Le « fact-checking » n’est plus ce qu’il était

par la Task Force climato-réaliste

Stéphane Foucart encense, dans un article du Monde du 26 mai, un nouveau groupe de « chercheurs en sciences du climat » qui s’est lancé dans le « fact checking », cette pratique anglo-saxonne qui consiste à contrôler la véracité des faits exposés par les médias. L’ironie de l’histoire, c’est que l’article en question fourmille de contre-vérités.

L’article commence par signaler le « raid scientifique » qui aurait frappé une tribune politique de Bjørn Lomborg. La thèse de Lomborg est que les aspects positifs du changement climatique sont sous-représentés dans les médias, voire ignorés. Rien de bien méchant dans une telle analyse, qui ne fait que rappeler l’éternelle tendance journalistique à faire choux gras des trains en retard. Mais comme le climat, c’est forcément, universellement et unilatéralement très très grave, Lomborg s’est logiquement attiré les foudres de ceux qui savent.

Première erreur de Stéphane Foucart (dès la deuxième phrase) : étiqueter Lomborg comme climatosceptique. L’article incriminé pourtant ne fait pas mystère du carbocentrisme orthodoxe de Lomborg, qui déclare notamment dans son article :

Avec le temps, les inconvénients du réchauffement surpassent les bénéfices attendus

Deuxième erreur : affirmer que Climate Feedback « a été lancé par l’Université de Californie, à Merced », présentant l’initiative comme « académique ». En réalité, nous avons affaire à des militants climatiques et à rien d’autre. Le fait qu’ils soient par ailleurs titulaires de postes universitaires ne fait pas de leur initiative un projet relevant de l’Université elle-même (d’ailleurs, le site de Climate Feedback ne fait pas mention du soutien d’une quelconque université). Faire héberger leur site par l’université ne prouve rien, si ce n’est que les initiateurs ont pu prendre quelques libertés avec les facilités informatiques offertes par leur employeur.

Troisième problème : le premier passage de l’article de Lomborg cité par Climate Feedback est tronqué, lui faisant dire le contraire de ce qu’il pense. Citation originale (gras ajouté) :

Une approche en économie du climat estime que aujourd’hui – contrairement à l’insistance massive des alarmistes sur les histoires systématiquement négatives – le réchauffement climatique provoque environ autant de dégâts que d’avantages. Au fil du temps, le climat devient un problème net

Citation tronquée :

le réchauffement climatique provoque environ autant de dégâts que d’avantages

Il s’ensuit une kyrielle de commentaires ou nos activistes prétendent que Lomborg serait contredit par la littérature scientifique car le réchauffement climatique sera un problème (ce qui n’est, d’ailleurs, qu’une pure spéculation). Il s’agit là de la tactique classique de l’homme de paille.

La troisième erreur de Stéphane Foucart est donc d’avoir présenté sous les traits de chercheurs objectifs des militants dont les procédés sont pour le moins contestables.

La grande question est de savoir comment Stéphane Foucart a réussi à ne pas identifier une initiative politique pour ce qu’elle est. Le journaliste inscrit pourtant clairement l’initiative en question dans le cadre de la campagne présidentielle américaine. De même, il rapporte que le groupe d’activistes a reçu commande… du gouverneur démocrate de Californie, le dénommé Jeffrey Brown Edmund G. Brown Jr. (quatrième erreur de Stéphane Foucart : Jeffrey est, lui, dessinateur) Jerry Brown [cf commentaire]. Les « fact-checkers » impartiaux se sont exécutés, lançant leurs flèches contre un article du Wall Street Journal (pas spécialement à gauche : c’est Murdoch). Quel article ? Bizarrement, cela ne semble indiqué nulle part.

Élève Foucart, vous êtes recalé.

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25 Comments     Poster votre commentaire »

1.  Nicias | 28/05/2016 @ 7:18 Répondre à ce commentaire

pop

2.  Christial | 28/05/2016 @ 12:42 Répondre à ce commentaire

Si un jour les écolos prennent le pouvoir, S. Foucart fera un excellent ministre de l’Éducation du peuple et à la Propagande.

3.  jG2433 | 28/05/2016 @ 15:50 Répondre à ce commentaire

Christial (#2),
Et, cela ne ferait aucun doute, il ne manquerait pas de soutien…
À l’instar de cet exemple « beau comme l’antique » :
http://www.contrepoints.org/20.....ge-le-pays

4.  Bernnard | 28/05/2016 @ 19:40 Répondre à ce commentaire

Élève Foucart

Vraiment un élève?
Il milite et c’est « un élève » nocif !
C’est un maitre qui s’exprime: dans le domaine du réchauffement climatique il est maitre dans la désinformation sous couvert scientifique.

5.  miniTAX | 29/05/2016 @ 8:23 Répondre à ce commentaire

Si un jour les écolos prennent le pouvoir, S. Foucart fera un excellent ministre de l’Éducation du peuple et à la Propagande.

Christial (#2), la place de Foucart, c’est au Ministère de la Vérité, Orwell avait déjà prévu ça, sa fiction est devenu notre réalité.

6.  Rosa | 29/05/2016 @ 22:23 Répondre à ce commentaire

Autant aller voir directement sur place …
http://climatefeedback.org/eva.....ood-thing/
pour se faire une VRAI idée de l’affaire.

7.  Rosa | 29/05/2016 @ 22:35 Répondre à ce commentaire

On atteint des niveaux de désinformation hallucinants …

« En réalité, nous avons affaire à des militants climatiques et à rien d’autre »
« La troisième erreur de Stéphane Foucart est donc d’avoir présenté sous les traits de chercheurs objectifs des militants dont les procédés sont pour le moins contestables. »

Jetons un oeil sur la liste des contributeurs:
Senior researcher, CIRED, Ecole des Ponts
Professor, University of Exeter
CNRS Research Director
Lecturer, University of Bristol
Associate Research Scholar, Princeton University
Postdoctoral research fellow, CSIRO (Australia) and IMAU (Netherlands)
Project Scientist, University of California, Merced
Professor of Climate Science, University of East Anglia
Professor, Directeur de Recherche, Mediterranean Institute for Biodiversity and Ecology (IMBE)
Professor of Atmospheric Science, MIT

8.  volauvent | 29/05/2016 @ 23:15 Répondre à ce commentaire

Rosa (#6),

J’ai regardé les arguments de ces « sommités » sur le site de notation pour Lomborg.
Il y a très peu de vraies références, à part le GIEC. L’ensemble est surtout fait d’arguments d’autorité sans véritable justification ou avec des références notoirement controversées (comme le verdissement, qui accroîtrait d’abord, par le CO2 puis rediminuerait au dessus d’une certaine température….)

9.  Nicias | 29/05/2016 @ 23:39 Répondre à ce commentaire

Rosa (#6),

J’ai oublié de mettre un lien vers l’article de Climate Feedback sur Lomborg, c’est réparé.

Il ne vous reste plus qu’a écrire à Climate Feedback pour qu’ils mettent un lien vers l’article de Lomborg pour qu’en allant sur leur site on puisse « se faire une VRAI idée de l’affaire ». Ils ne sourcent rien du tout, dans aucun article ils ne mettent un lien vers les textes qu’ils critiquent.

Rosa (#7),

Nous avons bien écrit dans l’article : « Le fait qu’ils soient par ailleurs titulaires de postes universitaires ».
Seriez vous adepte comme Climate Feedback des citations tronquées ?
Ou est la « désinformation » ?

Vous avez oublié dans votre liste :

Ilissa Ocko, Climate Scientist, Environmental Defense Fund

L’EDF est une ONG écolo qui avait porté plainte dans les années 70 contre l’USAID. Plainte qu’ils ont gagné et qui a conduit à l’arrêt de l’utilisation du DDT dans la lutte contre le paludisme par l’USAID et dans tous les programmes qu’ils cofinançaient. Des vrais fanatiques et criminels contre l’humanité.

10.  Mano | 30/05/2016 @ 2:16 Répondre à ce commentaire

Nicias (#9), « Des vrais fanatiques et criminels contre l’humanité » qui ont « conduit à l’arrêt de l’utilisation du DDT « , vous plaisantez ?

J’imagine que pour vous ceux qui chercheront à faire quelque chose pour contrer le réchauffement climatique seront aussi des fanatiques et des criminels qu’il conviendra de poursuivre devant des tribunaux d’exception ?

11.  Jojobargeot | 30/05/2016 @ 6:33 Répondre à ce commentaire

Mano (#10), On ne condamne pas un individu irresponsable car diminué mentalement, pas de souci à vous faire donc pour cette affaire de RCA, les climato-sceptiques ne sont pas les monstres que vous croyez. En rien comparable aux fascistes verts qui eux le souhaitent ardemment, car en manque d’arguments scientifiques pertinents seule reste la répression pour faire entrer de force une croyance dans la tête des gens. Et la on ne le croit pas, on le voit.

12.  Abitbol | 30/05/2016 @ 8:56 Répondre à ce commentaire

« J’imagine que pour vous ceux qui chercheront à faire quelque chose pour contrer le réchauffement climatique »

Tout dépendra de ce quelque chose… avec des croyants fanatiques, on peut s’attendre à tout et au pire…
Dans le cas des plus virulents, je ne vois pas pourquoi il y aurait des tribunaux… 😉

13.  AntonioSan | 30/05/2016 @ 16:34 Répondre à ce commentaire

http://www.lefigaro.fr/science.....ifique.php

Marielle Court sert la soupe a Serge Planes et son voilier Tara et le Figaro illustre les coraux du Pacificque avec le « blue hole » de Belize, dans l’Atlantique…

14.  Manon Troppo | 31/05/2016 @ 12:21 Répondre à ce commentaire

Le fait que Lomborg soit attaqué en tant que climatosceptique alors qu’il est clairement dans la ligne « carbocentriste » est simplement révélateur du fonctionnement stalinien de Foucart et de ses amis, on tire sur ses proches dès qu’ils émettent le moindre avis divergent, ce sont les nouveaux « sociaux traitres » !

15.  Hug | 31/05/2016 @ 12:57 Répondre à ce commentaire

Manon Troppo (#14),
Ce n’est pas propre à Foucart, Verdier a aussi été rangé dans la catégorie des connards euh pardon climatosceptiques par la sphère politico-médiatique alors qu’il n’en est pas un.

16.  testut | 31/05/2016 @ 13:00 Répondre à ce commentaire

AntonioSan (#13),
Bien vu , elle aurait mieux fait de prendre Clipperton comme exemple : dans le trou l’eau de mer est vraiment acide ; ce n’est pas à cause du CO2, mais ceci est un détail

17.  Gilles des Landes | 31/05/2016 @ 13:35 Répondre à ce commentaire

AntonioSan (#13), remarquable la rigueur de l’article :

Or les menaces qui pèsent sur ces massifs sont multiples: hausse du niveau des océans, acidification, mais aussi blanchissement du fait de multiples pollutions et notamment du réchauffement climatique.

Donc en résumé : si l’océan monte, il va noyer les coraux ; l’acidification est une menace (quelle en est la cause ? ce n’est pas précisé) ; le blanchissement est lié aux pollutions ; il est aussi lié au réchauffement (comment ?) ; à moins que le sens de cette dernière phrase soit que le réchauffement induit des pollutions (ah, bon, lesquelles ?)

D’un bon niveau de stupidité tous ça, vous dis-je….

18.  boken | 31/05/2016 @ 16:03 Répondre à ce commentaire

A Gilles des Landes : si ne niveau de l’ocean monte, les coraux s’adaptent et vont rechercher la zone euphotique : ils se développeront vers la nouvelle surface.

19.  testut | 31/05/2016 @ 16:06 Répondre à ce commentaire

boken (#18),
vous savez , ici on a beaucoup d’humour et on manipule souvent le second degré 🙂

20.  Bob | 31/05/2016 @ 16:26 Répondre à ce commentaire

boken (#18),
Tout à fait exact. C’est comme ça que fonctionnent les îles coralliennes.

21.  amike | 31/05/2016 @ 18:01 Répondre à ce commentaire

testut (#16), Elle aurait pu s’intéresser aussi aux coraux dans le détroit d’Ormuz : chaleur, salinité… pollution.

Les coraux sont bien plus souvent confrontés à des variations de températures et autres que ne le croient nos climatistes bien intentionnés. Selon eux, l’évolution des espèces serait impossible car le changement trop rapide ! Qu’ils aillent en parler aux Australiens, de la fourrure superflue des lapins anglais au climat local !

22.  Jean-Marie | 9/06/2016 @ 18:24 Répondre à ce commentaire

Bonjour,
Deux remarques:

1°) Il y a visiblement une erreur dans l’analyse de l’article de Stéphane Foucart par la « Task Force » : à aucun moment il ne parle de Jeffrey Brown. Il parle bien de Jerry Brown, gouverneur de Californie, de son nom d’origine Edmund Gerald Brown Junior.

2°) L’article du Wall Street Journal cité par Emmanuel Vincent mais oublié par Foucart, est celui-ci :

Facile à retrouver, c’est le seul article du Wall Street Journal noté -1.5, comme indiqué.

23.  Nicias | 9/06/2016 @ 18:55 Répondre à ce commentaire

Jean-Marie (#22),

Merci, j’ai corrigé l’article pour « Jerry ».

Concernant l’article du WSJ, il faudrait retrouver la source originale pour pouvoir juger sereinement de la chose. Vu le début de l’article de Climatefeedback :

For example the assertion that 1.5C of warming would be “beneficial” is one that very few scientists or economists agree with, and is contradicted by the overwhelming weight of evidence in the IPCC’s reports

1 on peut sérieusement douter de l’objectivité de nos « scientifiques ». Les effets d’un réchauffement de 1,5°C n’ont jamais été étudié par le GIEC. Cf le bulletin n°29.
2 On peut évidemment se demander si notre bon gouverneur démocrate de l’Etat le plus écolos des USA n’a pas vu dans l’article de Ridley/peiser une menace contre les fondements de la politique suivie par la Californie.

24.  Murps | 10/06/2016 @ 11:53 Répondre à ce commentaire

Nicias (#23),

Les effets d’un réchauffement de 1,5°C n’ont jamais été étudié par le GIEC

je me marre à la simple idée qu’on puisse simuler ce genre de truc, mais le Giec est parfaitement capable de le faire.
Il vous donnera même la température moyenne à Romorantin, la variation des cours de bourse et le nombre de portées des macareux moines en 2049.
Pas de complexes !

25.  Nicias | 10/06/2016 @ 13:27 Répondre à ce commentaire

Murps (#24),

mais le Giec est parfaitement capable de le faire.

Oui, ils vont le faire en 2018.