Climathon, semaine 19 : les meilleurs au rendez-vous

par Benoît Rittaud (alias Ben).

Toujours au top, les compétiteurs du climathon ont choisi cette semaine de réutiliser les stratégies de propagande climatique les mieux patinées par le temps. À ce jeu-là, il est logique que les meilleurs s'imposent, c'est donc à un choc au sommet auquel nous avons eu droit pour cette semaine 19.

Lorsque les géants entrent en scène, les efforts des candidats modestes paraissent mécaniquement moins méritoires. C'est pourtant une belle tentative que celle de L'Express qui donne la parole à Nicholas Stern, le célèbre auteur d'un rapport éponyme en 2006 resté fameux pour avoir raconté l'apocalypse climatique en termes économiques (et avoir proposé de consacrer un point de PIB annuel à la lutte contre le réch… heu… le chang… heu… le dérèglement climatique). L'article sans nuance sur les terribles-2-degrés-à-ne-pas-dépasser est, en bonne logique de propagande photographique, introduit par la photo que voici de cheminées d'usine (et de centrales nucléaires : argh ! Mauvais choix ! Le nucléaire n'est-il pas la sainte-énergie-qui-n'émet-pas-de-CO2 ? Erreur d'amateur…)

le-fonds-vert-de-l-onu-se-reunit-a-berlin-pour-aider-les-pays-pauvres-a-lutter-contre-le-rechauffement-climatique_5155099

 

Le Parisien, lui, a visiblement pour ambition de devenir un compétiteur régulier. En effet, le quotidien vient de lancer une "revue écolo de la semaine" dont on peut s'attendre qu'elle reçoive régulièrement des accessits au climathon. L'on ne peut que déplorer l'impossiblité de décerner des accessits rétrospectifs, tant la première semaine de cette nouvelle rubrique l'aurait mérité. Heureusement, c'est avec joie que le jury constate que les promesses de cette nouvelle rubrique sont tenues dans son second épisode, introduit par cette remarquable photographie d'un célèbre prêcheur climatique :

4753805_fabius_545x460_autocropLa légende de cette photo, où l'infantilisation du lecteur le dispute à la servilité envers les puissants, justifie l'accessit :

Laurent Fabius pilotera la conférence internationale pour le climat. Pour en savoir autant que lui, lisez nos articles sur le sujet !

Rappelons en effet que le ministre français des Affaires étrangères est aussi notre brillant vainqueur de la semaine 17 pour avoir expliqué que la sécurité dans le monde était d'abord affaire de climat.

Pour se faire une place au climathon, le Parisien a choisi un style de propagande original et porteur : l'infantilisation du lecteur. Les fans de la compétition sont ainsi invités à apprécier cet autre article du Parisien paru cette semaine, "Paris Climat 2015 : dis, papa, c'est quoi la COP 21 ?". L'on y trouve ce morceau anthologique d'ignorance journalistique si arrogante et sûre d'elle même qu'elle ne s'abaisserait pas à un banal clic sur Wikipédia pour vérifier ses infos :

La COP, abréviation de COnférence des parties, est une conférence supranationale sur l’environnement, ou plus précisément sur les changements climatiques.

(NB : COP signifie Conference Of Parties ; elle n'est pas "supranationale".)

Mais tout cela n'est que hors-d'œuvre. Le choc de la semaine, donc, a opposé rien de moins que les deux finalistes du Championnat d'Hiver : Jean Jouzel et François Hollande. Une rencontre au sommet qui a tourné à l'avantage du président de la République française, lequel prend ainsi une belle revanche sur son vainqueur de mars.

Ce dernier n'a pourtant pas ménagé sa peine dans son interview dans L'Express, introduite par une photo d'un style tout aussi christique que celle de Laurent Fabius dans le Parisien plus haut.

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"Laissez venir à moi les petits enfants", nous susurre le vice-président du groupe scientifique du GIEC, qui recycle l'ignominie qui a valu au CESE sa victoire de la semaine dernière (et à laquelle Jean Jouzel avait visiblement pris toute sa part). Cette fois, les enfants instrumentalisés sont ses propres petits-enfants :

En tant que membre du Giec et chercheur, je considère donc de mon devoir de poursuivre le travail de pédagogie. J'ai deux enfants, sept petits-enfants, et je crois utile d'expliquer, à eux comme aux autres, ces questions qui conditionnent leur avenir. Mon rôle n'est pas de m'engager mais de répondre aux sollicitations des politiques, des citoyens, des écoles, des médias, des chefs d'entreprise pour donner les clefs du problème. Face à l'importance de ces enjeux, les scientifiques ne peuvent pas rester dans leurs laboratoires.

C'est très clair : Jean Jouzel ne s'engage pas, il "répond aux sollicitations des politiques". En précisant que la Noble Lutte qui est la sienne "exige de faire profondément évoluer nos modèles de développement". Et il a aussi soutenu un parti politique aux dernières Européennes (Nouvelle Donne). Rien de politique dans tout ça, donc. Au contraire.

Le vainqueur de la semaine 19

Notre vainqueur est donc François Hollande. Ce grand habitué des rendez-vous du climathon l'emporte avec la même recette qui lui avait permis de gagner en semaine 9 pour son "appel de Manille". Sûr de sa force, il ne s'est même pas donné la peine d'un habillage nouveau, lançant cette fois un "Appel de Fort-de-France" relayé en toute servilité par l'ensemble de la presse sans l'ombre d'une esquisse d'une critique (Le FigaroLes ÉchosLe MondeLibération…). Le jury réitére donc les éloges qu'il fît lors de la semaine 9. Il souligne également combien, dans sa décision, a pesé cette forte pensée présidentielle lâchée lors de ce nouvel Appel, ce syllogisme digne des plus riches heures de la scolastique médiévale, cette démonstration d'égalité ensembliste par double inclusion sur laquelle l'on ne peut qu'exhorter les étudiants des cursus scientifiques à longuement méditer :

Nous sommes dans le monde et le monde est en nous. Dès lors, nous sommes le monde.

À mi-chemin entre Alfred Jarry et Lewis Carroll, notre Président ne manque pas d'inspiration.

 

 

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45 Comments     Poster votre commentaire »

1.  H. | 11/05/2015 @ 7:37 Répondre à ce commentaire

Bonjour,

Présiflan est plus proche des « Précieuses ridicules » sauf qu’il n’est pas précieux.

Bonne journée

2.  Bof | 11/05/2015 @ 9:52 Répondre à ce commentaire

La photo de Jouzel, ce ne serait pas plutôt Aznavour en concert ? 😀
Point communs entre les 2: ils aiment les sunlights, et demandent leur cachet pour qu’on les entende. Mais pour Jouzel, c’est plus subtil vu qu’il vit sur nos impôts. Qu’on aime ou pas, on paye, et on écoute.

3.  miniTAX | 11/05/2015 @ 10:32 Répondre à ce commentaire

Aznavour gagne sa vie en vendant la joie, Jouzel en vendant la peur.
Aznavour remplit le Zénith. Jouzel peut même pas remplir la salle de fête de Plouvazouc et encore, en payant les gens pour qu’ils viennent.
Mais à part ça, oui, ils ont beaucoup de point communs… 😈

4.  the fritz | 11/05/2015 @ 11:40 Répondre à ce commentaire

Bof (#2),
En tout cas , il y a de la recherche dans toutes les photos qui circulent de lui; on aurait préféré que la recherche se passe pour ses études plutôt que pour ses photos

5.  Arcandier | 11/05/2015 @ 16:36 Répondre à ce commentaire

Beau travail, Ben, mais à force de lire toutes ces déclarations, cela ne trouble pas votre appétit, ni ne provoque de dépression ?

6.  Nicias | 11/05/2015 @ 18:04 Répondre à ce commentaire

« Dans tous les déplacements qu’il fera à l’étranger, et autant que possible en France, il doit y avoir une dimension climat. C’est comme cela que l’on réussira à faire passer le message vis à vis de l’opinion publique », indique un conseiller du chef de l’Etat.
Le Monde

Hollande a une équipe pour le coacher dans la compétition du Climathon. Ils ont une stratégie : parler du climat quel que soit la situation et le sujet abordé. On va le revoir souvent ici.

7.  Tom | 11/05/2015 @ 18:15 Répondre à ce commentaire

Dans cet appel de Fort-De France, j’aime beaucoup ce passage :
« Dans cette Patrie commune, les richesses et les misères, l’abondance et le manque, ne sont que les extrémités d’une même dynamique circulaire des causes et des effets. »

8.  Nicias | 11/05/2015 @ 18:15 Répondre à ce commentaire

Nous sommes dans le monde et le monde est en nous. Dès lors, nous sommes le monde.
C’est du Spinoza sauce socialiste: « Dieu [le peuple], c’est à dire la nature ».

9.  Hug | 11/05/2015 @ 18:27 Répondre à ce commentaire

Nicias (#6),

C’est comme cela que l’on réussira à faire passer le message vis à vis de l’opinion publique

On peut se demander à la lecture qui suivent les articles de propagande climatique de nos merdia, si ça ne s’avère pas au contraire contre-productif.

10.  Bob | 11/05/2015 @ 19:46 Répondre à ce commentaire

Tom (#7),
Moi aussi, j’aime beaucoup cette envolée lyrique. Le seul problème c’est que je ne vois pas ce qu’elle veut dire (même si on peut l’imaginer, le connaissant).
Quid des « extrémités d’une même dynamique circulaire » ? Qu’est ce que ça signifie ?
Une dynamique circulaire a des extrémités ?
C’est de l’énarquais ?

Bref, prenez un cercle, caressez-le, il deviendra….

11.  AntonioSan | 11/05/2015 @ 19:57 Répondre à ce commentaire

Autrement dit a propos des politiques:

Nous sommes dans la m***e et la m***e est en nous. Dès lors, nous sommes la m***e.

Imbattable.

12.  Bernnard | 11/05/2015 @ 20:04 Répondre à ce commentaire

Bob (#10),
Oui, quand on coupe une corde circulaire, on a deux extrémités ensuite, on les remet bout à bout.
Ce qui implique une action (c’est pourquoi il y a une dynamique) pour couper le cercle et recoller les extrémités.
C’est énarquais comme raisonnement, une forme de mouvement perpétuel semblable à une agitation (thermique?) !

13.  JG2433 | 11/05/2015 @ 20:43 Répondre à ce commentaire

Nicias (#6),
De nos jours, à en croire ce qui est attribué à la parole présidentielle, les disparitions en mer de nombre de migrants, lors de leur tentative de traversée de la Méditerranée, depuis la rive sud, sont à mettre au compte du RC(A). 😯

Je ne sache que les malheureux « boat-people » de l’après-guerre du Viêt Nam (1975 et suivantes) aient eu à subir un sort tout aussi peu enviable, sur des embarcations de fortune et ce, pour de simples raisons climatiques…
Ou alors… nous aurait-on menti ? 🙁

14.  the fritz | 11/05/2015 @ 21:42 Répondre à ce commentaire

Nicias (#6), Bob (#10),
Même les Yankees s’en rendent compte , c’est pas peu dire
http://wattsupwiththat.com/201.....til-paris/
S’il y a ici un frenchy manipulant le slang de Watts , il pourrait lui suggérer de proposer des héros outre atlantique pour le climathon; cela soulagerait Ben qui commence à tourner en rond ; c’est vrai que sauf à descendre dans les rangs des sous off , le tour de France est vite bouclé

15.  Bob | 11/05/2015 @ 22:39 Répondre à ce commentaire

the fritz (#14),
AMHA; il y a aussi un très beau vivier du côté des médias…Faudrait aider Ben dans ce sens-là.

16.  scaletrans | 11/05/2015 @ 22:43 Répondre à ce commentaire

the fritz (#14),

J’ai été devancé !

17.  AntonioSan | 12/05/2015 @ 4:05 Répondre à ce commentaire

scaletrans (#16), 😉

18.  pastilleverte | 12/05/2015 @ 9:59 Répondre à ce commentaire

Et, bien entendu, le GIEC est « scientifique », et, bien entendu, toute cette affaire de « Climat » n’a rien, absolument rien de « religieux »…
(je m demandais si FH ne se prenait pas pour le Messie… si si !)

19.  misO. | 12/05/2015 @ 13:21 Répondre à ce commentaire

Beau vainqueur !
Il faut dire que son appel de Fort-de-France est franchement fort de café.

Nous sommes dans le monde et le monde est en nous. Dès lors, nous sommes le monde.

Disciple de Krishnamurti ?

20.  scaletrans | 12/05/2015 @ 16:46 Répondre à ce commentaire

AntonioSan (#17),
🙂

21.  AntonioSan | 12/05/2015 @ 16:56 Répondre à ce commentaire

Le Point et Frederic Lewino risquent de prendre la corde la prochaine semaine…
http://www.lepoint.fr/insolite.....988_48.php

Mais combien de temps pourra-t-on encore profiter de ce merveilleux spectacle, mêlant eau et glace ? L’Antarctique, qu’on croyait immuable, a commencé à fondre, à l’ouest comme à l’est. Par la faute du changement climatique, les vents ont tourné et se sont mis à pousser les courants marins chauds vers les barrières de glace. Celles-ci s’amincissent et se brisent. Leur désintégration se traduira par une accélération du glissement des glaciers terrestres dans l’océan. Ce phénomène est jugé irrémédiable par les glaciologues car plus aucun effort de l’humanité, pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, n’est capable de l’enrayer. Dans un ou deux siècles, l’Antarctique ne sera plus qu’un caillou dans l’Océan et le littoral des autres continents, noyé sous près de cent mètres d’eau.

22.  H. | 12/05/2015 @ 16:59 Répondre à ce commentaire

Bonjour,

Slate s’y met également: « La concentration de CO2 dans l’air dépasse pour la première fois la barrière des 400 parts par million, confirmant les prédictions en matière de dérèglement climatique et de menace pour la biodiversité…Ce n’est ni un pic, ni un raté, explique un journaliste de Slate.com, mais une course accélérée vers le réchauffement climatique. » (http://www.slate.fr/story/101441/co2-records-COP21)

Bonne soirée

23.  JG2433 | 12/05/2015 @ 17:20 Répondre à ce commentaire

H. (#22),
Merci.
Votre lien sous forme « clicable » :
http://www.slate.fr/story/101441/co2-records-COP21

24.  Bob | 12/05/2015 @ 18:06 Répondre à ce commentaire

H. (#22),
Slate n’en est pas à son coup d’essai et le fait que l’on ait dépassé « pour la première fois » (c’est faux, pas plus tard qu’il y a quelques mois) ne confirme absolument pas la suite :

confirmant les prédictions en matière de dérèglement climatique et de menace pour la biodiversité…

Pas du tout.

Mon Dieu, pourquoi avons nous des journalistes aussi nuls ?

25.  miniTAX | 12/05/2015 @ 18:42 Répondre à ce commentaire

Quid des “extrémités d’une même dynamique circulaire” ? Qu’est ce que ça signifie ?
Une dynamique circulaire a des extrémités ?
C’est de l’énarquais ?

Bob (#10), énarquais ou pas (plus probablement de l’én-arnaquais) en tout cas, c’est nettement moins bon que ce que génère un pipotron ou un politophore.

Dire qu’on paie la peau des fesses des têtes d’oeuf pour écrire des billevesées bien moins buvables que ce que produirait pour zéro sou un générateur automatique de phrases creuses.

26.  Nathalie MP | 12/05/2015 @ 19:09 Répondre à ce commentaire

Bonjour, J’aimerais beaucoup citer cet article pour la partie appel de Fort-de-France dans un article que je vais écrire maintenant pour mon blog et qui s’appellera sans doute « Cuba : promenons-nous dans l’histoire avec François Hollande ».
PS je vous signale un article que je suis en train de lire dans The economist de cette semaine :Titre : « Is it global warming or just weather » et sous-titre : « Scientists are getting more confident about attributing heatwaves and droughts to human influence. » Je n’ai peut-être pas tout compris;
Cordialement, Nathalie MP.

27.  Ben | 12/05/2015 @ 21:12 Répondre à ce commentaire

Nathalie MP (#26), vous n’avez pas à demander d’autorisation pour citer un article, cela s’intègre dans le droit de citation. L’autorisation n’est nécessaire que si vous souhaitez une reproduction intégrale (ou une proportion significative). Si c’est cela que vous souhaitez faire, je vous en donne l’autorisation avec plaisir, en citant simplement la source (MM&M et/ou Skyfall).

28.  AntonioSan | 12/05/2015 @ 22:44 Répondre à ce commentaire

Bob (#24),

Mon Dieu, pourquoi avons nous des journalistes aussi nuls ?

Parce qu’ils sont aux ordres.

29.  pastilleverte | 13/05/2015 @ 12:28 Répondre à ce commentaire

AntonioSan (#21),
j’avoue qu’il fait fort … Très impressionnant de ?x »‘()à@ç

30.  scaletrans | 13/05/2015 @ 14:04 Répondre à ce commentaire

AntonioSan (#28),

J’avoue avoir été tenté de m’abonner, rien que pour laisser un commentaire sanglant. Même pour un journaliste, quand on ne sait pas, on ferme sa gu…. !

31.  Bob | 14/05/2015 @ 17:27 Répondre à ce commentaire

scaletrans (#35),
La question du « résidence time » (5 ou 100 ans) a été assez clairement résumée par Freeman Dyson lors d’une discussion avec Lord May, en 2008. Voici ce que dit Dyson (qui justifiait un temps de résidence de 12 ans environ):

Freeman Dyson replies:

Lord May and I have several differences of opinion which remain friendly. But one of our disagreements is a matter of arithmetic and not a matter of opinion. He says that the residence time of a molecule of carbon dioxide in the atmosphere is about a century, and I say it is about twelve years.

This discrepancy is easy to resolve. We are talking about different meanings of residence time. I am talking about residence without replacement. My residence time is the time that an average carbon dioxide molecule stays in the atmosphere before being absorbed by a plant. He is talking about residence with replacement. His residence time is the average time that a carbon dioxide molecule and its replacements stay in the atmosphere when, as usually happens, a molecule that is absorbed is replaced by another molecule emitted from another plant.

Another way of describing the difference is in terms of the total amount of carbon dioxide in the atmosphere. His residence time measures the rate at which the total amount would diminish if we stopped burning fossil fuels. My residence time measures the rate at which the total amount would diminish if we replaced all plants by carbon-eaters which do not reemit the carbon dioxide that they absorb.

In my review I was discussing the use of carbon-eating plants to sequester carbon dioxide from the atmosphere. I remarked that we might hypothetically replace a quarter of existing plants by carbon-eating varieties, in which case the carbon dioxide in the atmosphere would disappear with an average residence time of four times twelve years, rapidly enough to forestall any plausible catastrophe resulting from rising abundance of carbon. This calculation is arithmetically correct, in that hypothetical situation, with enough carbon-eating plants to do the job of sequestration. Since we are discussing the effect of carbon-eating plants, my use of the short residence time without replacement is correct, and his use of the long residence time with replacement in that situation is wrong.

Il est difficile d’être plus clair…En fait, 5 ans ou 10 ans c’est quand on stoppe brusquement toutes les émissions et il n’y a pas de réapprovisionnement de l’atmosphère pendant la décroissance. Sinon, ça rallonge. Forcément.

32.  Murps | 14/05/2015 @ 20:17 Répondre à ce commentaire

the fritz (#37), ce soir on ne mangera pas de crêpes.
Pour plusieurs raisons.
La première c’est qu’il n’y a pas de crêpes…

33.  pastilleverte | 14/05/2015 @ 20:34 Répondre à ce commentaire

Un candidat, mais je ne sais pas dans quelle catégorie il « boxe » 🙂
Stéphane Hallegate, économiste senior de la Banque Mondiale
Extraits :
Après un magnifique titre du journal La Croix
La Banque Mondiale donne les clés d’un avenir sans carbone » (auto suicide ?)
(NB les partie en italique sont les citations directes de M l’économiste senior, le reste est le commentaire du journaliste, avec parfois quelques remarques de ma part…)
« La mission de la Banque Mondiale – BM- est l’éradication de la pauvreté. Or le changement climatique est une menace directe en la matière »
(et encore heureux que ce ne soit ni un dérèglement, ni un chaos, ni un bouleversement clim.)
Et ô miracle :
« Il est indispensable de s’inscrire dans cette trajectoire [ un futur sans carbone] si nous voulons stabiliser le changement climatique. Et nous savons aujourd’hui comment faire pour y parvenir »
And guess what ? :
« Les nouvelles capacités de production électrique en renouvelables ont dépassé cette année pour la première fois les nouvelles capacités installées en fossiles »
(ndlr installées, bien possible, production ???)
Une fois cette condition remplie, l’usage de l’électricité dé carbonée devra être élargi notamment dans le domaine des transports- avec le déploiement du véhicule électrique- et dans le secteur résidentiel pour le chauffage. (C’est EDF qui va être content …)
3° condition: faire la chasse au « gaspi »… économies d’énergie… Enfin les forêts, les savanes devront devenir d’efficaces « puits de carbone » avec la mise en place de politiques vigilantes sur l’usage des sols.
« Tout cela nous savons le,. ce n’est pas de la science fiction »
Et bien sur :
Pour la BM, la taxation de l’usage des énergies fossiles est en la matière un levier d’autant plus pertinent que, sans même parler de climat, il s’agit d’une bonne politique économique et fiscale.
(Enfin ils passent aux aveux)
« La taxation de l’énergie [ tiens! « fossile » a disparu ?] représente une base fiscale intéressante dans les pays où subsiste un secteur informel important » (traduire, les impôts et taxes rentrent plus facilement avec des taxes comprises dans le prix du diesel, par exemple)
Taxer les énergies fossiles[coucou les revoilà] ne suffira pas. La BM prône en complément la définition de normes d’efficacité énergétique. […] et de politiques de long terme en matière d’infrastructures.
« Les villes des pays en développement sont entrain de se construire »

d’où l’importance d’investir dès maintenant dans les réseaux de transport en commun, certes coûteux au démarrage[ ah bon ? Rien qu’un peu…] mais dont la durée de vie est très longue.
(je lui conseillerai d’aller faire un tout à Tananarive capitale de Madagascar, il va avoir un infarctus…)
Et celle-ci qui est pas mal aussi :
« Toutes les politiques seront jugées à l’aune de leur contribution à la lutte contre la pauvreté »
En gros il faudra « accompagner les populations les plus pauvres dans cette transition vers un monde sans carbone » , tu m’étonnes Charles.
La logique climatique [ tiens je ne la connaissais pas celle-là] rend nécessaire l’élimination des subventions aux énergies fossiles, qui restent massives au niveau mondial. (mais pas celles aux énergies « renouvelables » ? Ben tiens).
« L’augmentation du prix de l’énergie qui en découle doit être compensée pour les populations les plus fragiles » (sympa et tellement humain…)
Enfin les perdants de la transition – entreprises ou pays pétroliers- devront eux aussi être soutenus ou du moins accompagnés dans cette transition (« pauvre » Arabie Saoudite…)
« Il est important de reconnaître que leurs inquiétudes sont légitimes » (no comment)
… ce qui, au passage, facilitera aussi la conclusion d’un accord mondial sur le climat lors de la conférence de Paris (COP21) attendue en décembre prochain.
Amen Ite Missa Est

34.  pastilleverte | 14/05/2015 @ 20:42 Répondre à ce commentaire

En bonus, je ne résiste pas à vous faire partager petit encart sur la même page « Planète 2015″… car c’est beau comme un Vérité qui dérange 🙂
Titre ; Le monde encore loin de l’objectif des 2 degrés
en effet la fondation Nic CulHotté « fait le décompte » des engagements sur la réduction de leurs émissions de GES et… au total, les propositions sur la table sont pour le moment insuffisantes « et s’approchent des scénarios conduisant à un réchauffement supérieur à 3 degrés », selon la Fondation NH
Attention ! Papa Nicolas et maman Laurence (Tub**na) vont donner la fessée aux enfants pays pas sages.

35.  Nicias | 15/05/2015 @ 10:08 Répondre à ce commentaire

pastilleverte (#39),

Une fois cette condition remplie, l’usage de l’électricité dé carbonée devra être élargi notamment dans le domaine des transports- avec le déploiement du véhicule électrique- et dans le secteur résidentiel pour le chauffage.

C’est incompatible avec les objectifs du Grenelle de l’environnement qui prévoit une baisse de la consommation d’électricité, surtout pour le chauffage.

36.  pastilleverte | 15/05/2015 @ 15:54 Répondre à ce commentaire

Nicias (#41),
et si ce n’était que la seule « incompatibilité » !

37.  TL | 15/05/2015 @ 19:47 Répondre à ce commentaire

Scaletrans (#35)
il me semble que cette réfutation de Pierre Beslu est imparable (cf PDF en fin de paragraphe):
http://www.lecolocritique.fr/l.....rre-beslu/

38.  Bob | 15/05/2015 @ 23:59 Répondre à ce commentaire

pastilleverte (#40),
J’en déduis que Nhulot est proprement génial car il est le seul, sur la planète, à savoir lequel est le bon dans le plat de spaghettis des scénarios climatiques.
On comprend pourquoi il a été propulsé au zénith par nos édiles.

39.  Nicias | 16/05/2015 @ 20:24 Répondre à ce commentaire

J'ai créé à la va vite un fil de discussion dédié consacré à l'article de J.P. Bardinet. Tous les commentaires le concernant ont été déplacés (à l'exception d'un seul (de Bob) qui fait son malin) .

40.  Bob | 16/05/2015 @ 22:59 Répondre à ce commentaire

Nicias (#39),

à l’exception d’un seul (de Bob) qui fait son malin) .

Normal. Je suis indéboulonnable.

41.  luc | 17/05/2015 @ 10:15 Répondre à ce commentaire

La contribution du Monde

42.  volauvent | 17/05/2015 @ 10:39 Répondre à ce commentaire

luc (#41),

Ahurissant! Je cite:
« Ensuite, la fonte des glaciers de l’Himalaya. Personne ne sait à quel rythme elle se produit, mais une chose est sûre: elle provoquera, ces prochaines années, des crues toujours plus fortes. Explications de Stéphane Calmant, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement: « Lorsqu’elle s’enfonce dans les terres, la mer rencontre les grands fleuves himalayens, le Gange et le Brahmapoutre, qui, eux, descendent vers le delta. C’est ce choc qui provoque des inondations. » Et lorsqu’elle se retire enfin, l’eau laisse derrière elle des terres dévastées, couvertes d’une épaisse croûte de sel. »
Read more at http://www.lexpress.fr/actuali.....UHUvmQK.99

Les inondations proviennent de l’eau douce des glaciers, mais c’est la mer qui se retire…
On oublie la mousson, peu de choes…Du très grand n’importe quoi; super candidat pour le climathon.

43.  luc | 17/05/2015 @ 13:51 Répondre à ce commentaire

volauvent (#42),

Ce n’est pas pour rien que Le Monde se prétend journal de référence.

44.  Cdt Michel e.r. | 17/05/2015 @ 16:07 Répondre à ce commentaire

luc (#41), luc (#43),

La contribution du Monde

Mais votre lien pointe vers une bouse de l’Express.
Rendons à César …

45.  luc | 17/05/2015 @ 19:58 Répondre à ce commentaire

Cdt Michel e.r. (#44),

Ouuups!