La crainte de l’apocalypse

• • • • •

LONDRES – Comme on pouvait s'y attendre, Al Gore, ancien vice-président des États-Unis, a donné un caractère apocalyptique au récent cyclone qui a ravagé la Birmanie. “L’année dernière,” a-t-il déclaré, “une tempête catastrophique a frappé le Bangladesh. L’année d’avant, le cyclone le plus violent des 50 dernières années a sévi en Chine… Nous assistons aux conséquences du réchauffement climatique annoncées par les scientifiques.”

Curieusement, Gore n’y a pas associé le tsunami asiatique de 2004, qui a fait 225 000 victimes. Son message, pas si subliminal que ça, était que ces catastrophes naturelles sont annonciatrices de la fin du monde.

Les croyances apocalyptiques ont toujours été un élément de la tradition chrétienne. Elles expriment l’aspiration ardente à un paradis sur terre, où le mal est détruit et les bons sauvés.

Dans leurs formes religieuses classiques, de telles croyances s’appuient sur des signes et des augures comme les tremblements de terre et les taches solaires, qui peuvent être interprétés, par référence à des passages bibliques, comme des présages de grand cataclysme et de purification. Ainsi, les moments apocalyptiques sont les produits d’un sentiment de crise : ils peuvent être déclenchés par des guerres et des catastrophes naturelles.

Il ne fait aucun doute que la pensée apocalyptique classique est bien vivante, surtout en Amérique, où elle se nourrit de fondamentalisme protestant et où elle est diffusée à grande échelle à l’aide de tous les médias modernes. Certains cercles proches de l’administration Bush, murmure-t-on, prennent les bouleversements actuels tel que le terrorisme comme une confirmation des prophéties bibliques.

On peut aujourd’hui affirmer
que d’importantes positions
scientifiques sont des convictions
religieuses plutôt que scientifiques

Dans sa forme laïcisée et pseudo-scientifique, la pensée apocalyptique a aussi été au cœur de politiques révolutionnaires. Dans son dernier ouvrage Black Mass , le philosophe John Gray commente la manière dont les doctrines politiques comme le marxisme se sont approprié la vision apocalyptique, en prophétisant la destruction du capitalisme comme prélude à l’utopie socialiste. Mais le messianisme politique était un rejeton de l’optimisme du XIXe siècle. Avec l’effondrement de cet optimisme, la croyance apocalyptique contemporaine met davantage l’accent sur la catastrophe et moins sur l’utopie.

Un exemple : dans son ouvrage Flat Earth News , le journaliste d’investigation Nick Davies nous reparle de la panique du bug de l’an 2000. Tous les journaux prédisaient que les systèmes informatiques allaient planter le 1er janvier 2000, et provoquer une fermeture mondiale. Le message caché était un refrain connu : ceux qui vivent de la technologie périront par la technologie.

Les comptes-rendus erronés de faits scientifiques sont désormais si courants que nous les remarquons à peine. Il est en revanche bien plus grave que la science elle-même se laisse infecter par l’esprit apocalyptique. Une science basée sur la foi est une contradiction dans les termes, car la vision scientifique du monde était apparue comme une remise en cause de la superstition religieuse. On peut pourtant aujourd’hui affirmer que d’importantes positions scientifiques sont des convictions religieuses plutôt que scientifiques.

Cela nous ramène à Al Gore et aux changements climatiques. La Terre s’est indiscutablement réchauffée au cours du XXe siècle (d’environ 0,7°C), ce que la plupart des scientifiques experts du climat attribuent largement aux émissions anthropiques de dioxyde de carbone. Si l’on ne fait rien pour réduire ces émissions, la température planétaire augmentera de 1,8 à 4 degrés au cours du prochain siècle. À un certain point de non-retour, le monde subira des déluges et des pestes dans le style apocalyptique le plus classique.

C’est le deuxième scénario de fin du monde de ces dernières décennies, le précédent étant la prédiction par le Club de Rome en 1972 que le monde aurait bientôt épuisé ses ressources naturelles. Les deux sont “scientifiques,” mais leur structure est la même que l’histoire biblique du déluge : la méchanceté humaine (dans le cas actuel, un matérialisme effréné) déclenche une désastreuse succession d’événements, qu’il est peut-être trop tard pour éviter. Tout comme les prophéties bibliques, les histoires scientifiques apocalyptiques semblent étanches à toute contestation, et sont constamment remodelées pour assouvir les soifs de catastrophe.

Les scientifiques tiennent les médias et les politiciens pour responsables, car ils utilisent leurs découvertes comme des promesses de salut ou des mises en garde contre un châtiment. Mais les scientifiques portent eux-mêmes une part de responsabilité, car ils ont changé des incertitudes en probabilités, traité des propositions contestables comme faits ordinaires et attaqué leurs détracteurs comme des hérétiques.

Le danger est que nous
devenions si infectés par
le virus de l’apocalypse que
nous finissions par provoquer
une vraie catastrophe

Il est notoire que les scientifiques détestent abandonner des conclusions auxquelles ils sont parvenus par des méthodes scientifiques reconnues, aussi erronées soient-elles. Mais leur intolérance face aux opinions qui ne sont pas les leurs est démesurément amplifiée lorsqu’ils se voient en capitaines de l’armée du salut, dont la mission est de purger le monde de ses habitudes maléfiques.

Aujourd’hui, c’est l’Occident qui impose une vision imaginaire apocalyptique au reste du monde. Peut-être devrions-nous nous adresser à l’Inde et à la Chine pour trouver des réponses sur la façon de traiter les dégâts environnementaux, au lieu d’utiliser le changement climatique comme un prétexte pour les priver de ce que nous possédons déjà. Comment les Chinois ressentent-ils leur tout nouveau matérialisme ? Leur structure intellectuelle leur permet-elle d’en tirer du sens ?

Le meilleur antidote aux marchands d’apocalypse est le scepticisme. Il nous faut être prêts à prendre sérieusement les incertitudes. Le réchauffement climatique est un fait. Mais la pensée apocalyptique déforme le débat scientifique et rend les causes et les conséquences de ce fait plus difficiles à expliquer, ce qui complique la manière de savoir comment aborder le problème.

Le danger est que nous devenions si infectés par le virus de l’apocalypse que nous finissions par provoquer une vraie catastrophe – l’effondrement de nos économies et de nos styles de vie – en essayant d’éviter un cataclysme imaginaire. En bref, si l’état d’esprit religieux mérite le plus grand respect, nous devons résister à la reconquête par la religion de matières qui doivent relever du domaine de la science.

Copyright: Project Syndicate, 2008.
Traduit de l’anglais par Bérengère Viennot

601.  Sirius | 5/09/2009 @ 22:54 Répondre à ce commentaire

@600_floyd
Excellent, merci! Cela montre qu’il existe encore des esprits réveillés.

602.  Manu95 | 6/09/2009 @ 1:42 Répondre à ce commentaire

floyd (#600),

Placé sous les auspices de Kofi Annan, l’ancien secrétaire général des Nations unies, le texte a été validé par de grands experts internationaux , dont Rajendra Pachauri, président du Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC), Jeffrey Sachs, de l’université de Columbia, et Barbara Stocking, présidente d’Oxfam.

Rien que des références très sérieuses, qu’on ne peut soupçonner de parti-pris.

603.  Sirius | 6/09/2009 @ 3:44 Répondre à ce commentaire

@602_Manu95
Ce n’est que l’intro de l’article de Hervé Le Bras, démographe, que je lis depuis plusieurs décennies dans La Recherche. Comme le souligne justement floyd #600 ci-dessous, la suite de l’article du professeur Le Bras démonte complètement les prétentions des quidams que vous désignés. Et ça fait du bien!

604.  Manu95 | 6/09/2009 @ 5:04 Répondre à ce commentaire

Sirius (#603),

Je m’en doutais bien.

Je réagissais surtout à propos de ces « grands experts internationaux » auto-proclamés.
Pour le dire crûment ces tristes individus pètent souvent plus haut que leur cul !
Ils sont aussi crédibles que Hubert Reeves, brillant astronome ou astrophysicien, quand il parle d’évolution ou de religion.

Aucuns de ces quidams n’a des compétences particulières en matière de climat. Le Pachauri est expert en chemin de fer, même pas physicien.

L’homme est un accident de parcours, dans un cosmos vide et froid. Il est un enfant du hasard. [Hubert Reeves – Conscience]

Un chien n’est pas un bon chien parce qu’il aboie bien ; un homme n’est pas un sage parce qu’il parle bien. [Zhuang Zi]

605.  Sirius | 8/09/2009 @ 2:51 Répondre à ce commentaire

@604_Manu95

Ok. Quant à H. Reeve :

L’homme est un accident de parcours, dans un cosmos vide et froid. Il est un enfant du hasard. [Hubert Reeves – Conscience]

Je ne le supporte plus depuis des lustres quand il fait de la philosophie spontanée… 😡

606.  Sirius | 8/09/2009 @ 4:23 Répondre à ce commentaire

Pour faire suite, juste une question : les savants pourraient-ils une fois pour toute cesser de faire de la poésie?

607.  Manu95 | 8/09/2009 @ 5:26 Répondre à ce commentaire

La poésie ne me dérange pas tant que le savant reste dans son domaine de compétence.

Et encore lui faut-il être spécialisé et être à jour dans le domaine précis dont il cause.

608.  Sirius | 10/09/2009 @ 1:52 Répondre à ce commentaire

@607_Manu95

D’accord. Regardez-le justement divaguer sur cet effet de serre, où il psittachise le discours du GIEC/IPCC :

http://www.youtube.com/watch?v.....38;index=8

Son explication du phénomène atmosphérique est erronée. Cela je le regrette car j’ai beaucoup d’estime pour lui, en matière d’astrophysique…

609.  Manu95 | 10/09/2009 @ 5:58 Répondre à ce commentaire

Effectivement, c’était peut-être un très bon vulgarisateur scientifique dès les années septante, avant qu’il ne devienne un militant écologiste en 2000.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hubert_Reeves

Maintenant, il ferait mieux de raccrocher et de se taire plutôt que de raconter des c***ries écolo-bobos.
A 76 ans, on lui pardonnera d’avoir atteint son niveau d’incompétence.

610.  miniTAX | 10/09/2009 @ 8:14 Répondre à ce commentaire

Un autre prophète qui tombe lourdement du haut de sa tour d’ivoire, c’est Cousteau (que j’ai admiré quand j’étais assez jeune pour tout savoir). A chaque fois qu’ils s’essayent publiquement aux prophéties écolo-catastrophistes (c’est un triple pléonasme, un écolo est toujours catastrophiste et sait toujours prédire l’avenir), on peut être sûr que la raison les abandonne.

Admirez le tas de c***ries écolo-bobos prononcées par notre expert cinéaste océanocologiste, elles sont aussi somptueuses que celles de nos hélicologistes post-modernes et d’une prescience indépassable. C’était dans une interview publié par le Courrier de l’Unesco en 91 (c’est qu’il ne doute de rien le bonhomme) qui a sans nul doute inspiré toute la génération de décérébrés néo-malthusiens actuelle.

J’ai particulièrement aimé la perle sur le CO2, presque aussi brillante que celle de Rocard et qui mérite le bonnet d’âne gonflé au nitrox (pour la plongée, ah ha) chez Pensée-unique.
Cousteau (qui croit au RC-qui-cause-un-manque-d’eau mais qui croit aussi que l’effet de serre dû au CO2, « c’est du pipeau ») :
« Le CO2 [émis par l’homme] est un gros problème. Nous allons suffoquer à cause du CO2. Comme vous le savez, il [le CO2] stimule la respiration et nous allons finir par mourir essouflé si la quantité de CO2 continue d’augmenter. »(« Carbon dioxide is the big problem. We are going to suffocate because of carbon dioxide. As you know, it stimulates breathing, and we shall all end up panting to death if amounts of carbon dioxide continue to increase. ») :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

611.  Marot | 10/09/2009 @ 9:23 Répondre à ce commentaire

miniTAX (#610), C’est dans le même texte que le criminel lançait son appel au génocide :

World population must be stabilized and to do that we must eliminate 350,000 people per day.

La population du monde doit être stabilisée et pour ce faire, nous devons éliminer 350 000 personnes par jour.

Il ajoutait quelques trémolos du genre « C’est terrible à dire…gna gna gna « 

612.  Manu95 | 10/09/2009 @ 10:02 Répondre à ce commentaire

Et pourtant il est prouvé que les équipages de sous-marins en plongée supportent sans problème pendant des mois des concentrations en CO2 de l’ordre de 5000 ppm.

Une autre c***rie c’est de dire que nous allons à cause du CO2 manquer d’oxygène. Cela doit bien faire rire ceux qui vivent en haute montagne, comme les Tibétains ou les habitants de l’Altiplano. Là où on trouve pas mal de centenaires.

613.  Sirius | 11/09/2009 @ 22:32 Répondre à ce commentaire

@610_miniTAX

[…] un écolo est toujours catastrophiste et sait toujours prédire l’avenir […]

Celle-là est elle bonne, je la retiens.

@611_Marot

World population must be stabilized and to do that we must eliminate 350,000 people per day.

Bigre! C’est plus de personnes je pense que ce que prévoyait la solution finale … 😯

614.  floyd | 11/09/2009 @ 22:45 Répondre à ce commentaire

Selon un sondage récent, les anglais sont de plus en plus sceptiques face au réchauffement climatique:
http://news.bbc.co.uk/2/hi/sci.....249668.stm

Avec la propagande continue des grands médias, je trouve ces résultats plutôt réconfortants. Après les Etats-unis et l’Australie, le scepticisme se renforce aussi en Angleterre. A quand la France?

615.  Sirius | 11/09/2009 @ 23:31 Répondre à ce commentaire

@614_floyd
je matraque
tu matraques
il matraque
nous matraquons
vous matraquez
ils matraquent

Mais le résultat est nul si ce qui est matraqué n’arrive jamais… 8)

616.  Araucan | 14/09/2009 @ 0:40 Répondre à ce commentaire

floyd (#614),

Parlez donc aux gens de la taxe carbone …. ça les a refroidis…

617.  Daniel | 14/09/2009 @ 11:02 Répondre à ce commentaire

« La forêt tropicale, poumon de la terre », un mythe
Qui n’a jamais entendu dire qu’il fallait sauver la forêt tropicale parce qu’elle serait « le poumon de la planète » ?

http://imposteurs.over-blog.co.....41065.html

618.  Hacène | 14/09/2009 @ 15:06 Répondre à ce commentaire

Daniel (#617),
J’aimerais bien savoir qui a eu l’idée de cette calamiteuse analogie : un poumon qui rejette surtout de l’O2 !!

619.  Araucan | 14/09/2009 @ 15:19 Répondre à ce commentaire

Hacène (#618),

C’était le slogan des années 80 pour sauver la forêt tropicale… ensuite cela c’est tout de même su, que seules les forêts gérées corectement ont un bilan O2 positif mais que les forêts laissées à l’état naturel ont un bilan O2 proche de 0.

620.  Daniel | 19/09/2009 @ 21:36 Répondre à ce commentaire

« Il est trop tôt pour déterminer le niveau de risque météorologique posés par le réchauffement global, affirme le directeur-général du Centre climatique de Pékin  »

« La précision de la prédiction est très faible parce que le climat est influencé par de nombreux mécanismes nous ne comprenons pas pleinement « .

« En Chine , il ya eu de nombreuses périodes plus chaudes qu’aujourd’hui.  »
http://www.guardian.co.uk/envi.....ears-china

621.  Sirius | 22/09/2009 @ 0:23 Répondre à ce commentaire

@620_Daniel

“En Chine , il ya eu de nombreuses périodes plus chaudes qu’aujourd’hui. ”

Pas seulement qu’en Chine… Et les Chinois n’ont de toute façon pas intérêt à apprendre le danois. (Copenhague 2009.) 😮

622.  Sirius | 3/10/2009 @ 1:25 Répondre à ce commentaire

Ironie : http://climatesanity.wordpress.....emisphere/

623.  Manu95 | 3/10/2009 @ 15:58 Répondre à ce commentaire

Les psychologues britanniques en remettent un couche, comme si la coupe n’était déjà pas assez pleine…

Most people in denial over climate change, according to psychologists
The majority of people in Britain are in denial about the risk of global warming in our lifetimes, according to a new study into the psychology of climate change.
http://www.telegraph.co.uk/ear.....gists.html

Prof Hamilton said scientists have played down the risks of global warming for fear of overloading people with information.

« There is a widespread belief in the scientific community that the public cannot handle the truth and so they have been pulling their punches. Global warming is unique amongst environmental problems – which are often exaggerated – in that it is now clear that the scientists have been understating the true implications. »

Qu’est-ce qu’il ne faut pas encore entendre alors que les fondements même du RCA (la crosse de hockey) sont de plus en plus démolis par des études sérieuses !

624.  Daniel | 3/10/2009 @ 16:49 Répondre à ce commentaire

http://www.pseudo-sciences.org.....rticle1223

Histoire de l’avenir, des Prophètes à la prospective
Georges Minois, Fayard, 1996, 25 €.
Note de lecture de Jean-Paul Krivine – SPS hors série astrologie, juillet 2009
La « connaissance du futur » a été une préoccupation constante de toutes les civilisations. Savoir de quoi sera faite la chasse du lendemain était sans doute la préoccupation majeure de l’homme préhistorique. L’avenir des royaumes a toujours intéressé princes et gouvernants. Aujourd’hui, chacun d’entre nous aimerait connaître son avenir (santé, argent, sentiments), et d’un point de vue plus général, les grandes évolutions économiques, climatiques, les grandes tendances du futur, pour pouvoir se préparer, pour prendre les bonnes dispositions. Pour les événements qui dépassent l’emprise individuelle, « il faut des “experts”, des gens capables d’inspirer confiance à la communauté » [1].
Georges Minois rappelle que ces experts ont toujours existé, « des devins aux futurologues, des prophètes aux prospectivistes, des augures aux astrologues, des oracles aux diseurs de bonne aventure ». Avec des fortunes diverses. Les développements de la science moderne ont donné quelques lettres de noblesse à certaines disciplines permettant des prédictions, parfois très précises. Mais force est de constater que sur certains sujets, l’incertitude reste de mise.
Les premières pratiques divinatoires (visant à deviner le futur) sont basées sur quelques hypothèses préscientifiques : le divin inaccessible à l’étude directe peut toutefois être perçu à travers l’analyse rigoureuse des manifestations du microcosme nous entourant, un certain déterminisme doit exister, permettant de crédibiliser les prédictions (« pour accorder à un signe la valeur de présage, il faut être persuadé que les mêmes circonstances produisent toujours les mêmes effets »).
Ainsi, l’activité la plus élaborée du monde chaldéen et assyro-babylonien, au IIIe millénaire avant notre ère, était l’haruspicine, basée sur l’observation des entrailles d’animaux sacrifiés : « il est frappant de constater la rigueur de cette activité qui repose sur des observations morphologiques et anatomiques d’une extrême précision » note Georges Minois. Chacun des organes est méticuleusement analysé et mesuré. Des ouvrages décrivent les interprétations qu’il faut tirer de ces observations.
L’astrologie est née dans ce contexte-là. Les points lumineux constellant le ciel nocturne ont été évidemment associés au monde divin, et les évolutions de ce ciel, à des signes que l’on devait pouvoir analyser et interpréter rigoureusement. Toutefois, la complexité des calculs nécessaires a fait que l’astrologie est apparue assez tardivement relativement à d’autres divinations. Le premier horoscope babylonien connu date de 410 avant J.C. L’astrologie s’est ensuite répandue dans le monde antique. Cette astrologie concernait alors l’avenir des royaumes et des peuples en général, pas le destin particulier des individus, ceci essentiellement pour des raisons de nécessité politique : « la consultation des devins, oracles, des prophètes officiels, permet à l’autorité dirigeante de réaliser le consensus, de légitimer ses décisions en les présentant comme conformes à la volonté des Dieux ».
Parmi les peuples anciens, l’un des rares à avoir peu pratiqué l’astrologie est celui des Égyptiens : « alors qu’en Mésopotamie, le roi est comme tout le monde, soumis au destin, le pharaon est lui-même une divinité, qui ne saurait être soumise à un fatalisme astral. Maître de la vie, c’est lui qui détermine le sort de son pays et de son peuple ».

[1] Les citations en italique sont extraites du livre de Georges Minois

625.  Sirius | 3/10/2009 @ 21:43 Répondre à ce commentaire

On peut suer longtemps sur des chemins sans issues…

626.  Sirius | 3/10/2009 @ 23:00 Répondre à ce commentaire

@623_Manu95
Bien sûr, puisque nier la vérité est une pathologie mentale, nier la réalité est une maladie mentale… 😯

627.  Myke | 4/10/2009 @ 10:37 Répondre à ce commentaire

Sirius (#622),
Le réchauffement climatique avait déjà son Livre, son dogme, son catéchisme, ses grands prêtres, ses intégristes, ses blasphémateurs, ses excommunications, etc. ; il a maintenant ses convulsionnaires.
A quand l’aggiornamento ?

629.  Pecqror | 4/10/2009 @ 15:22 Répondre à ce commentaire

« LOSU » la derniere colonne de droite veut dire le niveau de comprehension du GIEC, donc a part le CO2 et le méthane, ils ne comprennent pas grand chose…

630.  Curieux | 4/10/2009 @ 16:55 Répondre à ce commentaire

Dyblast (#628),

C’est pour ça que le GIEC utilise l’acronyme LOSU (Level of Scientific Understanding), pour bien cacher qu’il ‘y comprend rien. 😉

Au passage cela montre que ces données sont de simples opinions donc que le résultat n’est que le reflet de sa propre (sale ?) opinion.

631.  Manu95 | 4/10/2009 @ 18:08 Répondre à ce commentaire

Dyblast (#628),

Pour essayer, je dis bien « essayer », de comprendre, il faut se taper le très indigeste « Intergovernmental Panel on Climate Change’s Fourth Assessment Report (2007), Chapter 2, “Changes in Atmospheric Constituents and Radiative Forcing,” pp. 133-134 (PDF, 8.6 MB, 106 pp.). »

Ref : Wikipedia Radiative forcing

P. S. : Tu te poses beaucoup trop de questions, tu ne seras jamais un bon climastrologue smile

632.  Araucan | 4/10/2009 @ 21:01 Répondre à ce commentaire

Dyblast (#628),

De toute façon, vous ne pouvez additionner (sans pondération) des effets continentaux avec des effets globaux…

De plus dans ce graphique, il manque tous les effets des forçages naturels (il n’y a pas que l’irradiance) et en particulier la vapeur d’eau…

633.  Pecqror | 8/10/2009 @ 10:56 Répondre à ce commentaire

Dyblast (#628),
Justement il y a bard qui présente cette courbe a l’académie des sciences, il a gommé le LOSU en présentant la courbe comme partielle
http://www.dailymotion.com/use.....-laca_tech

634.  Sirius | 8/10/2009 @ 23:33 Répondre à ce commentaire

Autre calamité annoncée, touchant l’agriculture cette fois (fallait y penser): http://www.cyberpresse.ca/envi.....-chers.php

Toujours le même pattern : (1) RCA d’abord, c’est un must; (2) puis des « experts » examinent non pas des faits mais plutôt les éventuelles conséquences des projections des vingt et quelques modèles (i.e. imaginations programmées) sur le sujet qui les intéressent (ici, l’agriculture dans les pays… pauvres); (3) les conclusions, prévisibles d’avance de toutes façons, font la une des journaux. Copenhague 2009 oblige…

635.  Araucan | 9/10/2009 @ 0:19 Répondre à ce commentaire

Sirius (#632),

Ce genre de prédiction, il y en a une tous les six mois ! Espérons qu’après 2009 on sera sevrés ….

636.  Sirius | 9/10/2009 @ 1:33 Répondre à ce commentaire

@633_Araucan
J’ai hâte que ce train passe. Il fait déjà beaucoup trop de boucan pour rien.

À propos, pour les amateurs de cinéma : http://moncinema.cyberpresse.c.....l#comments

637.  Sirius | 9/10/2009 @ 22:21 Répondre à ce commentaire

Encore une pub de propagande catastrophiste! Celle-ci est particulièrement de mauvais goût car, outre d’exagérer grossièrement les faits comme il est d’usage dans ce domaine, elle exploite aussi des enfants : http://www.youtube.com/watch?v=UXdUW3-7Qyk

Pour connaître d’autres réactions et commentaires sur cette pièce de porno-climatologie, voir: http://wattsupwiththat.com/200.....bad-taste/

👿

638.  scaletrans | 10/10/2009 @ 9:17 Répondre à ce commentaire

Sirius (#635),

Porno climatologie, voilà le mot exact pour ce… machin (je ne veux pas être grossier en public).
Quant aux réactions, elles sont unanimes.

639.  floyd | 13/10/2009 @ 21:39 Répondre à ce commentaire

Je viens de voir une conférence de Craig Venter. C’est un biologiste américain qui est connu pour avoir séquencer le génome humain et pour tenter de créer une nouvelle forme de vie américaine. J’ai trouvé la conférence passionnante. Il a parlé de ces derniers projets pour modifier les algues et produire à bon marché des biocarburants. Je suis sûr qu’on arrivera grâce à la science et notamment à la biologie à créer de nouvelles formes d’énergie bon marché.
On peut critiquer les états-unis pour beaucoup de choses, mais on ne peut-être qu’admiratif devant le dynamisme, l’optimisme et l’opiniâtreté de certains de ses scientifiques. J’ai entendu dernièrement des scientifiques européens et américains, et j’ai été étonnée de voir la différence d’attitude. Les européens ne parlaient que d’avenir sombre, de pénurie, de ressources en énergie de plus en plus rares, alors que les américains avaient toujours une vision positive de l’avenir. Peut-être que je suis mal tombé, et que cela ne reflète pas l’ensemble de la communauté, mais cela m’a marqué.

640.  floyd | 13/10/2009 @ 21:41 Répondre à ce commentaire

Ouups, j’ai fait une drôle de coquille:
une nouvelle forme de vie américaine -> une nouvelle forme de vie artificielle, je voulais dire smile

641.  the fritz | 13/10/2009 @ 22:21 Répondre à ce commentaire

floyd (#638),

lapsus révélateur, mais comme toi on préfère ta première version; car la vie artificielle, cela rime trop avec mort naturelle

642.  Sirius | 25/10/2009 @ 2:40 Répondre à ce commentaire

Comment un gourou réchauffiste incontesté, ici James Hansen de la NASA, peut-il foirer? Réponse : quand chacun de ses « scénarios du futur » s’avère faux après coup par l’expérience. Pour preuve, ce lien : http://wattsupwiththat.com/200.....es-hansen/

La conclusion, ou plutôt la morale qu’il faut tirer de ce fait, c’est qu’il ne faut jamais oser définir l’avenir de manière trop détaillée pour d’ici 20 ans. Idéalement, 100 ans est un minimum, car c’est plus sécuritaire. Le GIEC/IPCC l’a compris dès le début. Selon cette docte superstructure politique de l’ONU, tous les problèmes sont pour la fin du XXIe siècle. Quand nous seront tout morts…

643.  Marot | 25/10/2009 @ 20:38 Répondre à ce commentaire

Grande nouvelle
Samedi 21 novembre 2009 à l’auditorium de la Cité des sciences,
à 15h30 vous pourrez vous faire une indigestion de crosse de hockey par son producteur soi-même :

Le climat du dernier millénaire
par Michael E. Mann, Pennsylvania State University

Référence : http://www.cite-sciences.fr/fr.....ce_600.htm

644.  Abitbol | 25/10/2009 @ 20:46 Répondre à ce commentaire

Marot (#643),

On pourrait peut-être y aller avec des tomates et des oeufs pour dire à ce Mann ce qu’on pense de sa science ?!

645.  ardeche07 | 25/10/2009 @ 21:01 Répondre à ce commentaire

Marot (#643),
Belle brochette de réchauffistes toute l’après midi, il n’y aura pas de contradiction, ça c’est sur.

646.  ardeche07 | 25/10/2009 @ 21:06 Répondre à ce commentaire

A noter qu’ils vont parler des conséquences de l’activité volcanique sur le climat, par contre au sujet de l’influence de l’activité solaire, nada… tu m’etonnes….

647.  floyd | 13/11/2009 @ 21:46 Répondre à ce commentaire

La crainte de l’apocalypse inclut la pénurie des énergies fossiles. Comme depuis toujours, les prévisions des prophètes de malheur sont toujours remis en cause par de nouvelles découvertes. Ici on parle de gaz:

Gaz: le scénario qui change tout

Pierre Veya

Les gaz non conventionnels modifient la donne énergétique mondiale

Le rapport de l’Agence internationale de l’énergie sur les perspectives 2009 (LT 11.11.09) a, sans surprise, insisté sur les enjeux de la conférence climatique de Copenhague. Mais l’essentiel de son rapport contenait une autre information, autrement plus surprenante. Les réserves mondiales de gaz sont sans doute beaucoup plus importantes que prévues. Jusqu’ici, il était communément admis que la planète pourrait satisfaire ses besoins en gaz pour les 60 prochaines années, en puisant dans les stocks de trois pays (Russie, Iran, Qatar) qui se partagent une bonne moitié des réserves. Or, en réalité, les réserves pourraient couvrir deux siècles de consommation si l’on cumule les gaz non conventionnels, en particulier les gaz contenus dans les schistes (shale gaz en anglais) et les zones de transition (gaz de charbon, réservoirs très profonds).

Les schistes a porosité très faible piègent de grandes quantités de gaz provenant de la décomposition de bactéries et de matières organiques. Ils suscitent aujourd’hui une frénésie d’investissements. Car les gaz de schiste sont de plus en plus exploitables grâce à des techniques de fracturation des roches par l’envoi d’eau et de sable pour libérer les hydrocarbures. C’est aux Etats-Unis à partir du début des années 90 qu’un «rush» sur ces gisements a démarré avec la mise en service d’une cinquantaine de puits. On en dénombre aujourd’hui des milliers et les experts prévoient qu’à l’horizon 2030, 60% de la production américaine (la deuxième plus grosse production mondiale après la Russie) pourrait provenir de forages profonds et horizontaux, couvrant de larges territoires. Un saut quantitatif énorme si l’on sait que les gaz non conventionnels représentent aujourd’hui à peine quelques pour-cent de la production mondiale. Et surtout, les experts jugent que des réserves dune ampleur équivalente peuvent être trouvées en Europe ou en Asie. «C’est une percée majeure qui changera la géopolitique mondiale du gaz», confiait récemment au New York Times Amy Myers Jaffe, un expert en énergie de la Rice University.
Pour la première fois, l’Agence internationale de l’énergie consacre une partie substantielle de son analyse aux gaz non conventionnels dont la montée en puissance a d’ores et déjà un effet sur les prix. Et elle en tire une conclusion limpide: «La menace de surproduction de gaz qui se dessine pourrait avoir des effets considérables sur les structures des marchés gaziers et la formation du prix du gaz en Europe et dans la région Asie-Pacifique. La réduction importante des besoins d’importation des Etats-Unis (en raison de perspectives plus favorables pour la production intérieure et d’une demande intérieure plus faible) pourrait conduire à moins d’interactions entre les grands marchés régionaux», écrit l’agence chargée de défendre les intérêts des pays consommateurs. Le découplage du prix du gaz avec celui de pétrole se dessine à l’horizon. Et surtout, le rapport de force dans la fixation des prix entre les pays fournisseurs de gaz et pays importateurs pourrait se rééquilibrer au profit des seconds.
On devine les conséquences concrètes. L’Europe, qui redoute de devenir de plus en plus dépendante vis-à-vis de la Russie, trouverait des ressources non exploitées pour desserrer l’étau qui se referme sur elle. Les grands gazoducs, qui visent à connecter l’Europe aux nouveaux champs de Sibérie et de la mer Caspienne, et sans doute un jour l’Iran et l’Irak, sont au cœur d’une guerre géopolitique où menaces et coups de poker diplomatiques empoisonnent nos rapports avec la Russie. Or, en un coup de dé, tout pourrait changer. Cette perspective expliquerait en partie les difficultés de financement rencontrées par les promoteurs des nouvelles routes de gaz et contribue sans aucun doute à fragiliser les grands projets de gaz liquéfiés qui doivent permettre aux Etats-Unis et à l’Europe de diversifier leurs sources d’approvisionnement.

Les stratèges des grandes compagnies pétrolières et gazières ont compris les enjeux; toutes à des degrés divers multiplient les alliances, les rachats d’entreprises pour exploiter et prospecter de nouveaux gisements de gaz non conventionnels. Aux Etats-Unis, l’industrie gazière cherche à convaincre le Congrès et le président de l’importance stratégique des gisements de gaz de schiste sous l’angle de la sécurité énergétique et du climat (pour une même quantité d’énergie, le gaz émet 50% de CO2 en moins que le charbon).
S’il est incontestable que les gaz non conventionnels bouleversent la donne énergétique mondiale, les experts disposent encore de peu de données en dehors des Etats-Unis, notamment sur les risques environnementaux, qui sont loin d’être négligeables. De plus, si les techniques de forage en grande profondeur progressent, certaines régions ne permettront
sans doute pas de récupérer des grandes quantités d’hydrocarbures à des prix raisonnables. Et surtout, la crise économique se fait durement ressentir dans l’industrie du gaz et l’explora tion ne reprendra que si les investisseurs ont la certitude que les prix, actuellement déprimés, se redressent.

A n’en pas douter: le gaz sera l’énergie de transition majeure de la planète et pourrait contrecarrer les effets de la stagnation attendue de la production pétrolière dont les réserves facilement accessibles ont sans doute été surévaluées. Par ailleurs, si le gaz est une énergie de substitution au pétrole, une taxation progressive du CO2 ralentira à terme sa progression, encouragera la frugalité énergétique et les technologies propres. Reste que nous sommes en train d’assister à un passage de témoin entre le gaz et le pétrole dont l’ampleur et les conséquences semblent désorienter l’Agence internationale de l’énergie qui vient tout juste d’en esquisser les enjeux.

http://www.letemps.ch/Page/Uui.....hange_tout

648.  the fritz | 14/11/2009 @ 9:21 Répondre à ce commentaire

floyd (#647),
Tient ? Pas un mot sur les hydrates? Si Coustou nous lit il sera déçu!!

Aller chercher le gaz des shales qui formaient la couverture des gisements …………et pourquoi pas l’eau sur la Lune

649.  Marot | 14/11/2009 @ 9:46 Répondre à ce commentaire

floyd (#647), Je n’ai pas réussi à trouver ce rapport de l’AIE.
Avez-vous un lien ?

Merci.

650.  floyd | 14/11/2009 @ 11:19 Répondre à ce commentaire

Marot (#649),

Avec le filtre anti-spam, j’ai des problèmes pour mettre le lien. Voici le site:
www(.)worldenergyoutlook(.)org(/)2009.asp

Il faut enlever les parenthèses.

Sorry, the comment form is closed at this time.