par Benoît Rittaud
Avis aux Varois : je participerai demain samedi 26 juin, de 10h30 à 20h30, au festival “Livres aux Lecques”, organisé à Saint-Cyr-sur-Mer (entre Marseille et Toulon), square Ferrie, par la librairie Dispo Livre. Ce festival rassemblera une cinquantaine d’auteurs (polars, romans, jeunesse…). Outre une séance de signatures, les auteurs seront présentés par le libraire au public, qui pourra poser des questions. Des ateliers sont également prévus pour les enfants et les adultes, ainsi qu’un espace appelé “Book box” dans lequel le public pourra donner et enregistrer sur vidéo son avis sur les livres qu’il a lu récemment.
(En passant : pardon à tous de n’être pas très présent ces temps-ci, en raison de diverses obligations.)
Je ne sais si c'est l'été ou les émissions de protoxyde d'azote mais je trouve qu'en ce moment, les histoires liées au RCA deviennent franchement tordantes. On a eu droit aux mammouths, aux cachalots et maintenant, à la peinture sur glacier. Accrochez-vous au pinceau !
• • • • •
Peindre la montagne, une idée pour sauver les glaciers…
Victimes du réchauffement climatique, les glaciers andins fondent et la neige déserte les montagnes. Pour enrayer ce phénomène, le péruvien Eduardo Gold, scientifique autodidacte et fondateur de l’ONG Glaciers du Pérou, a une idée: repeindre les sommets en blanc. Pas pour faire joli, mais pour modifier l’albedo, c’est-à-dire la capacité de réflexion de la lumière. Son idée est simple: le blanc renvoie la lumière du soleil alors que les couleurs sombres absorbent la chaleur. En peignant les sommets en blanc, leur température devrait baisser et les glaciers auraient plus de chances de se régénérer.
Citron, blanc d’œuf et eau
Le projet est déjà à l’essai sur le pic de Chalon Sombrero, depuis le mois de mars dernier. A l’image des maisons peintes à la chaux pour être mieux isolées, cette montagne sera bientôt recouverte de peinture fabriquée par les villageois de Licapa, village situé au pied du sommet.
Cette peinture est 100% naturelle: à base de citron, blanc d’œuf et eau, elle est utilisée depuis des siècles au Pérou. Pas de pinceaux, mais des cruches remplies de peinture qui peuvent être déversées à la vitesse de 1 hectare par semaine. Il faudra donc plusieurs mois pour couvrir les 70 hectares du massif de Chalon Sombrero.
Inapplicable à grande échelle
Les habitants de Lipaca sont enthousiastes. Pour eux, c’est leur alimentation en eau qui se joue: sans glaciers, pas de rivières en aval, pas d’irrigation, pas de cultures, et un risque majeur de pénurie alimentaire. En mai dernier, le ministre de l’Environnement péruvien, Antonio Brack, a annoncé qu’il faudrait 400 millions de dollars (325 millions d’euros) pour atténuer le changement climatique dans son pays.
Eduardo Gold recevra de la Banque Mondiale 200.000 dollars (163.000 euros) pour mener à bien son projet.
Apprentis sorciers du climat
Les projets de géo-ingenierie se multiplient à travers le monde: les Chinois ont déjà envoyé de l’iodure d’argent dans le ciel pour déclencher la pluie et une entreprise allemande travaille à la création de nuages artificiels. Ces apprentis sorciers du climat auront-ils la capacité de ralentir durablement le réchauffement climatique?
Au Pérou, des solutions viables devront être rapidement trouvées : 22% des glaciers tropicaux auraient disparu depuis 30 ans selon un rapport de la Banque Mondiale, mettant ainsi en péril l’approvisionnement en eau de millions de personnes.
Et espérons, que cette fois-ci c'est pour de bon (Source)
Sur la scène des grandes peurs planétaires, la perte de biodiversité entre en compétition avec le RCA. Les baleines et les cachalots ont toujours eu un grand capital de sympathie : mais voilà qu'elles aussi sont désormais instrumentalisées à la sauce du RCA. Les arbres servaient au stockage du carbone et les cachalots servent désormais à activer la croissance du plancton, qui va stocker du carbone … Le carbone fixe désormais la valeur d'utilité de tout ce qui nous entoure … et le cachalot perd sa liberté d'être simplement un cachalot pour n'être plus qu'un relais dans la grande machinerie du RCA. Le RCA a tout de même une capacité incroyable de désenchantement en ramenant tout à sa logique.
• • • • •
Grâce à leur activité, les grands cachalots éliminent plus de gaz à effet de serre qu'ils n'en produisent.

Légende du graphique à droite : Exports et import de carbone par les cachalots : en pointillés, le carbone exporté du fait de stimulation par les fèces de cachalots, en tiretés, le carbone émis par la respiration des cachalots, et en ligne pleine, les émissions totales de carbone, y compris les émissions liées aux carburants fossiles.
En effet, ils stimulent fortement le développement du phytoplancton océanique grâce à leurs excréments qui
contiennent une grande quantité de fer. Selon des chercheurs australiens, l'ensemble des grands cachalots de l'océan Antarctique rejette environ 50 tonnes de fer chaque année via ses excréments.
Ces derniers stimulent la multiplication du phytoplancton, qui absorbe du dioxyde de carbone durant la photosynthèse. De plus, ce plancton joue un rôle important dans l'écosystème en étant mangé par le zooplancton, à son tour consommé par de plus gros animaux marins.
Il a été calculé que les 12.000 grands cachalots présents dans l'océan Antarctique (le grand cachalot est un mammifère présent dans tous les océans et toutes les mers) permettraient d'éliminer 400.000 tonnes de CO2 tous les ans, soit deux fois la quantité qu'ils rejettent durant la respiration.
Malheureusement, même si la chasse au grand cachalot est interdite depuis 1982, il en est toujours victime et constitue une espèce en danger. Sans cela, il y aurait aujourd'hui environ 120.000 de ces animaux dans l'océan Antarctique. Ces 120.000 grands cachalots seraient capables de dégrader indirectement 2 millions de tonnes nettes de CO2 chaque année.
(Source)
(Article)
@@@@@@
[Voici pourquoi vous n’entendez pas parler de Thomas C Chamberlin, chef géologiste au US Geological Survey et contemporain d’Arrhenius, au sujet de la “théorie de l’effet de serre qui a plus d’un siècle”.]
Deux décennies après les travaux initiaux de Chamberlin sur le sujet, la théorie sur le rôle du CO2 sur le climat était tombée en défaveur. Chamberlin exprima à de multiples reprises ses regrets d’avoir suivi Arrhenius et d’avoir adopté la théorie trop hâtivement. Il écrivit ceci dans une longue lettre à Charles Schuchert du Peabody Museum de Yale, en 1913 :
Je n’ai aucun doute que vous ayiez raison en pensant que ceux qui acceptent la théorie du CO2 [sur le climat] sont moins nombreux par rapport à il y a quelques années. La suggestion originale de Tyndall, selon laquelle un déficit de CO2 pourrait avoir été la cause de l’âge glaciaire reçut peu d’intérêt et sembla avoir été oublié au point que, lorsque Arrhenius formula la même théorie, celle-ci sembla nouvelle et originale et, comme elle semblait fondée sur des déductions mathématiques des observations de Langley et issue d’une grande autorité, elle attira un large public. Malheureusement, les déductions d’Arrhenius à partir des observations de Langley semblent avoir été infondées et dès que cela fut découvert, une réaction fut inévitable… Je regrette profondément d’avoir été parmi les premières victimes de l’erreur d’Arrhenius.
Chamberlin avait presque complètement fini son article de 1897, “un Ensemble d’Hypothèses sur les Changements Climatiques”, quand il tomba sur le premier essai d’Arrhenius. Avant de terminer son papier, il abandonna son “évaluation très conservative sur le CO2″ et accepta les conclusions d’Arrhenius en se fiant à sa “supposée haute autorité”. Chamberlin regrette d’avoir exagéré son point de vue en suivant celui d’Arrhenius, qui il pensa, était dans un certain sens, aux antipodes. Dans une lettre écrite à Ellsworth Huttington en 1922, Chamberlin exprima de nouveau ses profonds regrets d’avoir accepté hâtivement les résultats numériques d’Arrhenius et de ne pas avoir laissé ses “démons personnels” l’éloigner d’Arrhenius jusqu’à la mise sous presse de son article. Chamberlin pensa que le rôle du CO2 sur l’atmosphère avait été exagéré et que pas assez d’attention avait été portée sur le rôle de l’océan, qu’il considère comme “sa contribution originale sur le sujet”.
Source : Historical perspectives on climate change par James Rodger Fleming, Oxford University Press, 1998.
Suite du feuilleton européen …
• • • • •
Les ministres européens renvoient à l'automne prochain la décision de réduire de 30 % les émissions de GES pour 2020
La majorité des ministres de l'environnement de l'UE ont apporté leur soutien vendredi (11 juin) à de plus importantes réductions de CO2 plus tard dans l'année. Bon nombre d'entre eux, y compris le Français Jean-Louis Borloo, s'expriment fermement en faveur de ce renforcement. Le ministre italien a quant à lui fait savoir que Rome ne soutenait pas cette disposition.
L'UE s'est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % par rapport aux niveaux de 1990 d'ici 2020 et à augmenter son objectif à 30 % si les autres pays s'engagent de manière similaire dans le cadre des négociations internationales sur un nouveau traité climatique.
Le 26 mai 2010, la Commission européenne a présenté une communication analysant les options d'augmentation de cet objectif. Elle a conclu que la récession avait abaissé le coût de la réduction des émissions de manière significative, et que parvenir à une réduction de 30 % pourrait ne coûter que 11 millions d'euros supplémentaires par rapport à ce qui était prévu dans le cadre d'un objectif de 20 % il y a deux ans.
A la grande déception des environnementalistes, les ministres ont enterré un document de la Commission européenne analysant les options pour augmenter l'objectif de réduction des émissions de l'UE à 30 % jusqu'en octobre au plus tard.
Toutefois, ils ont donné mandat à la Commission de mener des analyses plus détaillées des coûts au niveau national pour les discussions d'automne.
De nombreux ministres ont exprimé leur fort soutien pour avancer rapidement sur l'augmentation de l'actuel objectif de l'UE de réduire les émissions de 20 % par rapport aux niveaux de 1990 d'ici 2020, malgré le fait que les ministres de l'industrie français et allemand aient fait savoir le mois dernier qu'ils ne soutiendraient pas des ambitions climatiques plus élevées tant que l'industrie européenne était en danger.
La France estime que le travail devrait être vite expédié pour parvenir à une étude détaillée des options possibles pour s'embarquer sur une trajectoire qui atteindrait 30 % le plus rapidement possible, a dit le ministre français de l'environnement Jean-Louis Borloo dans une déclaration.
L'Europe dit qu'elle passera à 30 % seulement si les autres pays industrialisés s'engagent de façon similaire. Dévoilant l'analyse le mois dernier, Connie Hedegaard, commissaire européenne à l'action climatique, a insisté sur le fait que les conditions n'étaient pas encore remplies pour une avancée unilatérale.
Mais la ministre italienne de l'environnement Stefania Prestigiacomo a dit que les discussions entre les ministres de l'environnement n'avaient pas reflété les opinions dans les capitales nationales, d'après les rapports.
Mme Hedegaard a souligné que les ministres représentaient leurs gouvernements.
La question devrait toutefois faire l'objet de fortes divisions, les Etats d'Europe de l'Est soutenant en particulier qu'ils ne peuvent pas se permettre de prendre des engagements plus élevés pour réduire leurs émissions en période de récession.
@@@@@@
(Source)
[Si vous vous êtes toujours demandé pourquoi, en matière de crime climatique, le grand méchant oil, c'est toujours Exxon et jamais BP, cet article est un début de réponse]
• • • • •
Par Chris Horner
Tim Carney a une colonne dans le Washington Examiner sur le pouvoir de lobbying de BP, ce qui mène à la leçon d'histoire qui suit et à un compte-rendu de première main pour que les électeurs, généralement peu habitués à ce genre d'ignominie, puissent apprécier pleinement le jeu qui se joue actuellement à Washington.
Le président Obama a annoncé à Pittsburgh la semaine dernière que la marée noire de BP dans le Golfe mérite sa colère sous la forme de la bourse du carbone ("cap and trade") de Kerry-Lieberman. En entendant cela, votre réaction serait de vous demander, comment rendre l'énergie plus chère pour tout le monde, les personnes âgées, les pauvres, pourrait-il être une réponse appropriée. La vérité est que les efforts de notre jeune et idéologique président pour faire que cette crise ne soit pas une occasion perdue reflètent une vérité bien pire qu'elle n'y paraît.
BP, rejoint par Enron, a inventé la bourse du carbone dans le milieu des années 1990. Absolument. Cette bourse du carbone.
Je le sais, parce que j'étais dans la salle.
Et BP a fait du lobbying agressif pour elle et à grands frais depuis, avec des sommes à 8 chiffres qui sont allées à des groupes de pression écologiques.
Plus précisément, en mai 1997, j'ai rencontré des hauts responsables de BP, Niagara Mohawk Power, et d'autres … «d'autres» comme l'Union of Concerned Scientists et leurs semblables … dans les bureaux de Washington d'un cabinet d'avocats de haut vol newyorkais, pour unir notre cerveau collectif à réfléchir à une stratégie sur la façon de ficeler les États-Unis par un traité sur le réchauffement global, et d'obtenir une bourse du carbone domestique, aussi.
Vous pouvez lire quelques superbes mémos internes d'Enron au sujet de cet effort, en partenariat avec BP, sur le site Master Ressource, tenu par un réfugié d'Enron et lanceur d'alerte frustré Rob Bradley. Un exposé particulièrement éclairant, avec des liens, se trouve ici.
Le partenariat Enron-BP s'est poursuivi jusqu'à la fin malheureuse d'Enron. Cet effondrement n'a fait qu'inciter BP, comme GE qui a également ramassé les morceaux des actifs non rentables qu'Enron avait acquis dans l'objectif d'un prochain transfert de richesse déclenché par le "réchauffement global", à intensifier encore plus ses efforts.
Ma découverte de la combine de BP/Enron - classique création de rente de situation couplée à la construction d'une coalition "contrebandier-baptiste" [cf un article précédent sur ce schéma] - survint à peu près dès le jour deux de mon illustre carrière de trois semaines à Enron au poste de Directeur des Relations avec le Gouvernement Fédéral.
J'étais revenu à mon bureau et demandait quelques question très simples -et je sais maintenant, naïves - comme «quand est ce que nos questions étaient passé de "le réchauffement planétaire est-il réel et problématique" à "comment faire de l'argent avec" ? Ce genre d'effronterie était très mal reçu par mon patron.
Ainsi commença la fin de ma carrière chez Enron et, avec le recul, mon chemin vers le côté «sceptique» de cette campagne politique étourdissante de cynisme et de mensonge.
Avance-rapide vers environ deux mois après cette réunion du "Conseil Economique pour le Développement Durable". Le 4 août 1997, BP rencontra dans le Bureau ovale le président des États-Unis, le vice-président des États-Unis (un gars prénommé Al) et Enron, pour charger l'administration d'ignorer l'instruction décidée à l'unanimité par le Sénat conformément à l'article II, Section 2 de notre Constitution imposant l'obligation "d'avis et consentement".
Cette instruction fut de pas aller à Kyoto pour donner d'accord américain au traité ou à tout ce qui y ressemble. Au lieu de cela, Ken Lay et John Browne (PDG de BP d'alors, puis Sir et aujourd'hui Lord), ont plaidé pour qu'on aille à Kyoto pour soutenir le traité, liant les États-Unis et créant ainsi la bourse du carbone.
Ce sont des faits. Comme le fait que, bien que les négociateurs américains à Kyoto aient bien suivi l'instruction unanime du Sénat, Al Gore a sauté dans un avion pour le Japon pour leur demander de suivre les instructions de BP et d'Enron. Et, avec l'absolution des médias négligents ou incroyablement biaisés, l'équipe Clinton-Gore avait même signé Kyoto comme demandé par BP et Enron, bafouant le Sénat et la Constitution.
Au passage, tout cela est détaillé au chapitre 5 intitulé “Picking Your Pockets for Political Payola” [NdT : le favoritisme politique fait vos poches] de mon livre Power Grab.
Donc, la vérité est que BP a non seulement demandé depuis plus d'une décennie pour le semblant de punition que le président Obama déclare impérative et que lui et le Sénat veulent appliquer en réponse à la marée noire du Golfe. BP a plaidé pour.
BP, avec l'aide puissante d'Enron, avait inventé la bourse du carbone. Pour qu'Obama puisse affirmer voire sous-entendre qu'il veut imposer cette bourse pour punir une compagnie qui, de l'aveu même du sénateur John Kerry l'avait aidé à écrire le projet de loi auquel Obama fait référence, est honteux, soit par son ignorance soit par sa malhonnêteté.
Peut-être la presse pourrait-elle faire son travail et chercher duquel il s'agit.
Faisant suite aux protestions de certains états suite à certaines erreurs relevées dans le rapport du GIEC et par les vagues du Climategate, une évaluation du fonctionnement du GIEC a été commanditée par le PNUE (voir là) au Conseil Inter-Académies, qui vient de mettre en ligne sa consultation du public (Source). Il est également possible de faire un commentaire libre (à droite sur l'écran. Merci à Marot pour le signalement. Au boulot !
• • • • •
Un élément important de l'analyse du comité du Conseil InterAcadémies dépend des experts reconnus et des observateurs avisés sur les processus du GIEC ainsi que sur les procédures suivies pour produire les évaluations.
Notez, s'il vous plaît, que bien que les réponse anonymes ne sont pas acceptées, tous les noms et affiliations seront séparés des réponses et ne seront pas rendus publics.
Les réponses écrites aggrégées aux questions seront publiées.
Vos réponses recevront une considération attentive durant les travaux du comité.
L'échéance pour soumettre des commentaires est fixée au 1er juillet.
Voici le questionnaire :
Nom, Email, Affiliation.
1. Quel rôle, éventuellement, avez-vous joué dans les processus d'évaluation du GIEC ?
2.Quelle est votre opinion sur les forces et faiblesses dans les étapes suivantes du processus d'évaluation du GIEC ? Auriez-vous des recommandations à faire pour l'améliorer ?
a. Identification et délimitation des questions de politique
b. Election du bureau, y compris des présidents des groupes de travail.
c. Sélection des auteurs principaux
d. Ecriture des rapports des groupes de travail.
e. Processus de relecture.
f. Préparation du rapport de synthèse, y compris du Résumé pour décideurs.
g. Adoption du rapport en réunion plénière du GIEC.
h. Préparation de rapports spéciaux.
3. Quelle est votre opinion sur la manière dont est traitée l'ensemble des avis scientifiques ?
4. Etant donné la nature intergouvernementale du GIEC, quelles sont vos vues sur le rôle des gouvernements dans le processus ?
5. Etant donné que le GIEC est face à une masse importante de littérature, quelles sont vos avis et suggestions pour améliorer les sources des données et l'exhaustivité de la littérature utilisée, y compris la littérature non-relue par les pairs ?
6. Quelles sont vos avis et suggestions relatives à la description et au traitement des incertitudes dans chacun des rapports des groupes de travail et dans le rapport de synthèse ?
7. Quel est votre avis sur la manière dont le GIEC doit traiter de l'assurance-qualité des données, du contrôle des données et de la rectification des erreurs, y compris celles découvertes après publication ?
8. Quel est votre avis sur la communication du GIEC avec les médias et le grand public et comment peut-il les améliorer ?
9. Commentez la viabilité du modèle d'évaluation du GIEC. Avez-vous des suggestions pour un processus alternatif ?
10. Avez vous des suggestions pour des améliorations sur la gestion du GIEC, le secrétariat et/ou la structure de financement pour mener une évaluation de cette ampleur ?
11. Autres commentaires.
@@@@@@
lors des négociations de Bonn sur le climat pour qu'un traité sur la
lutte contre le changement climatique soit adopté dès cette année, une
option jugée irréaliste par de nombreux pays industrialisés.
(Reuters/Ina Fassbender)
D'autres délégations participant à ce forum organisé par les Nations unies semblent résignées à ce que la conclusion d'un accord soit beaucoup plus laborieuse.
"Il s'agit de notre survie", a déclaré lors d'une conférence de presse Collin Beck, représentant des îles Salomon et vice-président de l'Alliance des petits Etats insulaires, qui craignent d'être condamnés par l'élévation du niveau des mers consécutive au réchauffement climatique.
Les pays pauvres, parmi lesquels figurent notamment les membres de cette alliance ou encore le Bangladesh, souhaitent qu'un nouveau traité soit adopté lors de la prochaine conférence internationale sur le climat prévue en fin d'année à Cancun, au Mexique
Au contraire, bon nombre de pays industrialisés et la plupart des principaux pays émergents comme le Brésil, la Chine et l'Inde estiment que cela ne pourra pas se faire avant le sommet suivant, qui sera organisé au Cap en 2011.
PRAGMATISME
Ces pays prônent une approche plus pragmatique, consistant à privilégier des thèmes comme les technologies "vertes", la garantie des aides aux pays les plus pauvres ou la lutte contre la déforestation plutôt que de proposer un nouvel accord évasif.
La Costaricienne Christiana Figueres, qui succèdera le 1er juillet au Néerlandais Yvo de Boer à la tête de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique, a pour sa part indiqué que son objectif principal à Cancun serait de s'assurer que les 30 milliards de dollars d'aide promis pour le financement de la protection des forêts entre 2010 et 2012 seraient effectivement versés.
Je ne pense pas que nous parviendrons
jamais à un accord final sur le climat,
du moins certainement pas tant que
je serai encore en vie, Christiana Figueres
Elle juge que l'approche consistant à se focaliser sur la date de l'adoption d'un accord contraignant est "trop simpliste".
"Ce n'est pas tout blanc ou tout noir… Je ne pense pas que nous parviendrons jamais à un accord final sur le climat, du moins certainement pas tant que je serai encore en vie", a déclaré Figueres, qui est âgée de 53 ans.
Les discussions de Bonn, auxquelles prennent part des délégués de 185 pays depuis le 31 mai et jusqu'au 11 juin, visent à préparer le terrain au sommet de Cancun et à tenter d'élaborer un nouveau traité appelé à succéder au protocole de Kyoto, qui expirera en 2012.
La conférence de Copenhague, en décembre dernier, s'est soldée par un accord non contraignant, qui fixe un objectif de limitation du réchauffement de l'atmosphère à 2°C mais laisse aux Etats le soin de définir leurs engagements en termes de limitation des émissions de gaz à effet de serre.
Les climatologues vont enfin pouvoir tester leurs modèles climatiques en conditions extrêmes grâce à une découverte faite par le Professeur Minik Rosing, de l'Université de Copenhague. En effet, Rosing a résolu l'un des grands paradoxes de notre passé géologique : pourquoi la surface terrestre n'était-elle pas recouverte de glace il y a quatre milliards d'années, alors que les rayons du Soleil étaient bien plus faibles ? Jusqu'à maintenant, les scientifiques supposaient que l'atmosphère de cette époque était constituée d'environ 30% de dioxyde de carbone, ce qui recouvrait la Terre d'une membrane protectrice et gardait la chaleur par effet de serre. Or, de nouveaux résultats publiés dans le journal scientifique Nature montrent que la réponse à ce paradoxe est en fait tout à fait différente.
En 1972, l'astronome Carl Sagan et son collègue George Mullen ont formulé pour la première fois "Le paradoxe du faible et jeune Soleil". En effet, le climat terrestre a été très stable pendant presque 4 des 4 milliards et demi d'années de son existence, malgré une augmentation de la radiation solaire de près de 30%. Une réponse possible fut proposée en 1993 par Jim Kasting, chercheur intéressé par les questions atmosphériques. Ses calculs théoriques montrèrent que, il y a quatre milliards d'années, l'atmosphère terrestre était essentiellement constituée de dioxyde de carbone. Cette atmosphère empêchait ainsi par effet de serre l'eau de geler.
Des chercheurs du Muséum d'Histoire Naturelle du Danemark, et Christian Bjeerum, du Département de Géographie et de Géologie de l'Université de Copenhague ont, en collaboration avec des collègues de l'université américaine de Stanford en Californie, découvert pourquoi il "manquait" un âge de glace, résolvant ainsi ce paradoxe qui a hanté des cercles scientifiques durant plus de 40 ans.
Le professeur Minik Rosing explique : "Ce qui a empêché la formation d'une couche de glace sur la surface terrestre n'est pas une haute concentration en dioxyde de carbone, mais le fait que la couche de nuages était bien plus fine que ce qu'elle est aujourd'hui. De plus, la surface terrestre était couverte d'eau. Cela signifie que les rayons solaires pouvaient chauffer la couche d'eau quasiment sans obstruction, créant des couches d'eau plus ou moins chaude et empêchant ainsi toute formation de glace. Le peu de nuages présents à cette époque peut être expliqué par leur mode de formation, qui nécessite des substances chimiques émises par des algues et des plantes, n'existant pas à cette époque. Or, les scientifiques ont utilisé la relation observée actuellement entre les radiations solaires et la température à la surface de la Terre pour calculer que la Terre aurait dû être couverte de glace durant les trois premiers milliards d'années de son existence. Sagan et Mullen ont attiré l'attention sur ce paradoxe entre les calculs théoriques et la réalité géologique puisque les océans n'ont pas gelé. Ce paradoxe entre ces faibles radiations solaires et les océans non gelés est maintenant résolu."
Minik Rosing et son équipe ont résolu ce paradoxe en analysant des échantillons de roches âgées de 3.8 milliards d'années provenant d'un affleurement de néphrite, datant de l'Archéen, situé à l'ouest du Groenland. D'autre part, ces analyses ont aussi donné des réponses à une question fondamentale que se posaient les climatologues travaillant sur le changement climatique : la concentration en dioxyde de carbone a-t-elle été très fluctuante ou plutôt stable pendant ces derniers milliards d'années ?
(Source)
- Le Réchauffement Climatique n'a pas submergé les îles"
- Certaines îles ont rétréci
- La plupart sont restés stables ou se sont agrandies

une île de l'archipel du Tuvalu
Plusieurs îles du Pacifique que l'on croyait perdues face à la montée du niveau de la mer causée par le changement climatique se sont en fait agrandies, selon les scientifiques.
Une étude publiée dans New Scientist cette semaine a révélé que malgré les craintes de longue date de la disparition des îles de l'océan Pacifique dans les prochaines décennies en raison de la hausse du niveau de la mer dû au réchauffement climatique, ces îles ont réagi en fait face à la menace en s'agrandissant.
Sur les 27 îles étudiées, 4 ont rétréci,
les autres sont stables ou en croissance
L'étude de 27 îles par l'Université d'Auckland et par la Commission des Géosciences du Pacifique Sud a constaté que sur les 60 dernières années, seulement quatre des 27 îles a rétréci, les autres ont été soit stables ou soit en croissance.
Sur la même période, le niveau de la mer a augmenté de 120 millimètres, soit 2 millimètres par an.
La raison réside dans la façon dont les îles ont été formées au fil du temps, selon l'étude, car celles-ci semblent réagir aux changements de conditions météorologiques.
L'érosion des coraux est le mécanisme de formation des îles du Pacifique et, comme le corail vivant fournit un approvisionnement continu en matériau, le vent et l'action des vagues permet une constante accumulation de débris sur les îles.
Les principaux événements météorologiques comme les cyclones ont renforcé les fondations des îles. Lorsque l'ouragan Bebe a balayé Tuvalu en 1972, les débris échoués sur l'île ont entraîné une augmentation de 10 pour cent de la taille de l'île principale.
Tuvalu est l'un des premiers groupes d'île dont on prédit la submersion par la montée des eaux causée par les changements climatiques avec une altitude de seulement 4,5 mètres.
Cependant l'étude a révélé que sept de ses îles se sont agrandies en moyenne de 3% depuis 1950.
Des résultats similaires ont été faits dans les environs de Kiribati, où trois des plus grandes îles habitées ont augmenté entre 10 et 30%.
Toutefois, l'étude prévient que la hausse du niveau des mers serait toujours une menace pour de nombreuses régions du monde, et que des facteurs tels que l'érosion ne pouvaient pas être écartée en tant que menace pour les îles.
Source, publication originale dans Global and Planetary Change





