Combien d’Irma en 2100 ?

Je n’ai pas pu y échapper. Hier je suis tombé devant une télé allumée et un « expert » m’a regardé droit dans les yeux en m’affirmant que ces cyclones dans l’Atlantique, c’est de la faute au réchauffement. Mais le GIEC, lui il en dit quoi ?

Il fait des prévisions puisqu’on lui demande d’en faire. Voila, le nombre de cyclones de catégories 4 et 5 pourrait augmenter de 200% ou diminuer de 100%. avec une valeur la plus probable de +50%. Skyfall en coopération avec ses amis hackeurs russes s’est procuré les échanges ayant donné lieu à la production du rapport du GIEC :

_Bon les gars, le texte, personne ne va le lire, il nous faut une image.

_Oui, en couleur.

_Et des chiffres, il nous faut quantifier, on fait de la science.

_Il a raison, il faut que ce soit carré, avec une médiane et un intervalle de confiance à 66% comme c’est demandé dans les lignes directrices du rapport.

_Qu’en dit la littérature pour les projections en 2100, de combien ça augmente les cyclones de catégorie 4 et 5 ?

_Elle dit qu’on en sait rien.

_Tom K. veut un chiffre si tu veux conserver ton budget. A vos calculatrices les gars, vous avez 5 minutes.

_Alors Manu, c’est quoi la borne haute de nos prévisions ?

_+200,04 %, on peut arrondir à 200 %.

_Paul, la borne basse ?

_Hein ?

_La borne basse, c’est quoi ?

_Heu, -157%.

_T’es sur ?

_Je ne vais pas recommencer mes calculs !

_Mouais, t’as la marque de ton pavé numérique sur la joue gauche.

_C’est le jet lag, j’étais à un colloque à Miami hier.

_On arrondit à -100%. Pour le « best guess », on a qu’a faire une moyenne. 200 moins 100, je divise par 2, cela nous donne +50%. De toutes façons il nous faut une valeur positive si non on va être obligé de parler des sécheresses engendrées par le manque de cyclones et on a plus de place dans notre  chapitre.

_Au moins, avec une telle fourchette, on est sur de ne pas se tromper.  C’est torché, a plus les gars, je dois aller chercher ma femme à l’aéroport d’Honolulu.

A vrai dire, je ne peux pas garantir l’authenticité de ces échanges, mais pourquoi pas ?

AR5Cyclones2Tout aussi sérieusement, le GIEC nous dit que globalement le nombre de cyclones majeurs va augmenter, mais on ne sait pas vraiment ou. C’est pas dans l’hémisphère nord (« données insuffisantes »), ni dans l’hémisphère sud, c’est donc ailleurs (sur l’Oceanus Procellarum ?).

Ce qui est embêtant avec tout ça, c’est que le GIEC savait lors de l’AR4, et les médias l’ont cru, on fait tous des erreurs. Dans l’AR5, ils ne savent plus, mais ils n’arrivent pas à le dire.

Addendum : Voici la légende du graphique en question, un savant mélange de technique du doigt mouillé et de faux calculs qui font sérieux :

Projected changes in tropical cyclone statistics. All values represent expected percent change in the average over period 2081–2100 relative to 2000–2019, under an A1B-like scenario, based on expert judgement after subjective normalization of the model projections. Four metrics were considered: the percent change in I) the total annual frequency of tropical storms, II) the annual frequency of Category 4 and 5 storms, III) the mean Lifetime Maximum Intensity (LMI; the maximum intensity achieved during a storm’s lifetime) and IV) the precipitation rate within 200 km of storm center at the time of LMI. For each metric plotted, the solid blue line is the best guess of the expected percent change, and the coloured bar provides the 67% (likely) confidence interval for this value

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101.  scaletrans | 23/01/2020 @ 9:11 Répondre à ce commentaire

the fritz (#100),
Cette histoire est à double tranchant, car ce sont les RCG modulés par l’activité solaire qui font varier de quelques pour cent la couverture nuageuse, donc l’albédo, et cela suffit pour passer d’une période chaude à un petit âge glaciaire. Donc, comme c’est ma conviction depuis le début, c’est l’éléphant dans le couloir, le Soleil, qui commande.

102.  the fritz | 23/01/2020 @ 10:19 Répondre à ce commentaire

scaletrans (#101),

La Lune subit de très fortes disparités de températures, puisque dans les régions équatoriales et aux latitudes moyennes il fait plus de 100°C le jour et -183°C la nuit.

https://www.sciencesetavenir.fr/espace/froids-records-sur-la-lune_33037
J’ai jamais nié la théorie de Svensmark, ni que c’est le soleil et ses variations d’actvité décénales , centenales ,millénaires , et millionaires et les variations orbitales de la Terre autour du soleil qui gèrent le climat de la Terre; certes la tectonique et les variations isostatiques post glaciaires changent un peu la répartition terre/mer , mais les GES sont là pour remettre la climatisation en place : la vapeur en ce qui concerne l’albédo et le CO2 en ce qui concerne le couvert végétal

103.  amike | 23/01/2020 @ 10:40 Répondre à ce commentaire

valaupy (#99), the fritz (#100),

l’augmentation des GES modifie-elle l’albedo de la planète ?

Pour aller au-delà de l’évidence (la vapeur d’eau est un gaz à effet de serre et compose les nuages sur Terre…), et en mettant de coté la glace des pôles, on ne sait pas si à long terme un réchauffement important modifie le bilan d’albedo de la Terre.
Certains disent que les nuages avec l’évaporation grandissante va provoquer un effet « iris ».
D’autres, que les nuages bas vont disparaître :
— Transitions climatiques possibles de la rupture des ponts de stratocumulus sous le réchauffement de la serre
— Avis de Dr Spencer

Un monde « sans nuage » sur une planète couverte d’eau, c’est plutôt le cas dans le cadre d’un grand refroidissement : Europe, le satellite de Jupiter a plus d’eau que chez nous mais pas un nuage…

104.  Bernnard | 23/01/2020 @ 10:54 Répondre à ce commentaire

scaletrans (#101), the fritz (#102),
Bien sûr que c’est le soleil qui nous chauffe. Dans la mesure où nous accordons une signification physique aux « moyennes de température » l’amortissement des fluctuations entre les températures les plus hautes (rayonnement direct du soleil vers le sol diurne) et les températures les plus basses (rayonnement direct de la terre vers l’espace nocturnel, se réduit , l’eau et {peut-être) les GES amènent mathématiquement à hausser cette moyenne.
Tout cela est une question de moyenne de température qui n’a pas de signification thermodynamique.

105.  the fritz | 23/01/2020 @ 11:20 Répondre à ce commentaire

amike (#103),
J’ai lu l’abstract de Schneider : c’est une publication pour le GIEC avec un problème , l’emballement du réchauffement à cause d’une augmentation du CO2; la Terre n’a jamais connu cela pendant son histoire sinon elle ressemblerai à Mercure
Mais Spencer et les commentaires de ses lecteurs remettent tout cela en place

106.  scaletrans | 23/01/2020 @ 11:54 Répondre à ce commentaire

the fritz (#102),
Nous sommes d’accord smile

107.  Michel Le Rouméliote | 23/01/2020 @ 12:05 Répondre à ce commentaire

Bernnard (#104),

Tout cela est une question de moyenne de température qui n’a pas de signification thermodynamique.

Et ça n’a pas non plus de signification géographique. Donc, ça ne sert à rien !

108.  the fritz | 23/01/2020 @ 13:06 Répondre à ce commentaire

Michel Le Rouméliote (#107),
Je ne sais pas pourquoi vous dites cela ; il suffit de ne pas moyenner la température de n’importe quoi; des corps avec des chaleurs spécifiques différentes , ou des volumes différents avec des chaleurs spécifiques semblables

109.  Murps | 23/01/2020 @ 13:25 Répondre à ce commentaire

On peut prendre toutes les précautions oratoires que l’on veut, cela n’a aucune signification thermodynamique.
Une poignée de points de mesures de températures mal répartis sur la surface terrestre, mêmes effectuées dans le respect des normes, ne peut pas donner une image de l’enthalpie de la totalité du système constitué de l’atmosphère et des océans.

La seule chose que l’on peut conclure, c’est qu’on peut déterminer si il y a une variation statistiquement significative.
En frappant les chiffres à coups de trique et en tordant les graphiques on arrive péniblement à 0.8 °C sur un siècle.
Compte tenu de la politisation du problème et de l’opacité qui règne sur la prodction de ces chiffres, j’ai même un doute sur cette valeur de 0.8, je ne serai pas surpris qu’une autre méthode de traitement des données nous donne bien moins.

110.  Michel Le Rouméliote | 23/01/2020 @ 19:20 Répondre à ce commentaire

the fritz (#108), Sur le plan géographique, on mesure les températures d’une station selon des normes et un matériel précis toutes les 6 heures (à 0h, 6h, 12h, 18h et 24h). On peut avoir, par exemple, la variation moyenne diurne de la température pour un mois donné. On calcule la moyenne journalière, puis des moyennes mensuelles et annuelles. Ces mesures donnent une idée des variations de températures pour la station à une échelle de temps donnée. Mais on ne peut pas les isoler des mesures de précipitations pour établir, par exemple, un climogramme de la station considérée. Ensuite, on considère les autres paramètres, le plus important étant la pression atmosphérique, la force et la direction des vents, etc. C’est ce qui permet de définir un climat. Seulement avec une série suffisamment longue de données, on peut voir si les climats fluctuent dans les diverses stations en les corroborant avec l’évolution du couvert végétal, du régime des cours d’eau, des niveaux des eaux marines et continentales,etc.
Que constate-t-on depuis plus d’un siècle ? Eh bien, c’est ce que ditMurps (#109), à pas grand chose, sinon quelques variations/fluctuations marginales des déserts, des zones semi-arides ou de l’étagement de la végétation en montagne en faisant attention à l’activité humaine qui est plus souvent décisive qu’une cause « climatique ».
Pour nous, les mesures sont toujours approximatives et sont là pour donner une idée. Ce ne sont en aucun cas des vaches sacrées comme pour les bidulateurs, mais des éléments parmi d’autres pour étayer un raisonnement géographique. Et déduire la température moyenne de tout un espace à partir d’une station n’a pas de sens et quand on lit les problèmes des mesures par satellite par les spécialistes de la question, on n’est pas sorti du sable !

111.  Murps | 23/01/2020 @ 21:01 Répondre à ce commentaire

Michel Le Rouméliote (#110), toutafé.
Et le point de vue du géographe qui me semble bien plus pertinent a été largement marginalisé ces dernieres années.

On a remplacé de la bonne géographie qui assume son côté sciences sociales par de la mauvaise physique
qui nie sa dimension politique.

112.  Michel Le Rouméliote | 24/01/2020 @ 11:35 Répondre à ce commentaire

Murps (#111), Hélas oui. Le tournant a été pris dans les années 1980 quand la géographie a été bouffée par de la très mauvaise physique d’un côté, par l’écologie dite « scientifique » de l’autre et enfin par la sociologie côté science sociale. La faute aux mandarins universitaires qui ont voulu donner à la géographie une illusion de scientificité en manipulant des nombres et des statistiques alors qu’ils étaient incompétents. La tableur Excel a été une catastrophe pour la géographie ! Ces mêmes mandarins n’ont pas été capables de prendre le tournant des SIG, faute d’une culture scientifique minima et ils les ont laissés à d’autres (économistes, marketeurs, etc.) et se sont enfoncés dans des discours creux dignes de sciences po. Dans mon domaine (géographie régionale de la Grèce et des Balkans), c’est le désert intellectuel. Je suis resté sur le cul en voyant le succès du bouquin de Christophe Guilluy qui a fait dans les années 2010 de la géographie des années 1980. Ses conclusions sont pour nous autres géographes de stricte obédience, d’une évidence rare. Si j’avais su…
Enfin, j’en veux beaucoup à ces mandarins et à leurs élèves pour avoir laissé tomber Marcel Leroux et permis le dépeçage de son labo après sa mort, alors qu’il avait écrit dans le BAGF (Bulletin de l’Association de Géographes Français) en 1986 (c’est là que je l’avais découvert). Cette revue est devenue bien pensante comme le reste…