[Un sondage, qu'il soit favorable ou non, démontrera toujours le "besoin d'une action décisive", surtout contre le changement climatique. Seule change la manière de le présenter]
• • • • •
LONDRES (AFP) — Le réchauffement climatique reste en tête des inquiétudes du public, 43% des personnes interrogées se disant plus inquiètes pour le climat que de la crise économique mondiale, selon un sondage mondial publié mercredi par la banque HSBC.
D'après cette deuxième enquête annuelle sur les préoccupations environnementales, les habitants des 12 pays voudraient voir leur gouvernement prendre plus de mesures décisives pour lutter contre le réchauffement climatique.
Les trois quarts des sondés (78%) voudraient voir leur pays réduire "une part équitable" des émissions facteur de réchauffement.
55% des personnes interrogées estiment que leur gouvernement devrait investir dans les énergies renouvelables et 27% qu'il devrait participer aux négociations internationales pour un accord sur le réchauffement.
"Cette étude démontre le besoin d'une action décisive sur le changement climatique", estime Nicholas Stern, conseiller pour HSBC, cité dans un communiqué.
"Le défi urgent est de construire un cadre pour un accord mondial pour qu'un consensus puisse être atteint" lors de la conférence de l'ONU à Copenhague en 2009. Cette conférence vise à étendre les engagements de Kyoto au-delà de 2012.
Et la conférence de Poznan début décembre en Pologne est "un préalable critique pour y parvenir", a souligné cet économiste, connu pour un rapport clé sur l'économie du changement climatique en 2006.
En revanche, la bonne volonté à changer ses habitudes pour lutter contre le réchauffement semble s'épuiser.
47% des sondés se disent prêts à changer leur style de vie, contre 58% en 2007. Et seulement 20% se disent prêts à dépenser plus, contre 28% un an auparavant.
L'étude commandée par HSBC a été réalisée par internet par l'agence Lightspeed auprès de 12.000 personnes de mi-septembre à début octobre. Des échantillons de 1.000 sondés ont été interrogés dans douze pays, Australie, Brésil, Canada, Chine, France, Allemagne, Hong Kong, Inde, Malaisie, Mexique, Grande-Bretagne et Etats-Unis.
L'enquête a été réalisée dans le cadre du partenariat pour le climat HSBC avec The Climate Group, Earthwatch Institute, Smithsonian Tropical Research Institute et le Fonds mondial pour la Nature WWF.
[ Un appel à la réduction des gaz à effet de serre pour lutter contre le changement climatique… par un pays exportateur d'hydrocarbure !]
• • • • •
ALGER, (PL).- Des représentants des pays africains sont convenus sur la nécessité de renforcer leurs institutions pour développer la capacité collective de négociation, et mettre en œuvre des projets destinés à contrecarrer les effets du changement climatique.
Des ministres de l’Environnement, des écologistes, des expertes de l’ensemble du continent ont participé à la conférence sur le changement climatique, à laquelle le président Abdelaziz Bouteflika a envoyé un message de soutien et d’encouragement.
Les délégués ont mis l’accent sur la mise en place de projets aux niveaux national, sous-régional et régional d’une qualité adéquate pour pouvoir exiger des responsabilités aux « partenaires capitalistes » par rapport à ce phénomène.
Dans son message, le président Bouteflika a signalé que le dérèglement du climat dû à l’effet de serre représente «le plus grand défi de cette première moitié du XXIe siècle », « est au cœur de l'activité humaine et remet en cause le modèle de développement économique qui a prévalu jusqu’ici».
De l’avis du chef d’Etat algérien, « pour la première fois, l'espèce humaine, en tant qu'espèce et non en tant qu'ensemble de nations juxtaposées, affronte ses responsabilités à l'égard de la planète, de sa propre survie et du devenir des générations ».
« L’Afrique est le continent le plus durement touché, et le plus vulnérable aux changements climatiques, qu’elle n’a pas contribué historiquement au changement climatique et n'est responsable que de 3,5% des émissions mondiales», a-t-il souligné.
Avec ses ressources forestières (17% du patrimoine mondial), l'Afrique « constitue de fait un puits net », a-t-il ajouté, notant qu'elle n'en est pas moins le continent « le plus affecté » et « le plus vulnérable » aux changements climatiques.
Bouteflika a fait remarquer plus loin que les menaces qui pèsent sur l’environnement à l’échelle mondiale, et en particulier sur la dégradation du climat, doivent inciter à améliorer la gouvernabilité internationale en la matière.
« L’amélioration des prises de position passera par une amélioration de la coordination et l’approfondissement du dialogue en vue d’une meilleure gestion des biens environnementaux communs aux niveaux régional et international », a souligné le président.
Le président de la République a rappelé que l'Afrique a adopté la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques et le protocole de Kyoto qui « contient des dispositions légalement contraignantes pour les pays développés en matière de réduction d'émission de gaz à effet de serre ».
« Les intérêts à court terme, la conscience insuffisante de l'urgence d'agir, consacrent encore la primauté des égoïsmes des groupes de pays au détriment d'une véritable solidarité à l'échelle mondiale, au bénéfice de la planète et des générations futures », a-t-il souligné.
par Bjørn Lomborg
• • • • •
COPENHAGEN – Les pressions de la récession mondiale mettent en danger l’ardeur des mesures sur le réchauffement climatique. Ce n’est pas un détail, car dans un peu plus d’un an, se tiendront à Copenhague les discussions internationales pour parvenir à l’accord qui remplacera le décevant Protocole de Kyoto. Les gens perdant travail et revenus, le soutien immédiat à l’économie semble compter davantage que d’éventuels écarts de température dans 100 ans.
Nombre d’experts environnementaux ont pourtant commencé à dire que la crise financière rend d’autant plus sensible le besoin de mesures pour lutter contre le réchauffement climatique. Ils pressent le futur président d’Amérique, Barack Obama, de déclencher une “révolution verte” en investissant massivement dans les énergies renouvelables. Ils mettent en avant la création de millions d’emplois de “cols verts” et l’ouverture de nouveaux marchés importants qu’elle représenterait. On n’est pas surpris de voir ces convictions relayées par les dirigeants d’entreprises qui vivent de ces subventions. Mais ces requêtes profitent-elles intelligemment à la société?
Le hic dans le choix de la révolution verte, c’est qu’on ne s’encombre pas de préoccupations d’efficacité. Le plus souvent, cette révolution est portée aux nues pour les nouveaux emplois qu’elle serait susceptible de générer. Mais des milliards de dollars en subventions d’origine fiscale créeraient quantité de nouveaux emplois, pratiquement dans tous les secteurs: l’idée est qu’avec l’apport de l’argent des contribuables, un plus petit nombre de secteurs à haute intensité de capital générerait un plus grand nombre d’emplois.
De la même façon, les initiatives vertes ouvriront de nouveaux marchés, à condition que d’autres pays subventionnent des technologies inefficaces, achetées hors de leurs frontières. Ainsi, le véritable jeu devient: à quels pays sera-t-il réservé d’aspirer les subventions financées par les impôts d’autres pays? A part l’inefficacité globale qui en résultera, on héritera de toute une cargaison d’acteurs industriels qui s’ingénieront à faire campagne pour une législation inefficace, pour la bonne raison qu’elle leur remplira les poches.
Le Danemark en est une bonne illustration. Très tôt, ce pays a accordé d’énormes subventions à l’énergie éolienne, en équipant son territoire, à partir des années 1980, de milliers d’éoliennes inutiles. Aujourd’hui, on souligne souvent que le Danemark fournit un tiers des éoliennes dans le monde, générant des milliards, en revenus et en emplois.
Pourtant, il y a quelques années, le Conseil économique danois a dressé une évaluation complète de l’industrie éolienne, en comptabilisant non seulement ses effets bénéfiques sur l’emploi et la production, mais aussi les subventions reçues. Le bilan qui en est ressorti montre, non un bénéfice, mais un modeste coût.
Il n’est pas surprenant que le leader danois de l’industrie éolienne en appelle aujourd’hui à des efforts vis-à-vis du réchauffement climatique, puisqu’ils signifient un accroissement des ventes d’éoliennes. Sa société sponsorise l’émission de CNN “Planet in Peril”, qui contribue à stimuler la pression du public.
Le point crucial, c’est que beaucoup de ces technologies vertes ne sont pas rentables, du moins pas encore. Si elles l’étaient, on n’aurait pas besoin de les subventionner.
Le contre-argument habituel consiste à avancer que les technologies vertes ne semblent plus chères que parce que les prix des carburants fossiles ne reflètent pas ce qu’ils coûtent en termes de dégâts climatiques. Ce n’est pas dénué de fondement. Etant donné que les carburants fossiles contribuent au réchauffement climatique, les théories économiques classiques suggèrent que nous devrions les taxer en fonction de leurs effets négatifs cumulés.
Mais cela ne changerait pas grand chose du point de vue de l’inefficacité de la plupart des technologies vertes. La méta-analyse économique la plus complète montre que la totalité des retombées climatiques motiverait une taxe de €0.012 par litre de pétrole ($0.06 par gallon aux Etats-Unis.) Un montant minuscule par rapport à la taxe que nombre de pays européens imposent déjà, et bien moindre que dans le système commercial européen.
Pourtant, on avance que des taxes et des subventions élevées sont le meilleur moyen de pousser la recherche et le développement dans des sources d’énergie renouvelables moins coûteuses et inédites. C’est faux. Durant la période d’investissements massifs liés au traité de Kyoto, les mises de fonds, par les pays participants, dans la recherche et le développement, ont diminué en pourcentage de PIB, pas augmenté. Il semble assez évident que si l’on investit massivement dans des panneaux solaires inopérants, on aura mis la majeure partie de son argent dans l’achat de ces dits panneaux, en revanche on n’aura réservé qu’une petite part de cet argent à la recherche et au développement. Si l’on veut davantage de recherche et développement, on doit directement accorder cet argent à la recherche et au développement. A la longue, ce serait une avancée dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Enfin, on affirme souvent que les taxes sur le CO2 et les subventions en direction des technologies vertes sont réellement profitables, et là encore le Danemark est cité en exemple. Après tout, soutient-on, le Danemark a maintenu ses émissions de CO2 à un niveau fixe, tout en jouissant d’une croissance économique de 70% depuis 1981. Mais le Danemark aurait-il prospéré davantage s’il n’avait pas restreint ses émissions de CO2? Pour la même période, les émissions aux Etats-Unis ont augmenté de 29%, mais leur PIB a augmenté de 39% de plus que celui du Danemark, ce qui démontre tout simplement que réductions de CO2 et subventions n’entraînent pas nécessairement une croissance zéro, mais plus probablement une croissance plus lente.
Le futur président Obama se trouve maintenant face à une multitude de gens qui affirment que les subventions pour une énergie renouvelable et les taxes sur le CO2 sont d’excellents moyens pour braver le réchauffement climatique et forger une nouvelle économie verte. Malheureusement, c’est presque totalement erroné. Les taxes et les subventions sont toujours chères et susceptibles d’entraver la croissance. Et si l’on veut vraiment freiner le réchauffement climatique, il nous faut éviter de mobiliser d’énormes sommes d’argent dans l’achat de technologies vertes inefficaces – il faut investir, directement, dans la recherche et le développement, afin de rendre les technologies vertes du futur plus compétitives.
Obama doit prendre les devants et faire en sorte que ce rendez-vous de Copenhague l’an prochain, porte, non pas sur des subventions gonflées pour des technologies inefficaces, mais sur des investissements raisonnables dans les découvertes futures. Voilà comment affronter le défi du réchauffement climatique et soutenir une économie réellement dynamique.
[Je veux bien racheter un ou deux atolls maldiviens abandonnés pour le franc symbolique]
• • • • •
« Nous ne pouvons rien faire par nous-mêmes pour stopper le changement climatique, nous devons donc acheter un territoire ailleurs. C’est une police d’assurance en prévision de l’éventualité la plus pessimiste, » a déclaré au Guardian Mohammed Nasheed, le nouveau président des Maldives, qui envisage que son peuple puisse chercher refuge en Inde, au Sri Lanka ou en Australie.
Par Jon Henley, The Guardian, 11 novembre 2008
Que feriez-vous si vous étiez le président nouvellement élu d’un petit pays, relativement pauvre, surtout connu, outre ses plages qu’on peut considérer comme les plus belles du monde, pour être en train de s’enfoncer lentement dans la mer ?
Vous vous empresseriez de rappeler ce naufrage au monde entier, évidemment. Et pour souligner l’urgence du problème, vous révéleriez, à la stupéfaction générale, que vous pensez sérieusement à déplacer votre nation entière quelque part ailleurs.
C’est en tout cas ce que Mohammed Nasheed, premier président démocratiquement élu des Maldives, a fait cette semaine. Il envisage de provisionner une partie des revenus touristiques non négligeables de son pays, afin d’abonder un fonds d’investissement foncier. « Nous ne pouvons rien faire par nous-mêmes pour stopper le changement climatique, nous devons donc acheter un territoire ailleurs. C’est une police d’assurance en prévision de l’éventualité la plus pessimiste » a déclaré Nasheed au Guardian au soir de son entrée en fonction. « Nous ne voulons pas quitter les Maldives, mais nous ne voulons pas non plus vivre en réfugiés climatiques sous des tentes pendant des décennies. »
Voilà une idée curieuse, bien que profondément déprimante : ce serait le premier peuple au monde à devoir abandonner son territoire national, contraint et forcé par l’impact du changement climatique et l’élévation du niveau des mers. Ce dont parle Nasheed, c’est fondamentalement de réimplanter la population des Maldives, forte de 300 000 personnes, en Inde, située à proximité, au Sri Lanka ou éventuellement en Australie. Quand bien même on admettrait l’inéluctabilité d’un tel transfert, est-il faisable ? Un peuple entier pourrait-il être simplement déplacé vers un nouveau pays, s’y installer et reprendre le cours de sa vie comme si rien ne s’était passé, excepté la disparition malheureuse de sa première terre ?
Il semble y avoir actuellement un consensus pour estimer que non. Le docteur Graham Price, responsable du secteur Asie au Royal Institute of International Affairs [1] , affirme qu’ « il serait très difficile pour un État en tant que tel de se délocaliser ». « Une migration adaptée peut être rendue possible, bien sûr, même pour un nombre important de personnes. Mais il y a dans le cas qui nous occupe de sérieux obstacles juridiques liés à la question de la souveraineté. Ceci étant, il y a là un réel problème, avec lequel il nous va falloir compter. Ce que dit Nasheed au reste du monde, c’est : Nous devons vraiment y réfléchir. Nous voulons rester uni en tant que peuple, nous ne voulons pas perdre notre culture, et ce qui arrive n’est pas de notre faute. »
Personne ne met en doute la réalité de la crise à laquelle les Maldives font face. Constituées de 1 200 îles et atolls de l’Océan indien, dont 200 sont habités, les Maldives sont le pays qui détient le record du point culminant le plus bas au monde : nulle part le sol ne s’y élève naturellement à plus de 2,3 mètres au-dessus du niveau de la mer. La majeure partie de sa superficie, qui équivaut au total à peu près à un cinquième du Grand Londres, est d’une altitude significativement plus basse, en moyenne autour de 1,5 mètre.
On comprend bien alors que le changement climatique affectera les Maldives bien plus que la plupart des autres pays. Dans la zone, le niveau de la mer s’est élevé d’environ 20 centimètres au XXème siècle, et les Nations Unies estiment que ce niveau augmentera encore de 58 centimètres d’ici à 2100. Le pays et sa capitale, Malé, ont été inondés en 1987 par des marées inhabituellement hautes, qui ont entraîné des millions de dollars de dommages. Le tsunami qui a ravagé l’Asie à Noël 2004 a été encore plus dévastateur. La vague qui a frappé les Maldives atteignait tout juste un mètre de haut, mais 82 personnes ont péri, 12 000 ont été déplacées, et les dommages se sont montés à 375 millions de dollars (dont 100 millions de dollars en ce qui concerne les stations balnéaires).
Le tourisme est vital pour l’économie maldivienne, mais les touristes sont presque ignorants des problèmes du pays. Celui-ci est réputé pour être l’une des destinations les plus prestigieuses, ses luxueux bungalows les pieds dans l’eau s’avérant particulièrement prisés des couples en lune de miel. Près de 90 îles autrement inhabitées ont été transformées en stations balnéaires qui attirent plus de 600 000 touristes chaque année, principalement des Européens. Mais, bien que le visiteur moyen dépense apparemment environ 300 dollars par jour, il entre rarement en contact avec la population locale, car on le conduit sur son atoll en hors-bord ou en avion de tourisme, et il n’en sort jamais si ce n’est de temps à autre pour une croisière.
Néanmoins, ce secteur économique représente directement peut-être un tiers du PIB des Maldives, et au moins 60 % de son commerce extérieur. Les taxes douanières sur les importations et les divers impôts liés au tourisme génèrent plus de 90 % du revenu dont dispose le gouvernement. Il y a bien peu d’activité économique sur les îles en dehors du tourisme, si ce n’est la pêche. On peut imaginer que les touristes ne seront pas nombreux à vouloir venir une fois leur logement de vacances menacé d’être submergé à n’importe quel moment.
Depuis un certain temps, le pays étudie une des solutions envisageables : construire une nouvelle île, Hulu Malé, c’est-à-dire Nouvelle Malé, vers laquelle le gouvernement espère pouvoir transférer les habitants de certains des atolls les plus bas en altitude, et, au final, de la capitale, qui est actuellement l’une des villes les plus densément peuplées au monde. « Ils draguent les eaux qui entourent l’île existante pour en élever l’altitude au-dessus de 2,1 mètres », déclare Saleemul Huq, responsable du groupe Changement climatique auprès de l’International Institute for Environment and Development [2]. Huq ajoute que certains des plus petits atolls habités « réfléchissent en terme de relocalisation », mais seulement, à ce stade, à l’intérieur même de l’archipel.
A plus long terme, cependant, « si les mesures que nous prenons pour combattre le changement climatique ne s’avèrent pas suffisantes, alors il se pourrait bien que nous soyons contraints à déplacer les gens plus loin ». De telles éventualités sont d’ores et déjà discutées, affirme Huq, la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique ayant organisé un premier forum pour discuter de l’ « adaptation » des pays les plus vulnérables. Par exemple, l’île de Tuvalu mène avec l’Australie des pourparlers dans le même ordre d’idées.
« Mais il est évident, ajoute Huq, que la relocalisation de populations entières est une source potentielle de conflit majeur. » Le président maldivien a mentionné l’Inde, le Sri Lanka et l’Australie comme hôtes éventuels pour son peuple. Au moins dans les deux premiers cas, la différence culturelle resterait minime pour les Maldiviens. En effet, de nombreux insulaires travaillent déjà dans l’un des deux pays, et les Maldiviens aisés s’achètent des maisons au Sri Lanka depuis des années. Rapportés au 1,13 milliard d’Indiens, les 300 000 Maldiviens ne représenteraient pas un apport de population énorme. Mais, mis à part les conséquences humaines d’un tel déracinement, le système juridique international n’est tout simplement pas prévu pour cela.
« Il n’existe pas vraiment, où que ce soit dans le monde, de vaste parcelle de terre dont on pourrait dire qu’elle est disponible », affirme Graham Price. « On peut faire un parallèle avec le cas des réfugiés bouthanais au Népal - les USA se sont portés volontaires pour en accueillir 60 000. Mais si c’est une population, ce n’est pas une communauté nationale. Et on voit difficilement ce que feraient les Maldiviens, quel que soit l’endroit où ils iraient : tout ce qu’ils ont se résume au tourisme et à la pêche. S’ils ont de l’argent, je suppose qu’un quelconque pays d’Afrique pourrait se porter volontaire - peut-être qu’un endroit comme Zanzibar pourrait faire l’affaire ? Mais les vrais problèmes seraient constitutionnels : un État ne peut pas héberger un autre État. Dans le cas du Sri Lanka au moins, la raison fondamentale de la guerre civile qui y fait rage est précisément en lien avec la question fédérale. »
Certains experts discernent d’autres problèmes juridiques. L’Inventory of Conflict and Environment (ICE) [3], qui a son siège au sein de l’Université américaine à Washington, prévoit des potentialités de conflit, impliquant les Maldives, voire en leur sein - des potentialités augmentant à mesure que s’élève le niveau des eaux autour de l’archipel. « On peut penser que les Maldives chercheraient à obtenir une compensation de la part des pays pollueurs en dédommagement de la perte de leurs îles », indique l’ICE dans une note.
« Cependant, il reste à éclaircir si les Maldives chercheraient ailleurs un nouveau territoire en vue d’y exercer leur souveraineté. En outre, il reste à éclaircir si elles chercheraient un tel territoire dans les pays voisins, ou plus loin, par exemple dans les pays qui provoquent en premier lieu le changement climatique comme les USA ou la Chine. Un pays menacé ou détruit par le réchauffement de la planète demandera-t-il des réparations ? Les Maldives en viendraient-elles à réclamer le territoire de Washington, qui présente à peu près la même superficie que leur territoire, en dédommagement de la responsabilité des USA dans le réchauffement climatique ? »
Grâce au tourisme, les Maldiviens sont de loin le peuple le plus riche d’Asie, avec un PIB annuel par habitant de plus de 3000 $. Mais cette aisance est relative, et les richesses sont réparties avec grande parcimonie : à Guraidhoo, sur l’atoll de Kaafu, près de quatre ans après le tsunami, des familles vivent encore dans des cabanes en parpaings bruts, en vue de la luxurieuse station balnéaire de l’île de Kandooma. Pour Saleemul Huq, « à plus long terme, le sort de ces États insulaires à basse altitude pourrait vraiment commencer à devenir très problématique ».
• • • • •
Les pays de l’UE pourraient se mettre d’accord avant la fin de l’année sur la structure et les principes fondamentaux d’un accord sur le paquet énergie et climat de la Commission, mais la finalisation d’un accord est toutefois peu probable. C’est ce qu’un ambassadeur d’un des pays de l’UE des 27 a confié à EurActiv.
Les efforts visant à décrocher un accord sur le paquet ont rencontré l’opposition d’un groupe de « nouveaux » Etats membres menés par la Pologne. Ceux-ci affirment que les plans pourraient dévaster leurs industries et entraîner des pertes d’emplois considérables, particulièrement dans un contexte de récession économique.
Selon un fonctionnaire de l'UE, un
accord ne sera pas possible étant
donné la complexité du paquet et
des opinions radicalement
différentes entre les Etats membres
De nombreux pays de l’ex-bloc soviétique estiment qu’on les punit plutôt que de les récompenser alors qu’au cours de la transition des années 1990 après la chute du communisme, ils ont émis moins de CO2 que les Etats membres de l’UE plus développés. Ils remettent en cause une proposition de la Commission, qui envisage de fonder ses calculs de réduction des émissions pour 2020 sur la base de l’année 2005 au lieu de 1990. Bruxelles déclare que c’est nécessaire car 2005 est la première année pour laquelle des données fiables sont disponibles.
Un responsable du secrétariat général du Conseil a affirmé qu’il ne voyait pas comment un accord allait s’avérer possible, signalant le volume considérable du paquet, sa complexité, ainsi que les opinions radicalement différentes entre les Etats membres quant aux modalités de partage de « l’effort » de réduction des émissions de CO2.
Les débats arriveront à un point critique lors du sommet européen tant attendu des 11 et 12 décembre à Bruxelles. Certains placent leur espoir dans le leadership du président français Nicolas Sarkozy sur les questions énergétiques. Ce dernier a en effet confirmé à plusieurs reprises son intention de décrocher un accord avant que Paris ne cède la présidence de l’UE à la République tchèque en janvier 2009. « Il ne faudrait pas que nous oubliions que Sarkozy est président », a confié un diplomate d’Europe de l’Est à EurActiv. Les chances de parvenir à un accord sont « plutôt bonnes », a-t-il ajouté.
Mais il reste à savoir à quel coût un accord sera trouvé. Paris a proposé un plan de compromis qui permettrait à la Pologne et à d’autres nouveaux Etats membres d’accorder à titre gracieux des permis d’émission aux secteurs énergétiques dépendants au charbon dans le cadre du système d’échange de quota d’émission de l’UE (EU ETS). C’est ce qu’a indiqué le Financial Times.
L’approbation d’une telle mesure marquerait un éloignement du système ETS initial proposé par la Commission, qui appelait à une mise aux enchères complète pour le secteur de l’énergie d’ici 2013. Une coupe massive des obligations en matière de réduction d’émission pour le secteur de l’énergie aurait d’importantes répercussions sur les négociations climatiques internationales actuellement en cours. Un sommet majeur sur le changement climatique est en effet prévu à Poznan' en Pologne le 12 décembre, le même jour que le sommet européen.
Les partisans du paquet climatique
craignent que l’UE soit en mauvaise
posture si un accord n’est pas atteint
avant la fin 2008
Parallèlement, le rôle du Parlement dans les discussions est également crucial. Les eurodéputés ont fixé un vote en plénière sur le paquet les 3-4 décembre, une décision qui marquerait le début d’une deuxième lecture et exclurait la possibilité qu’un accord en premier lecture soit atteint sur la base des discussions tripartites en cours entre le Conseil, le Parlement et la Commission.
Reste néanmoins à savoir si le Parlement arrivera à voter avant le Conseil européen de décembre. La décision de fixer une plénière anticipée est largement perçue comme faisant partie d’une stratégie politique visant à faire pression sur les Etats membres pour qu’ils suivent la ligne de conduite du Parlement dans les discussions.
Toutefois, les partisans du paquet climatique craignent que l’UE soit en mauvaise posture si un accord n’est pas atteint avant la fin 2008 étant donné que le processus de négociations s’arrêtera en mars 2009, au terme de la législature du Parlement actuel.
(consultez également la liste des “conséquences du réchauffement climatique” du blogroll, colonne gauche)
Par Alex Morales et Jeremy van Loon
14 Novembre (Bloomberg) — Vingt pays dont le Japon, l'Italie et l'Australie pourraient émettre plus de pollution par les gaz à effet de serre que convenu dans le traité de Kyoto destiné à lutter contre le réchauffement de la planète.
Ils ont échoué à maîtriser suffisamment les émissions de CO2 pour satisfaire à leurs engagements signé en 1997 à Kyoto, au Japon, selon les comptes-rendus de différents pays. Comme sanction, ces pays sont tenus d'acheter des permis pour chaque tonne excédentaire de gaz à effet de serre d'ici jusqu'en 2012. Cela fera un total de 2,3 milliards de permis pour 20 pays, d'après une estimation de New Carbon Finance, une firme d'études à Londres.
La sanction potentielle, 36 milliards d'euros (46 milliards $) sur la base du prix actuel du carbone, et le fait que seule une minorité des 37 pays signataires de Kyoto peuvent remplir leur promesse sont de mauvaises augures pour les efforts internationaux visant à limiter le réchauffement de la planète.
"Cela montre qu'il y en a beaucoup plus d'intérêt à faire des promesses que de réellement les tenir", déclare Bjorn Lomborg, auteur du livre "The Skeptical Environmentalist" lors d'un entretien téléphonique depuis Copenhague. "Ce que vous devez faire est d'investir dans la recherche et le développement afin de rendre une réduction dramatique des émissions beaucoup moins coûteuse à l'avenir."
Dans trois jours, l'ONU publiera un rapport sur les données d'émissions pour 2006, en compilant les chiffres à partir des rapports nationaux déjà publiés. Les analystes ont utilisé ces données pour estimer les émissions de Kyoto pour la période 2008-2012 parce que les émissions de CO2 d'un pays par ses usines, ses centrales électriques et lss véhicules varient peu d'une année à l'autre. Il faut environ 10 ans, par exemple pour construire une centrale nucléaire à faible émission pour remplacer plusieurs centrales électriques au charbon polluantes.
Partage des coûts
Les objectifs contraignants de Kyoto sont une pierre angulaire dans les efforts internationaux pour limiter le réchauffement global. Les États-Unis sont le seul pays développé à ne pas ratifier Kyoto.
Dans le cadre du protocole, les pays qui ne parviennent pas à atteindre les objectifs doivent acheter des permis de pays qui ont un excédent. Le gouvernement doit payer la facture, et certains, comme l'Italie et l'Espagne obligent l'industrie à partager les coûts.
Ou bien, les nations peuvent acheter des crédits représentant des réductions de gaz à effet de serre effectuées à l'étranger par le biais d'investissements dans l'énergie propre et les projets de reforestation. Cela a un coût. Les crédits de réduction d'émission certifiés par l'ONU, ou CERs, équivalent à un permis de Kyoto, sont aujourd'hui vendus à 15,80 euros pour un contrat 2008.
Le Royaume-Uni, la Suède et plusieurs pays d'Europe de l'Est sont en voie de répondre à leurs obligations de Kyoto, selon les analystes du marché carbone. D'autres sont sûrs de les manquer très largement, le Canada, le Japon, l'Italie et l'Espagne étant les pires transgresseurs.
Canada, qui a le dépassement le plus important, a déjà dit, qu'il n'atteindra ses objectifs de Kyoto, même en achetant des permis. Le pays n'a pas été inclus dans les prévisions de New Carbone Finance.
Objectifs impossibles
Dans le cas de l'Italie, "il est évident que les objectifs sont inatteignables", a déclaré Corrado Clini aujourd'hui lors d'une conférence sur l'énergie à Rome. L'Italie aura besoin de 421 millions permis au cours des cinq prochaines années, et l'Espagne, 405 millions, d'après la firme d'études. Cela coûterait à chaque pays plus de 6 milliards d'euros, en utilisant les prix actuels du CER, bien que les deux gouvernements ont dit qu'ils pourraient partager les coûts avec leur industrie locale.
Point Carbon, une compagnie d'analyse du marché des émissions basée à Oslo a estimé que l'Italie aura besoin de 325 millions de permis et l'Espagne 395 millions.
Le Gouvernement italien et les dirigeants d'entreprises sont de plus en plus critiques à l'égard de la menace du coût des émissions pour leur pays. Kyoto est "pure folie", déclare Paolo Scaroni, chef de la direction de Eni SpA, la plus grande compagnie pétrolière, le 10 novembre dans le rapport IL Sole 24 Ore Radiocor.
La voie canadienne
L'Italie est parmi les pays qui pourront emprunter la voie adoptée par le Canada qui a choisi de ne pas acheter les permis dont dont il a besoin pour atteindre les objectifs de Kyoto, a déclaré Steven Knell, un spécialiste de l'énergie de l'entreprise de consulting et de recherche économique Global Insight Inc, basée à Londres.
"Il est peu probable que l'Italie abandonne officiellement le protocole de Kyoto. Toutefois le non-respect est clairement une possibilité," dit Knell. "Les cas de non-respect pourraient s'accumuler car de nombreux Etats sont bien loin du compte."
L'Italien Clini a dit que le gouvernement et l'industrie vont acheter ensemble des permits et ne vont pas se retirer du traité. "Nous ne nous retirerons pas de Kyoto," affirme Clini. "Pour le moment, nous sommes dedans."
L'Australie, qui a seulement ratifié le protocole de Kyoto en 2007, aura besoin de crédits pour couvrir les 20,6 millions de tonnes par an, à un coût estimatif annuel de 325 millions d'euros, sur la base des prix CER. Le Japon, dont New Carbone Finance prédit 587 millions de crédits, a dit que de nouvelles politiques d'efficacité énergétique aideront le pays à atteindre son objectif.
Un poids exagéré
"Nous allons renforcer l'efficacité énergétique des bâtiments et des usines," dit Hiroaki Takiguchi, directeur du Bureau Japonais de Stratégie Internationale sur le changement climatique, dans une interview le 28 octobre depuis Tokyo. "Nous sommes en train de promouvoir les énergies renouvelables comme le solaire, le vent."
La politique d'amélioration de l'efficacité énergétique signifie que le Japon aura besoin de seulement 100 millions de crédits sur 5 ans, soit le cinquième de l'estimation par New Carbon Finance, d'après Takiguchi.
"De plus en plus de pays améliorent l'efficacité énergétique et promeuvent les carburants de substitution", a déclaré Claudia Kemfert, chef de la division énergie à la DIW, un institut de recherche économique basé à Berlin. "Les craintes sur le coût de ces démarches est exagéré."
La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qui a guidé les négociations de Kyoto, vise à négocier un nouveau traité pour l'après-2012 lors d'une réunion l'année prochaine à Copenhague. Le non-respect des objectifs de Kyoto suggère qu'un nouveau accord serait sans objet, dit Lomborg.
"Cela remet en cause l'idée même de se réunir à Copenhague l'année prochaine et de faire des promesses encore plus ambitieuses alors nous n'avons même pas été en mesure de remplir nos promesses à ce jour", a déclaré Lomborg, un économiste et directeur du Copenhagen Consensus Center, un organe économique consultatif.
[Après le non des électeurs au "Virage Vert" au Canada puis au référendum sur les énergies alternatives en Californie, la fronde anti "protection du climat" touche maintenant la Nouvelle-Zélande]
• • • • •
Helen Clark et le chef du centre-droit John Key lors
d'un débat télévisé, le 5 novembre 2008
WELLINGTON — Les Néo-Zélandais ont choisi un multi-millionnaire, ancien négociant en devises, pour diriger le gouvernement conservateur qui doit succéder à la premier ministre de gauche Helen Clark, nettement battue.
Le parti National conservateur de John Key s'empare facilement du pouvoir dans ce pays surtout connu pour son rugby. "La Nouvelle-Zélande a parlé, et des centaines de milliers de gens ont voté pour le changement" a constaté le dirigeant, devant un auditoire acquis à son camps à Auckland, la plus grande ville du pays.
Le pays qui exporte aussi des produits agricoles est tombé en récession cette année, et Key s'était prononcé pour résoudre ce problème financier global. Il devrait prendre position contre les options de Mme Clarck, dont la lutte contre le réchauffement planétaire entravait les entreprises, à ses yeux.
[On sait maintenant que "l'urgence climatique" n'est pas si urgente pour les Californiens]
• • • • •

Les élections de mardi étaient également l'occasion pour les citoyens américains de se prononcer sur un certain nombre de sujets. En Californie, deux textes étaient soumis à referendum, qui permettaient des avancées importantes dans les énergies renouvelables. Ils ont tous deux été rejetés.
Les propositions 7 et 10 portaient respectivement sur le financement de la recherche et la production d'énergie renouvelable.
La Proposition 7 prévoyait une augmentation de 2% chaque année de la part d'électricité produite par les compagnies de services publics provenant de source renouvelable. Avec un objectif contraignant de 40 % en 2020, et 50% en 2025.
Ce programme aurait coûté 3,4 millions de dollars chaque année à l'Etat de Schwarzenegger et probablement augmenté le prix de l'énergie pour les consommateurs à court terme.
Selon les estimations, la proposition serait rejetée à 65%. Exceptionnellement, les écologistes ont fait cause commune avec les principales compagnies de services publics, dont Pacific Gas & Electric Company et Southern California Edison, pour faire échec à la mesure. Ils mettaient notamment en cause une mauvaise conception de cette mesure, qui aurait été contre-productive.
Actuellement, 13% des capacités de la Californie proviennent de sources renouvelables, notamment solaire et éolienne. L'Etat s'est fixé un objectif de 20% d'électricité renouvelable en 2010, un objectif qui ne sera sans doute pas atteint. Le gouverneur Arnold Schwarzenegger souhaiterait atteindre 33% de sources renouvelables dans la production électrique d'ici 2020.
[ C'est bien connu, le Père Noël vient du Nord et beaucoup y croient, encore ]
• • • • •
Dans un contexte de marasme économique, l'Union Européenne devrait néanmoins parvenir à un accord sur des lois visant à lutter contre le changement climatique, ce qui faciliterait sans doute la conclusion d'un accord international sur le sujet à Copenhague en 2009.
La création d’emplois dans le secteur de l’environnement et une tentative de réduction de la dépendance au gaz russe devraient aider à convaincre l’Union Européenne d’accepter un accord climatique cette année malgré les inquiétudes entourant un ralentissement économique mondial, d’après ce qu’a déclaré le Ministre de l’Energie et du Climat du Danemark, Connie Hedegaard.
Connie Hedegaard a déclaré que l’approbation par les leaders européens d’un ensemble de mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre du bloc de 20% d’ici 2020 par rapport aux taux de 1990, signifirait sans doute que la conclusion d’un accord climatique international à Copenhague d’ici la fin de l’année 2009 soit possible.
"De nombreux pays européens ont une
priorité stratégique qui consiste à devenir
moins dépendant du gaz produit par la
Russie : c’est tout particulièrement une
priorité pour les pays d’Europe de l’Est
qui font partie des plus sceptiques face à
ces lois". Connie Hedegaard, Ministre
de l’Energie et du Climat du Danemark
« Je suis certaine qu’un compromis sera trouvé » pour permettre aux leaders européens d’approuver l’ensemble des lois en décembre ». « Il ne sera peut-être pas parfait, mais j’ai confiance ».
Les leaders européens ont pour objectif de conclure cet accord, qui comprend l’obtention de 20% de l’électricité utilisée par les énergies renouvelables d’ici 2020, même si les nations telles que la Pologne ou l’Italie s’inquiètent des coûts du passage aux carburants fossiles et des pertes d’emplois possibles…
Connie Hedegaard a déclaré qu’un échec signifierait que l’Europe pourrait ne pas participer à la création au niveau mondial d’emplois dans le secteur de l’environnement, comme par exemple dans le domaine des énergies renouvelables.
De plus en plus de gouvernements réalisent qu’il « est mauvais pour l’ensemble de l’Europe de protéger les industries d’hier au lieu de préparer les réponses qui rendront le bloc riche demain » a-t-elle ajouté.
Elle a aussi déclaré que les nations d’Europe de l’est pourraient bénéficier de l’efficience énergétique, des réductions de l’utilisation des énergies fossiles et d’une diversification des sources d’énergie.
« De nombreux pays européens ont une priorité stratégique qui consiste à devenir moins dépendant du gaz produit par la Russie : c’est tout particulièrement une priorité pour les pays d’Europe de l’Est qui font partie des plus sceptiques face à ces lois » a-t-elle ajouté.
Elle a prédit que les nations se préoccuperaient bientôt du changement climatique après le choc de la crise financière. Le Groupe Intergouvernemental d’Experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat (GIEC) prévoit que le changement climatique engendrera plus de sécheresses, de canicules, de maladies et une augmentation du niveau des mers.
D’après Connie Hedegaard, la République Tchèque, qui prendra la présidence rotative de l’Union Européenne à la France en janvier, ne s’est pas montrée intéressée par cet ensemble complexe de lois inachevées.
D’après elle, il est impossible de savoir si la prochaine administration américaine sera prête à promettre des objectifs clairs de réduction des émissions de gaz à effet de serre lors des négociations de Copenhague.
Plus de 190 nations se sont mises d’accord l’an dernier pour conclure un nouveau traité international à Copenhague qui succéderait au Protocole de Kyoto en matière de lutte contre le changement climatique.
Ces nations ont également déclaré que les nations riches devraient faire des « efforts en adéquation avec leur responsabilité » dans les taux actuels de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, argument qui avait fait reculer G.W. Bush devant le Protocole de Kyoto.
Ce dernier avait refusé de signer le Protocole en prétextant qu’il était trop coûteux et qu’il était injuste de ne pas inclure les pays en développement dans les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Les candidats Barack Obama et John McCain ont tous deux promis de faire beaucoup plus que l’ancienne administration en matière de changement climatique.






