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Nouvelles de la semaine/1.

France

Gaz de schiste, France : suite et pas fin.

http://www.liberation.fr/terre/01012374021-bove-de-margerie-le-gaz-de-schiste-divise

http://www.leparisien.fr/lyon-69000/gaz-de-schiste-total-va-contester-l-abrogation-de-son-permis-en-france-26-11-2011-1740720.php

Europe

Gaz de schiste : en Pologne, c'est parti

http://www.presseurop.eu/fr/content/news-brief-cover/1094931-le-gaz-de-schiste-bon-pour-lemploi

Economies d'énergies : on verra demain

http://www.euractiv.com/fr/energie-efficacite/accord-sur-conomie-nergie-repouss-2012-news-509218

Ampoules électriques

http://www.presseurop.eu/fr/content/article/900501-changer-les-ampoules-une-idee-pas-tres-lumineuse

Articles scentifiques

Sensibilité climatique

http://www.atlantico.fr/pepites/rechauffement-climatique-co2-disculpe-climat-giec-temperature-232457.html

http://www.20minutes.fr/article/830140/previsions-giec-seraient-elles-tres-pessimistes

Climategate.2

Proxies : comment renforcer l'"impact d'un article"

http://climateaudit.org/2011/11/25/behind-closed-doors-perpetuating-rubbish/#more-15041

WUWT (suivre les mises à jour).

http://wattsupwiththat.com/2011/11/22/climategate-2-0/

http://wattsupwiththat.com/2011/11/29/new-tool-all-climategate-emails-in-order-in-excel/    (les emails classés pas dates, cela aide !)

Préparation de Durban

Si vous passez par là

http://unfccc.int/meetings/durban_nov_2011/meeting/6245.php

La France y croit

http://www.smartplanet.fr/smart-technology/conference-de-durban-sur-le-climat-la-france-veut-un-accord-elargi-8815/

Pas assez d'argent et beaucoup trop de promesses

http://www.20minutes.fr/article/829006/climat-nations-unies-sinquietent-dun-ecart-preoccupant-entre-promesses-actions-necessaires

L'avenir du MDP

http://www.20minutes.fr/article/828832/conference-durban-outils-economiques-combattre-co2-coeur-negociations

Feu le protocole de Kyoto ?

http://www.maxisciences.com/r%e9chauffement-climatique/climat-la-chine-plaide-a-nouveau-en-faveur-d-039-une-prolongation-du-protocole-de-kyoto_art18857.html

http://www.liberation.fr/terre/01012374109-climat-durban-charge-de-trouver-un-avenir-au-protocole-de-kyoto

@@@@@@

Catégorie:  Changement climatique
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Question de sensibilité.

La sensibilité climatique est une notion importante, à la base des projections de l'évolution du climat et de l'indice de température moyenne. Mais comme rien n'est simple, un débat qui semblait (à peu près clos) se rouvre à quelques mois de l'arrivée du 5ième rapport du GIEC.

• • • • •

Qu'est que la sensibilité climatique ?

Voici ce que dit le GIEC (AR4)

La sensibilité du climat à l’équilibre est un indicateur de la réponse du système climatique à un forçage radiatif constant. Elle est définie comme le réchauffement moyen à l’équilibre à la surface du globe sous l’effet d’un doublement de la concentration de CO2. Les progrès réalisés depuis le troisième Rapport d’évaluation permettent d’affirmer qu’elle se situe probablement entre 2 et 4,5 °C, la valeur la plus probable s’établissant à 3 °C environ, et qu’il est très improbable qu’elle soit inférieure à 1,5 °C. Des valeurs nettement supérieures à 4,5 °C ne peuvent être exclues, mais la concordance des modèles et des observations n’est pas aussi bonne pour ces valeurs. {GT I 8.6, 9.6, encadré 10.2, RiD}
Les rétroactions peuvent amplifier ou atténuer la réponse à un forçage donné. L’émission directe de vapeur d’eau (un gaz à effet de serre) liée aux activités humaines joue un rôle négligeable dans le forçage radiatif. Ainsi, l’augmentation de la concentration de vapeur d’eau dans la troposphère sous l’effet de l’accroissement de la température moyenne à la surface du globe représente non pas un facteur de forçage du changement climatique, mais une rétroaction positive essentielle. Les variations de la concentration de vapeur d’eau, qui constituent la principale rétroaction influant sur la sensibilité du climat à l’équilibre, sont aujourd’hui mieux connues qu’à l’époque du troisième Rapport d’évaluation. Les rétroactions liées aux nuages restent la plus grande source d’incertitude. Les schémas spatiaux de la réponse climatique dépendent dans une large mesure des processus et rétroactions climatiques. Par exemple, les rétroactions relatives à l’albédo des glaces de mer ont tendance à renforcer la réponse aux hautes latitudes. {GT I 2.8, 8.6, 9.2, RT.2.1.3, RT.2.5, RiD}

Le réchauffement nuit à la fixation du CO2atmosphérique dans les terres émergées et les océans, augmentant ainsi la partie des émissions anthropiques qui reste dans l’atmosphère. Cette rétroaction positive du cycle du carbone renforce l’accroissement de CO2 atmosphérique et entraîne des changements climatiques plus importants pour un scénario d’émissions donné. Cependant, la vigueur de cet effet de rétroaction varie considérablement selon les modèles. {GT I 7.3, RT.5.4, RiD ; GT II 4.4}

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 L'état du débat

(Extrait de source)

Mike Hulme, professeur de changement climatique à l'université d'East Anglia souligne que "bien souvent, quand nous croyons argumenter scientifiquement à propos des preuves du changement climatique, nous sommes en fait en désaccord à propos de choix politiques, de principes éthiques ou de système d'appréciation". …/…
 Xie Zhenhua, représentant du gouvernement chinois, a déclaré qu’il fallait que le GIEC adopte une attitude plus ouverte; selon lui, "toutes les vues scientifiques doivent pouvoir s’exprimer". Pour John Beddington, conseiller scientifique en chef du gouvernement britannique, "l'impact du réchauffement a été exagéré par certains scientifiques et il y a un besoin urgent de positions plus honnêtes à propos des incertitudes concernant le taux du changement climatique (…) Nous avons un problème
de communication à propos des incertitudes. Il y a véritablement un problème à ce sujet (…)"
[ Sunday Times].


- Le climat une histoire de sensibilité -

En effet, comme fait bien de le rappeller John Beddington, les incertitudes sont nombreuses. Si le réchauffement induit  par  un doublement de la concentration en CO2 est estimé assez correctement (1,2°C selon le GIEC), sur la base de lois physiques solides, ce réchauffement d’1,2°C conduit lui-même à des changements au niveau du système climatique, que l’on appelle rétro-actions. Or, les incertitudes concernant ces rétroactions sont très importantes, et c’est ce que soulignent les scientifiques qui étaient jusqu’à présent ostracisés et parfois mêmes traités publiquement de "négationnistes", ceci alors que la science ne peut progresser que par confrontation des idées et des théories. 
Certains scientifiques estiment que la sensibilité climatique (climate sensitivity) n’est que de 0,5°C, ce qui est le cas, par exemple, du climatologue Richard Lindzen du MIT (la sensibilité climatique est précisément le réchauffement induit par un doublement de la concentration en CO2, ceci en tenant compte des rétro-actions comme la vapeur d’eau, les nuages et l'albedo, une fois le système climatique parvenu à l'équilibre).
D’autres climatologues n’excluent pas que la sensibilité climatique puisse être supérieure à 10°C…Ce qui est très différent ! Le GIEC estime que l’hypothèse la plus probable est une sensibilité climatique de 3°C (3°C +/- 1,5°C) mais ceci est contesté par de nombreux scientifiques, et, il n’y a toujours pas de consensus à ce sujet. Comme le souligne le scientifique David King, directeur de recherche à Cambridge, professeur à l'université d'Oxford et ex-conseiller scientifique en chef du gouvernement britannique sous Tony Blair mais aussi sous Gordon Brown : "En faisant face à la demande de la population qui veut savoir ce que dit la science, le GIEC a été élaboré comme un moyen pour trouver un consensus. Personnellement, j'ai toujours estimé que cette recherche du consensus est contraire à l'esprit de la science" [The Telegraph].
…/…
Concernant le réchauffement observé entre les années 1970 et les années 1990, le climatologue allemand Mojib Latif estime que jusqu’à la moitié de ce réchauffement est du aux oscillations océaniques naturelles : Oscillation Multi-décennale  Atlantique (AMO), Oscillation Décennale Pacifique (PDO), etc. Rappelons que les océans couvrent les 2/3 de la surface terrestre et occupent un volume d'1,37 milliards de kilomètres cubes. La pause du réchauffement observée depuis 10 ans -ceci alors que la concentration en CO2 atmosphérique continue à augmenter- s’expliquerait d’ailleurs, toujours selon Mojib Latif, en grande partie par les oscillations océaniques [Der Spiegel]. Ceci ne remet bien entendu en cause ni le fait que le CO2 anthropique exerce un forçage positif, ni la tendance de fond au réchauffement à l’échelle du siècle, mais cela relativise le rôle joué par les gaz à effet de serre d’origine humaine. Par ailleurs le rôle de la vapeur d’eau stratosphérique est également encore mal compris, comme le souligne une étude qui vient d’être publiée dans Science par Susan Solomon [Science]. 
evolution.jpg
(Source : Pensée unique)
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D'après le NIPCC
Il n‘y a aucun doute que la question centrale de la science du climat consiste à déterminer si la contribution humaine au réchauffement du XXème siècle est significative. C‘est une question très difficile. Il n‘y a aucune raison de penser que les forçages naturels aient brutalement cessé d‘agir. Mais le réchauffement climatique anthropique (AGW) est certainement plausible : le taux de gaz à effet de serre (GH) a constamment augmenté à cause des activités humaines – essentiellement du fait de la combustion des carburants fossiles utilisés pour produire de l'énergie. Mais comment pouvons-nous déterminer la « sensibilité climatique » aux gaz à effet de serre (GH) ?
Le GIEC (IPCC) a hésité sur la méthodologie. Leur premier rapport d‘évaluation (FAR—1990) se contentait de noter que les températures et les taux de gaz à effet de serre (GH) avaient augmenté, mais il n‘apportait que peu d'attention à la longue période de refroidissement de 1940 à 1975. Leur second rapport d‘évaluation (SAR—1996) essayait de montrer que les variations des tendances au réchauffement (les « empreintes ») étaient en accord avec les variations des tendances calculées. Leur troisième rapport (TAR—2001) se contentait d‘affirmer que le XXème siècle était le plus chaud des 1000 dernières années (et ceci ne prouve rien). Le quatrième rapport (AR4—2007) disait fondamentalement : Nous prenons en compte tous les forçages naturels – ainsi, tout le reste doit être d‘origine anthropique.

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Catégorie:  Changement climatique
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L’hérésie scientifique.

Voici la traduction faite par Marot de la conférence donnée par Matt Ridley à la conférence Angus Millar (Royal Scottish Academy) et publiée sur WUWT et sur Bishop Hill.

A lire également la traduction de Marot de la conférence publique du Cardinal George Pell dans Autres textes et traductions à la Global Warming Policy Foundation. 

• • • • •  

Sur WUWT : Matt Ridley m’a gracieusement permis de reposter son discours dans son intégralité ici. Il suit ci-dessous. S'il y a un discours sur le débat sur le climat qui mérite d'être lu dans votre vie, c’est lui. Andrew Montford de Bishop Hill a également formaté le discours en un fichier PDF, adapté pour le courrier électronique, l'impression et le courrier postal. Distribuez le aussi largement que possible. La conférence a été faite avec des transparents, le Dr Ridley m'a envoyé ceux qu'il considère essentiels et je les ai insérés. Pour des informations sur cette conférence prestigieuse, sa page web, et voici ce qu’est la RSA (NdT : Royal Scottish Academy) et son histoire depuis 1754.

———-

C'est un grand honneur d'être invité à intervenir à la conférence Angus Millar. Je n'ai aucune idée si Angus Millar s’est jamais vu comme un hérétique, mais j'ai un petit faible pour l’hérésie. Un de mes lointains parents, Nicholas Ridley le martyr d'Oxford, a été brûlé sur le bûcher pour hérésie. Mon sujet aujourd'hui est l’hérésie scientifique. Quand les hérétiques scientifiques ont-ils raison et quand sont-ils fous? Comment appelez-vous la différence entre science et pseudoscience?

Passons en revue certaines questions, en commençant par celles qui sont faciles.

L'astronomie est une science; l'astrologie est une pseudoscience.
L'évolution est la science; le créationnisme est une pseudoscience.

La biologie moléculaire est une science; l'homéopathie est une pseudoscience.

La vaccination est la science; l'alerte ROR est de la pseudoscience. [NdT : ROR traduit MMR, measles, mumps, rubella, rougeole, oreillons, rubéole]

L'oxygène est de la science; le phlogistique était une pseudoscience.

La chimie est la science; l'alchimie était une pseudoscience.

Êtes-vous encore avec moi ?

Quelques exemples de plus. Que le comte d'Oxford ait écrit Shakespeare est une pseudoscience [NdT : Édouard de Vere, 17e comte d’Oxford est dit être l’auteur des pièces de Shakespeare par certains dont Freud] . Ainsi sont les croyances qu’Elvis est toujours vivant, que Diana a été tuée par le MI5, que JFK a été tué par la CIA, que le 9/11 était une affaire interne. Ainsi sont les fantômes, les ovnis, la télépathie, le monstre du Loch Ness et à peu près tout ce qui a à voir avec le paranormal. Désolé de le dire le jour d'Halloween, mais c'est mon opinion.
Trois autres plus controversées. À mon avis, presque tout ce que Freud a dit était de la pseudoscience. Ainsi en est-il de beaucoup d’arguments pour l'agriculture biologique quoique pas tous. Ainsi est la foi religieuse, en un sens c’est par sa définition. Elle prétend explicitement qu'il y a des vérités qui peuvent être trouvées par d'autres moyens que l'observation et l'expérimentation.

Maintenant venons à ce qui m'a apporté une révélation. Les agroglyphes. [NdT : traduction de crop circles, les cercles dans les cultures].Il m’avait sauté aux yeux que les agroglyphes étaient vraisemblablement faits par des hommes quand j'ai commencé à enquêter sur ce phénomène. J'en ai fait quelques uns pour me prouver que c’était facile à faire. C’était longtemps avant que Doug Bower et Dave Chorley avouent avoir lancé la folie après une nuit au pub. Chaque autre explication, lignes telluriques, vaisseau spatial extraterrestre, tourbillons de plasma, foudre en boule, était une baliverne. Tout le domaine de la « céréalogie » était une pseudoscience, comme le moindre contact avec ses praticiens bizarres le montrait facilement. Imaginez ma surprise quand j'ai découvert que j'étais l'hérétique et que des journalistes sérieux ne travaillant pas pour des tabloïds, mais pour la revue Science et pour un documentaire de Channel 4, avalaient l'argument des céréalogistes qu'il était hautement improbable que les agroglyphes fussent tous faits de main d'homme.

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Catégorie:  Changement climatique
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Climategate 2 : Marcel Leroux et ses “arguments les plus ridicules”

par Benoît Rittaud.

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Les "affaires françaises" du Climategate 2 sont hélas à l'image de l'importance du pays dans le paysage mondial : elles ne pèsent pas lourd, à part pour ce qui concerne Vincent Courtillot (et là, il va falloir prendre du temps pour analyser en détails).

Histoire de faire plaisir à AntonioSan, voici le morceau, très bref, qui concerne Marcel Leroux, décédé il y a trois ans, ancien professeur émérite et directeur du Laboratoire de Climatologie de l'Université Lyon-III. (La version originale se trouve juste après).

Phil Jones à Edouard Bard :

Edouard.

Parfait pour moi.

Pour mon malheur, j'ai rapporté un papier pour le Geojournal des Comptes Rendus par Leroux.

Pas une bonne expérience ; le papier était atroce. Sans doute était-ce une chance que ce soit moi qui en fasse le rapport ! Il n'a pas la moindre idée de la manière d'écrire un article ! Je plains ses étudiants - si tant est qu'il enseigne quelque chose.

Amitiés,

Phil.

Phil Jones à Edouard Bard :

Edouard,

Il s'agissait de Marcel Leroux, d'une université de Lyon.

Donc il est probable qu'il enseigne bel et bien !

Amitiés,

Phil.

Edouard Bard :

Phil,

Leroux est "célèbre" en France pour être un climatosceptique capable d'utiliser les arguments les plus ridicules (comme la courbe de CO2 de Beck). Il prétend ausi que son concept d'anticyclones polaires mobiles devrait remplacer la théorie du front polaire et devrait être utilisée en météorologie opérationnelle. J'ai récemment écrit à Courtillot pour me plaindre qu'il ait été invité à écrire un papier dans le numéro spécial (voir ci-dessous, en français). Plusieurs autres auteurs ont également décidé de ne rien soumettre. Je joins un récent numéro spécial de la "Lettre de l'Académie". J'aimerais savoir ce que vous en pensez.

Edouard.

Version originale :

from: Edouard BARD <REDACTED>
subject: Leroux
to: REDACTED

Edouard,
Fine with me.

I had the misfortune to review a paper for the Geojournal of Comptes Rendus by Leroux. Not a pleasant experience as the paper was awful. Maybe it was fortunate I did review it! He has no idea whatsoever how to write a paper! I pity his students - if he does do any teaching.

Cheers

Phil

Eduoard,

It was Marcel Leroux from a Univeristy in Lyon,

so he probably does teach !
Cheers
Phil

Phil,

Leroux is "famous" in France for being a climate skeptic able to use the most ridiculous arguments (e.g. the Beck CO2 curve). He also pretend that his concept of mobile polar highs should replace the polar front theory and should be used for operational meteorology. I recently wrote to Courtillot to complain about the fact that he was invited to write a paper in the special issue (see below in French). Several other authors also decided not to submit anything. I attach a recent special issue of the "Lettre de l'Academie". I'm curious about what you think about it.

Edouard

Date: Fri, 7 Sep 2007 12:21:02 +0200
To: Vincent Courtillot <REDACTED>
From: Edouard BARD <REDACTED>
Subject: Re: Num

Catégorie:  Changement climatique
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Sur le fonctionnement du GIEC

 

Traduction rapide des premiers mails du Climategate 2. Merci de me signaler tout contresens ou erreur. Ben.

• • • • •

<1939> Thorne/MetO:

Observations do not show rising temperatures throughout the tropical troposphere unless you accept one single study and approach and discount a wealth of others. This is just downright dangerous. We need to communicate the uncertainty and be honest. Phil, hopefully we can find time to discuss these further if necessary […]

Les observations ne montrent pas d'augmentation de température de la troposphère tropicale, à moins d'accepter une seule étude et approche, et que vous en écartiez d'autres très valables. C'est franchement dangereux. Nous devons communiquer les incertitudes et être honnêtes. Phil, j'espère que nous pourrons trouver le temps d'en discuter davantage si nécessaire (…)

<3066> Thorne:

I also think the science is being manipulated to put a political spin on it which for all our sakes might not be too clever in the long run.

Je pense aussi que la science est instrumentalisée pour lui donner un tour politique, ce qui pourrait bien ne pas être bien intelligent pour nous tous à long terme.

<1611> Carter:

It seems that a few people have a very strong say, and no matter how much talking goes on beforehand, the big decisions are made at the eleventh hour by a select core group.

Il semble que les propos de certains aient beaucoup de poids, et que peu importe combien de discussions ont lieu à l'avance, car les vraies décisions sont prises au dernier moment par un groupe choisi.

<2884> Wigley:

Mike, The Figure you sent is very deceptive […] there have been a number of dishonest presentations of model results by individual authors and by IPCC […]

Mike, la figure que vous avez envoyée est très trompeuse (…) il y a eu de nombreuses présentations malhonnêtes des  résultats de modèles par certains auteurs et par le GIEC (…)

<4755> Overpeck:

The trick may be to decide on the main message and use that to guid[e] what’s included and what is left out.

Le truc pourrait être de décider du message principal et de s'en servir pour guider ce que l'on garde et ce que l'on rejette.

<3456> Overpeck:

I agree w/ Susan [Solomon] that we should try to put more in the bullet about “Subsequent evidence” […] Need to convince readers that there really has been an increase in knowledge – more evidence.  What is it?

Je suis d'accord avec Susan (Solomon) que nous devrions essayer d'insister davantage au sujet des "éléments à venir" (…)  Besoin de convaincre les lecteurs qu'il y a vraiment eu un progrès des connaissances - plus d'éléments. Qu'est-ce ?

<1104> Wanner/NCCR:

In my [IPCC-TAR] review […] I crit[i]cized […] the Mann hockey[s]tick […] My review was classified “unsignificant” even I inquired several times. Now the internationally well known newspaper SPIEGEL got the information about these early statements because I expressed my opinion in several talks, mainly in Germany, in 2002 and 2003. I just refused to give an exclusive interview to SPIEGEL because I will not cause damage for climate science.

Dans mon rapport (au sujet du 3è rapport du GIEC) (…) j'ai critiqué (…) la crosse de hockey de Mann (…) Mon rapport a été classé comme "insignifiant", bien que j'aie tâché d'en savoir plus à plusieurs reprises. A présent, le Spiegel, journal connu internationalement, a eu l'information au sujet de ces anciennes affirmations parce que j'ai donné mon avis dans plusieurs présentations, principalement en Allemagne, en 2002 et 2003. J'ai refusé d'accorder une interview exclusive au Spiegel, car je ne ferai pas de mal à la science du climat.

<0414> Coe:

Hence the AR4 Section 2.7.1.1.2 dismissal of the ACRIM composite to be instrumental rather than solar in origin is a bit  controversial. Similarly IPCC in their discussion on solar RF since the Maunder Minimum are very dependent on the paper by Wang et al (which I have been unable to access) in the decision to reduce the solar RF significantly despite the many papers to the contrary in the ISSI workshop. All this leaves the IPCC almost entirely dependent on CO2 for the explanation of current global temperatures as in Fig 2.23. since methane CFCs and aerosols are not increasing.

Donc, la section 2.7.1.1.2 de l'AR4 qui écarte le composite ACRIMen lui attribuant une origine instrumentale plutôt que solaire est assez contestable. De même, le GIEC, dans sa discussion sur le forçage radiatif depuis le minimum de Maunder, s'appuie  beaucoup sur le papier de Wang et al (auquel je n'ai pas eu accès) dans sa décision de réduire significativement le forçage radiatif solaire, malgré les nombreux articles qui ont soutenu le contraire dans le workshop ISSI. Tout cela rend le GIEC entièrement dépendant du CO2 pour l'explication des températures globales actuelles comme sur la figure 2.23 puisque le méthane, les CFC et les aérosols n'augmentent pas.

<2009> Briffa:

I find myself in the strange position of being very skeptical of the quality of all present reconstructions, yet sounding like a pro greenhouse zealot here!

Je me trouve dans l'étrange position d'être très sceptique sur la qualité de toutes les reconstructions actuelles, et pourtant d'apparaître comme un zélote pro-effet de serre ici !

<2775> Jones:

I too don’t see why the schemes should be symmetrical. The temperature ones certainly will not as we’re choosing the periods to show warming.

Moi non plus, je ne vois pas pourquoi les schémas devraient être symétriques. Ceux des températures ne le seront certainement pas, puisque nous choisissons les périodes pour montrer un réchauffement.

<1219> Trenberth:

[…] opposing some things said by people like Chris Landsea who has said all the stuff going on is natural variability. In addition to the 4 hurricanes hitting Florida, there has been a record number hit Japan 10?? and I saw a report saying Japanese scientists had linked this to global warming. […] I am leaning toward the idea of getting a box on changes in hurricanes, perhaps written by a Japanese.

(…) contestant certaines choses dites par certains comme Chris Landsea qui a dit que tout ça, c'est la variabilité naturelle. En plus des 4 ouragans frappant la Floride, il y a eu un nombre record frappant le Japon 10  (NdT : 2010)?? et j'ai vu un rapport disant que des scientifiques Japonais ont lié ça au réchauffement climatique (…) Je songe à faire un encadré sur les changements dans les ouragans, sans doute écrit par un Japonais.

<0890> Jones:

We can put a note in that something will be there in the next draft, or Kevin or I will write something – it depends on whether and what we get from Japan.

Nous pouvons mettre une note pour dire que quelque chose sera mis là dans le prochain brouillon, ou alors Kevin ou moi écrirons quelque chose - ça dépend de si nous allons au Japon et de ce que nous y récupèrerons.

<0170> Jones:

Kevin, Seems that this potential Nature paper may be worth citing, if it does say that GW is having an effect on TC activity.

Kevin, on dirait que cet article potentiel dans Nature pourrait être bon à citer, s'il dit que le réchauffement climatique a un effet sur l'activité cyclonique tropicale.

<0714> Jones:

Getting people we know and trust [into IPCC] is vital – hence my comment about the tornadoes group.

Prendre des gens (au GIEC) que nous connaissons et en qui nous avons confiance est vital - d'où mon commentaire au sujet du groupe sur les tornades.

<3205> Jones:

Useful ones [for IPCC] might be Baldwin, Benestad (written on the solar/cloud issue – on the right side, i.e anti-Svensmark), Bohm, Brown, Christy (will be have to involve him ?)

Des gens utiles (pour le GIEC) pourraient être Baldwin, Benestad (auteur sur l'affaire soleil/nuages - du bon côté, c'est-à-dire anti-Svensmark), Bohm, Brown, Christy (faudra-t-il l'impliquer ?)

<4923> Stott/MetO:

My most immediate concern is to whether to leave this statement ["probably the warmest of the last millennium"] in or whether I should remove it in the anticipation that by the time of the 4th Assessment Report we’ll have withdrawn this statement – Chris Folland at least seems to think this is possible.

Ma préoccupation la plus immédiate est de savoir si je laisse cette affirmation ("probablement la plus chaude du dernier millénaire") ou si je l'enlève en anticipant qu'au moment du quatrième rapport de synthèse, nous l'aurons retirée - Chris Folland au moins semble penser que c'est possible.

A suivre …

Catégorie:  Changement climatique
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DERNIERE MINUTE ! Climategate, Saison 2

par Benoît Rittaud

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C'est à nouveau sur le site de Jeff Id qu'un lien vers de nouveaux fichiers de mails vient d'arriver, avec apparemment de quoi s'amuser. Voir ici : http://noconsensus.wordpress.com/2011/11/22/climategate-2-0/

Ce fil est là pour en discuter, en attendant que les choses se décantent.

N'oubliez pas votre popcorn…

Catégorie:  Changement climatique
• • • •
Événements extrêmes

"L'expertise, c'est l'art de se tromper dans les règles" Paul Valéry.

Voici la traduction du "facts sheet" fournie en même temps que le résumé pour décideurs du rapport spécial du GIEC sur la gestion des risques de désastres naturels et d'événements extrêmes pour progresser sur l'adaptation au changement climatique. Une présentation est également fournie. Le rapport lui-même ne sera disponible qu'en février 2012. Ne pas oublier que nombre des annonces faites reposent sur les modèles. Bonne lecture !

• • • • •

Contexte.

Ce rapport du GIEC, qui, pour la première fois traite de l'intégration de l'expertise en climatologie, gestion du risque de catastrophes naturelles et adaptation, peut alimenter les débats sur la manière de réduire et de gérer les risques d'événements extrêmes et de catastrophes dans un climat qui change. Ce rapport estime le rôle du changement climatique dans l'altération des caractéristiques de ces événements. Il évalue l'expérience acquise d'une large gamme d'options utilisées par les institutions, les organisations et les communautés pour réduire l'exposition et la vulnérabilité ainsi que pour améliorer la résilience aux phénomènes extrêmes du climat, tels que les systèmes d'alerte précoce, l'innovation en couverture des assurances, es améliorations d'infrastructures et l'expansion des réseaux sociaux de sécurité. Il contient des études de cas qui illustrent des événements particuliers et leurs impacts dans différentes régions du monde ainsi que sur une gamme d'activités de gestion du risque.

Le rapport fournit de l'information sur

- la variabilité naturelle du climat et les changements dus à l'homme  qui influence sur la fréquence, l'étendue spatiale et la durée de certains événements climatiques et météorologiques extrêmes,

- la vulnérabilité des sociétés humaines et des écosystèmes exposés qui interagit avec ces événements et permet d'en déterminer les impacts et la probabilité,

- des choix différents de développement peuvent rendre les populations à venir plus ou moins vulnérables aux événements extrêmes,

- l'expérience acquise avec les extrêmes climatiques et l'adaptation à ceux-ci qui fournit des indications sur la manière de mieux gérer les risques actuels et futurs reliés aux événements extrêmes météorologiques et climatiques, et,

- les populations qui peuvent devenir plus résilientes avant la survenue de la catastrophe.

Thèmes clefs.

• Dans certaines parties du monde, des augmentations du nombre d'événements extrêmes météorologiques et climatiques ont été observés. Des augmentations à venir sont anticipées au 21ième siècle.

• Le développement socio-économique, les variations naturelles du climat et les changement induit par l'homme influence les risque lié au climat et à la météorologie.

• L'expérience de la gestion du risque et de l'adaptation au changement climatique fournit une base de connaissances sur les approches efficaces pour se préparer et réagir aux événements extrêmes et aux catastrophes.

Conclusions particulières du rapport.

Deux échelles ont été utilisées pour communiquer sur le degré de certitude des conclusions-clefs :

- une qualitative traduisant la confiance dans la validité d'une conclusion basée sur l'évaluation des preuves scientifiques sous-jacentes et l'accord sur celles-ci

- et l'autre quantitative, sur l'incertitude exprimée en termes de probabilités.

Les expressions telles que "preuve robuste", "confiance moyenne", "probable" ou "très probable" ont une signification particulière qui sont exposées dans la partie finale du résumé pour décideurs.

Changement dans les événements extrêmes.

- Les observations depuis 1950 montrent des changements pour quelques événements extrêmes, en particulier, la température journalière et les vagues de chaleur.

- Il est probable que la fréquence de précipitations massives augmentera au 21ième siècle pour de nombreuses régions.

- Il est pratiquement certain que les augmentations dans la fréquence des maxima de température journalière et la réduction du nombre de minima interviendront au 21ième siècle sur l'ensemble du globe. Il est très probable - 90 % à 100% de probabilité - que les vagues de chaleur s'accroitront en durée, fréquence et/ou intensité sur la plupart des terres émergées.

- Il est probable que la vitesse maximum moyenne des vents de cyclones tropicaux (connus aussi sous les noms de typhons ou d'ouragans) augmentera durant le siècle à venir, mais probablement pas dans tous les bassins océaniques. Mais il est aussi probable (en d'autres mots, il y a une probabilité de 66 à 100%) que globalement, il y ait une diminution ou quasiment pas de changements dans le nombre de cyclones tropicaux.

- Il y a des preuves, permettant une confiance de niveau moyen, que les sécheresses s'intensifieront durant le siècle à venir dans le sud de l'Europe, dans la région méditerranéenne, en Europe centrale, au centre de l'Amérique du Nord, en Amérique centrale et au Mexique, dans le nord-est du Brésil et dans le sud de l'Afrique. La confiance reste limitée en raison des questions de nomenclature relatives à la classification et à la mesure d'une sécheresse, du manque de données d'observations et de l'incapacité des modèles à incorporer tous les facteurs qui conditionnent une sécheresse.

- Il est très probable que l'augmentation moyenne du niveau des mers contribuera à accroître la fréquence de niveaux records parmi les niveaux extrêmes des hautes eaux côtières.

- Les changements anticipés de précipitations et de températures impliquent des changements relatifs aux inondations, bien qu'au total, la probabilité de changements dus au climat en intensité ou en fréquence pour les inondations fluviales reste faible à l'échelle globale, en raison de preuves limitées et de causes complexes des changements régionaux. (NdA : pour dire cela autrement, la probabilité d'une augmentation du nombre ou de l'intensité des inondations au niveau mondial est faible mais cela n'exclut pas des variations régionales).

Tendances en matière de pertes dues aux catastrophes.

- Les pertes économiques relatives aux catastrophes climatiques ou météorologiques varient d'une année sur l'autres et d'un endroit à l'autre mais au total ont augmenté (confiance élevée).

- Les pertes économiques totales dues aux catastrophes naturelles sont plus élevées dans les pays développés (confiance élevée).

- Les pertes économiques exprimées en pourcentage du PIB sont supérieures dans les pays en développement (confiance élevée)

- Les décès dus aux catastrophes naturelles sont plus fréquents dans les pays en développement (confiance élevée). De 1970 à 2008 par exemple, plus des 95% de ces décès ont eu lieu dans les pays en développement.

- Les pertes économiques ont été lourdement influencées par une exposition en augmentation des gens et des avoirs économiques (confiance élevée).

Gérer le risque.

-Un processus itératif comprenant le suivi, l'évaluation, l'apprentissage et l'innovation peut réduire les risques de désastre dans le contexte d'extrêmes climatiques (Preuves robustes, accord élevé).

- Beaucoup de mesures pour gérer les risques actuels et futurs présentent des bénéfices additionnels, tels qu'améliorer la vie des populations, conserver la biodiversité et améliorer le bien être humain (Preuves moyennes, accord élevé).

- Beaucoup de mesures, si elles sont réellement mises en oeuvre, ont un sens dans une gamme de climats futurs (Preuves moyennes, accord élevé). Ces mesures "sans regrets" concernent les systèmes d'alerte, les changements de planification de l'usage des sols, la gestion durable des terres, la gestion des écosystèmes, amélioration de la surveillance de la santé publique, de la fourniture d'eau et des systèmes de drainage, le développement et la mise en oeuvre de codes de la construction, et une meilleure information et prise de conscience.

- Une gestion du risque efficace comprend généralement un portefeuille d'actions, qui vont de l'amélioration des infrastructures à la construction individuelle et la capacité institutionnelle, en vue de réduire les risques et réagir aux catastrophes (Confiance élevée).

- La reconstruction et les réparations post-catastrophe fournit une opportunité de réduire les risques météorologiques futurs et ceux de catstrophes reliées au climat (Preuves robustes, accord élevé). Toutefois les risques, les mesures de protection à court terme pour protéger de risques immédiats peuvent augmenter les risques futurs, telles les digues qui encouragent des développements ultérieurs dans les plaines (Preuves moyennes, accord élevé).

- La gestion des risques fonctionne mieux lorsqu'elle est adaptée aux conditions locales. Combiner les connaissances locales avec des données scientifiques et de l'expertise technique en sus aide les communautés à réduire les risques et à s'adapter au changement climatique (Preuves robustes, accord élevé).

- Les actions variant d'améliorations par étapes de la gouvernance et de la technologie à plus de changements sont essentiels pour réduire les risques d'extrêmes climatiques (Preuves robustes, accord élevé).

Définitions.

Ce rapport caractérise la confiance dans la validité des conclusions en termes relatifs (tels que "faible", "moyen" et "élevé"), basés sur l'évaluation et l'accord des preuves scientifiques sous-jacentes. Il utilise des termes du langage courant pour quantifier la probabilité de divers résultats,mais sans définition, ces termes ont des significations différentes pour les gens. Ainsi nous définissons ces termes comme suit :

Pratiquement certain :  probabilité de 99 à 100%,  (NdA : traduction de virtually certain traduit par "virtuellement certain" dans Le Monde par SF et qui fut aussi mon premier jet, je l'avoue jusqu'à vérifier. Mais d'un autre coté, cela doit signifier que tous les modèles prédisent ce fait dans tous les cas … ce qui en fait des événements potentiellement certains dans les conditions posées par les modèles (voir également la signification de virtuel)).

Très probable :  probabilité de 90 à 100%,

Probable : probabilité de 66 à 100%,

Aussi probable qu'improbable : probabilité de 33 à 66 %,

Improbable : probabilité de 0 à 33%,

Très improbable :  probabilité de 0 à 10%,

Particulièrement improbable : probabilité de 0 à 1%.

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Catégorie:  Changement climatique
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Le sophisme moderne ne passera pas !

Par Benoît Rittaud

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Devinette : qui donc ne fait que reproduire « un sophisme empruntant avec travestissement et déformation des arguments du débat scientifique au service de visées idéologiques » ? Les climatosceptiques, bien sûr, comme l’explique brillamment Olivier Godard. Dans une prépublication qui fera date, ce chercheur au département d’économie de l’École Polytechnique met en pièces l’échafaudage climatosceptique amorcé en France en 2006 par ce monstre d’incompétence, outrancier, excessif, « candidat à un poste ministériel auprès du président Sarkozy » (p. 2), à « l’influence considérable » (p. 3) et, selon la rumeur, mangeur d’enfants : Claude Allègre.

Enfin ! Enfin quelqu’un qui ose dénoncer bien haut tous ces faiseurs d’opinion « à gauche comme à droite, s’exprimant dans les quotidiens, du Figaro et des Échos à Libération, ou dans les magazines comme l’Expansion et l’Express, notamment, mais aussi dans des émissions de radio et de télévision, dans des conférences organisées dans des universités ou des écoles d’ingénieurs, dans des colloques plus institutionnels que scientifiques et enfin sous la forme d’ouvrages » (p. 2). Ce grand scientifique mondialement reconnu journaliste au Monde qu’est Stéphane Foucart « sonnait juste lorsqu’il donnait alors pour titre à son ouvrage Le populisme climatique — Claude Allègre et Cie, enquête sur les ennemis de la science » (p. 2). Stéphane Foucart, héros de la résistance carbocentriste, journaliste isolé qui, seul ou presque, a osé briser enfin la loi du silence, l’omerta médiatique dont sont si injustement victimes le GIEC et ses partisans !

Comment ne pas prendre le ton exalté de l’indignation lorsque les odieuses cabbales ourdies par les climatosceptiques sont révélées d’une manière aussi criante, aussi incontestable, aussi manifeste ! La perfidie de nos ennemis n’a pas de limites ! Se demande-t-on vraiment si c’est « par mauvaise foi ou par légèreté » que « Pascal Acot, Claude Allègre, Luc Ferry, Axel Kahn, Jean-Marc Lévy-Leblond, Rémy Prud’homme, Benoît Rittaud notamment » se sont permis de s’indigner de la pétition des climatologues anti-Allègre et anti-Courtillot, coupables qu’ils sont d’avoir « jug[é] [ce] texte sans l’avoir lu » (p. 4) ! Olivier Godard, en scientifique mesuré et professionnel, se garde de trancher sur l’éventualité « [q]u’ils soient dupes ou pas » (p. 4), mais chacun sait bien qu’il n’y a pas de fumée sans feu !

Qu’elle est belle, qu’elle est brillante, cette longue citation de lui-même qui introduit l’article dans lequel Olivier Godard nous ouvre ensuite les yeux devant la « tentative de ‘manipulation planétaire’ » (p. 4) des climatosceptiques ! Il ne verse pas pour autant dans le nombrilisme, car il sait tout ce qu’il doit aux lumières de ses collègues, relevant notamment (p. 4) ce trait fulgurant de Lamria Chetouani, cette stupéfiante révélation qu’elle aurait eu à l’issue d’une « analyse lexicale » qu’on imagine des plus poussées : « [ces conflits] ne relèvent pas seulement d’une controverse classique entre les scientifiques, mais aussi de polémiques renvoyant à des considérations économiques, sociales, politiques, etc. » C’est l’évocation de traits comme celui-là qui rendent optimistes sur les progrès de la connaissance — la vraie bien sûr, non les sophismes de ses fossoyeurs !

Malheureusement, les climatosceptiques n’ont pas la peau bleue. Il est donc indispensable de s’initier aux éléments qui permettent de les identifier. Votre voisin l’est peut-être, comment le savoir ? Olivier Godard nous indique les quatre caractéristiques grâce auxquelles le discours des climatosceptiques peut se reconnaître, ce qui permettra à tout un chacun d’en dénoncer utilement les partisans :

1) il s’adresse « surtout au grand public » — contrairement aux résumés pour décideurs du GIEC, qui, eux, ont la décence de ne s’adresser qu’à ceux qui ont du pouvoir ;
2) il « repos[e] très largement sur des allégations fantaisistes », convoque « tous les fantasmes de ‘complot mondial’ » et recourt à d’odieuses « attaques ad hominem », ce que les carbocentristes ne se permettraient jamais de faire (on fera une exception au sujet d’Allègre, car il va de soi que pour des suppôts de Satan de son espèce, ce genre de limitation ne saurait avoir cours) ;
3) « il applique à la présentation du tableau des connaissances scientifiques sur le climat des catégories politiques ou religieuses », car « il y aurait des ‘réchauffistes’ comme il y a des Témoins de Jéhovah ». Là encore, la différence avec les propos mesurés des carbocentristes saute aux yeux : négationnistes, criminels contre l’humanité ou encore munichois étant des qualificatifs qui n’ont jamais été employés contre les climatosceptiques ;
4) « il est insensible à la dynamique de la discussion scientifique, autiste à la réfutation de ses arguments », et « joue de la répétition jusqu’à la nausée », sans doute la caractéristique la plus nette et incontestable, qui distingue les climatosceptiques de tout débatteur normal dans une controverse.
Il ne sera pas dit que cette « désinformation » orchestrée par « les sceptiques peu scrupuleux » (p. 9) restera sans réplique, et l’on ne remerciera jamais assez tous ces résistants héroïques, à l’image de ce grand scientifique consultant qu’est Jean-Marc Jancovici, qui luttent avec l’énergie du désespoir face au « climato-scepticisme à la française » et sa « pseudo-critique scientifique », qui cache une « course contre la montre politique » (p. 10).

Olivier Godard n’hésite pas, dans un salutaire mouvement de salubrité publique, à livrer à la vindicte populaire les visages des principaux démons de cette engeance nationale qui a juré notre perte. Il donne même à son article comme « premier objectif de repérer et caractériser les principaux représentants du climato-scepticisme » en France (p. 6). Il nous dévoile également, avec courage et sans concession, leurs abjectes machinations : « de la défense libertaire des libertés à la défense néo-poujadiste des intérêts de groupes » (p. 12). Honte à vous Yves Lenoir, figure historique dès longtemps discréditée ! Honte à vous Claude Allègre et Vincent Courtillot, dont les connivences et les réseaux d’influence sont bien connus ! Honte à vous Benoît Rittaud, vulgaire pion des anglo-saxons ! Honte à vous Jacques Duran, vous qui « collecte[z] sans tri tous les arguments et polémiques climato-sceptiques » ! Honte à vous, Henri Atlan, vous qui, non content de « poursui[vre] à Jérusalem une réflexion engagée de longue date pour décrypter le monde contemporain à partir du Talmud », vous vautrez dans la fange de ces climatosceptiques qui n’ont même plus peur de se montrer à visage découvert ! Honte à vous Pascal Acot, et à votre « acolyte » Pierre Lévy (p. 13) ! Honte à vous Élisabeth Badinter ! Honte à vous tous ! Que l’opprobre jeté sur vous par des savants industrieux et honnêtes aussi bien que par des journalistes à l’éthique irréprochable vous fasse raser les murs et rejoindre à tout jamais les sombres cloaques qui abritent la préparation de vos funestes projets !

Cette prépublication majeure ne souffrirait-elle donc aucune critique ? L’objectivité et le recul nous poussent à un bémol, au sujet de son pessimisme. Certes, les climato-sceptiques « ont la chance pour eux » (p. 8 ). Certes aussi, « à force d’attente, l’action de prévention en perd chaque jour toujours plus sa possible efficacité » (sic, p. 11). Oui, nous vivons des temps difficiles, car croire que l’on pourra limiter à 2°C l’augmentation de la température globale revient « à miser sur une grande complaisance de la nature à rester tout en bas de la fourchette des possibles » (p. 11). Du sang et des larmes nous attendent dans ce combat pour la vérité et l’avenir du monde. Mais la plus grande erreur serait de baisser les bras !

Aux climatosceptiques je dit ceci : sachez que vos coupables desseins ne passeront pas ! La lumière vaincra ! Déjà, les forces de la raison s’unissent pour dire non à cette « contrefaçon arrimée à des visées idéologiques » (p. 21). Partout, nous, hommes et femmes de bonne volonté, nous levons pour endiguer la vague hurlante des vos visées les plus ignobles ! Nous serons sans pitié et, armés de notre confiance inébranlable, nous saurons faire en sorte que l’avenir soit nôtre ! Amen !

Catégorie:  Changement climatique
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“Le Monde” s’illustre encore…

Par Benoît Rittaud

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Le "journal de référence" a publié le 4 novembre un article de Julien Bouissou sobrement intitulé "Des "tsunamis de montagne" menacent le Bhoutan". Il faut payer pour le lire, mais voici l'extrait qui est en accès libre :

 

La fonte des glaciers de l'Himalaya fait peser le risque d'un déversement catastrophique des lacs d'altitude dans les vallées. Un défi effrayant pour ce petit pays qui vit des bienfaits de la haute montagne. Menacé par le réchauffement climatique, le royaume du Bhoutan, coincé entre l'Inde et la Chine dans les contreforts de l'Himalaya, paie les conséquences de l'industrialisation du reste de la planète. Au nord du pays, les glaciers de la chaîne himalayenne fondent de 20 à 30 mètres en moyenne par an, à un rythme qui s'accélère au point que les experts redoutent leur disparition d'ici à 2035.

Revoilà donc les glaciers himalayens et leur fonte programmée pour 2035.

Petit rappel : cette annonce catastrophiste est issue du rapport du GIEC de 2007. Le président du GIEC, Rajendra Pachauri, après avoir qualifié de "science vaudou" l'avis de ceux pour qui il s'agissait d'une erreur, a dû faire piteusement machine arrière et reconnaître qu'il s'agissait bien d'une bourde. Elle a maintenant été identifiée il y a près de deux ans.

Apparemment, Stéphane Foucart, le journaliste attitré du Monde pour le réchauffement climatique (et tout de mêmeau courant de la bourde), était occupé ailleurs - sans doute à son article du 5 novembre dans le hors-série "culture et idées", dans lequel il redit tout le mal qu'il pense de l'avis des climatosceptiques en général (et de celui de votre serviteur en particulier, à qui il ne faut pas compter que Le Monde ouvre un jour les colonnes : c'est toujours plus facile de taper sur les absents).

L'article a été jugé de suffisamment bonne qualité pour être republié dans Time, cette fois en accès libre (mais en anglais).

La qualité de la presse française, c'est quand même quelque chose - et elle est appréciée comme il se doit par WUWT.

Catégorie:  Changement climatique
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Projection/débat à Palaiseau

Par Benoît Rittaud.

Mise à jour : compte-rendu du débat dans le commentaire ci-dessous : Ben (#41).

Vendredi soir à 20h30 au Cinépal’ de Palaiseau aura lieu la projection de notre film préféré à tous, j’ai nommé Une Vérité qui dérange, de Davis Guggenheim (2006). LE film d’Al Gore, quoi. Cette projection sera suivie d’un débat sur le thème : “Le changement climatique : sommes-nous responsables ?”, en présence de Jean-Louis Dufresne (laboratoire de météorologie dynamique) et de votre serviteur. Ci-dessous l’affiche qui m’a été communiquée, pas tout à fait terminée semble-t-il.

affiche-une-verite-qui-derange-vert4.jpg

 PS : La MJC de Palaiseau a des problèmes avec son site internet, ne soyez donc pas étonnés de ne trouver cette info que sur Skyfall pour le moment. Il m’est aussi signalé qu’il est prudent de réserver à l’avance, la salle ne comportant que 85 places. Le téléphone de la MJC : 01 60 14 29 32. Et mon déplacement est bénévole - Al Gore, lui, gagnera peut-être quelque chose, allez savoir… (Un peu long, ce Post-Scriptum…)

Catégorie:  Changement climatique
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