Temps de résidence du dioxyde de carbone atmosphérique.

Traduction de Scaletrans. Grand merci.

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La courbe des essais nucléaires et son implication dans le temps de résidence du dioxyde de carbone atmosphérique.

Les études du Carbone 14 émis dans l’atmosphère par les essais nucléaires montrent que le modèle de Bern utilisé par le GIEC contredit pratiquement tous les résultats expérimentaux publiés.

Article invité de Gösta Pettersson sur WUWT.

La courbe de Keeling montre que le niveau de dioxyde de carbone dans l’atmosphère a augmenté de façon constante sur une tendance longue depuis 1958. Les tenants du réchauffement climatique anthropique (RCA) attribuent cette augmentation aux activités humaines telles que la consommation de combustibles fossiles et les modifications d’usage des terres. Les opposants à l’hypothèse RCA soutiennent que cela impliquerait que le temps de renouvellement du dioxyde de carbone atmosphérique serait d’environ 100 ans, ce qui contredit une multitude d’études expérimentales indiquant que le temps de renouvellement est d’environ 10 ans.

 

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Test nucléaire sur l'atoll de Bikini en 1946.

Depuis sa constitution en 1988, le Groupe Intergouvernemental d’Etude du Climat (GIEC) des Nation Unies a négligé les temps de renouvellement relevés empiriquement, proclamant qu’il leur manque le rythme d’élimination du dioxyde de carbone anthropique de l’atmosphère. Au contraire, le quatrième rapport du GIEC prétend que l’élimination des émissions de dioxyde carbone est correctement décrite par le ‘modèle de Berne’, une modélisation du cycle du carbone conçue par d’éminents climatologues de l’Université de Berne. Le modèle de Berne présuppose que l’augmentation des niveaux du dioxyde de carbone atmosphérique est du exclusivement aux émissions anthropiques. Calibré pour s’adapter à la courbe de Keeling, le modèle stipule que la relaxation d’un train d’émissions de dioxyde de carbone est multi phase avec des composants lents suggérant un transfert lent de dioxyde de carbone depuis la surface des océans jusqu’aux grandes profondeurs. Le problème est que les observations empiriques nous racontent une histoire totalement différente.

 

Les essais de charges nucléaires au début des années soixante ont initié une expérience avec un marqueur scientifique idéal décrivant la cinétique de l’élimination de l’excès de dioxyde de carbone atmosphérique. Lorsque les essais nucléaires dans l’atmosphère cessèrent en 1963, ils avaient amené le niveau de C14 dans l’air à presque deux fois sa valeur d’origine. La relaxation de cet excès de dioxyde de carbone C14 a maintenant été observée durant cinquante ans. La figure 1 montre les résultats représentatifs issus des enregistrements expérimentaux de plus de 95% du processus de réduction.

 

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Le GIEC a négligé les données des essais nucléaires de la figure 1 (qui donne le rapport de C14/C12), prétendant que « une perturbation atmosphérique dans le rapport isotopique disparaît beaucoup plus rapidement que la perturbation du nombre d’atomes C14 ». Cet argument est inacceptable et certainement incorrect. La Figure 2 montre les données de la Figure 1 après changement d’échelle et correction pour les effets mineurs de dilution provoqués par l’augmentation de la concentration de dioxyde de carbone C12 durant la période examinée.

 

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Les séries de points expérimentaux résultants (données en noir Fig. 2) décrivent la disparition de « la perturbation du nombre d’atomes de C14 », et sont presque indistincts des données de la Fig. 1, et seront référencés comme « courbe d’essais nucléaires ».

Afin d’attirer l’attention sur la courbe des essais nucléaires et ses importantes implications, j’ai publié un trio de rigoureuses analyses cinétiques de réaction pour répondre aux controverses quant à l’interprétation de la courbe de Keeling entre les tenants et les opposants de l’hypothèse AGW.

(Note voir ci-après les liens pour les trois articles)

 

L’Article 1 du trio montre que:

  1. La courbe des essais nucléaires fournit un enregistrement empirique de la relaxation de 95% du dioxyde de carbone C14 de l’atmosphère. Comme les effets cinétiques des isotopes de carbone sont petits, la courbe des essais nucléaires peut être considérée comme représentative de la relaxation des trains d’émission de dioxyde de carbone en général.

     

  2. Le processus de disparition a la forme d’une relation mono exponentielle (courbe rouge Fig.2) et peut donc être décrit comme un simple temps de relaxation (temps de renouvellement). Au plan de la cinétique, il n’y a pas de raison valide de ne pas prendre en compte les évaluations expérimentales connues de ce temps de relaxation (5-14 ans).

     

  3. Le caractère exponentiel de la relaxation implique que le taux de disparition du C14 est proportionnel à la quantité de C14. Cela signifie que les 95% du processus de relaxation ont été régis par la concentration de dioxyde de carbone C14 selon la loi d’action de masse, sans aucune contribution décelable provenant d’évènements océaniques lents.
  4. Les prescriptions du modèle de Berne (courbe bleue Fig.2) sont incompatibles avec les observations effectuées, et sous-estiment gravement à la fois le taux et l’importance de la disparition des émissions anthropiques de dioxyde de carbone. Sur la foi des prédictions du modèle de Berne, le GIEC déclare qu’il se passe quelques centaines d’années avant que les premiers 80% de dioxyde de carbone anthropique ne disparaissent de l’atmosphère. La courbe des essais nucléaires montre que cela prend moins de 25 ans.
L’article 2 de la trilogie utilise les relations cinétiques dérivées de la courbe nucléaire pour calculer dans quelle mesure le niveau de dioxyde de carbone a été affecté par les émissions anthropiques de dioxyde de carbone depuis 1850. Les résultats montrent que seulement la moitié de la tendance long terme de la courbe de Keeling a pour origine les émissions anthropiques.
Le modèle de Berne et d’autres modèles du cycle de carbone ajustés pour s’adapter à la courbe de Keeling sont régulièrement utilisés par les modélisateurs du climat pour obtenir des données estimées des niveaux futurs de dioxyde de carbone dans leurs scénarios d’émissions postulés. L’article 2 montre que les estimations ainsi obtenues exagèrent les contributions d’origine humaine aux niveaux futurs de dioxyde de carbone (et par conséquent aux températures globales) par des facteurs de 3-14 pour les scénarios représentatifs des émissions sur des périodes s’étendant jusqu’à 2100 et au-delà. Avec des valeurs étayées empiriquement, les projections des modèles climatiques montrent en fait que le réchauffement climatique dû aux émissions de dioxyde de carbone fossile restera dans des limites acceptables.

L'article 3 de la trilogie attire l’attention sur le fait que l’eau chaude retient moins de dioxyde de carbone dissous que l’eau froide. Cela signifie que le réchauffement global du 20e siècle a conduit nécessairement à un dégazage thermique de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Avec un modèle cinétique air-océan, on peut estimer l’importance de cet effet thermique en analysant la dépendance de la température aux fluctuations multi annuelles de la courbe de Keeling et la décrire en termes d’énergie d’activation du processus de dégazage.

Pour les valeurs estimées empiriquement obtenues selon les articles 1 et 3, le modèle montre que le dégazage thermique et les émissions anthropiques ont contribué à peu près à égalité à l’augmentation des niveaux de dioxyde de carbone sur la période 1850-2010 examinée. Durant les deux dernières décennies, les contributions du dégazage thermique ont excédé de presque 40% celles des émissions anthropiques. Ceci est illustré par les données de la Fig. 3, qui indique également que la courbe de Keeling peut être quantitativement évaluée comme les effets combinés du dégazage thermique et des émissions anthropiques.

 

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Les résultats de la Fig.3 appellent à une révision drastique du budget du cycle du carbone proposé par le GIEC. En particulier, la très discutée ‘chaleur manquante’ (appelée ‘chaleur terrestre résiduelle’ dans le 4ièmerapport du GIEC) peut être identifiée comme se trouvant dans l’hydrosphère ; le total des émissions absorbées par les océans a été gravement sous-estimé par le GIEC parce qu’ils ont ignoré le dégazage thermique. De plus, l’importance de l’effet du dégazage thermique met les modélisateurs du climat dans la délicate situation d’avoir à connaître quelles seront les températures futures avant qu’ils ne puissent les prédire compte tenu de l’effet de serre du aux niveaux futurs de dioxyde de carbone.

 

En accréditant le modèle de Berne et des modèles similaires du cycle du carbone, le GIEC et les modélisateurs du climat présupposent que la courbe de Keeling ne représente que les émissions anthropiques de dioxyde de carbone. Les résultats de Articles 1-3 montrent que ce présupposé est incompatible avec pratiquement tous les résultats expérimentaux publiés reposant sur la cinétique de relaxation du dioxyde carbone atmosphérique. Aussi longtemps que les modélisateurs du climat continueront à négliger les données expérimentales disponibles sur le dégazage thermique et sur la cinétique de relaxation du dioxyde de carbone atmosphérique, leurs modèles de prévisions resteront trop biaisés pour fournir quelque conclusion significative intéressant la science ou la politique.

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Références:

Climate Change 2007: IPCC Working Group I: The Physical Science Basis section 10.4 – Changes Associated with Biogeochemical Feedbacks and Ocean Acidification

http://www.ipcc.ch/publications_and_data/ar4/wg1/en/ch10s10-4.html

Climate Change 2007: IPCC Working Group I: The Physical Science Basis section 2.10.2 Direct Global Warming Potentials

http://www.ipcc.ch/publications_and_data/ar4/wg1/en/ch2s2-10-2.html

GLOBAL BIOGEOCHEMICAL CYCLES, VOL. 15, NO. 4, PAGES 891–907, DECEMBER 2001 Joos et al. Global warming feedbacks on terrestrial carbon uptake under the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) emission scenarios

ftp://ftp.elet.polimi.it/users/Giorgio.Guariso/papers/joos01gbc[1]-1.pdf

Click below for a free download of the three papers referenced in the essay as PDF files.

Paper 1 Relaxation kinetics of atmospheric carbon dioxide

Paper 2 Anthropogenic contributions to the atmospheric content of carbon dioxide during the industrial era

Paper 3 Temperature effects on the atmospheric carbon dioxide level

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Gösta Pettersson est  professeur de biochimie en retraite à l’Université de Lund (Suède) et ancien rédacteur du Journal Européen de Biochimie comme expert en réactions cinétiques et modélisation mathématique. Ses recherches scientifiques se sont intéressées à la fixation du dioxyde de carbone par les plantes, ce qui l’a familiarisé avec le cycle du carbone, qui intéresse les climatologues et d’autres.

Liens des articles :

Article 1 http://www.false-alarm.net/wp-content/uploads/2013/06/paper1.pdf

Article 2 http://www.false-alarm.net/wp-content/uploads/2013/06/paper2.pdf

Article 3 http://www.false-alarm.net/wp-content/uploads/2013/06/paper3.pdf

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    Diplomatie climatique.

    Jusqu'où iront les questions climatiques ? Pour le moment, elles se sont arrêtées aux portes du Conseil de sécurité à l'ONU. Voici l'intervention de l'Ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique. J'ai souligné en bleu, ce qui ne tue plus depuis longtemps, c'est à dire le ridicule. Araucan.

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    15 février 2013 – Débat « Arria » du Conseil de sécurité sur les conséquences sécuritaires du changement climatique

    Intervention de M. Jacques Lapouge, Ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique.
    Monsieur le Président,

    Dix-huit mois après l’adoption par le Conseil d’une déclaration présidentielle qui reconnaissait que le changement climatique pouvait « à long terme, aggraver les menaces existantes à la paix et la sécurité internationales », je me réjouis de reprendre la discussion sur ce sujet d’une importance première pour l’action du Conseil à l’avenir et remercie les organisateurs de ce débat.

    Je voudrais souligner trois points :

    Premièrement, le changement climatique est bien réel, et nous en ressentons tous les jours les impacts. Les risques qu’il nous fait courir sont eux aussi bien réels. Il y a, bien sûr, la menace pour nos partenaires des Petits Etats insulaires en développement, dont l’existence-même peut être mise en péril, comme les orateurs l’ont abondamment démontré ce matin. Le climat est aussi une menace sur la productivité agricole, sur la disponibilité des ressources et sur la viabilité des régions côtières qui abritent plus du tiers de la population mondiale.

    Enfin, le changement climatique démultiplie les menaces à la paix et à la sécurité dans les régions et les Etats les plus fragiles.

    Je me félicite ainsi que cette réunion nous donne l’occasion d’analyser les vecteurs de conflit sur lesquels le changement climatique aura les effets les plus immédiats. Je rappelle que le paragraphe 8 de la déclaration présidentielle de 2011 prévoyait déjà que soit systématiquement incluse, dans les rapports qu’adresse le Secrétaire général au Conseil, une analyse de l’impact du changement climatique sur la sécurité.

    Pour toutes ces raisons, le Conseil de sécurité doit prendre ses responsabilités aussi dans ce domaine, et assumer pleinement le mandat que lui confie la Charte pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales.

    Deuxièmement, nous devons agir aujourd’hui pour éviter que le Conseil de sécurité ne soit obligé demain de prendre des mesures de gestion de crise. La communauté internationale doit se mobiliser à tous les niveaux. Nous devons, et c’est bien là l’essentiel, viser l’adoption en 2015 d’un accord international ambitieux et applicable à tous dans le cadre de la Convention Climat, tant en termes d’atténuation que d’adaptation. La France s’engage fortement dans ce sens, et s’est proposée pour accueillir la Conférence des parties de 2015, la CoP21.

    Le Conseil de sécurité peut et doit, de son côté, prendre en compte l’impact de ses propres actions. Il n’est pas admissible que les opérations de maintien de la paix dégagent chaque année près d’un million de tonnes de CO2 dans l’atmosphère, ou contribuent à l’épuisement des ressources rares dans les régions vulnérables où elles opèrent. La France se félicite que le Secrétariat de l’ONU ait commencé à agir pour limiter l’impact environnemental des opérations de maintien de la paix. Elle souhaite que cet effort soit poursuivi et amplifié.

    Troisièmement, nous devons tous nous mobiliser pour contribuer à ce que les menaces ne se réalisent pas. C’est pourquoi la France, en tant que membre de l’Union européenne, de concert avec ses partenaires, soutient avec détermination l’engagement pris à Rio du renforcement d’une gouvernance mondiale du développement durable et de l’environnement.

    Cette responsabilité nous engage envers les générations futures. De cette responsabilité, la France prend sa part. Nous avons décidé d’affecter en priorité, ces trois prochaines années sur les moyens de l’Agence française de développement, plus 6 milliards d’euros, au secteur de l’accès aux énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. De plus, nous avons décidé d’affecter une part du produit de la taxe sur les transactions financières au « Fonds vert pour le climat », dont la création a été décidée à Copenhague.

    La réunion de ce jour est pour nous tous aux Nations unies un appel à l’action. Ne perdons pas un instant, faisons de la menace climatique un outil de mobilisation pour prévenir des conflits qui pourraient en résulter et, à long terme, pour sauvegarder la Planète pour les générations futures.

    Je vous remercie.

    (Source)

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    Doha.

     Pour ne pas se laisser attraper par un des sujets du moment.

    Pour le discours officiel, c'est . C'est plutôt langue de bois et on ne sait pas ce sur quoi on va s'engager, vous êtes déjà au courant mais bon, de temps en temps, il faut aller vérifier ce que l'on raconte en notre nom même si cela devient de plus en plus obscur. Un peu plus de détails dans la seconde vidéo de cette page.

    Rapport de la Banque mondiale avec les 4°.

    Pour suivre jour par jour : IISD (quelques problèmes sur le site qui devraient se résoudre, en attendant voici pour le 28/11, cela reste un peu mou smile. Pachauri était bien là le 28/11/2012 … et la Pologne accueillera la COP19 …).

    Mise à jour 08/12/2012, 12h30 : voir ici.

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    Voici ce s'en dit au Canada … (c'est nettement plus clair).

    La 18e Conférence des Parties (COP-18) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et 8e Conférence des Parties siégeant en tant que Réunion des Parties au Protocole de Kyoto aura lieu du 26 novembre au 7 décembre 2012 à Doha (Qatar).

    C’est la première COP à avoir lieu depuis l’établissant la « Plateforme de Durban pour une action renforcée » qui, au terme de la Conférence de Durban (CdP-17 ; nov.-déc. 2011), a fait sauter le verrou du Plan d’action de Bali en établissant un nouveau groupe de travail chargé d’élaborer le régime climatique post-2020, qui pourrait prendre la forme d’un protocole, d’un instrument juridique ou d’un résultat concerté ayant force de loi. Ce nouveau régime, qui inclura toutes les Parties, devra être achevé au plus tard en 2015 et entrer en vigueur en 2020.

    Pour éviter un vide juridique entre la première période d’engagement au Protocole de Kyoto (qui va prendre fin le 31 janvier 2012) et l’entrée en vigueur du régime climatique post-2020, les pays industrialisés – à l’exception du Canada et des États-Unis – ont accepté de s’engager pour une seconde période d’engagement. Par conséquent, le succès des négociations de la Plateforme de Durban est intimement lié aux discussions qui auront lieu à Doha en vue de reconduire le Protocole de Kyoto après 2012.

    À moins d’un mois de la fin de la première période d’engagements, la Conférence de Doha devra relever plusieurs défis de taille, à savoir:

    • reconduire le Protocole de Kyoto pour une 2e période d’engagement en vue de son entrée en vigueur immédiate (le 1er janvier 2013) ;
    • opérationnaliser les mesures convenues sur l’action concertée à long terme et déterminer où se poursuivront les discussions sur les éléments en suspens du « Plan d’action de Bali » ;
    • déterminer comment seront utilisés les fonds destinés aux pays en développement ;
    • et lancer les négociations de la « Plateforme de Durban » sur des bases solides (NdA :suite de Kyoto).

    La Conférence de Doha est également l’occasion, pour les États parties, de reconnaître les actions déjà entreprises par les gouvernements infranationaux, le secteur privé et la société civile, et les encourager à faire davantage.

     

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    Interview de Christian Gérondeau sur Atlantico. 

    Après l'échec du Sommet européen de Copenhague en 2010 et l'absence d'initiatives après le Sommet de Rio en juin dernier, peut-on dire que la crise économique et les discours catastrophistes ont eu raison de la cause écologiste ?

    Christian Gérondeau : Premièrement, nous sommes maintenant confrontés au mur de la réalité. Ce dernier s'explique par le fait que les pays émergents, comme la Chine, l'Inde, et les pays africains, ne veulent en aucun cas réduire leurs émissions de gaz à effet de serre car pour se développer, ils ont besoin de charbon, de pétrole et de gaz naturel. Tout ce qu'on a pu dire jusqu'à présent ne les a pas fait changer d'avis. Lorsque l'on considère que la Chine construit chaque semaine une ou deux centrales à charbon, qui ont la puissance d'une centrale nucléaire, il faut considérer que les émissions de gaz à effet de serre vont continuer d'augmenter quoiqu’en disent les responsables politiques.

    Deuxièmement, les prédictions sur l'augmentation de la température, les discours catastrophiques ou catastrophistes sur le réchauffement climatique sont actuellement démentis par les faits. Depuis 15 ans, la température du globe n'augmente plus contrairement à tout ce qui avait été dit. Ceux qui sont sceptiques à l'égard de ces prévisions ont raison, en tout cas pour l'instant.

    Lorsque l'on conjugue le fait qu'il y a de plus en plus de piques sur la réalité du changement climatique et que de toutes manières, on ne peut rien faire car les pays émergents vont continuer à se développer et les émissions vont donc continuer d’augmenter, il y a un blocage. C'est ce qui s'est passé au Sommet de Rio qui a eu lieu au mois de juin dernier, et c’est ce qui est en train de se passer à la conférence de Doha dont on parlera très peu car il ne peut rien en sortir. Il ne sortira rien non plus des congrès successifs qui auront lieu après Doha. Voilà le constat de ce double échec.

    La politique de la Pologne, qui fait partie de l'Union européenne, le leader dans la réduction des gaz à effet de serre, va à contre-courant des objectifs qui ont été fixés. La crise explique-t-elle cette tendance ?

    Bien entendu la crise économique est en train de rappeler les différents pays d'Europe à la raison. L'UE ne peut rien à elle toute seule, elle produit 10 à 12% des émissions de la planète. Même si elle supprimait toutes ses émissions, cela ne changerait rien car elles sont complètement marginales par rapport à l'ensemble du globe.

    Les mesures prises au nom de l'écologie par l'Europe ne servent à rien, car le reste de la planète a clairement dit qu'il ne les suivrait pas. C'est ce que disent entre autres les Polonais et ils ne sont pas les seuls. Une évolution se produit progressivement dans toute l'UE. L'Espagne a stoppé ses subventions pour les énergies éoliennes et le photovoltaïque, l'Allemagne n'est pas loin d'en faire autant et l'Angleterre a décidé de ne plus construire d'éoliennes sur son territoire, mais en mer. Mais ce n'est même pas sûr qu'ils le fassent. Le château de cartes est en train de s’effondrer, et la Pologne tire le signal qui va être suivi par tout le reste de l'Europe. Lorsqu'il y a une crise économique, on cherche évidemment à réduire les dépenses inutiles, et l'UE ne peut rien à un phénomène qui la dépasse.

    Le protocole de Kyoto, seul outil juridique contraignant pour lutter contre le changement climatique qui ait été signé à ce jour par une partie de la communauté internationale date de 1997. Peut-on dire que l’époque où les États étaient plus volontaires en matière environnementale est révolue?

    Le Protocole de Kyoto, qui a été signé en 1997, n'a plus aucun sens aujourd'hui. Il n'en avait déjà pas à l'époque, car il n'engageait que les pays développés. L'Inde et la Chine n'étaient par exemple pas concernées. Il était mort-né à partir du moment où il ne prenait pas en compte les plus grands émetteurs aujourd'hui. De plus, les Etats-Unis, un des plus gros émetteurs, ne l'ont jamais ratifié. Le protocole de Kyoto n'a eu de répercussions qu'en Europe. Par ailleurs, ce qui est extrêmement dommage, c'est qu'il lui coûte très cher et l'handicape lourdement. L’UE s'est engagée sur la voie de dépenses très importantes, comme l'éolien ou le solaire entre autres, qui n'ont eu aucun impact, et s'inscrivent uniquement dans la pénalisation inutile de l'économie européenne.

    Il n'y aura jamais d'accords, d'autant que ceux qui nous ont annoncé la catastrophe se sont trompés jusqu'à présent, je le répète. Les satellites qui observent la température de la Terre sont formels : elle n'augmente plus. On ne court pas à la catastrophe, et la priorité du gouvernement indien par exemple est que les 400 millions d'Indiens qui n'ont pas l'électricité aient l'électricité. Et pour ça, ils construisent des centrales à charbon.

    (Source)

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    Merci pour la pub !

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    Le Centre d'analyse stratégique a organisé un colloque le 14 novembre sur "Où vont les négociations climatiques internationales ?" en préparation de la CoP de Doha, qui cherchera à résoudre l'équation de Kyoto II. Un rapport et des études en sont issus (voir en bas de la page citée ci-avant). Jusque là, rien que de très classique et cyclique.

    Un des chapitres du rapport traite du climato-scepticisme. Chic, nous voici considérés comme phénomène d'étude dans la stratégie gouvernementale : il y avait déjà eu quelques signes d'agitation du coté de Sciences-Po mais jusqu'à présent plutôt du politiquement correct et rien de bien nouveau : les mêmes fredaines transposées des USA en France, les mêmes personnalités soumises aux attaques ad hominem plutôt qu'aux réponses aux questions ouvertes depuis un bon moment, la même nécessité de vilipender ceux qui n'adhèrent pas au consensus pour unir les défenseurs de la case climatique, projet à l'échelle mondiale qui entend réenchanter la politique avec l'aide au développement financée par les crédits carbone et la représentativité du peuple par la gouvernance et certaines ONG, l'économie avec l'économie verte et la consommation durable, la vie de tous les jours avec la sobriété heureuse, la taxe carbone ajoutée à la TIPP et une nouvelle morale, abondamment dispensée par les magazines. "No pressure !", ben voyons.

    Je reviendrai plus en détail sur cette partie du rapport dans un autre billet, mais en première lecture ce rapport montre une certaine évolution, qui dépasse certains clichés fort ressassés, inexacts en ce qui concerne les sceptiques en France. La transposition du modèle US, les grands méchants de l'environnementalisme international, est inadéquat en France. Il n'y a pas de mouvement sceptique  du RCA en France, pas même une association. Juste des individus qui ont écrit des livres et qui ont été étiquetés de noms pour le moins insultants et quelques blogs et sites tenus et alimentés par des bénévoles et non des organisations. Quelques "boites à penser" libérales surfent de temps à autre sur le sujet mais sans plus. Le site d'infos Contrepoints.org est certainement le plus constant.

    Les lobbys de l'industrie des énergies fossiles, ne financent pas en France, en Belgique et en Suisse, de "boites à penser" sur ce sujet. Les syndicats patronaux ne grognent pas trop et pas ouvertement.

    Alors pourquoi avoir peur des sceptiques ? Parce que les sondages ne sont plus euphoriques ? 80 % de convaincus du RCA, c'en était presque soviétique. Les sondages baissent donc et comme la visibilité sceptique n'existe qu'en négatif dans la presse, peu à la radio et pas à la télévision, il a bien fallu pour les grands penseurs de notre avenir sobre se pencher sur le Net. Beaucoup de réactions de lecteurs et, sous réserve de quantification, de plus en plus, de commentaires critiques sur le sujet … Quelques blogs dont Skyfall nommément cité laugh. Mais à l'heure du consensus érigé comme objectif, un peu plus de 50 % de soutiens ne suffisent plus manifestement. En démocratie, on a le droit d'interroger le consensus et ses fondements invoqués, mais pas sous le règne de la gouvernance manifestement.

    Il n'y a pas de lien vers le site mais ne mégotons pas, même si un film de James Bond nous fait de la concurrence en ce moment.

    Mais là où le CAS n'est pas sympa, c'est dans le commentaire sur le site : "Par ailleurs, la position des climatosceptiques est souvent paradoxale puisqu’ils prétendent défendre la science, mais ne se plient pas à ses méthodes en refusant de prendre en compte les erreurs factuelles que leur signalent les chercheurs. Le blog climatosceptique français « Skyfall » fonctionne ainsi sur le principe de publications collectives et anonymes, sans obligation de réponse." 

    Et là, hop, ressort un vieux cliché. Puisque nous sommes sceptiques, nous devrions nous plier aux règles scientifiques (et de ses publications). Le théorie des GES et du RCA reste, aux yeux de ceux qui commentent majoritairement sur ce site, non prouvée : ce n'est pas à nous de prouver que cela fonctionne. Il s'agit juste de trouver des arguments plus convaincants … et de moins délirer sur l'utopie non-carbonée. Après tout l'AFIS ne fait pas de contre-études pour lutter contre les pseudo-sciences et les fables pseudo-scientifiques qui traversent les sociétés contemporaines. Je le répète, ici, c'est du bénévolat sans cotisation et sans subvention, que du temps passé à suivre l'actualité. Si je le fais, avec des hauts et des bas, c'est que le sujet m'intéresse : à quoi va aboutir cette construction, cette bulle conceptuelle ? Le climat va-t-il (enfin) suivre les modèles ?

    Je reste perplexe sur l' "obligation de réponse". Répondre à qui et sur quoi ? Les commentaires sont ouverts et des esprits malicieux, certains avec constance, y interviennent régulièrement. Mais sont-ils chercheurs, je n'en sais rien (à l'exception d'un seul venu sous son nom propre, spécialiste de l'ajustement des données mesurées au sol). Et quelque part, je m'en moque : car il s'agit de convaincre et non de se retrouver confrontés à l'argument d'autorité. L'anonymat détruit l'argument d'autorité. Le modèle linéaire de l'expertise scientifique ne fonctionne pas ici ;). Le but n'est pas d'arriver à un compromis ou à une position commune et hormis sur la position de scepticisme, il n'y a pas ici de communauté de vues sur les autres sujets. Certaines discussions sont possibles ici, parfois, qui ne se produisent pas ailleurs. Merci à Internet et à ceux qui le font.

    Et encore merci pour la pub ! A bientôt !

    Araucan

    NB : par exemple, évitez de nous enseigner l' "effet de serre" comme cela

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    Résumé du GIEC 2007, encore plus d’incertitude des modèles !

    Le Groupement Intergouvernemental d'Etude du Climat (GIEC) vient de publier le 2 février 2007 le Résumé à l'Intention des Décideurs de son quatrième rapport sur le changement climatique (4AR).

    Ce Résumé contient entre autre des projections de température pour d'ici la fin du siècle, selon différents "scénarios". En comparant ce Résumé pour Décideurs 2007 au résumé précédent (2001), on constate que l'intervalle d'estimation de température a augmenté pour tous les scénarios, ce qui signifierait que l'incertitude devient plus grande quand il s'agit de prévoir le climat d'ici 1 siècle.

     

    Projections 2100 (réf année 2000) A1B A1T A1FI A2 B1 B2
    Population 16% 16% 16% 148% 15% 70%
    PIB 1896% 1975% 1881% 817% 1138% 787%
    PIB/habitant 1615% 1683% 1602% 270% 979% 420%
    Emission carbone 90% -38% 339% 319% -25% 100%
    Emission carbone/hab 63% -46% 278% 69% -34% 17%

    Table 1 : Détails des différents scénarios, échéance 2100, sources GIEC WG1 et WG2


    Exemple
    : avec le scénario A1FI (en vert), à l'échéance 2100, les modèles font l'hypothèse que la population mondiale aurait augmenté de 16% et que la richesse par habitant serait multipliée par 17 (+1602%!) par rapport aux valeurs de l'an 2000 : un chinois en 2100 serait aussi riche qu'un américain en 2000. En même temps, chaque terrien émettrait en moyenne presque 4x plus (+278%) de carbone, hypothèse cependant impossible à vérifier : à titre d'exemple, le taux moyen d'émission de carbone par habitant n'a pas augmenté depuis 30 ans.



    Figure SPM5d du Résumé pour Décideurs 2001, projections
    de températures avec intervalle de confiance (à droite du graphique)