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Le budget caché de l’UE.

L'action climatique de l'UE, combien de milliards ?

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Le week dernier a vu la conclusion du marathon budgétaire périodique de l'UE : les Etats membres se sont mis d'accord sur deux choses : le plafond des dépenses sur les 7 prochaines années 2014-2020 et sur leur répartition. Seules la répartition des dépenses sera discuté et négociée avec le Parlement européen.

L'action climatique est bien sûr, un élément important des dépenses de l'UE, mais elle prend des chemins particuliers. Voyons comment.

Dès 2011, la Commission précisait bien comment se structurerait le budget européen pour le climat (Voir et ) :

  • Pour garantir une réalisation optimale des objectifs fixés dans certains domaines d'action (lutte contre le changement climatique, politique des consommateurs, environnement, santé et droits fondamentaux), il convient d'intégrer les priorités dans divers instruments relevant d'autres domaines d'action. Par exemple, il faut intégrer les objectifs en matière de lutte contre le changement climatique et de protection de l'environnement dans différents instruments pour qu'ils contribuent au développement d'une économie sobre en carbone, efficace dans l'utilisation des ressources et capable de s'adapter aux effets du changement climatique, à l'accroissement de la compétitivité de l'Europe, à la création d'emplois plus nombreux et plus verts, au renforcement de la sécurité énergétique et à des progrès en matière de santé. Dans le domaine de la coopération au développement, le climat et l'environnement, et notamment la biodiversité, seront intégrés dans tous les programmes concernés.
  • En conséquence, la part concernée du budget de l'UE augmentera grâce à une intégration efficace des priorités dans toutes les grandes politiques de l'UE (cohésion, recherche et innovation, agriculture et coopération extérieure). Sachant qu'une même action peut et doit poursuivre simultanément plusieurs objectifs, l'intégration favorisera les synergies dans l'utilisation des fonds consacrés à diverses priorités et contribuera à accroître la cohérence et l'efficacité des dépenses.
Le détail était explicité ainsi :
Pour y parvenir, des mesures d'atténuation et d'adaptation au changement climatique seront intégrées dans tous les grands programmes de l'UE.

  • Les politiques menées dans les domaines de la cohésion, de l'énergie et des transports ont de fortes incidences sur le climat. En ce qui concerne la politique de cohésion, l'accent mis sur les résultats et sur une conditionnalité renforcée garantira que les projets financés par le budget de l'UE contribueront activement à la réalisation des objectifs de l'UE en matière de climat. Les contrats de partenariat passés avec les États membres permettront de stimuler et de suivre les progrès des investissements contribuant à la réalisation des objectifs 20/20/20. L'intégration de la politique sur le climat devrait viser à rendre les investissements «à l'épreuve du changement climatique». À travers ses programmes opérationnels mis en place dans l'ensemble de l'UE, la politique de cohésion a un rôle crucial à jouer dans l'intensification des efforts pour atteindre l'objectif d'efficacité énergétique de 20 %.

  • Recherche et innovation: La lutte contre le changement climatique sera l'un des principaux axes du futur cadre stratégique commun pour la recherche et l'innovation, qui soutiendra des actions ayant une incidence positive directe ou indirecte sur le climat dans des domaines tels que les transports, l'énergie, la recherche sur les matériaux et la bioéconomie durable. Le plan stratégique pour les technologiesénergétiques évalue les besoins en développement technologique pour 2010-2020 à 50 milliards EUR afin de lutter contre le changement climatique et d'assurer la sécurité énergétique de l'UE et sa compétitivité. Il convient d'investir une part importante du budget par le canal d'instruments financiers (emprunt et fonds propres) afin de pallier la pénétration insuffisante sur le marché des technologies innovantes à faible intensité de carbone et des technologies d'adaptation.

  • L'écologisation des paiements directs aux agriculteurs sera l'une des grandes composantes de la réforme de la politique agricole commune (PAC). Au-delà des exigences actuelles de conditionnalité, 30 % des paiements aux agriculteurs seront subordonnés au respect d'un certain nombre de bonnes pratiques environnementales qui contribueront à créer une agriculture plus respectueuse du climat. De cette façon, la PAC réformée apportera une contribution importante à la réalisation des objectifs de l'UE en matière de climat, tant sur le plan de l'atténuation (par exemple, augmenter la matière organique du sol, réduire les émissions dues à l'utilisation des engrais et fumures) que sur celui de l'adaptation (par exemple, améliorer la résistance contre les nuisibles, pallier la moindre disponibilité de l'eau).
  • En outre, la politique de développement rural sera de plus en plus liée à la lutte contre le changement climatique. Grâce à l'intégration des actions menées dans les domaines du climat et de l'environnement, les agriculteurs seront fortement incités à produire des biens publics propres à l'Union et à recourir davantage aux technologies efficaces contribuant à une agriculture plus écologique, plus respectueuse du climat et plus résiliente.
Il y a aussi des progammes spécifiques
  • 2.2. Programme LIFE+
  • Outre l'intégration des objectifs en matière de climat et d'environnement, la Commission propose de poursuivre le programme LIFE+ et de l'aligner davantage sur les objectifs de la stratégie Europe 2020, en accordant une plus grande place à la lutte contre le changement climatique. LIFE+ continuera à servir de plate-forme d'échanges de bonnes pratiques entre États membres et de catalyseur pour des investissements plus efficaces. Ce programme soutiendra les mesures en faveur du climat fondées sur une démarche ascendante, tant pour développer des projets de renforcement des capacités aux niveaux local et régional que pour encourager le secteur privé à expérimenter, à petite échelle, notamment dans les PME, des technologies d'adaptation et des techniques à faibles émissions de GES.
    Les projets pilotes relatifs à l'adaptation et à l'atténuation du changement climatique requièrent des capitaux d'amorçage pour assurer l'apprentissage politique et la poursuite des actions entreprises en ce qui concerne ces nouvelles priorités de l'UE. Le sous-programme «Action pour le climat» se concentrera sur des projets pilotes et des projets de démonstration à petite échelle. Les projets intégrés serviront également, par exemple, à promouvoir des stratégies d'adaptation transfrontalières dans des zones sujettes aux inondations.
  • Le sous-programme «Action pour le climat» soutiendra notamment les efforts contribuant à la réalisation des objectifs suivants:
  • En mettant à profit l'expérience acquise avec l'initiative «NER 300» qui devrait mobiliser environ 10 milliards d'euros (dont 4 à 5 milliards provenant des recettes de la mise aux enchères des quotas) pour la période 2011-2015 pour financer des projets de démonstration du captage et du stockage du carbone et des projets de démonstration fondés sur les énergies renouvelables.
  1. Atténuation du changement climatique: soutien à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Actions en faveur de l'établissement de projets pilots, qui peuvent servir à tester des approches innovantes, notamment par le soutien aux PME, afin d'améliorer le socle de connaissances et de faciliter la mise en œuvre de l'acquis en matière de climat.
  2. Adaptation au changement climatique: soutien des actions visant à accroître/renforcer la résilience au changement climatique. Mesures en faveur de l'élaboration ou de la mise en œuvre de stratégies d'adaptation nationales/régionales/locales. Mesures permettant aux décideurs d'utiliser efficacement les connaissances et les données relatives aux incidences du changement climatique, en particulier pour la planification associée à l'adaptation.
  3. Gouvernance et sensibilisation: soutien des actions destinées à améliorer la sensibilisation, la communication, la coopération et la diffusion des informations sur les mesures d'atténuation et d'adaptation au changement climatique. Campagnes de sensibilisation auprès des citoyens de l'UE et des parties prenantes, portant notamment sur les changements de comportement.
Et il y a aussi l'action internationale.
  • 2.3. La dimension mondiale
  • Le traité de Lisbonne a fait de la lutte contre le changement climatique au niveau international un des objectifs spécifiques de l'UE. Celle-ci, en sa qualité de premier pourvoyeur d'aide au monde et de pionnier dans les mécanismes basés sur le marché, dispose de compétences uniques à faire partager. En octroyant des contributions financières et en participant aux organes directeurs des instruments et fonds internationaux, l'UE conservera son rôle de premier plan dans la définition des futures politiques internationales sur le climat. L'UE est déterminée à tenir ses engagements internationaux en matière de financement de la lutte contre le changement climatique.

  • La politique sur le climat sera intégrée et renforcée dans les instruments géographiques d'action extérieure en vue d'augmenter sensiblement les financements en rapport avec le climat octroyés dans le cadre de la rubrique Actions extérieures. En ce qui concerne les instruments thématiques de la coopération au développement, l'UE devrait consacrer au moins 25 % des dépenses du programme pour les biens publics mondiaux aux objectifs en matière de changement climatique et d'environnement. Le budget de l'UE contribuera au financement international de la lutte contre le changement climatique prévu par les négociations de la CCNUCC pour les pays en voie de développement d'ici à 2020 (100 milliards USD par an).

  • Outre l'intégration de l'action pour le climat dans le budget de l'action extérieure, la Commission envisage la création d'un mécanisme/fonds en dehors du budget destiné à rassembler les contributions des États membres et le budget de l'UE. Pour l'action extérieure, les finacements passent par le Fonds européen de développement soit 30,5 mrd euros 2011 (aide hors ACP).
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Au total, voici les propositions initiales (2014-2020) :
• • •3,2 milliards étaient proposés  pour le climat et la biodiversité ( dont 800M euros pour l'action climat)  371,720 pour la politique agricole commune.
• • •Le total de la rubrique Croissance durable : ressources naturelles s'élevait à 382,927 milliards d'euros (2011).
• • •Pour la Croissance intelligente et inclusive (sic), comptez 490,908 milliards. Total des dépenses proposées sur la période : 1 025 milliards.(Source)
(NB: le budget de l'Etat français s'élève à 302 Mrd euros en 2013 dont 21 Mrd pour l'UE).
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L'action consacrée au climat reste en grande partie indéterminée.
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Les conclusions du Conseil du 8 février en matière de climat et d'environnement reprennent les  prémices données par la Commission mais les chiffrent avec un pourcentage plancher :  The optimal achievement of objectives in some policy areas depends on the mainstreaming of priorities such as environmental protection into a range of instruments in other policy areas. Climate action objectives will represent at least 20% of EU spending in the period 2014-2020 and therefore be reflected in the appropriate instruments to ensure that they contribute to  strengthen energy security, building a low-carbon, resource efficient and climate resilient economy that will enhance Europe's competitiveness and create more and greener jobs. 
 
La réalisation optimale des objectifs de certaines politiques dépend de l'intégration de priorités telles que la protecton de l'environnement dans les instruments d'autres politiques. Les objectifs de l'action climatique représentera au moins 20 % des dépenses de l'UE pour la période 2014-2020 et  sera donc reflétée dans les instruments appropriés afin de s'assurer qu'ils renforcent la sécurité énergétique, en construisant une économie bas-carbone, efficiente dans l'utilisation des ressources et résiliente face au climat, qui accroîtra la compétitivité de l'Europe et créera plus d'emplois et plus verts.

Les résultats chiffrés à l'issue du Conseil du 8 février (Source) sont les suivants (en euros 2011 sauf mention contraire) :

summary-agreement-80213.gif
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Le total de la rubrique Croissance durable : ressources naturelles s'élève désormais à 373,179 milliards d'euros . Pour la Croissance intelligente et inclusive (re-sic), comptez 450,763  milliards.
Le total des dépenses proposées sur la période s'élèvent donc à 996,782  milliards en euros 2011 soit 1.125,099 milliard d'euros 2013. Donc les 20 % alloués au climat représentent 199,35 milliards d'euros 2011 soit 225,02 milliards en euros courants. Un peu plus de 30 milliards par an …
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Le premier pilier de la politique agricole commune (paiements directs) soit 277,851 milliards euros consacrera 30 % de ses dépenses au verdissement (cf §67). Il faut donc compter 83,35 milliards euros pour la biodiversité et le climat.
Le second pilier de  la politique agricole commune soit 86,936 mrd milliards, est destiné au développement rural mais aussi  au financement du fonds destiné aux pêches et au programme Action climatique et Biodiversité (§74). Sachant que la politique commune des pêches, est évaluée à 6,7 Mrd d'euros 2013, il ne reste plus que 2,492 milliards euros pour les programmes LIFE (environnement climat et biodiversité), initialement prévus à 3,2 milliards.
Pour le développement rural, les opérations sont co-financées par les états membres de 25 % au minimum (§73) pour les régions les plus pauvres à 43 % au minimum pour les régions les plus riches. Mais quand il s'agit du climat, le taux de financement de l'UE s'élèvera à "75% pour les actions contribuant aux objectifs environnementaux et à l'adaptation et à l'atténuation du changement climatique".
Pour les financements internationaux, le montant pour le Fonds européen de développement est ramené à 27 milliards euros au lieu de 30.
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Récapitulons.
Le coût des actions en faveur du climat est évalué au minimum à 20 % du budget UE pour les 7 prochaines années, 2014-2020 soit 199,35 milliards en euros 2011, qui peuvent se décomposer comme suit :
  • Action internationale : montant maximum : 27 milliards euros
  • Programme géré directement par la Commission : 2, 492 milliards euros
  • 30 % maximum des aides directes à l'agriculture : 83,35 milliards euros
  • 20 % du fonds développement rural :  16,78 milliards euros (sans les co-financements des états membres) .
Il reste pour les autres politiques 39,73 milliards au minimum (et certainement beaucoup plus) à trouver dans le cadre de la Croissance intelligente et inclusive (sic-ter), soit 8,8 % pour l'action climatique de cette partie du budget UE.
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Tous les chiffres disponibles actuellement sont mélangés avec les dépenses en faveur de la biodiversité et il est donc difficile de prédire à l'avance quels postes de dépenses seront véritablement mis à contribution. Tout dépend également des indicateurs utilisés pour qualifier un projet quel qu'il soit, d'action climatique à titre principal ou accessoire : l'ingéniosité ne devrait pas faire défaut ! En 2020, on devrait avoir droit à un joli montant astronomique en tonnes d'équivalent CO2 non émises prouvant la vigueur de la politique menée. L'Objectif 2020 (20 % d'énergies renouvelables, réduction de 20 % des émissions de CO2 et accroître l'efficacité énergétique de 20 %) sera-t-il atteint ?
emissions_agregees_six_gaz_effet_serre.jpg
L'UE représente 14,2 % des émissions mondiales soit 3988 GT (2006). Réduire ses émissions de 20 % soit un peu moins de 1000 GT sur les 28 000 GT mondiaux, représente une goutte dans l'océan.
Sans compter que les progrès vers cet objectif unilatéral de -20 % de CO2 émis vont être difficiles à atteindre … (lire les petites lettres en bas de la seconde page de ce document de l'Agence européenne de l'environnement). Espérons que la crise ne facilite pas la réalisation de cet objectif …
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Quand le chat est à Doha …

Hors des pages Planète du Monde, il y a parfois des discordances …

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La pollution, c'est les autres

Nous ne sommes pas allés à Doha. Nous avons un mauvais souvenir de la négociation de Copenhague de décembre 2009 sur le  climat : les Européens, ces bons Européens, avaient signé des engagements contraignants de réduction de gaz à effet de serre et proposaient une aide massive aux pays les plus pauvres.

LA MAISON BRÛLE TOUJOURS

Ils s'étaient fait traiter de néocolonialistes par le G77, rassemblement de 130 pays en développement manipulés par la Chine. En cet hiver nordique, l'Europe était sortie de l'Histoire humiliée.

Nous voilà repartis pour une grand-messe qui va s'inquiéter à juste titre du réchauffement climatique. "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs", proclamait Jacques Chirac au Sommet de la Terre de Johannesburg en 2002.

Dix après, la maison brûle toujours, et nous regardons toujours ailleurs, à  savoir notre nombril d'Européens. La paille que nous avons dans l'oeil ne nous permet pas d'apercevoir la poutre logée dans l'oeil des autres.

Le réchauffement, ce n'est plus notre affaire, ou plus vraiment.

L'Europe élargie ne représente plus que 12,5 % des émissions mondiales de carbone (en fort recul par rapport aux 20 % en 1990), contre 24 % pour la Chine et 18 % pour les Etats-Unis.

Les apôtres de la décroissance devraient être heureux : notre déclassement et la chute du communisme nous ont fait sortir du club des grands pollueurs.

S'infliger des obligations de réduction de CO2

Qu'on ne se méprenne pas, nous sommes un écologiste sincère. A bord d'un aéronef au kérosène alors détaxé, nous avons franchi océans et continents pour observer les grizzlis aux abords de la rivière Yellowstone. Mais il convient de ne pas être naïf.

Les Européens sont désormais les seuls avec les Australiens à s'infliger des obligations de réduction de CO2 en vertu des accords de Kyoto, qui fixaient des contraintes aux seuls pays développés.

Ce protocole expire le 31 décembre, et la Russie, le Japon et le Canada ont prévenu qu'ils n'accepteraient pas de nouvelles réductions au-delà.

Les Européens continuent donc de jouer les vertueux, forts de leur agenda 2020, qui prévoit de réduire d'ici là de 20 % les émissions de gaz à effets de serre, de réaliser 20 % d'économies d'énergie et de  produire 20 % d'énergies renouvelables.

Les initiatives citoyennes ne sont pas l'apanage des ONG environnementalistes : une pétition est en cours à Bruxelles pour demander la suspension du paquet énergie-climat adopté en 2009, en attendant un accord qui implique aussi les Etats-Unis, l'Inde et la Chine.

Le commissaire européen à l'énergie, l'Allemand Günther Öttinger défend l'agenda 2020, qui aide l'Europe à se moderniser, mais estime qu'"aller plus loin en faisant cavalier seul serait faux et dangereux".

François Hollande n'est-il pas allé un peu vite en besogne en proposant de réduire les émissions de CO2 de 40 % en 2030 et 60 % en 2 040 ?

A l'heure de la mondialisation, les Européens ont besoin d'une industrie compétitive - ce qui nécessite une énergie à un prix raisonnable si l'on ne veut pas tailler sans cesse dans les salaires - et d'une sécurité d'approvisionnement minimale.

Ils l'ont un peu oublié. L'Europe de l'énergie peut attendre : le traité de Lisbonne rappelle le droit de chaque pays à choisir son mix énergétique et ses sources d'approvisionnement.

Les Européens sont bien loin de l'esprit des fondateurs, quand Français et Allemands mirent en commun le charbon et l'acier, l'énergie et l'industrie high-tech de l'après-guerre.

Ils ont oublié les promesses du nucléaire et du traité Euratom, jugé à l'époque au moins aussi prometteur que le traité de Rome signé le même jour de mars 1957.

Observons les Polonais, dont les réflexes rappellent parfois la guerre froide : toujours inquiets du grand voisin russe, soucieux de rattrapper son retard économique. Varsovie veut une énergie bon marché et nationale. Telle une France qui n'aurait pas dévoyé le principe de précaution, la Pologne envisage la construction de deux réacteurs nucléaires et défend le gaz de schiste. "Grâce au gaz de schiste, d'ici dix à quinze ans, la Pologne a la possibilité de devenir une deuxième Norvège", s'est très vite réjoui le ministre des affaires étrangères polonais Radek Sokorski.

LE GAZ DE SCHISTE POLLUE LES NAPPES PHRÉATIQUES

La Pologne signe des licences avec les compagnies américaines, s'apprête à forer son sol, pourrait investir jusqu'à 12 milliards d'euros d'ici à la fin de la décennie et rêve déjà de découvrir l'équivalent de quatre siècles de consommation de pétrole.

Le gaz de schiste pollue les nappes phréatiques. Il en sera ainsi tant qu'on refusera d'approfondir les recherches et d'améliorer les technologies d'extraction.

Mais ce gaz préserve paradoxalement l'atmosphère lorsqu'il se substitue au charbon encore plus polluant, comme c'est le cas aux Etats-Unis.

A l'ouest de la ligne Oder-Neisse, les Allemands passent pour des parangons de vertu auprès de nos amis écologistes. Ils sont verts, sortent du nucléaire brutalement sans prévenir quiconque, développent les énergies solaires, éoliennes… et polluent deux fois plus que nous.

Vous avez bien lu : l'Allemagne industrielle émet deux fois plus de dioxyde de carbone que la France, 40 % de plus par habitant. Cet écart va augmenter au fil des fermetures de centrales nucléaires, tandis que le coût de l'électricité s'envole outre-Rhin.

CETTE NON-EUROPE DE L'ÉNERGIE

Curieusement, les Allemands retrouvent le sens de l'Europe, lorsqu'il s'agit de les aider à acheminer l'électricité éolienne de la mer du Nord et de la mer Baltique vers la Bavière, qui a dû fermer ses réacteurs nucléaires après l'oukase d'ngela Merkel.

Pour couronner le tout, dans cette non-Europe de l'énergie, la Commission réclame sans cesse le respect des règles de concurrence.

A la recherche de projets européens concrets,  François Hollande a mis en place à Matignon un groupe de travail pour préparer des propositions à l'occasion du 60eanniversaire du traité de l'Elysée en janvier 2013.

Tout est passé en revue : recherche fondamentale, stockage de l'électricité, harmonisation des aides publiques, adaptation des réseaux pour distribuer l'électricité soumise aux caprices du vent et du soleil, organisation des investissements pour éviter les pannes subies par la Californie au début du siècle.

Paris mise sur le soutien des industriels allemands, un peu inquiets de la politique de leur gouvernement. Bon courage Monsieur Hollande !

Arnaud Leparmentier, Europe.
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Electricité : l'Europe retourne au charbon
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La scène se déroule le 12 novembre à Martigues, dans les Bouches-du-Rhône. Henri Proglio, le patron d'EDF, inaugure la dernière-née des centrales françaises. "Il s'agit d'une véritable prouesse technique et technologique, d'un chantier exemplaire", se félicite-t-il devant les élus, les salariés et les sous-traitants.

L'aboutissement de cinquante et un mois de travaux et d'un investissement de 500 millions d'euros, le plus important du groupe en France, mis à part l'EPR de Flamanville (Manche).

Seulement voilà : dès le premier jour, la centrale de Martigues est vouée à perdre de l'argent. Au moins à horizon visible. Car, depuis le lancement du projet, le marché européen de l'énergie a basculé et les centrales fonctionnant au gaz comme celle de Martigues ont perdu leur atout compétitif, au profit du charbon.

Une situation loin de la "transition énergétique" attendue, au sujet de laquelle la France ouvre jeudi 29 novembre un grand débat.

En récession, l'Europe utilise moins d'électricité, ce qui fait baisser les cours de cette énergie : sur le marché de gros allemand, ils sont tombés mardi à leur plus bas historique. Or, le gaz qui sert de matière première, lui, reste cher. Beaucoup trop.

CENTRALES À GAZ EUROPÉENNES AU RALENTI

Les calculs effectués par Bloomberg sont sans appel : aux prix actuels, une centrale au gaz implantée outre-Rhin perd 12 euros par mégawattheure, un record. Pour les compagnies d'électricité, mieux vaut désormais brûler du charbon, un combustible qui permet de gagner de l'argent.

Résultat : au lieu de fonctionner de 5 000 à 6 500 heures par an comme prévu, la plupart des centrales à gaz européennes ne sont plus mises en service que pour faire face aux pointes de consommation, 2 500 ou 3 000 heures par an. En Allemagne, E.ON a même annoncé son intention d'en fermer une, utilisée… 87 heures depuis le début de l'année !

A Martigues, la toute nouvelle installation ne tourne qu'un jour sur deux ou trois. Trop peu pour  rentabiliser l'investissement. "C'est sur la durée qu'il faudra en juger, corrige-t-on chez EDF. Ce genre d'installation est conçu pour des dizaines d'années."

Les experts avaient pourtant prédit un âge d'or du gaz. Une énergie plus propre que d'autres et d'un bon rendement pour la production d'électricité. Le charbon semblait condamné à disparaître peu à peu. "On y a tous cru", reconnaît un patron du secteur.

Mais, en Europe, c'est un tout autre scénario qui se déroule. Cette année, la consommation de gaz devrait y tomber autour de 460 milliards de mètres cubes, son plus faible niveau depuis au moins douze ans, selon les prévisions de la Société générale.

En revanche, le charbon a le vent en poupe. Pour alimenter leurs centrales, les électriciens européens ont accru leurs importations de charbon américain de 85 % au premier semestre. En France, la consommation de charbon pour l'électricité a bondi de 79 % entre septembre 2011 et 2012.

PRIX EN BAISSE DES QUOTAS D'ÉMISSIONS DE CO2

"On a donc exactement le contraire de ce qui était souhaité, constate un professionnel. De vieilles centrales au charbon fonctionnent à plein parce qu'elles sont profitables, alors que des cycles combinés à gaz tout neufs sont à l'arrêt. Et le secteur électrique européen émet du CO2 comme jamais !" "Ridicule", alors que l'UNion européenne dépense des milliards d'euros pour soutenir les énergies vertes, peste-t-on chez Shell.

Que s'est-il passé ? Aux Etats-Unis, l'essor du gaz de schiste a fait chuter les cours du gaz. Du coup, les compagnies électriques américaines qui le pouvaient se sont tournées vers cette énergie au détriment du charbon.

Evolution inverse en Europe. Le prix auquel les compagnies achètent leur gaz y reste élevé, car il est indexé sur le pétrole dans le cadre de contrats à long terme. En revanche, le charbon, dont les Américains ne veulent plus, se déverse sur le Vieux Continent, et cet afflux a fait chuter la valeur de ce combustible. Dans le même temps, le prix des quotas d'émissions de CO2 a baissé. Bilan : entre le gaz et le charbon, le

rapport de forces s'est inversé depuis un an. Et l'écart ne cesse de se creuser.

"VAMPIRISATION DU GAZ"

Chez EDF, un homme le constate tous les jours : Merc Ribière. A Saint-Denis, il dirige l'équipe qui effectue en temps réel les arbitrages entre les différents moyens de production d'électricité en France. "Pour  choisir, nous comparons avant tout le coût des combustibles utilisés, explique-t-il. Les barrages, l'éolien et le solaire sont prioritaires. Puis vient le nucléaire.  Si cela ne suffit pas, nous faisons appel aux centrales à charbon, surtout celles situées près des ports d'importation. Le gaz ne vient qu'après."

Lundi 26 novembre, lors du pic de consommation journalier, le charbon a ainsi assuré 6 % de l'électricité consommée en France, contre moins de 0,5 % pour le gaz.

Au bout du compte, "il y a, en Europe, une vampirisation du gaz par le charbon", résume Thiérry Bros , spécialiste du sujet à la Société générale. Certaines centrales à gaz ferment, les autres marchent au ralenti. Et plus aucune nouvelle n'est construite. L'allemand E.ON vient ainsi d'annuler le projet qu'il envisageait à Hornaing (Nord).

Peu de chances que la donne change rapidement. "Pour que le gaz redevienne compétitif, il faudrait que le prix du charbon monte de 50 %, que celui du gaz baisse de 30 %, ou que le CO2 vaille quatre fois plus cher", calcule M. Bros. Loin de la transition écologique rêvée, l'Europe semble durablement revenue à l'âge du charbon.

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Rio+20 et le changement climatique

Comme personne n'en parle, voici ce qui a été adopté à Rio sur le changement climatique. Il y a 25 fois le mot climatique ou climat dans le texte, qui fait 283 paragraphes. Il y a 14 engagements volontaires sur le sujet sur 712 à ce jour.

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Changement climatique

190. Nous réaffirmons que le changement climatique constitue l’un des plus grands défis de notre époque et nous sommes profondément inquiets de ce que les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter à l’échelle mondiale. Nous  constatons avec une vive préoccupation que tous les pays, en particulier les pays en développement, sont exposés aux effets néfastes du changement climatique et en subissent déjà les conséquences accrues, notamment les sécheresses persistantes et autres phénomènes météorologiques extrêmes, la hausse du niveau des mers, l’érosion du littoral et l’acidification de l’océan, qui menacent la sécurité alimentaire et compromettent les efforts pour éliminer la pauvreté et parvenir à un développement durable. Nous soulignons donc que l’adaptation au changement climatique est une priorité mondiale urgente et de premier ordre.
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191. Nous insistons sur le fait que le caractère planétaire du changement climatique requiert de tous les pays qu’ils coopèrent le plus largement possible et qu’ils participent à une action internationale efficace et appropriée en vue d’accélérer la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Nous rappelons que la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques dispose qu’il incombe aux parties de préserver le système climatique dans l’intérêt des générations présentes et futures, sur la base de l’équité et en fonction de leurs responsabilités communes mais différenciées et de leurs capacités respectives. Nous notons avec une vive préoccupation l’écart important entre les effets combinés des engagements pris par les parties en matière de réduction des émissions annuelles mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2020 et les tendances cumulées des émissions qui permettraient de limiter la hausse de la température mondiale moyenne à 2 °C ou à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. Nous considérons que les financements doivent provenir de sources variées, publiques et privées, bilatérales et multilatérales, y compris de sources nouvelles, pour appuyer des mesures d’atténuation et d’adaptation adaptées aux pays, la mise au point et le transfert de technologies ainsi que la création de capacités dans les pays en développement. Nous saluons à cet égard le lancement du Fonds de Copenhague pour le climat et nous appelons à sa mise en place rapide pour pouvoir bénéficier d’un processus de reconstitution des ressources rapide et approprié.
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192. Nous exhortons les parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et au Protocole de Kyoto à respecter intégralement leurs engagements ainsi que les décisions adoptées dans le cadre de ces instruments. Nous nous appuierons pour cela sur les progrès réalisés, y compris lors de la dix-septième Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et de la septième Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au Protocole de Kyoto tenue à Durban (Afrique du Sud) du 28 novembre au 9 décembre 2011.

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Pour le texte en entier et en français, voir là.

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Nouvelles du moment 2012/1

 

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Cour des comptes

Le coût du Grenelle de l'environnement :

Le coût des biocarburants : Le constat de la Cour est qu'au terme de 15 ans de politique en faveur des biocarburants, dont les six  dernières plus engagées que les précédentes, les seuls équilibres qui ont été réellement modifiés par ces politiques sont de nature agricole (culture du colza, production d’huile alimentaire, de tourteaux, nouveaux débouchés pour la betterave). Les autres équilibres, que ce soit l’indépendance énergétique ou la réduction des émissions de gaz à effet de serre, n’ont été que peu ou pas modifiés.

Voir également.

Investissements : 260 milliards de $ investis dans les énergies vertes dans le monde en 2011.

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Pédalage

Rien ne va plus pour les mobylettes électriques

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Réseau action Climat : une bibliothèque (trop) bien triée en ligne …

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Arctic attack !

L'eau douce de la fonte nous menacerait ! Le Gulf Stream s'arrêterait et il ferait froid en Europe. Une prédiction sans date … (article originel).

Et quand il fait très froid dans l'Arctique, c'est l'ozone qui déguste …

Une vidéo retraçant les évolutions de la baquise.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=y3FSvtvKGlA

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Océans

Acidification des océans : on commence à la mesurer (Article 1, article 2)

La Nina connaîtrait un pic , on verra bien…

ENSO index

Courants marins et glaciations ou le rôle du courant circumpolaire antarctique il y a 40 M d'années lorsque l'Antarctique est devenue le continent glacé…

Rio+20

Juste deux petits articles dans la première version de la déclaration en ligne :

Climate change

88. We reaffirm that climate change is one of the greatest challenges of our time, and express our deep concern that developing countries are particularly vulnerable to and are experiencing increased negative impacts from climate change, which is severely undermining food security and efforts to eradicate poverty, and also threatens the territorial integrity, viability and the very existence of small island developing  states. We welcome the outcome of COP17 at Durban and look forward to the urgent implementation of all the agreements reached.

Nous réaffirmons que le changement climatique est un des plus grand enjeux de notre époque et exprimons notre profonde inquiétude pour les pays en développement qui y sont particulièrement vulnérables et qui en subissent les impacts négatifs croissants, ce qui compromet la sécurité alimentaire et les efforts pour éradiquer la pauvreté, toute en menaçant l'intégrité territoriale, la viabilitévoire l'existence des petits états insulaires en développement. Nous accueillons les résultats de la COP17 à Durban et nous avons hâte de voir la mise en oeuvre de tous les accords obtenus.

89. We encourage international initiatives and partnerships to address the interrelationship among water, energy, food and climate change in order to achieve synergies as well as to minimize conflicts among policy objectives, being particularly sensitive to impacts on vulnerable populations.

Nous encourageons les initiatives internationales et les partenariats pour traiter des inter-relations entre l'eau, l'énergie, l'alimentation et le changement climatique autant pour créer des synergies que pour minimiser les conflits entre les objectifs politiques, en étant particulièrement sensibles aux impacts sur les populations vulnérables.

Pour plus de détails sur la préparation et suivre les débats (à partir du 26/01) voir .

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Les hérissons déclinent au Royaume Uni, vous verrez que ce sera la faute du CC …

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Atténuation du CC

Vous avez le choix entre l'injection de sulfate dans la stratosphérique ou des aérosols. Dans le premier cas, ce serait efficace pour les tropiques mais inefficace pour les Pôles. Dans le second cas, les bénéfices pour l'agriculture seraient pour le moins variables. Dans les deux cas, la prédiction est difficle à cause des incertitudes sur les modèles climatiques : il fallait le dire !

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Chasse aux halons.

 Je ne connais rien aux extincteurs d'avions, mais je suppose qu'ils doivent répondre à des prescriptions techniques renforcées pour être opérationnels dans des conditions difficiles et ne pas devenir un danger en cas de dépressurisation par exemple. Et si l'on y a conservé des halons, c'est qu'il y a des raisons. En lisant attentivement cette nouvelle, je me disais: "Tiens, on nous refait le coup des CCF, et il y a un ou deux industriels derrière qui vont gagner le gros lot, le protocole de Montréal n'ayant pu aboutir qu'une fois les alternatives trouvées (1)". J'ai donc recherché le communiqué initial (PNUe) inaccessible et j'ai fini par le trouver sur le site de l'OACI (voir lien ci-dessous). Il manquait une phrase importante de la représentante des USA, que j'ai traduite (cf ci-dessous en gras) et qui change toute la portée du communiqué.

Mais il me reste une autre interrogation. La suppression des halons dans les extincteurs d'avions (avec un enjeu certain de sécurité des passagers et des équipages) aura-t-elle un impact sur l'évolution de la couche d'ozone, avec tout le bien que je souhaite à cette dernière ? Parce qu'après tout, soit cette nouvelle est importante (mais il faut m'expliquer en quoi la quantité de halons qui subsistent dans ces extincteurs est déterminante, plus que les usages militaires encore autorisés par exemple), soit ce n'est qu'une annonce célébrant le PNUE, le protocole de Montréal et l'OACI, car rien ne permet de savoir si l'on va trouver une alternative à l'efficacité des halons dans le cas particulier des avions. Souris ou éléphant ?           Araucan.

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Lors de la réunion de leur groupe de travail le mois dernier, les Parties du Protocole de Montréal sur les substances qui nuisent à la couche d’ozone ont entendu le rapport du Comité sur les options techniques sur les halons et de l’Organisation internationale de l’aviation civile concernant l’abandon progressif des halons dans les extincteurs d’incendie se trouvant dans les avions.

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Les halons font partie des principaux destructeurs de la couche stratosphérique d’ozone et sont également des gaz à effet de serre très puissants. L’abandon progressif des halons utilisés dans les extincteurs incendie se trouvant dans les avions représentait un défi difficile du fait de leur efficacité pour éteindre un incendie qui permettait d’accroître la sécurité des passagers, d'après un communiqué de l'OACI.

En 2003, les Parties du Protocole de Montréal ont demandé au Secrétariat de l’Ozone du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et à ses experts techniques de travailler avec l’Organisation internationale de l’aviation civile d'étudier la possibilité de modifier les conditions requises mandatant l’utilisation de halons dans les nouveaux avions, sans compromettre la santé et la sécurité des passagers.

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Avec l’assistance du Comité pour les options techniques sur les halons, l’Organisation internationale de l’aviation civile a amendé deux de ses annexes techniques concernant les standards associés aux opérations aériennes. Ces annexes comprennent maintenant des conditions environnementales. « C’est un accord historique qui a résulté de la collaboration fructueuse entre deux accords multilatéraux, l’un pour la protection de l’ozone et l’autre pour l’aviation internationale. Les Parties du Protocole de Montréal ont concentré leur attention sur l’amélioration de la collaboration et des synergies avec les autres accords et régimes internationaux. Les Parties peuvent être fières du fait que le Protocole de Montréal ait réussi encore une fois à contribuer à la protection de l’ozone et du climat, cette fois grâce à la synergie dans le secteur de l’aviation civile », d’après ce qu’a indiqué Marco Gonzalez, Secrétaire exécutif du Secrétariat de l’ozone.

« L’accord visant à abandonner progressivement les halons était une autre étape pour renforcer davantage la capacité à minimiser l’impact des activités aériennes sur l’environnement. L’aide du Comité et du PNUE pour arriver à cet accord était essentielle pour parvenir à ce résultat, et nous attendons avec impatience de continuer cette coopération inter-agence importante pour servir au mieux la communauté internationale » a déclaré le Secrétaire général de l’Organisation internationale de l’aviation civile, Raymond Benjamin.

« Les progrès réalisés par l’Organisation internationale de l’aviation civile sont importants pour la protection de la couche d’ozone. Ils sont également significatifs dans la mesure où ils démontrent l’engagement de l’Organisation pour la protection environnementale. Pour la première fois, une annexe opérationnelle de la Convention de Chicago a été changée pour répondre à une préoccupation d’ordre environnemental. C’est un jeu gagnant/gagnant pour la couche d’ozone et l’aviation civile. Les Etats-Unis félicitent le Comité, l’Organisation internationale pour l’aviation civile et le Secrétariat sur l’ozone » a déclaré Cindy Newberg, Directrice du service de réduction des émissions  de l’Agence de protection de l’environnement des Etats-Unis (EPA)." Nous prenons note qu'il y a encore beaucoup à faire pour être surs que des alternatives sont connues et puisse être effectivement utilisées, pour développerdes techniques viables sur les aires de chargement des cargos et pour s'assurer qu'il ne sera pas nécessaire de continuer à utiliser les dispositions essentielles* visant à soutenir les besoins actuels de l'aviation civile".

L’Organisation internationale pour l’aviation civile continuera à surveiller le domaine de la recherche et du développement dans le domaine des alternatives aux halons pour garantir que les échéances ciblées puissent être atteintes.

 

* financements ? (NdA)

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Orages au Sahel.

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La fréquence des orages augmente quand l'humidité du sol change sur quelques kilomètres, au Sahel. Ces contrastes génèrent des circulations d'air entre zones sèches et zones humides, favorisant ces développements orageux. Ils ont, pour la première fois, été étudiés à petite échelle lors d'une collaboration entre des chercheurs français du groupe d'étude de l'atmosphère météorologique (CNRS/Météo France) et anglais du CEH(1), dans le cadre du projet AMMA(2). Leurs résultats, publiés dans le numéro de juillet 2011 de Nature Geoscience, fournissent de nouvelles données face aux enjeux de la sécheresse au Sahel.

Le Sahel est une région tropicale semi-aride dont les précipitations annuelles dépendent de quelques dizaines d'épisodes orageux qui se forment pendant la saison de mousson. Ainsi, le nombre d'orages est critique dans cette zone du globe dans la mesure où un déficit peut mener à une année de sécheresse. Les pluies intenses de ces orages entraînent de forts contrastes d'humidité et de température avec les zones avoisinantes. Ces contrastes interviennent dans la stabilité des basses couches de l'atmosphère. Les chercheurs français du groupe d'étude de l'atmosphère météorologique (CNRS/Météo France) et anglais du CEH se sont particulièrement intéressés aux relations potentielles entre la formation des orages et la variabilité des propriétés du sol engendrée par les pluies des jours précédents. Ils ont développé une approche statistique pour analyser individuellement, en journée, plusieurs milliers de cas de développement d'orages identifiés par des observations satellites à haute résolution spatiale et temporelle au cours de cinq saisons de mousson.

Tout d'abord, à l'échelle de la centaine de kilomètres, les orages se développent plus fréquemment au-dessus des surfaces les plus sèches et les plus chaudes. Des séries d'observations satellitaires de températures de surface d'une fine résolution spatiale (3 kilomètres) ont été utilisées pour estimer les variations de l'humidité du sol, à une échelle de quelques dizaines de kilomètres. Les résultats obtenus montrent que le nombre d'orages augmente significativement sur des surfaces présentant de forts contrastes d'humidité du sol, plus précisément au niveau de zones de transition allant d'une zone sèche vers une zone humide dans le sens du vent. Cela suggère que des circulations atmosphériques se mettent en place dans le sens opposé au vent, depuis les zones les plus humides vers les zones les plus sèches, pouvant ainsi faciliter la formation d'orages. Les analyses météorologiques ont mis en évidence que ce type de configuration est particulièrement marqué lorsque l'environnement atmosphérique est peu propice aux orages. Ces contrastes jouent donc un rôle non négligeable dans la formation des orages au Sahel.

C'est la première fois qu'une étude met en évidence, à partir d'observations, une rétroaction positive à cette échelle, c'est-à-dire un déclenchement préférentiel des orages sur des zones de forts contrastes d'humidité du sol engendrés par des précipitations intenses localisées. Ces résultats permettent une avancée dans la compréhensiophoton du rôle des interactions surface/atmosphère dans les mécanismes de formation des orages. Ils fournissent de nouveaux éléments face aux enjeux de sécheresse au Sahel. La sensibilité climatique de ces interactions reste à explorer car les études actuelles ne la prennent pas encore en compte.


© F. Guichard

Déclenchement d'un orage en zone semi-désertique au Mali pendant la mousson.


schéma

 

 

© A. Gounou

Schéma simplifié de la rétroaction positive. En basses  couches atmosphériques, une brise (flèche fine à droite) se développe depuis la zone humide et froide vers la zone sèche et chaude. Lorsque cette brise se forme dans le sens opposé au vent (flèche de gauche), une ascendance (flèche grise) favorise la formation d'orages.


Notes :

(1)Centre for Ecology and Hydrology
(2)Consulter le site web

Références :

Frequency of Sahelian storm initiation enhanced over mesoscale soil moisture patterns, Christopher M. Taylor, Amanda Gounou, Françoise Guichard, Phil P. Harris, Richard J. Ellis, Fleur Couvreux, Martin De Kauwe, Nature Geoscience, 01 juillet 2011. DOI: 10.1038/NGEO1173.

Etude des processus pilotant les cycles diurnes de la Mousson Ouest-Africaine, Thèse de Doctorat de l'Université Paul Sabatier-Toulouse III, Amanda Gounou, 2011.

Programme AMMA sur la mousson oueest africaine.

(Source)

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Catégorie:  Environnement, Changement climatique
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Lord Turnbull : la vérité qui dérange vraiment
Traduction par Marot de l'article publié par Andrew Turnbull sur "The Global Warming Policy Fundation"   
 
  Samedi 27 Mars 2011 10:12 Andrew Turnbull  
 
  Le gouvernement britannique est très fier de son cadre pour le changement climatique. Il le voit à la fois global et ambitieux, comme l'un des plus avancés dans le monde, fournissant une plate-forme pour le leadership moral dans les négociations mondiales. 
 
  Quelles sont les composantes de ce cadre? 
 
  1. Une vision claire de la science qui se fonde sur les travaux du GIEC. Menée par les émissions anthropiques de CO2, la teneur en CO2 de l'atmosphère est passée de 280 ppm dans l'ère pré-industrielle à près de 400 ppm et sans surveillance, doublera à environ 550 ppm au cours de ce siècle. 
 
  2. Cette hausse des émissions de CO2 est la principale cause de l'augmentation de la température de 0,7 °C au cours du siècle passé. Dans le scénario de statu quo, la température augmentera de 1 à 1,5 °C au cours des 50 prochaines années, et d'environ 3 °C d'ici la fin du siècle. 
 
  3. Si la température monte de plus de 2 °C diverses conséquences néfastes en résulteront, p. e. l'élévation du niveau de la mer, des sécheresses ou des inondations, l’augmentation de la violence des tempêtes, des dommages à la production alimentaire, la propagation de maladies, etc 
 
  4. Pour limiter le changement de température à pas plus de 2 °C, les émissions mondiales de CO2 doivent être réduites de moitié, et compte tenu de leur contribution au CO2 à ce jour les pays développés doivent prendre la part du lion, soit réduire leurs émissions d'environ 80  %. Compte tenu de la croissance de l'économie, cela signifie que dan 40 années à partir de maintenant chaque unité de PIB doit produire seulement 5 % du CO2 qu’elle produit actuellement 
 
  Le gouvernement britannique a fait valoir ceci dans les négociations du traité sur le climat mais en l'absence de tout accord (une contrainte juridique sur les limites semble quasiment morte), il a fixé ses propres limites. 
 
  Le gouvernement britannique a créé une structure puissante grâce au Climate Change Act 2008. Sa clause d'ouverture crée une obligation juridiquement contraignante : 
 
  "Il est du devoir du secrétaire d'Etat de veiller à ce que l’apport net de carbone pour l'année 2050 soit d'au moins 80 % de moins que la référence de 1990."  
 
  La loi poursuit en établissant une Commission sur les changements climatiques dont le travail est d'établir 5 objectifs annuels en vue de l'objectif final, et de faire rapport au Parlement sur les mesures prises pour atteindre ces objectifs. 
 
  Un large éventail d'instruments a été introduit. Au niveau de l'UE il y a des objectifs à l'horizon 2020 pour réduire les émissions de CO2 de 20 %, avec une offre pour aller à 30 % dans le cadre d'un accord international, et l'obligation de produire 15 % de l'énergie à partir de sources renouvelables. Pour atteindre cet objectif la production d'électricité devra venir d’énergies renouvelables à plus de 30 %. L'UE a également mis en place un système de plafonnement et d'échanges pour le carbone, le EUETS; des objectifs pour l'efficacité des flottes de véhicules et une composante obligatoire en biocarburants pour les carburants routiers. 
 
  Au Royaume-Uni, de nombreux autres programmes ont été mis en place. 
 
  • Le Climate Change Levy, le Carbon Reduction Commitment, les tarifs de rachat, les objectifs pour l'énergie éolienne, une obligation de capture de carbone et de stockage pour les centrales au charbon et des changements dans le système de planification pour accélérer le remplacement de notre parc nucléaire. 
 
  • Dans le tuyau il y a des propositions pour un prix plancher de carbone et un «Green Deal» d’efficacité énergétique. 
 
  Ce sera d’autant plus pour les grands utilisateurs d'énergie qui sont dans le domaine de la réduction de carbone, mais toutes les entreprises, grandes ou petites et chaque ménage seront touchés. 
 

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Métrologie
Traduction, par Marot, de l'article de Mark Cooper

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Ce billet porte sur le traitement des enregistrements historiques de températures climatiques et leur mauvaise qualité plus que de métrologie.

Mes points principaux sont qu’en climatologie beaucoup de facteurs importants pris en compte dans d’autres domaines de la science et de l’ingénierie sont totalement ignorés par de nombreux scientifiques.

1. Les erreurs humaines en précision et en résolution des données historiques sont ignorées.

2. La résolution du thermomètre mécanique est ignorée.

3. La calibration des capteurs électroniques est ignorée.

4. La précision des capteurs de température mécanique et électronique est ignorée.

5. L’hystérésis des dispositifs d’acquisition de données modernes est ignorée.

6. La conversion de °F en °C induit une fausse résolution dans les données.

La métrologie est la science de la mesure dans ses déterminations expérimentale et théorique à tout niveau d' incertitude dans n'importe quel domaine de la science et la technique. Croyez-le ou pas, la métrologie de la mesure de la température est complexe.

Il est en fait très difficile de mesurer les choses avec exactitude et pourtant la plupart des gens supposent que l'information qu'on leur donne est "sans tache". Un nombre significatif de scientifiques et aussi de mathématiciens ne semblent pas réaliser à quel point souvent les données avec lesquelles ils travaillent ne sont pas très précises. Au fil des ans j'ai lu dans mon travail des dizaines de documents sur des enregistrements de pression et de température où aucune référence n'est faite aux instruments utilisés pour acquérir les données ou à leur historique d'étalonnage. Le résultat est que nombre de scientifiques arrivent souvent à des conclusions erronées au sujet de leurs expériences et de leurs données, car ils ne tiennent pas compte de leur précision et de leur résolution. (Il semble que c’est particulièrement vrai en climatologie.)

Avez-vous un thermomètre collé à la fenêtre de votre cuisine pour voir s'il fait chaud dehors?

Disons que vous jetez un coup d'œil sur le thermomètre, il indique environ 31 °C. Si c’est un thermomètre à alcool ou à mercure vous pouvez avoir à plisser les yeux pour lire l'échelle. Si l'échelle est graduée en °C (ce qui est très commun), alors vous ne pouvez probablement pas interpoler entre les graduations.

Ceci signifie que la résolution du thermomètre est 1 °C ce qui est habituellement exprimé par plus ou moins 0.5 °C (+/- 0,5 °C).

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Catégorie:  Environnement, Changement climatique
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Faites obstacle à l’obscurantisme, allumez vous-mêmes les édifices publics
Desolé Papyjako et tous les autres mais il y a eu un crash de la table de commentaires que je viens de réparer à cet instant avec la sauvegarde de ce matin. Les commentaires de ce jour sont perdus. Désolé.
Araucan.
Par PapyJako
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Dans le post précédent, je demandais l'annulation de la manifestation Earth Hour 2011. Ostraciser l'électricité est déjà, en général, stupéfiant lorsqu'on sait tous les bienfaits qu'elle apporte à l'humanité.Dans le contexte actuel, étant donné le drame que vivent des centaines de milliers de Japonais privés d'électricité, bien involontairement eux, la manifestation Earth Hour prend un tour grotesque et indécent.

Etant donné les organisateurs de  cette démonstration, je ne m'attendais naturellement pas à l'annulation. Ma proposition était seulement une manière de crier mon indignation.

Mais une intéressante initiative a été prise par le collectif "Six Minutes pour les lumières"

Vous trouverez le manifeste sur le site de l'organisation. Allez-y voir.

L'action consiste à éclairer soi-même avec une lampe de poche, pour célébrer la lumière, un des édifices publics délibérément plongés dans l'obscurité.

Vous trouverez sur le site de 6minlum toutes les informations utiles pour faire de cette action une brillante réussite.

Bien entendu, cela ne vous empêche pas, avant de partir de chez-vous, d'allumer tous les appareils électriques possibles en plus de toutes les lumières, pour marquer de façon claire votre détermination à ne pas vous laisser embrigader dans le camp des défenseurs de l'obscurantisme.

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Il faut annuler “Earth Hour” 2011
PapyJako, avec une traduction par ses soins d'un plaidoyer de McKitrick contre Earth Hour.Le 26 mars prochain, nous sommes une fois de plus appelés à participer à une action collective qui consiste à éteindre nos lumières durant une heure. Cette manifestation mondiale s'appelle "Earth Hour". Elle est sensée manifester notre adhésion aux actions de défense de "La Terre", terre à laquelle la consommation d'énergie par les hommes est sensée faire du mal.Je me suis élevé, à plusieurs reprises (ici, ici, et ), contre le grotesque et inutile sacrifice expiatoire que représente cette manifestation. Je me préparais donc à prendre ma plume comme je l'ai fait les deux années précédentes, lorsque le Professeur McKitrick a publié la note que j'ai traduite ci-après, et qui dit, bien mieux que je ne saurais le faire, l'essentiel de ce que j'ai sur le coeur.
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Earth Hour : Un dissident

Ross McKitrick

En 2009, un journaliste m'a demandé ce que je pensais de " Earth Hour ". Voici ma réponse

Je hais Earth Hour. Une électricité abondante et bon marché a été la plus grande source de libération de l'homme au 20ème siècle. Chacune des avancées sociales matérielles a dépendu de la profusion d'électricité bon marché et fiable.

Donner aux femmes la liberté de travailler à l'extérieur n'aurait pas été possible sans la disponibilité des appareils électriques qui libèrent le temps des tâches domestiques. Sortir les enfants des tâches subalternes pour qu'ils aillent à l'école a dépendu de la même chose, comme la possibilité de leur donner une source saine de lumière domestique pour lire. Le développement et la fourniture de soins modernes sans électricité est absolument impossible. L'expansion de l'offre de nourriture, et la promotion de l'hygiène et de la nutrition, supposent qu'on soit capable d'irriguer les champs, de cuire et de  réfrigérer les aliments, et d'avoir un approvisionnement régulier d'eau chaude à la maison.

Beaucoup des plus pauvres du monde souffrent de conditions environnementales brutales à l'intérieur de leur propre maison, à cause de la nécessité de cuire les aliments dans des foyers intérieurs où ils brûlent des brindilles et de la bouse. Cela entraîne une déforestation locale et le développement d'affections respiratoires liées à la fumée et aux parasites [NDT : d'après l'OMS, la première cause de mortalité dans les pays "à faible revenu" est "Infections des voies respiratoires inférieures" (2,94 Millions de morts), et l'inhalation de fumées domestiques en est une cause déterminante]. Quiconque voudrait voir la situation du tiers monde s'améliorer devrait reconnaître l'importance de l'accès à une électricité bon marché, en provenance de centrales à combustibles fossiles. Après tout, c'est comme cela que l'ouest s'est développé.

L'ensemble de la mentalité qui entoure Earth Hour diabolise l'électricité. Je ne peux faire cela, au contraire, je la célèbre, pour elle-même et pout tout ce qu'elle a amené à l'humanité. Earth Hour célèbre l'ignorance, la pauvreté et le retour en arrière. En répudiant le principal outil de libération, elle devient une heure dédiée à l'antihumanisme. Elle encourage le geste bigot d'éteindre d'insignifiants appareils pendant une durée insignifiante, en signe de respect pour une abstraction mal définie nommée "La Terre", tout en conservant hypocritement les bénéfices réels d'une électricité fiable et continue. Ceux qui voient quelque vertu à se débrouiller sans électricité devraient arrêter leur frigidaire, leur chauffage, leur four à micro-ondes, leur ordinateur, leur chauffe-eau, leurs lumières, leur télévision et tous leurs autres appareils pendant un mois, pas une heure. Et devraient aussi faire une descente à l'unité de cardiologie de l'hôpital pour y couper le courant.

Je ne veux pas retourner à la nature. Rendez-vous en un endroit frappé par un tremblement de terre, des inondations et des cyclones pour voir ce que c'est que le retour à la nature. Pour les hommes, vivre dans la "nature" a signifié une courte durée de vie marquée par la violence, la maladie et l'ignorance. Ceux qui travaillent pour la fin de la pauvreté et le soulagement des maladies combattent contre la nature. J'espère qu'ils laisseront leurs lumières allumées.

Ici, en Ontario, grâce à l'utilisation de procédés de contrôle de la pollution et de technologies avancées, la qualité de notre air s'est considérablement améliorée depuis les années 1960, malgré l'expansion de l'industrie et de l'offre de courant électrique. Si, malgré cela, nous devons adopter le point de vue que les pollutions aériennes résiduelles dépassent tous les bénéfices de l'électricité, et que nous devons avoir honte et nous asseoir dans le noir durant une heure, comme des garnements qui ont été attrapés à faire quelque chose de mal, cela veut dire que nous faisons passer la pureté de la nature comme un idéal absolu et transcendant, qui oblitèrerait tout autre obligation éthique et humaine. Non Merci.

J'aime rendre visite à la nature, mais je ne veux pas y vivre, et je refuse d'accepter l'idée que la civilisation, avec toutes ses contradictions, soit une chose dont nous devrions avoir honte.

Ross McKitrick

Professeur d'économie

Université de Guelph

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J'éprouve quelque gêne à surenchérir sur un texte aussi fort. Mais l'actualité m'y oblige.Tout d'abord, voici une image satellite qui a fait le tour de la toile à la suite de Earth Hour 2010

Cette image montre le peu d'empressement de la Corée du Sud, éclairée a giorno et, en contrepoint, l'immense succès remporté par Earth Hour en Corée du Nord … Des mauvaises langues ont fait valoir que si la Corée du Nord était éteinte, c'est parce qu'elle est toujours éteinte, car ses habitants ont, toute l'année, l'indicible bonheur de "défendre la planète" en vivant en permanence dans le noir.

En ce mois de mars 2011, il est hélas à craindre que la Corée du Nord n'aie, à proximité immédiate, un concurrent inattendu dans la "défense de la planète" : Le Japon.

Le drame épouvantable que vivent les Japonais, du fait des événements qui ont détruit une partie importante de leurs infrastructures électriques, se manifestera cette année par le fait que des millions de Japonais vont faire, eux-aussi, Earth Hour même contre leur gré, et pas pour "défendre la planète".

Earth Hour est, en général, année après année, une opération promotionnelle bête, inutile, et infantilisante. Cette année, chacun de ces qualificatifs s'écarte devant l'évidence : en 2011, Earth Hour est plus que jamais une opération indécente et grotesque.

A la mémoire des millions de Japonais qui vivent ces jours-ci dans la neige et le froid, sans électricité, après avoir perdu des dizaines de milliers d'êtres chers. Par respect pour ceux qui vont passer des mois sans défense contre "la Nature", la décence voudrait que l'on ne "fête" pas Earth Hour en 2011.

Il faut annuler "Earth Hour" 2011 !

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