http://wattsupwiththat.com/201…..nt-1363957

    The problem is that the fate of 14CO2 is different from 12CO2 as result of the exchanges with the deep oceans: what goes in the deep oceans as 12CO2 and 14CO2 is the ratio after the 1960’s bomb spike. What comes out is the ratio of 1000 years ago (minus the decay of 14CO2). While the 12CO2 return is a little smaller than what is going into the deep oceans, the return of 14CO2 is much smaller. Thus the decay rate of 14CO2 is much faster than of 12CO2, which represents near 99% of all CO2 in the atmosphere…

    Here a scheme that shows fluxes of total CO2 (based on the NASA estimates) and concentrations of 14CO2 at the peak of the bomb spike in 1960:
    http://www.ferdinand-engelbeen…..i_1960.jpg

    As you can see, what goes into the deep oceans is 100% of the bomb spike 14CO2 level, what comes out is 45%, while for the 12CO2 mass transfer it is 100% in, 97% out. Quite a difference…
    For the year 2000, it is:
    http://www.ferdinand-engelbeen…..i_2000.jpg

    The same happens with the 13CO2/12CO2 ratio from fossil fuel burning: only one third of the theoretical reduction of 13CO2 is found back in the atmosphere, as the deep oceans replace part of the atmospheric CO2 with 13CO2 enriched one. Here a graph that shows what happens for different exchange rates with the deep oceans:
    http://www.ferdinand-engelbeen…..r_zero.jpg

    That means that an isotopic change of 13CO2 is three times faster than the reduction of any injection of extra total CO2 in the atmosphere.

    The real fate of an excess amount of CO2 in the atmosphere above (temperature dictated) equilibrium is a sink rate of about 4 GtC/year for 212 GtC (100 ppmv) above equilibrium. Or an e-fold time of 212/4 = 53 years or a half life time of ~40 years. Over three times slower than the 14 years of the bomb spike e-fold decay, but much faster than the IPCC’s Bern model, which may hold up if we burn far more coal and oil and gas than we have done until today. In the latter case (3000-5000 GtC extra emissions as CO2), some current sinks may get saturated, for which there is no sign today or in the foreseeable future.

    Best regards,

    Ferdinand Engelbeen

    Posted août 8, 7:03 PM

    160.  Araucan | 21/08/2013 @ 23:57 Répondre à ce commentaire

    scaletrans (#152),

    cela arrive ….Mille excuses

    161.  scaletrans | 23/08/2013 @ 16:03 Répondre à ce commentaire

    Araucan (#160),

    Vous êtes tout excusé mon ami; loin de moi de vous faire quelque reproche étant donné le travail de qualité dont vous nous faites bénéficier.

    162.  M | 24/08/2013 @ 9:38 Répondre à ce commentaire

    Araucan est de retour et je ne vois toujours pas mes messages envoyés sous sous ma vraie identité.