Ils osent aussi pour l’outre-mer

par Benoît Rittaud.

Que nos amis ultramarins injustement exclus du tableau-qui-fait-peur dans le rapport sur le climat en France au XXIe siècle se rassurent : dans ce rapport, eux aussi ont droit, en plus du grand frisson du réchauffement, à des incohérences mathématiques dignes d’un collégien.

Pour les départements et territoires français d’outre-mer, le rapport ne dispose des résultats que du modèle régional Aladin-Climat. Et pour chaque région, le tableau-qui-fait-peur est remplacé par un dessin-qui-fait-peur. Ces dessins présentent la même pathologie occasionnelle que le tableau métropolitain, on la repère dans des croisements de courbes tout à fait incongrus.

Antilles TempAntilles

RéunionTempReunion

Polynésie : Tahiti TempTahiti

Nouvelle CalédonieTempNouvelleCaledonie

Le dessin pour Tahiti est le seul qui montre quelque chose de qualitativement « normal » (sous-entendu : au sens du GIEC) : plus y a d’CO2, plus ça chauffe.

Médaille de bronze de l’incohérence qualitative : la Réunion, avec sa décennie 2030-2040 qui voit le scénario à peu de carbone effectuer une méritoire remontée jusqu’au scénario médian, jusqu’à lui sucer la roue l’espace d’un an ou deux.

Médaille d’argent : la Nouvelle Calédonie, pour laquelle Aladin-Climat nous propose une configuration où, jusque vers 2028, le scénario avec le moins de CO2 est celui qui chauffe le plus (et de loin).

Et enfin médaille d’or : les Antilles, pour lesquelles le modèle-climatique-avec-plein-de-téraflops réalise, en plus du même exploit néocalédonien, la prouesse de ne remettre les scénarios bas et médian dans le bon ordre que vers 2040.

Sous vos applaudissements.

(Ne manquez pas le prochain épisode : les précipitations.)

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3 Comments     Poster votre commentaire »

1.  sonis | 13/11/2014 @ 18:40 Répondre à ce commentaire

Bonsoir

Intéressant mais, nottament en polynesie, la « grande peur qui doit tous nous unir » est plustot alimenté par la montée des eaux : as t-on le même style de courbe pour les niveau d’eau.?

Aux Antilles, c’est les tremblements de terre dont un journal local attribuait la gravité aux « changements climatiques  » (mais bien sur) et pour tous les ultramarins c’est bien sur la grande peur du cyclone dont la fréquence et la puissance n’a jamais été aussi grande dixit les rechaufustes…..

2.  Ben | 14/11/2014 @ 10:44 Répondre à ce commentaire

sonis (#1), la question de la montée des eaux n’est pas abordée dans ce rapport. En revanche, il y est question des cyclones. Il est dit qu’ils devraient rester stationnaires à moyen terme et diminuer à la fin du siècle. Pas sûr qu’ils iront le claironner sous les toits…

3.  lemiere jacques | 15/11/2014 @ 16:03 Répondre à ce commentaire

on ne sait pas trop quoi penser de courbes qui ziguent et zaguent comme ça..on peut imaginer plusieurs raisons…ils devraient ajouter, si il y a plusieurs calculs ( on peut l’espérer!), les plages de résultats, plutôt qu’une valeur qui est quoi d’ailleurs ? une moyenne? au run? au run pondéré ?

On a quand m^me une info…quoi qu’on fasse faut attendre pas mal de temps avant de supposer voir un effet…le paradoxe c’est que plus ou moins de CO2 ne semble pas très significatif jusqu’en 2030 mais que pourtant l’effet du CO2 se voit de façon éclatante depuis l’après guerre…