Les incertitudes intrinsèques du changement climatique

Garth Paltridge


Pratiquement tous les scientifiques qui sont directement impliqués dans les prédictions climatiques sont conscients des énormes incertitudes qui pèsent sur leurs travaux. Comment se fait-il alors qu'ils puissent jurer, la main sur le cœur, que les émissions humaines de dioxyde de carbone détruisent la planète ?
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L'Organisation Météorologique Mondiale des Nations Unies a mis en place les premiers jalons pour l'établissement du Programme Mondial sur le Climat au début des années 1970. Entre autres activités, elle a tenu une conférence à Stockholm pour définir les principaux problèmes scientifiques qu'il faudrait résoudre avant que des prévisions climatiques fiables deviennent possibles. La conférence en a défini un grand nombre mais elle ne s'est focalisée que sur seulement deux d'entre eux.

Le premier concernait notre incapacité à simuler les caractéristiques de la couverture nuageuse et son extension dans l'atmosphère. Les nuages sont importants parce qu'ils déterminent l'équilibre entre le réchauffement dû au soleil et le refroidissement par émission d'infra rouges de la planète et, de ce fait, ils constituent un élément qui contrôle la température de la Terre. Le second concernait notre incapacité à prévoir le comportement des océans. Les océans sont importants parce qu'ils constituent un des principaux réservoirs de chaleur du système climatique. Ils présentent des fluctuations internes, plus ou moins au hasard, sur toutes sortes d'échelles de temps qui vont de quelques années jusqu'à des siècles. Ces fluctuations induisent des variations des températures de la surface des océans qui, à leur tour, affectent la totalité du climat de la Terre.

La situation n'a pas beaucoup évolué depuis les dernières décennies. Beaucoup des problèmes rencontrés dans la simulation du comportement des nuages et des océans sont encore bien présents (à côté d'autres problèmes de moindre importance) et pour des raisons qui n'ont pas changé. Peut-être le plus important est que les modèles du climat doivent effectuer leurs calculs en chaque point d'une grille imaginaire étalée autour de la planète toute entière, à différentes altitudes dans l'atmosphère et à des profondeurs variables dans les océans. Les calculs sont effectués pour des pas d'une heure et c'est de cette manière que les modèles progressent vers un futur hypothétique. Des difficultés surviennent parce que des contraintes pratiques liées à la taille des calculateurs font que la distance horizontale entre chaque point des grilles est aussi grande qu'un degré ou deux de longitude et latitude, ce qui représente une distance de plusieurs dizaines de kilomètres.

Ces distances sont beaucoup plus grandes que la taille d'un amas nuageux typique. Il en résulte que la simulation des nuages exige une bonne dose de suppositions quant à ce que pourrait être une moyenne convenable de ce qui se passe entre les points de la grille du modèle. Même si les observations expérimentales suggèrent que les modèles obtiennent des moyennes grossièrement satisfaisantes pour des prédictions à court terme, il n'y a aucune garantie que les prédictions seront correctes pour des conditions atmosphériques qui régneront dans un futur éloigné de plusieurs décennies. Parmi d'autres problèmes, les petites erreurs dans la modélisation numérique des processus complexes ont la désagréable habitude de s'accumuler à mesure que le temps passe.

Toujours au sujet de cette affaire de points de la grille, les fluctuations océaniques et les turbulences plus petites que la distance entre les points de la grille d'un modèle sont invisibles pour ce modèle. Ceci ne constituerait pas un problème sauf que les tourbillons dans les fluides turbulents peuvent devenir de plus en plus grands. Un petit tourbillon apparu au hasard dans un océan réel peut grossir et apparaître sorti de nulle part du moins pour ce qui concerne le modèle prévisionnel et il peut mettre le bazar dans la prévision à partir de là et pour le futur.

Tout ce qui précède se trouve en arrière-plan d'un des plus grands mystères de la question du changement climatique. En pratique tous les scientifiques directement concernés par les prédictions climatiques sont au courant des énormes problèmes et des incertitudes qui sont encore inhérentes aux résultats de leurs travaux. Alors comment se fait-il que ceux d'entre eux qui ont été impliqués dans le dernier rapport du GIEC puissent jurer, la main sur le coeur, en nous certifiant qu'il y a une probabilité de 95% que les émissions humaines de dioxyde de carbone ont provoqué l'essentiel du réchauffement climatique qui s'est produit durant les dernières décennies ? .

Gardez à l'esprit que la représentation des nuages dans les modèles climatiques (et celle de la vapeur d'eau qui est intimement impliquée dans la formation des nuages) est de nature à amplifier le réchauffement prévu pour une augmentation de la teneur atmosphérique en dioxyde de carbone -et ceci en moyenne pour la plupart des modèles – d'un facteur d'environ trois En d'autres termes, les deux tiers de la prévision de la hausse de la température, provient de ces caractéristiques des modèles. En dépit de ce que les modèles nous disent – et peut-être parce que ce sont les modèles qui nous le disent – aucun scientifique proche de ces questions qui aurait toute sa raison et s'il était interrogé à ce sujet, ne vous dirait qu'il est sûr à 95% que les nuages amplifient plutôt que réduisent le réchauffement climatique dû à l'augmentation du dioxyde de carbone. S'il n'est pas certain que les nuages amplifient le réchauffement climatique, il ne peut pas être sûr que la plus grande partie du réchauffement climatique résulte de l'augmentation du dioxyde de carbone.

Gardez aussi à l'esprit qu'aucun scientifique proche de ces questions qui aurait toute sa raison et s'il était interrogé spécifiquement sur ce sujet, ne vous dirait qu'il y a seulement une très petite possibilité (c'est-à-dire plus petite que 5%) que le comportement interne de océans pourrait être une cause majeure du réchauffement de la dernière moitié du siècle passé. Il serait particulièrement attentif à ne pas faire une telle déclaration maintenant alors qu'il n'y a pas eu de réchauffement significatif depuis les quinze dernières années environ. Dans la course folle à la recherche de ce qui pourrait expliquer la pause et pour trouver les raisons des échecs évidents des modèles incapables de la simuler, nous avons soudainement entendu dire que, peut-être, la chaleur du réchauffement climatique se serait "cachée" dans les profondeurs des océans. En d'autres termes, on nous explique qu'une quelconque fluctuation interne des océans pourrait avoir limité la tendance à la hausse de la température du globe.

De fait, il est plus qu'un peu étrange que nous n'entendions pas dire, venant du GIEC (ou, en tout cas, pas à voix haute) qu'une quelconque fluctuation naturelle interne du système a pu aussi provoquer la plus grande partie de la hausse précédente.

Au vu de tout ceci, nous devons, au moins, considérer a possibilité que l'establishment scientifique qui se trouve derrière la question du réchauffement climatique, a été attiré dans un piège qui consiste à surévaluer grandement le problème du climat – ou, ce qui est essentiellement la même chose, à sous-estimer sérieusement les incertitudes inhérentes au problème climatique – dans son effort pour promouvoir la cause. Il s'agit d'un piège particulièrement pernicieux dans le contexte de la science parce qu'il risque de détruire, peut-être pour les siècles à venir, la réputation exceptionnelle et chèrement conquise, de l'honnêteté qui est à la base du respect de la société vis-à-vis de l'œuvre scientifique. Jouer avec le capital réputation pour des objectifs politiques à court terme n'est pas la manière la plus intelligente de traiter ces affaires.

Le piège a été tendu vers la fin des années 1970 ou aux alentours de l'époque où le mouvement environnemental a commencé à réaliser que la prise en compte du réchauffement climatique cadrerait avec un grand nombre de ses objectifs sociétaux. C'est exactement à cette époque qu'il fut considéré comme une évidence, dans les corridors du pouvoir, que les scientifiques financés par le gouvernement (c'est-à-dire, la plupart des scientifiques) devraient se procurer une fraction importante de leur financement et de leurs salaires à partir de sources externes – dans tous les cas, externes à leur organisme de tutelle.

Du fait qu'ils ne sont pas naturellement liés à une industrie privée spécifique, les scientifiques qui travaillent dans les laboratoires de recherche environnementale ont été forcés de rechercher des fonds dans d'autres départements gouvernementaux. En retour, ceci les a contraints à accepter les exigences du militantisme et de la manipulation de l'opinion publique. Pour ce type d'activité, une association qui se tient à distance respectable du mouvement environnemental constituerait un mariage paradisiaque. Entre autres avantages, il fournirait un moyen pour que les scientifiques puissent être suffisamment distanciés de la responsabilité découlant de n'importe quelle exagération, présentée au public, au sujet de la signification de leur problématique de leur recherche.

Le piège a été partiellement tendu pour la recherche climatique lorsqu'un certain nombre de scientifiques de la discipline ont commencé à se délecter du travail de militant. Leur satisfaction découlait d'un accroissement considérable de leur financement ainsi que de l'opportunité de recruter. Cette augmentation ne concernait pas vraiment l'aspect de la science dure mais plutôt l'émergence d'institutions périphériques et d'organisations engagées, du moins en partie, dans la promotion du message de la catastrophe climatique. C'est alors qu'a émergé un nouveau et lucratif mode de vie de la recherche duquel a découlé la possibilité de donner son avis à tous les types et tous les niveaux du gouvernement, à dispenser sur les ondes des affirmations non contestables au public et à une justification immédiate pour assister des conférences internationales – ces dernières dans un certain luxe comparativement aux standards habituels des scientifiques. Cela avec une périodicité jamais vue jusque là.

Quelque part au cours du processus, on en arriva à faire croire à beaucoup dans le public et, de fait, à de nombreux scientifiques eux-mêmes que les climatologues étaient l'équivalent de chevaliers montés sur des étalons blancs qui menaient une grande bataille contre les forces du mal – c'est-à-dire le mal sous la forme de "Big Oil" et de ses ressources financières supposées illimitées. Le fantasme était plus qu'un peu séduisant.

Le piège fut définitivement armé quand beaucoup des principales académies des sciences de la planète (telles que la Royal Society au Royaume Uni, l'Académie des sciences des USA, l'Académie des sciences australienne) se convainquirent de produire des rapports qui venaient étayer les conclusions du GIEC. Ces rapports furent proclamés comme des analyses nationales supposées indépendantes du GIEC et les unes des autres alors que, par nécessité, elles étaient compilées avec l'aide et, dans certains cas, suivant les injonctions de nombreux scientifiques impliqués dans les machinations internationales du GIEC. Et de fait, les académies qui sont les plus prestigieuses des institutions de la science, ont formellement hissé leurs drapeaux sur le mât du politiquement correct.

Depuis cette époque, jusqu'il y a trois ou quatre ans, il ne restait aucune possibilité acceptable, offerte à la communauté scientifique, d'évoquer le spectre de sérieuses incertitudes quant aux prédictions du désastre climatique. Il devient impossible d'utiliser le mouvement environnemental comme bouc émissaire s'il advenait que la menace du réchauffement climatique n'avait aucune substance véritable. Il est désormais impossible d'échapper à sa responsabilité première s'il arrive, à la fin, que prendre des mesures au prétexte de la réduction du réchauffement climatique s'avère être l'erreur scientifique la plus coûteuse jamais infligée à l'humanité. Le détournement de la richesse mondiale au nom du changement climatique est de l'ordre d'un milliard de dollar par jour. Et, pour le futur, on peut reprendre une citation du sénateur US Everett Dirksen : "Un milliard par-ci, un milliard par-là, et bien vite on commence à parler de vrai argent.".

Au même moment, l'homme de la rue, fort de son bon sens et qui, dès à présent, peut sentir à des lieues à la ronde, l'odeur des exagérations d'une campagne environnementaliste, commence à subodorer que c'est la politique, et non la science, qui pilote cette affaire.

Les scientifiques – enfin, disons, la plupart des scientifiques – peuvent être un peu naïfs mais ils ne sont en général ni méchants, ni idiots, ni facilement subornés aussi bien par l'argent que par le politiquement correct. Alors, quelles que soient les satisfactions que l'on peut éprouver en soutenant la version officielle de la connaissance et quelles que soient les contraintes exercées par le pouvoir scientifique en place, il est quand même surprenant que le récent rapport du GIEC ait pu être publié sans pratiquement aucun murmure de mécontentement de la part des étages inférieurs de l'establishment scientifique. Qu'est-il advenu du scepticisme qui, dit-on, est le sang nourricier de la recherche scientifique ?

La réponse se trouve probablement dans le fait que tout cela est incertain. La probabilité que l'on prouve que le changement climatique durant le siècle prochain sera suffisamment important pour conduire au désastre est virtuellement nulle. Pour la même raison, la probabilité qu'un climato-sceptique ou qui que ce soit d'autre pour cette affaire, prouve que la théorie du désastre est totalement exagérée est aussi virtuellement nulle. De ce fait, le terrain d'affrontement pour les deux partenaires du débat est sur un plan d'égalité. Le problème est que la recherche climatique exige d'énormes ressources et qu'il s'agit d'un jeu entre les institutions et les organisations. Le scepticisme est une affaire d'individus. Les choses étant ce qu'elles sont dans le domaine du changement climatique, le scepticisme exercé par un individu peut s'avérer être un facteur sévèrement limitant pour la poursuite d'une carrière. Quoi qu'il en soit, la plupart des scientifiques, pris individuellement, ont une conscience et ils sont réticents à dresser leur tête au-dessus du parapet pour promouvoir un point de vue sur des choses qu'il est intrinsèquement impossible de prouver.

En bref, il y a plus d'incertitudes qu'il n'en faut pour permettre aux êtres humains d'être, au moins, raisonnablement optimistes sur le fait que le réchauffement climatique ne sera pas, et de loin, aussi mauvais qu'on le proclame. Les climatologues et, en fait, tous les scientifiques ne sont pas aussi chanceux. Ils ont beaucoup à perdre si l'avenir prouve qu'ils se sont trompés.

Garth Paltridge est actuellement professeur émérite de l'Université de Tasmanie et membre de l'Académie des Sciences australienne.
Il a été Directeur de Recherche au sein de la Division de la Recherche sur l'Atmosphère du CSIRO.
(NdT : Commonwealth Scientific and Industrial Research Organization qui est, à peu près, l'équivalent du CNRS français).

Source – Traduction PU avec son accord.
posté par Bob.

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26 Comments     Poster votre commentaire »

1.  Bob | 11/02/2014 @ 14:11 Répondre à ce commentaire

Bonne explication du pourquoi et du comment, à mon sens.

2.  yvesdemars | 11/02/2014 @ 14:17 Répondre à ce commentaire

invitation d’un sceptique (Peter Heller) à un forum de l’Institut Helmholtz en Allemagne

http://notrickszone.com/

ça n’aurait pas été possible il y a 5 ans, là c’est Von Storch qui a poussé à l’inviter, bon il est seul mais c’est un début

3.  Bernnard | 11/02/2014 @ 15:04 Répondre à ce commentaire

Un dicton me vient à l’esprit: Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis!
C’est une formule éprouvée et populaire.

Le problème est que la recherche climatique exige d’énormes ressources et qu’il s’agit d’un jeu entre les institutions et les organisations.

J’ai envie de rajouter dans les ressource « le temps » et l’accumulation de données exactes et vérifiées durant de longues périodes!
Il y a encore beaucoup de temps avant de comprendre un système si chaotique! Ceux qui prétendent du contraire sont les mêmes que ceux qui ne changent pas d’avis!

4.  chercheur | 11/02/2014 @ 15:52 Répondre à ce commentaire

Bernnard (#3),

Il y a encore beaucoup de temps avant de comprendre un système si chaotique

Un système chaotique est par définition imprévisible. L’accumulation de données et du temps n’y changera rien.
Il est assez fantastique de constater que de nos jours, nombreux sont ceux qui pensent qu’avec des puissances de calculs très importantes, le hasard n’existe plus. Le terme hasard est de moins en moins employé, comme si il était moins présent. C’est à mon avis, une dérive dangereuse, car on s’écarte progressivement de l’approche scientifique.

5.  Bob | 11/02/2014 @ 16:08 Répondre à ce commentaire

chercheur (#4),

nombreux sont ceux qui pensent qu’avec des puissances de calculs très importantes, le hasard n’existe plus

C'est vrai mais il se trouve que c'est à la base de la formation qui est dispensée à outrance dans certaines grandes écoles comme Polytechnique et Centrale qui hélas, fournissent des effectifs considérables à Météo-France.
Dont beaucoup sont sortis de la filière prépa PSI (moins de sciences que PC mais plus d'informatique) dont la création assez récente a été, AMHA, une véritable catastrophe.

Je trouve que Paltridgre explique assez bien les difficultés pour la modélisation numérique de rendre compte de l'évolution des instabilités comme les tourbillons, turbulences etc.
Pourtant, les pros qui travaillent actuellement en mécaflu sont parfaitement au courant de tout ça, depuis bien des années…mais il est probable qu'ils n'ont pas souhaité exercer leurs talents dans la clima(str)ologie.

6.  Bernnard | 11/02/2014 @ 16:15 Répondre à ce commentaire

chercheur (#4),
oui! c’est sûr que c’est imprévisible pour autant que la théorie nous le dit (en l’écrivant je le pensais) mais je suis optimiste et je préfère penser qu’on arrivera à comprendre!! Il y a parfois des ressources insoupçonnés qui ne sont pas prévisibles non plus!
Je ne parle pas de puissances de calculs mais de la compréhension fine des phénomènes physiques réels! Le calcul viendra après! La démarche doit rester scientifique.
je ne me fais pas d’illusion ce ne sera pas prédictible, c’est trop complexe et …chaotique! Mais avons nous assez de recul, d’observations de terrain?
Force est de constater que l’on forge des modèles prédictifs ( dont on est certain des prévisions!) sur un embryon de connaissances de la mécanique du temps. C’est une dérive!

7.  Bob | 11/02/2014 @ 16:30 Répondre à ce commentaire

Bernnard (#6),

Le calcul viendra après! La démarche doit rester scientifique.

Certes ! Je suis bien d’accord. Le calcul devrait venir après la compréhension…
C’est ce qu’on devrait leur apprendre, mais hélas, certains pensent avoir compris quelles que soient les évidence contraires. D’autres pensent que le calcul prime la compréhension de la totalité des phénomènes impliqués.
C’est bien là le drame.

8.  chercheur | 11/02/2014 @ 19:10 Répondre à ce commentaire

Bob (#5),

Entièrement d’accord avec la catastrophe PSI.

Moins avec le discours de Paltridge…Il n’a pas pu s’empêcher de dire que la recherche climatique exige d’énormes ressources. Sous-entendu, avec ces ressources on obtiendra des résultats. Ce qui n’a jamais été vérifié.

De la même manière, il met sur un pieds d’égalité les partisans du RCA et les sceptiques en écrivant:

La probabilité que l’on prouve que le changement climatique durant le siècle prochain sera suffisamment important pour conduire au désastre est virtuellement nulle. Pour la même raison, la probabilité qu’un climato-sceptique ou qui que ce soit d’autre pour cette affaire, prouve que la théorie du désastre est totalement exagérée est aussi virtuellement nulle. De ce fait, le terrain d’affrontement pour les deux partenaires du débat est sur un plan d’égalité.

Il oublie d’affirmer que compte tenu du fait que si la probabilité de prouver qu’il y aura un désastre au siècle prochain est nulle, le GIEC ne devrait pas exister et tout le monde devrait arrêter de parler de RCA ou de changement climatique.
De plus cette probabilité nulle implique que la théorie du désastre n’est pas scientifique. Les sceptiques ne disent pas autre chose. Ce n’est pas à eux de prouver quoique ce soit, c’est aux climatologues.

Le seul truc que j’espère avec ce texte est qu’il réveillera les scientifiques non climatologues puisqu’il leur dit qu’ils vont aussi perdre beaucoup du coup de poker des climatologues. Il faut donc que les non-climatologues, soit la très très grande majorité des scientifiques, informe leur confrère que le jeu est fini.

9.  MichelLN35 | 11/02/2014 @ 19:25 Répondre à ce commentaire

Merci à JacquesD pour cette traduction.
A ma première lecture deux constatations m’ont semblé fort dangereuses pour l’avenir de la science mais surtout des hommes.
Dans l’exposé général introductif de la question climatique :

1) Les nuages sont importants parce qu’ils déterminent l’équilibre entre le réchauffement dû au soleil et le refroidissement par émission d’infra rouges de la planète
Paltridge semble admettre le modèle physique de la terre = corps noir en équilibre thermodynamique avec le soleil. La conséquence qui en découle directement concerne un équilibre radiatif nécessaire ou prédominant devant expliquer les variations d’un prétendu climat global.

Tous les modèles basés sur ces hypothèses se sont complètement plantés, aucune « amélioration » ne pourra jamais les réhabiliter car la majeure partie de l’énergie électromagnétique venant du soleil est dégradée sur terre sous forme de chaleur (agitation-rotation-convection) absolument sans possibilité physique de se retransformer entièrement en radiation électromagnétique. C’est la 5ème proposition de G&T : l’hypothèse d’un équilibre radiatif est non physique.

La plupart des climato-sceptiques, même scientifiques, sont malheureusement toujours empêtrés dans cette absurdité et je crois que seule la réalité de l’évolution climatique viendra à bout de cette impasse scientifique. La réalité risque d’être dramatique, mortelle pour beaucoup et rapidement. Voici par exemple, pour la France, les variations de l’excédent hivernal (d,j,f,m) moyen mensuel de mortalité, absolu et en pour mille, par rapport aux 4 mois d’été de la même année (jn,jt,at,se) :
Exc. hiv. Moy. Exc. hiv
Moy. %o habitants
2013 10194 2010+62% 2,03 2010+59%
2012 9563 1,85
2011 7161 1,425
2010 6283 1,275
2009 9547 2006+81% 1,9 2006+77%
2008 7391 1,45
2007 5757 1,2
2006 5266 1,075

2010 est une année à El niño en hiver, les suivantes montrent des La Niña plus ou moins prononcés ou tardifs. L’hiver 2014 est jusqu’à présent plutôt doux mais il n’est pas fini et mars pourrait sévir comme je l’ai parié antérieurement.

Quelle serait alors la réaction du gouvernement français si l’excédent hivernal mensuel de mortalité augmente d’encore 20% pour la 4e fois consécutive ? Continuera-t-il à soutenir ses « experts scientifique » qui prédisent un réchauffement climatique ?
Ou bien décidera-t-il, par exemple après les municipales, comme Cameron de se débarrasser de la « connerie verte » (Green crap) ? C’est là que j’en viens à ma deuxième remarque sur le texte de Paltridge.

2) la probabilité qu’un climato-sceptique ou qui que ce soit d’autre pour cette affaire, prouve que la théorie du désastre est totalement exagérée est aussi virtuellement nulle.

Ce ne sera sans doute pas en effet un climato-sceptique scientifique ou non qui prouvera la réalité du désastre, ce sera la nature qui aura démontré en faisant beaucoup de morts, que les taxes carbone et autres écotaxes à portique, qui ont pour résultat le maintien des prix élevés pour les carburants, il faut les abandonner au plus vite et se garantir du froid et non du chaud.

L’ensemble des scientifiques risque fort d’être voué aux gémonies et peut être pour longtemps, ce qui ne peut en aucune façon être souhaitable. La colère du peuple pourrait bien être terrible, en Bretagne, comme prévu, les portiques ont flambé, souvenez-vous.

10.  Bob | 11/02/2014 @ 20:08 Répondre à ce commentaire

chercheur (#8),

Sous-entendu, avec ces ressources on obtiendra des résultats. Ce qui n’a jamais été vérifié.

Je ne l’ai pas compris comme ça. J’ai plutôt compris qu’il pointait la disproportion des moyens mis en jeu par les croyants/sceptiques.
Et vu ce que je sais de Paltridge, il n’est pas vraiment un fan des modèlisations parce qu’il en connaît trop bien les faiblesses.

11.  chercheur | 12/02/2014 @ 0:57 Répondre à ce commentaire

MichelLN35 (#9),

L’ensemble des scientifiques risque fort d’être voué aux gémonies et peut être pour longtemps

Il me semble que la solution la plus efficace pour éliminer ce risque serait que l’ensemble des scientifiques affirme le plus rapidement possible que la climatologie est devenue une pseudo science et donc que les climatologues ne peuvent plus être considérés comme des scientifiques.

Bob (#10),

La climatologie sans modèles n’est qu’une partie de la météorologie. La climatologie avec modèles est une pseudo science du même niveau que l’astrologie.
Dans ce cas, quel intérêt scientifique d’affirmer être climatologue?

12.  Cdt Michel e.r. | 12/02/2014 @ 4:35 Répondre à ce commentaire

Sincères félicitations pour l’excellent travail accompli mais… vous savez que j’ai un œil de lynx (© JG2433) pour détecter les fautes contre Laure Tograff.

Voici les quelques corrections que je suggère :

Alors comment se fait-il que ceux d’entre eux qui ont été impliqués dans le dernier rapport du GIEC puissent jurer, la main sur le coeur cœur,

Les calculs sont effectués pour des pas d’une heure et c’est de de cette manière que

Des difficultés surviennent parce [+ que] des contraintes pratiques

En pratique tous les scientifiques directement concernés par les prédictions climatiques sont au courant des énormes problèmes et des incertitudes qui sont encore inhérentes aux résultatx résultats de leurs travaux.

En d’autres termes, on nous explique que quelque qu’une quelconque fluctuation interne des océans

qui est à la base du respect de la société vis à vis vis-à-vis de l’oeuvre l’œuvre scientifique

« Un milliard par ci par-ci, un milliard par-à par-là, et bien vite on commence à parler de vrai argent. »

commence à subodorer que c’est la politique, et non de [+ la] science, qui pilote cette affaire.

Quoiqu’il Quoi qu’il en soit, la plupart des scientifiques, pris individuellement, ont une conscience et ils sont réticents à dresser leur tête au dessus au-dessus du parapet pour promouvoir un point de vue sur des choses qu’il est intrinsèquement impossible de prouver.

13.  Cdt Michel e.r. | 12/02/2014 @ 5:21 Répondre à ce commentaire

chercheur (#11),

Dans ce cas, quel intérêt scientifique d’affirmer être climatologue?

Recherchez « climatologue » sur Wikipédia et vous serez redirigé vers la page Climatologie.
Et là vous lirez : « La climatologie, branche de la géographie physique, est l’étude du climat, c’est-à-dire la succession des conditions météorologiques sur de longues périodes dans le temps. L’étude du temps à court terme est le domaine de la météorologie. Il n’existe pas de climatologue, mais que par abus de langage on appelle souvent les météorologues climatologues. »

Pour une fois, je suis tout à fait d’accord avec l’encyclopédie de référence (même si la dernière phrase est boiteuse).

Il est aussi à noter qu’aucun des sept dictionnaires du Portail Lexical – CNRTL ne connaît la forme « climatologue » comme entrée, alors que « astrologue » est connu de tous.

14.  Bob | 12/02/2014 @ 10:32 Répondre à ce commentaire

Cdt Michel e.r. (#12),
Grand merci, Cdt, je vais corriger tout ça dès que j’ai une minute…

15.  Bousquet de Rouvex | 12/02/2014 @ 11:00 Répondre à ce commentaire

Deux qui n’ont pas lu Paltridge et qui continuent à foncer dans le mur, c’est Hollande et son confère US qui se sont engagés, la main sur le coeur, à renforcer la lutte contre le changement climatique !! Pitoyable, vraiment.

16.  scaletrans | 12/02/2014 @ 11:45 Répondre à ce commentaire

Bousquet de Rouvex (#15),

Terrifiant, lorsque l’on pense au captage monstrueux de richesse à quoi cela donnera lieu… à moins qu’il ne s’agisse de paroles verbales pour rassurer les escrolos de plus en plus fortement attaqués (et moi qui traite Bob d’optimiste…)

17.  Bob | 12/02/2014 @ 12:32 Répondre à ce commentaire

scaletrans (#16),

à moins qu’il ne s’agisse de paroles verbales pour rassurer les escrolos

Là c’est vous qui :êtes optimiste. Je pense plutôt qu’H est complètement sous la coupe de l’autre H, le paladin vendeur de gomina. Sinon, il n’en ferait pas autant.
Il a lancé ses limiers (Jouz/Nhulot) pour en faire un max pour préparer la future coupe du monde de foot à Paris COP2015- Paris en espérant faire remonter sa cote de popularité en cas de succès.(bien improbable).
C’est Mr 1% (du CO2 mondial) mais ça ne fait rien, il insiste lourdement…

18.  douar | 12/02/2014 @ 13:16 Répondre à ce commentaire

Bousquet de Rouvex (#15),
C’est de l’affichage.
Jamais, les Républicains ne laisseront leur pays adopter des mesures qui peuvent aller contre les intérêts de leur pays.
Hier, dans les matins sur France Culture, un prof, français à Yale est parti en vrille sur le RCA et les mesures qu’il faudra impérativement prendre (taxer les énergies fossiles, comme c’est original).
Bizarrement, depuis, je n’ai entendu aucun commentaire sur la lutte contre le RC. A croire que ce n’est déjà plus un sujet d’actualité.
FH a du lire sur son agenda: « parler de la lutte contre le RC » et cocher « fait ». 🙂

19.  Hug | 12/02/2014 @ 15:31 Répondre à ce commentaire

Bob (#17),

COP2015- Paris en espérant faire remonter sa cote de popularité en cas de succes

Mwouarf, vu la guigne qui semble lui coller a la peau ou du fait de l’effet Gore, on aura une belle vague froid en decembre 2015 (du style dec. 2010) et on aura encore matiere a se moquer de lui comme ces dernieres semaines.

20.  Jojobargeot | 12/02/2014 @ 16:24 Répondre à ce commentaire

Bousquet de Rouvex (#15), Mais ce que l’on a pas vu c’est Obama croisant le majeur et l’index de la main gauche, celle qui est dans le dos quand la droite est sur le coeur.😊 dixit Tex Avery

21.  Bob | 12/02/2014 @ 16:54 Répondre à ce commentaire

douar (#18),

Hier, dans les matins sur France Culture

Hum, rien d’étonnant à ça. Ils font ça depuis des années.
L’auditeur peut roupiller tranquillement sur ses certitudes. Pas de danger d’entendre le moindre intervenant contrariant sur ces sujets à France Kultur.
Les opinions contraires, ça n’existe pas. Point barre.

22.  Clem | 12/02/2014 @ 17:20 Répondre à ce commentaire

Jojobargeot (#20), 😀

23.  wafa | 19/03/2014 @ 9:51 Répondre à ce commentaire

ça c’est une bonne thèse bien clair. Un grand merci pour ces renseignements.

24.  de Rouvex | 19/03/2014 @ 10:05 Répondre à ce commentaire

wafa (#23), ???? Vous vous sentez bien ??

25.  Bob | 19/03/2014 @ 11:28 Répondre à ce commentaire

de Rouvex (#24),
Il a lu l’article en entête de Paltridge et donne son avis à ce sujet. Il ne doit pas être français.

26.  de Rouvex | 19/03/2014 @ 22:17 Répondre à ce commentaire

Bob (#25), Ah ? OK, c’est vrai qu’on a tellement pris l’habitude de dialoguer qu’on en oublie vite le sujet !!!