Orage sur les modèles climatiques

par Benoît Rittaud (alias Ben).

Il semblerait que les modèles climatiques se soient emballés un peu vite sur la variabilité hydrologique. Selon un article scientifique qui vient de paraître dans Nature (une revue qui n’est pas précisément connue pour sa complaisance envers les climatosceptiques), l’évolution des précipitations dans l’hémisphère nord au cours du siècle écoulé n’aurait pas eu le caractère extrême qu’on lui prêtait jusque là sur la base des modèles climatiques. Ces derniers auraient surestimé les effets du réchauffement observé au XXè siècle. (Qui l’eût cru ?)

C’est un gros caillou potentiel dans la chaussure des prévisions catastrophistes pour le siècle à venir. Ci-dessous une traduction en français de l’introduction de cet article (avec, en gras, les deux passages qui secouent). Selon ma boule de cristal, aucun média mainstream ne mentionnera cette étude sans ajouter qu’elle « ne change rien sur le fond », que « tous les scientifiques sont quand même d’accord », et/ou autres « efforts nécessaires pour limiter la hausse des températures à +2°C ».Variabilité hydroclimatique de l’hémisphère nord sur les douze derniers siècles

Fredrik Charpentier Ljungqvist, Paul J. Krusic, Hanna S. Sundqvist, Eduardo Zorita, Godrun Brattström & David Frank, Nature 532, 94-98 (7 avril 2016).

La modélisation fidèle et la prévision fiable à des échelles allant du local au continental de la réponse hydroclimatique au réchauffement climatique sont cruciales, compte-tenu de l’impact considérable de l’hydroclimat sur le fonctionnement des écosystèmes, sur les rendements agricoles, sur les ressources en eau ou encore sur la sécurité économique. Les incertitudes sur les projections hydroclimatiques demeurent pourtant importantes, en partie parce que les mesures instrumentales qui permettent d’évaluer les modèles climatiques ne sont disponibles que pour une période récente. Nous présentons ici une reconstruction spatiale de la variabilité hydroclimatique des douze derniers siècles à travers l’hémisphère nord à partir d’un réseau de 196 indicateurs (proxies) fournissant des enregistrements sur une durée d’au moins un millénaire. Nous utilisons cette reconstruction pour inscrire les changements hydrologiques récents et les scénarios de précipitations futures dans un contexte de long terme pour ce qui est de la résolution spatiale et des schémas hydroclimatiques persistants au fil du temps. Nous obtenons un plus grand pourcentage de surfaces émergées connaissant des conditions relativement plus humides entre le IXè et le XIIè siècles ainsi qu’au XXè siècle, tandis que des conditions plus sèches sont davantage répandues entre le XIIè et le XIXè siècles. Notre reconstruction établit que d’importantes schémas d’oscillations, montrant une alternance entre différents régimes d’humidité visibles sur les données instrumentales à travers la Méditerranée, l’ouest des États-Unis et la Chine, ont opéré de manière constante au cours des douze derniers siècles. À l’aide d’une compilation mise à jour de 128 indicateurs de température, nous évaluons la relation entre cette reconstruction de l’hydroclimat de l’hémisphère nord à l’échelle séculaire et la variabilité de la température. Bien que des conditions humides et sèches se soient produites sur de vastes étendues aussi bien dans des régimes climatiques chauds et froids, une co-variabilité statistiquement significative de l’hydroclimat et de la température est manifeste pour des régions particulières. Nous comparons la reconstruction des anomalies hydroclimatiques avec les simulations des modèles couplés océan-atmosphère de circulation générale et obtenons un accord raisonnable pour l’époque préindustrielle. En revanche, l’intensification (en comparaison des siècles précédents) des anomalies hydroclimatiques simulées pour le XXè siècle est incompatible avec notre nouvelle reconstruction multi-indicateurs. Ce constat suggère que beaucoup de travail reste à faire avant que nous puissions modéliser convenablement la variabilité hydroclimatique, et met en évidence l’importance d’utiliser des données paléoclimatiques pour situer les changements hydroclimatiques récents et prévus à une échelle millénaire.

Source.

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18 Comments     Poster votre commentaire »

1.  Bernnard | 8/04/2016 @ 18:56 Répondre à ce commentaire

Un peu de lumière dans l’obscurité ambiante.
Il faudra voir comment cette étude sera commentée dans nos médias (si elle l’est !). On redécouvre qu’il y aurait des cycles. Je n’ai pas accès à l’article mais quels sont les 128 indicateurs de température et les 196 indicateurs hydroclimatiques ?

2.  lemiere jacques | 8/04/2016 @ 19:02 Répondre à ce commentaire

La science tremble, les modèles prouvent tous les jours que les données c’est de la crotte… la vérité mentirait elle?

3.  Jopechacabri | 8/04/2016 @ 19:34 Répondre à ce commentaire

« beaucoup de travail reste à faire avant que nous puissions modéliser convenablement la variabilité hydroclimatique »

En d’autres termes => il va falloir triturer et encore triturer plus que ça, pour que les Écolololo puissent retomber sur leurs pieds…!

4.  Christial | 8/04/2016 @ 19:38 Répondre à ce commentaire

Je ne m’inquiète pas pour les modèles climatiques, on resserre ici un boulon, on ajoute là un peu d’huile et c’est reparti pour 200 ans.
La grande force des modèles climatiques c’est qu’ils peuvent, moyennant quelques ajustements, dire tout et son contraire. La seule constante est que ça chauffe et que c’est la faute au CO2 .

5.  CK66 | 9/04/2016 @ 5:17 Répondre à ce commentaire

 » beaucoup de travail reste encore a faire …  » . En un mot : CCP : xxxxx

6.  Philippe ( Alsace) | 9/04/2016 @ 17:19 Répondre à ce commentaire

Une Covariabilité significative de l’hydroclimat et de la température : est ce à dire chaud et humide en opposition à froid et sec ? Rien de nouveau alors

7.  testut | 9/04/2016 @ 20:05 Répondre à ce commentaire

Philippe ( Alsace) (#6),
Une nouvelle invention, l’hydroclimat? pour remplacer précipitations ? A comparer avec l’aéroclimat qui parle de température ?
ceci dit c’est comme vous dites : tout le monde sait que lors de l’optimum climatique de l’holocène , le Sahara était vert , et lors des épisodes glaciaires le loess se déposait à Hangenbieten , au Kaiserstuhl et ailleurs ; par contre cette phrase est incompréhensible

l’intensification (en comparaison des siècles précédents) des anomalies hydroclimatiques simulées pour le XXè siècle est incompatible avec notre nouvelle reconstruction multi-indicateurs.

Je pense que le mot « simulées » est de trop sinon, on ne comprend rien; ce que je sous entends , c’est que quelque chose a changé au XX ème siècle , le CO2 bien sûr qui booste donc non seulement les températures qui jusque là se corrélait avec les températures , mais aussi les précipitations
Je pense que le fait de brûler une molécule de CH4 produit une molécule de CO2 et deux de vapeur d’eau pourrait leur venir en aide 🙂

8.  miniTAX | 10/04/2016 @ 17:20 Répondre à ce commentaire

Je pense que le mot « simulées » est de trop sinon, on ne comprend rien;

testut (#7), « simulées » veut dire virtuel, imaginaire, fantasmé, pipo (poubelle in, poubelle out), issu de la science Nintendo des climastrologues, etc.
La phrase en question est claire on ne peut plus clair ! La soit-disant intensification des anomalies hydroclimatiques (alias « événements extrêmes » en charabia réchauffiste ou « le climat se détraque ma bonne dame » en version brève de comptoir) n’existe que dans les ordinateurs de la FARCE, dans les unes des merdias et dans la propagande des marchands de peur, elle n’existe PAS dans les mesures.

9.  AntonioSan | 11/04/2016 @ 16:37 Répondre à ce commentaire

Et c’est maintenant le second article sur les precipitations qui contredit la doxa IPCC…
Un Canadien avait publie l’annee derniere… dans journal of Hydrology:
Changes in annual precipitation over the Earth’s land mass excluding
Antarctica from the 18th century to 2013
W.A. van Wijngaarden ⇑, A. Syed

Precipitation measurements made at nearly 1000 stations located in 114 countries were studied. Each
station had at least 100 years of observations resulting in a dataset comprising over 1½ million monthly
precipitation amounts. Data for some stations extend back to the 1700s although most of the data exist
for the period after 1850. The total annual precipitation was found if all monthly data in a given year were
present. The percentage annual precipitation change relative to 1961–90 was plotted for 6 continents; as
well as for stations at different latitudes and those experiencing low, moderate and high annual precipitation
totals. The trends for precipitation change together with their 95% confidence intervals were found for
various periods of time. Most trends exhibited no clear precipitation change. The global changes in precipitation
over the Earth’s land mass excluding Antarctica relative to 1961–90 were estimated to be:
1.2 ± 1.7, 2.6 ± 2.5 and 5.4 ± 8.1% per century for the periods 1850–2000, 1900–2000 and 1950–2000, respectively. A change of 1% per century corresponds to a precipitation change of 0.09 mm/year.

10.  Roby Walrus | 12/04/2016 @ 18:42 Répondre à ce commentaire

Stéphane nous rappelait encore dans l journal préféré :

Après avoir été plus ou moins suspectés d’alarmisme de longues années durant, il est probable que les chercheurs en sciences du climat seront accusés, dans les prochaines décennies, de n’avoir pas crié assez fort.

11.  Roby Walrus | 12/04/2016 @ 18:44 Répondre à ce commentaire

Stéphane dans la chronique planétaire de son journal préféré daté dimanche 10 – lundi 11 avril 2016 :

Après avoir été plus ou moins suspectés d’alarmisme de longues années durant, il est probable que les chercheurs en sciences du climat seront accusés, dans les prochaines décennies, de n’avoir pas crié assez fort.

lol

12.  Araucan | 12/04/2016 @ 21:31 Répondre à ce commentaire

Roby Walrus (#11),
Dans cet article, voir les commentaires, où il est rappelé que SF en 2009 avait relayé une prédiction où la banquise arctique devait disparaître en 2016 … 😉

13.  Roby Walrus | 13/04/2016 @ 8:20 Répondre à ce commentaire

Araucan (#12), merci. Je me souvenais de cette « prédiction » de SF (Science Fiction) et il est bon de la rappeler. Ce billet du journal de référence est cocasse.

Plus sérieusement, il manque un vrai journaliste de la classe de Dr. (MD) Jean-Yves Nau pour l’équivalent, pour l’environnement, des questions de médecine, de biologie et de bioéthique ; c’est-à-dire les questions de l’art de l’ingénieur (médecine), des sciences de l’ingénieur (biologie) et des questions éthiques pour l’environnement.

Mais comme on désinforme sur ces questions d’environnement, ce ne sont pas les « meilleurs » journalistes qui sont sélectionnés, mais les propagandistes « utiles ». Dans La République (l’ouvrage de Platon, pas le quotidien), il me semble [référence à retrouver] que ce sont les politiques qui ont le monopole du mensonge légitime et pas les « journalistes » ou les « scientifiques » ?
😉

14.  miniTAX | 13/04/2016 @ 9:13 Répondre à ce commentaire

Dans La République (l’ouvrage de Platon, pas le quotidien), il me semble [référence à retrouver] que ce sont les politiques qui ont le monopole du mensonge légitime et pas les « journalistes » ou les « scientifiques » ?

Roby Walrus (#13), bah en France, les journaleux couchent, au sens propre comme au sens figuré, avec les politiques, alors bon, ce que dit Platon tient toujours. Et vous vouliez sans doute dire « mensonge légal » au lieu de « mensonge légitime ». Ce qui est légal n’est pas pas forcément légitime.

15.  Christial | 13/04/2016 @ 13:01 Répondre à ce commentaire

Araucan (#12),

Dans cet article, voir les commentaires, où il est rappelé que SF en 2009 avait relayé une prédiction où la banquise arctique devait disparaître en 2016 … 😉

« Relayé », vous êtes trop bon avec Frocard qui s’interrogeait déjà en 2012, s’appuyant sur une étude prévoyant en 2016 la fonte complète de la banquise d’été Arctique : « Les modèles sont-ils toujours trop optimistes ? Beaucoup le pensent. »
En bon faux-cul propagandiste qui veut faire objectif, il fait mine d’être dans l’expectative sur la question.
De même il se contente d’abord de citer le glaciologue Peter Wadhams qui « a ainsi récemment déclaré au Guardian que, selon lui, la glace de mer arctique pourrait avoir disparu à la fin de l’été d’ici à 2016. »
Mais cette prévision devient vite vérité cataclysmique qui fait peur, sans aucun conditionnel, « Une telle disparition aura des effets d’ampleur », et la charge est à sens unique.
Du Frocard dans le texte, quoi.

Sinon le commentateur, c’est moi, sous un autre pseudo.

16.  Araucan | 13/04/2016 @ 14:14 Répondre à ce commentaire

Christial (#15),
Je me disais aussi … 🙂

17.  lemiere jacques | 13/04/2016 @ 21:23 Répondre à ce commentaire

Roby Walrus (#11), quand bien même , on a jamais autant entendu le » vous avez tort et vous le saurez dans 5 ou 50 ans..et pi vous aurez l’air fin« .. imparable…

18.  Roby Walrus | 14/04/2016 @ 18:30 Répondre à ce commentaire

Christial (#15), « Sinon le commentateur, c’est moi, sous un autre pseudo. »
🙂

miniTAX (#14), « Ce qui est légal n’est pas pas forcément légitime. »
😥

lemiere jacques (#17), Après la pluie viendra le beau temps ! [Le Devin]
😉