Le monde anglo-saxon se refroidit nettement sur la question du réchauffement climatique

par Lawrence Solomon, Financial Post, 7 août 2015

Prenant acte de ses erreurs passées, le monde anglophone est en train d’abandonner son engouement pour la théorie du changement climatique.

La plus grande constellation au monde de marchés libres, de droits de propriété, d’état de droit et de liberté économique – à savoir le monde anglo-saxon, constitué de la Grande-Bretagne et de ses anciennes colonies qui ont adopté sa culture et ses structures politiques résilientes – a dominé le monde depuis de nombreux siècles, d’abord sous la forme de l’Empire britannique puis maintenant à travers la suprématie des Etats-Unis.

Les vertus qui permirent à cette exception anglaise de s’imposer ouvrent à nouveau la voie dans la controverse environnementale la plus importante de notre temps, comme le montrent le flirt appuyé du monde anglo-saxon avec l’orthodoxie du réchauffement climatique, puis maintenant son rejet de cette théorie.

Le premier flirt des dirigeants mondiaux à propos des méfaits du réchauffement climatique fut celui de Margaret Thatcher, Premier Ministre britannique. En 1988, elle participa à la mise en place du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), et en 1990, elle fonda et finança le Hadley Centre, entité gouvernementale britannique qui, avec l’Unité de recherche sur le climat du Royaume-Uni, devint l’une des organisations les plus alarmistes sur le climat. Ce ne fut que de nombreuses années après, alors que des milliards de dollars avaient été dépensés en recherches infructueuses sur les dégâts humains du changement climatique, que des têtes plus froides sur le sujet firent connaître leur position. Margaret Thatcher elle-même devint sceptique. Dans son livre Statecraft (*) publié en 2003, elle se moque des « catastrophistes » du réchauffement climatique et souligne l’absence de preuve de cette théorie dans un passage intitulé « Hot Air and Global Warming. » (**)

L’opinion publique britannique s’est également retournée. Les dernières élections générales viennent d’être gagnées par les Conservateurs de David Cameron, lequel avait promis de supprimer toutes les subventions à l’éolien et de « se débarrasser de toutes ces foutaises écolos » afin de faire baisser les factures d’électricité. Le nouveau gouvernement britannique a bel et bien coupé toutes les subventions à l’éolien et au solaire, et le mois dernier il a mis fin au programme phare du précédent gouvernement, le « Green Deal », qui avait été salué comme étant le plus grand plan d’économie d’énergie depuis la Seconde Guerre mondiale. Le Royaume-Uni promet maintenant de « mettre le paquet sur le gaz de schiste » afin d’imiter le succès de la plus vaste économie du monde anglo-saxon qui se trouve être aussi le pays le plus climato-sceptique, les Etats-Unis.

Bien que le Président Bill Clinton ait signé le Protocole de Kyoto en 1998, et bien que son Vice-Président soit devenu l’icône médiatique du réchauffement climatique anthropique, Clinton n’a jamais fait ratifier le Traité par le Sénat afin de s’éviter une embarrassante défaite. L’année précédente, le Sénat, sensible à l’opinion de l’électorat américain, avait voté massivement contre la ratification (95 voix contre et 0 pour). Aucun des Présidents suivants, Obama inclus, n’osèrent retenter la ratification. La tentative d’Obama de faire passer une législation « cap and trade » sur le CO2 (système de quotas et d’échange de droits d’émission) échoua également. Cette semaine, prenant acte qu’il ne parviendrait jamais à faire passer durablement un texte de loi sur le réchauffement climatique, Obama a décidé de contrôler les émissions de CO2 par décret, tactique qui ne fonctionnera qu’aussi longtemps que le prochain Président le jugera bon, si une cour de justice ne la retoque pas avant la fin de son mandat.

Comme l’ont montré de nombreux sondages Gallup, malgré le battage médiatique incessant, le réchauffement climatique se situe au dernier rang des préoccupations écologiques des Américains. En fait, selon l’étude « Global trends 2014 » du sondeur britannique IPSOS MORI sur 16000 personnes réparties dans vingt pays, les Américains sont les premiers climato-sceptiques du monde. Les seconds sont les britanniques, et les troisièmes les Australiens, qui, tout comme les Américains, font partie de la zone d’influence britannique.

On ne s’étonnera donc pas d’apprendre que lors des élections générales de 2013, les Australiens s’opposèrent à la taxe carbone introduite par le gouvernement travailliste sortant, dont la politique fut fortement teintée d’alarmiste climatique, et portèrent au pouvoir un nouveau Premier Ministre, Tony Abbott, pour qui la théorie du changement climatique est une « connerie monumentale. » L’Australie devint alors le premier pays développé à abroger sa taxe carbone, et s’occupe maintenant à démanteler les subventions destinées aux énergies renouvelables. Ce faisant, elle est assurée de conserver le premier rang des pays développés pour les émissions de CO2 par habitant.

A quelques pas derrière, au rang n° 2, on trouve un autre pays développé de langue anglaise qui vient également de revenir sur l’erreur historique qui le poussa d’abord à se conformer à l’orthodoxie du réchauffement climatique : le Canada. Pour le malheur de ses habitants, le Premier Ministre Jean Chretien signa le Protocole de Kyoto. Mais à leur grand soulagement, le Premier Ministre Stephen Harper en atténua les dommages en annonçant en 2011 que le Canada se retirait de Kyoto, créant un précédent qui fut rapidement suivi par d’autres signataires, parmi lesquels la Nouvelle-Zélande et la Japon.

Un autre pays de la sphère d’influence anglaise vaut également d’être mentionné. Il s’agit de l’Inde, même si, contrairement aux anciennes colonies de la Grande-Bretagne, ce pays n’a pas été fondé dans la tradition britannique. Malgré cela, l’Inde doit son développement à l’adoption des institutions anglaises, ce qui en fait aujourd’hui la plus grande démocratie du monde et le pays dont l’économie croît le plus vite parmi les grandes économies. Et c’est aussi un pays qui commence à montrer des signes de recul par rapport à la théorie du réchauffement climatique. Son nouveau Premier Ministre, Narendra Modi, a déclaré récemment que le changement climatique est un processus naturel qu’il convient d’accepter plutôt que de le combattre, et il n’a pas fait mystère de son intention de s’opposer fermement à tout alarmiste du climat qui voudrait restreindre la croissance de l’Inde.

« Les autres nations du monde nous entraînent dans la spirale du changement climatique et il faudrait les suivre ? Les autres nations du monde fixent les paramètres, et il faudrait les suivre ? Ca ne marche pas comme ça, » a expliqué Modi en avril, affirmant que l’Inde allait rapidement développer son utilisation du charbon conformément à son ambition de sortir des centaines de millions d’Indiens de la pauvreté.

Le monde anglo-saxon est particulier : il est animé d’esprits curieux, toujours prompts à remettre en question les théories les plus établies. Cet état d’esprit, dominant sur la planète depuis des siècles, nous a délivrés à plusieurs reprises de bien des erreurs et nous a mis sur la voie de solutions meilleures. La théorie du réchauffement climatique anthropique est un exemple parmi d’autres de la capacité du monde anglo-saxon à discerner dans l’obscurité, à prendre acte de la réalité et à entraîner le reste du monde à sa suite.
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(*) Statecraft : peut se traduire par « L’art de gouverner. »
(**) Hot Air and Global Warming : jeu de mot sur Hot air qui signifie littéralement « air chaud » et dont le sens figuré à retenir ici est « baliverne. » On pourrait éventuellement traduire par : « Le réchauffement climatique brasse de l’air », ou quelque chose comme ça.
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Lawrence Solomon est Directeur général d’Energy Probe, ONG environnementale basée à Toronto.

Article source

Traduction : Nathalie MP
Posté par Bob

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62 Comments     Poster votre commentaire »

51.  miniTAX | 24/08/2015 @ 10:08 Répondre à ce commentaire

Sam (#49),
Berruyer est un marchand de trouille, doublé d’un escroc et un manipulateur sans honte, ça n’a rien d’un scoop. Les « crises », que ce soit le peakoil, le réchauffement climatique ou autre, c’est son fond de commerce, vouloir mettre du rationnel dans son crâne, c’est comme pisser dans un violon.

Soit dit en passant, venir nous faire la pub du blog d’un gauchiste anti-kapital et paranoïaque d’une conspiration mondiale de financiers turbo-ultra-libéraux mangeurs d’enfants, bof bof. Si c’est pour remplacer l’arnaque climatique par votre arnaque communiste citoyenne festive, on s’en passera.

52.  Murps | 24/08/2015 @ 11:27 Répondre à ce commentaire

miniTAX (#51), arrêtez de râler Minitax, après tout la défense de la science et de la liberté de blâmer ne sont ni de gauche ni de droite.
Et puis on est assez grand pour choisir ce qui nous plait ou pas, même si le lien proposé est effectivement assez pittoresque…
Par contre, je ne vois pas en quoi c’est festif, et pourtant j’ai l’oeil pour la rigolade. Vous avez tout lu ?
😆

53.  Hug | 24/08/2015 @ 11:58 Répondre à ce commentaire

Sam (#49),
On a déjà parlé du site de Berruyer sur skyfall dans le passé. Il est effectivement très bon sur la forme. Sur le fond, par contre…

54.  Bob | 24/08/2015 @ 12:17 Répondre à ce commentaire

Hug (#53),
Il sait surtout très bien se servir des tableurs genre excell.
Pour ce qui est du contenu, dans les domaines qu’ils ne maîtrise pas comme le climat -il est courtier en assurances-, c’est n’importe quoi.

Un autre du même genre mais plus pointu, c’est Willis Eischenbach chez WUWT. Après s’être fait retoquer par Spencer il y a quelque temps, il vient de prendre une volée de bois vert par Nir Shaviv. Willis n’avait pas compris la différence entre la hausse et le taux de montée du niveau des mers.

55.  AntonioSan | 24/08/2015 @ 16:30 Répondre à ce commentaire

Bob (#54), +1

56.  CK66 | 24/08/2015 @ 18:15 Répondre à ce commentaire

Sam (#49),
Beh … pour la théorie de Svenmark, le CERN la validera ou pas , par contre O Berruyer devrait faire attention à ne pas mélanger torchon et serviette lors de cette tentative de dénoncer je ne sais quelle fraude … comparer des anomalies de couverture à des % globaux de couverture est aussi efficace que le mercurochrome sur une jambe de bois … donc la question étant maintenant : qui est le manipulateur ?

57.  Milton | 27/08/2015 @ 6:26 Répondre à ce commentaire

Hug (#37),
Sur Boeing et la Russie, un lien intéressant.
Cordialement.

58.  serge gamache | 8/01/2017 @ 0:23 Répondre à ce commentaire

Encore de la faute aux maudis anglais?

59.  ADB | 10/01/2017 @ 18:11 Répondre à ce commentaire

Polar bear zoologist blasts Obama’s climate alarmism: ‘Sensationalized nonsense’
Polar bears are not disappearing as some scientists have projected, research shows. (Associated Press/File) > By Valerie Richardson – The Washington Times – Monday, January 9, 2017
The Obama administration warned Monday that polar bears may disappear unless something is done about climate change, despite recent research that the bears are actually thriving.
In its final Conservation Management Plan, the Fish and Wildlife Service painted a grim picture for the future of the massive Arctic-dwelling mammal, its fate will be determined “by our willingness and ability to address climate change.”
“The current global polar bear population is estimated to be 26,000,” said the Fish and Wildlife Service. “If greenhouse gas emissions continue to rise rates throughout the 21st century, polar bears will likely disappear from much of their present-day range.”
PHOTOS: Top 10 handguns in the U.S.
The announcement prompted pushback from zoologist Susan J. Crockford, founder of the Polar Bear Science website, who blasted the service for igni “sensationalized nonsense” by fueling alarmist media reports.
Since 2007, “summer sea ice coverage has declined to levels their sea ice colleagues said would not occur until 2050 yet 2/3 of the world’s polar bears disappear as [U.S. Geological Service] biologists predicted,” Ms. Crockford said in a post.
The polar bear was listed as threatened in 2008 as a result of declining Arctic sea ice, but its population has proved remarkably resilient, although the Wildlife Service plan doesn’t mention that, she said.
“They also don’t tell folks that the recent decline in population size recorded for the Southern Beaufort Sea was caused by thick spring sea ice in 2004- reduced summer sea ice,” said Ms. Crockford, an adjunct professor at the University of Victoria in British Columbia.
The International Union for Conservation of Nature pegs the polar bear population at between 22,000 and 31,000, which she called “the highest estim years.”
Studies have shown increases in some of the 19 Arctic polar-bear populations. In 2013, the FWSreported the Chukchi Sea population in Alaska was do well,” while the Norwegian Polar Institute found in 2015 that the Barents Sea polar bears had risen by 42 percent since 2004.
Meanwhile, wildlife groups criticized the federal plan for failing to mandate large-scale U.S. reductions in greenhouse-gas emissions in order to comb change.
“Polar bears are starving and drowning as their sea ice melts away, but this toothless plan shrugs off the one solution that will save them — carbon p said Shaye Wolf, climate science director at the Center for Biological Diversity.
The center said the administration should have required “reductions in other important threats to the polar bear: oil and gas drilling, increasing Arctic and contaminants.”
Instead, the final order calls for “reducing human-bear conflicts, collaboratively managing subsistence harvest, protecting denning habitat, and minim of contamination from oil spills,” said the service.
“Most of these actions are already under way, in partnership with Alaska Native communities, nonprofit groups, and industry representatives who par the plan’s creation,” the Fish and Wildlife Service said. “The plan also calls for increased monitoring and research to determine whether the actions in being effective or need to be modified.”
The final plan was released in a flurry of environmental actions issued in the final weeks of President Obama’s tenure. Critics have slammed the actio shots aimed at hamstringing the incoming Trump administration.
“Perhaps it’s not a coincidence that this old hype is being recycled as ‘news’ prior to the inauguration of President-elect Trump?” asked Ms. Crockford, “Polar Bears: Outstanding Survivors of Climate Change.”
The Fish and Wildlife Service stressed that its prescriptions are short-term fixes aimed at helping “this revered symbol of the Arctic persist in the wild i term, while also acknowledging the primary threat to the bear will entail longer-term actions.”
“This plan outlines the necessary actions and concrete commitments by the service and our state, tribal, federal and international partners to protect in the near term,” said Greg Siekaniec, the service’s Alaska regional director. “But make no mistake — without decisive action to address Arctic warmin term fate of this species is uncertain.”

60.  Imaz-Aizpurua | 11/01/2017 @ 10:42 Répondre à ce commentaire

ADB (#59),
Pouvez-vous nous faire un résumé
de 2 lignes en français, SVP ?
JAIA

61.  Roby W | 13/01/2017 @ 8:34 Répondre à ce commentaire

Imaz-Aizpurua (#60), c’est un plan de l’administration américaine (aussi scientifique que les calculs de coût du carbone), avec un buzz qui fait passer ce plan pour une étude scientifique incontestable.

Mais cela n’est dénoncé que par des médias pas trop favorables aux réglementations sur l’environnement, comme le Washington Times. Même si la critique est fondée, elle ne sera lue que par des Républicains.

Triste société du spectacle.

62.  Imaz-Aizpurua | 13/01/2017 @ 11:47 Répondre à ce commentaire

Roby W (#61),
Merci !
JAIA