Combien d’Irma en 2100 ?

Je n’ai pas pu y échapper. Hier je suis tombé devant une télé allumée et un « expert » m’a regardé droit dans les yeux en m’affirmant que ces cyclones dans l’Atlantique, c’est de la faute au réchauffement. Mais le GIEC, lui il en dit quoi ?

Il fait des prévisions puisqu’on lui demande d’en faire. Voila, le nombre de cyclones de catégories 4 et 5 pourrait augmenter de 200% ou diminuer de 100%. avec une valeur la plus probable de +50%. Skyfall en coopération avec ses amis hackeurs russes s’est procuré les échanges ayant donné lieu à la production du rapport du GIEC :

_Bon les gars, le texte, personne ne va le lire, il nous faut une image.

_Oui, en couleur.

_Et des chiffres, il nous faut quantifier, on fait de la science.

_Il a raison, il faut que ce soit carré, avec une médiane et un intervalle de confiance à 66% comme c’est demandé dans les lignes directrices du rapport.

_Qu’en dit la littérature pour les projections en 2100, de combien ça augmente les cyclones de catégorie 4 et 5 ?

_Elle dit qu’on en sait rien.

_Tom K. veut un chiffre si tu veux conserver ton budget. A vos calculatrices les gars, vous avez 5 minutes.

_Alors Manu, c’est quoi la borne haute de nos prévisions ?

_+200,04 %, on peut arrondir à 200 %.

_Paul, la borne basse ?

_Hein ?

_La borne basse, c’est quoi ?

_Heu, -157%.

_T’es sur ?

_Je ne vais pas recommencer mes calculs !

_Mouais, t’as la marque de ton pavé numérique sur la joue gauche.

_C’est le jet lag, j’étais à un colloque à Miami hier.

_On arrondit à -100%. Pour le « best guess », on a qu’a faire une moyenne. 200 moins 100, je divise par 2, cela nous donne +50%. De toutes façons il nous faut une valeur positive si non on va être obligé de parler des sécheresses engendrées par le manque de cyclones et on a plus de place dans notre  chapitre.

_Au moins, avec une telle fourchette, on est sur de ne pas se tromper.  C’est torché, a plus les gars, je dois aller chercher ma femme à l’aéroport d’Honolulu.

A vrai dire, je ne peux pas garantir l’authenticité de ces échanges, mais pourquoi pas ?

AR5Cyclones2Tout aussi sérieusement, le GIEC nous dit que globalement le nombre de cyclones majeurs va augmenter, mais on ne sait pas vraiment ou. C’est pas dans l’hémisphère nord (« données insuffisantes »), ni dans l’hémisphère sud, c’est donc ailleurs (sur l’Oceanus Procellarum ?).

Ce qui est embêtant avec tout ça, c’est que le GIEC savait lors de l’AR4, et les médias l’ont cru, on fait tous des erreurs. Dans l’AR5, ils ne savent plus, mais ils n’arrivent pas à le dire.

Addendum : Voici la légende du graphique en question, un savant mélange de technique du doigt mouillé et de faux calculs qui font sérieux :

Projected changes in tropical cyclone statistics. All values represent expected percent change in the average over period 2081–2100 relative to 2000–2019, under an A1B-like scenario, based on expert judgement after subjective normalization of the model projections. Four metrics were considered: the percent change in I) the total annual frequency of tropical storms, II) the annual frequency of Category 4 and 5 storms, III) the mean Lifetime Maximum Intensity (LMI; the maximum intensity achieved during a storm’s lifetime) and IV) the precipitation rate within 200 km of storm center at the time of LMI. For each metric plotted, the solid blue line is the best guess of the expected percent change, and the coloured bar provides the 67% (likely) confidence interval for this value

112 Comments     Poster votre commentaire »

1.  Nicias | 8/09/2017 @ 14:39 Répondre à ce commentaire

En économie, on parle souvent de résultats contre-intuitifs. Vous faites un raisonnement simple et ultra solide, genre je chauffe de l’eau et paf un cyclone apparait, puis vous regardez les données et c’est pas de chance, car il se produit exactement le contraire de ce que vous anticipiez. C’est la beauté des systèmes complexes.

2.  Claude C | 8/09/2017 @ 15:01 Répondre à ce commentaire

Je suis sidéré…
Le nombre d’ « experts » qui s’expriment à la télé, « comme il le faut » ces jours derniers, est en croissance exponentielle. « Irma » semble avoir finalement redonné du courage à tout le monde…! On est sauvé !

3.  Christial | 8/09/2017 @ 15:10 Répondre à ce commentaire

Les voies du GIEC sont impénétrables.

4.  Roby W | 8/09/2017 @ 15:38 Répondre à ce commentaire

Bien dit : des résultats contre intuitifs.

Je découvre aussi cela en santé publique : le sens commun n’aide pas.

Mais même avec des systèmes simples : la toupie !

5.  patilleverte | 8/09/2017 @ 17:24 Répondre à ce commentaire

Simple demander à (la boule de cristal de) Madame… IRMA !

6.  Nicias | 8/09/2017 @ 19:43 Répondre à ce commentaire

J’ai rajouté la légende du graphique pour les anglophones en fin d’article. Il y a certainement des vrais calculs issus de la littérature scientifique peer reviews dans ce graphique. Mais ce n’est pas le cas pour les chiffres dont je parle (les -100%, +200% et +50%). Ce sont des chiffres complètement bidons sorti du chapeau. Avec le GIEC, c’est pas compliqué, soit vous avez 2 ou 3 chiffres après la virgule et c’est un calcul, soit vous n’en avez pas (genre le déficit radiatif de 1W/m2 à la TOA) et c’est au mieux une opinion éclairée.

7.  Araucan | 8/09/2017 @ 21:41 Répondre à ce commentaire

Nicias (#6),
En plus, du pifomètre en 2D.
On ne lit jamais assez les rapports du GIEC !
NB : en son temps, j’ai participé à une séance de prédiction de ce type et les dialogues étaient similaires… Il fallait remplir les cases ! Mais c’était plus facile !

8.  AlterEgo | 8/09/2017 @ 22:01 Répondre à ce commentaire

mais on ne sait pas vraiment ou

Je préfère mais on ne sait pas vraiment où.

9.  Araucan | 8/09/2017 @ 22:19 Répondre à ce commentaire

Araucan (#7),
oups En plus court !

10.  Toto l'Asticot | 9/09/2017 @ 6:51 Répondre à ce commentaire

Je prédis qu’à l’avenir, les cyclones ne seront ni plus nombreux, ni moins nombreux, ni plus forts, ni moins forts qu’auparavant, bien au contraire. Idem pour la réchauffation climateuse : elle n’augmentera ni ne diminuera, bien au contraire. Là, ça va ? J’ai couvert l’éventail des possibles ? J’ai bétonné ?

11.  lemiere jacques | 9/09/2017 @ 8:17 Répondre à ce commentaire

ce n’est pas le problème ni la question…

le problème est chez les « scientifiques » qui à chaque fois qu’ils sont interrogés donnent une réponse délibérément alambiquée qui laisse à penser aux gens qu’ils savent quelque chose: HONTEUX!
mais c’est un travers de tout chercheur soucieux de préserver des crédits de recherche; il faut toujours laisser à penser que son travail est directement utile ou vital…

Pour les climatologues vous avez la néologique..vous dites les modèles indiquent une possible augmentation d’intensité ou pire au cas ou la tendance observée est inverse à ceux qu’indique l’ensemble DES modèles indique que..etc..et vous avez éviter le gros problème ..quelle confiance à accorder à un ensemble de modèles???

mais vous auriez pu aussi vous demander ,eu égard au faible nombre de cyclones de leur aspect aléatoire en intensité… combien faut il d’années pour conclure avec une bonne probabilité à une augmentation d’intensité? Et on a pas besoin de modèles pour se poser cette question!

Commenter les résultats du giec en les acceptant , est utile quand on a affaire à des propagandistes catastrophistes militants..reste la vraie question que moi je me pose..
quel sens à donner à un ensemble de modèles et pourquoi?????

12.  lemiere jacques | 9/09/2017 @ 8:32 Répondre à ce commentaire

lemiere jacques (#10), hier j’ai entendu une nutritionniste parler à la télévision… et le message qu’elle a délivré était très clair…

« Il faut faire attention au sucré et au gras dans les produits transformés… »

qu’est ce qui est clair la dedans? c’est que le message qu’ il faut faire passer est que les produits transformés sont mauvais…parce que l’information nutritionnelle est nulle…

Le crétinisme ou le militantisme des journalistes qui ne réagissent jamais à ce type de discours n’est pas propre à la climatologie.

13.  Bastinor | 9/09/2017 @ 8:48 Répondre à ce commentaire

Surement beaucoup puisque Hulot s’est enfin exprimé pour déclarer que le pire était à venir. Si il le dit çà doit être vrai, non ?
Sinon une semaine à commenter Irma commence à être usant pour certains qui inconsciemment font des boulettes. Comme Bodin, un des monsieur météo briffé comme il faut lors de la COP21 pour qui les modèles ont besoin d’être améliorés parce qu’on est loin de comprendre tous les mécanismes climatiques. Stupeur sur le plateau, j’ai cru qu’il allait être exfiltré ! Même Jouzel n’est pas toujours en forme, peut-être jaloux qu’on lui préfère une jeunette un peu plus sexy qui fait merveille dans le catastrophisme.

14.  Jeff Hersson | 9/09/2017 @ 8:54 Répondre à ce commentaire

Dans la série « je n’ai aucune honte pour faire de la récup’ sur le malheur des gens », Nicolas BHulot se pose en maitre.

Interrogé sur le passage dévastateur d’Irma dans les Caraïbes, Nicolas Hulot a jugé que ça devait « servir de leçon » à la France et à l’ensemble des pays du monde pour la lutte contre le réchauffement climatique. Invité au 20h de France 2, le ministre de la Transition écologique et solidaire a déclaré: « On a un devoir d’humanité face aux femmes, aux hommes, aux enfants victimes du changement climatique ». (Source: Le Figaro)

15.  Jeff Hersson | 9/09/2017 @ 9:05 Répondre à ce commentaire

Et histoire de VRAIMENT rigoler, la suite de l’article du Fig’:

« On arrive malheureusement, et je le déplore, dans la démonstration de modélisations ou prévisions qui avaient été faites par le Giec », le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat qui met régulièrement en garde contre les effets du réchauffement climatique.

16.  lemiere jacques | 9/09/2017 @ 9:36 Répondre à ce commentaire

Jeff Hersson (#13), et quelle est la leçon?

parce que si la leçon est si je ne lutte pas contre le réchauffement climatique il y aura plus de cyclones plus intenses , m’en fous après tout…

17.  Bernnard | 9/09/2017 @ 9:54 Répondre à ce commentaire

lemiere jacques (#15),
« et quelle est la leçon? »
Vous ne voulez pas apprendre la leçon ? Alors vous paierez des taxes quand même ! Nulhot est ministre après tout !

18.  tsih | 9/09/2017 @ 10:12 Répondre à ce commentaire

Combien d’Irma en 2100 ?

Comme l’a dit pastilleverte, c’est simple il faut consulter (la boule de cristal de) Madame Irma

Les scientifiques eux ne savent pas et ne sont près de savoir. Déjà on ne sait ni pourquoi ni comment un cyclone tropical se forme.

As stated earlier, a theory of any kind that tells us what the probability of TC genesis is for a given large-scale environment is not available at this time.

Et comment voulez-vous qu’ils détectent une « signature anthropique » dans les données de ces dernières décennies sur les cyclones puisque de leur propre aveu:

Paleotempestology work has identified large, centennial to millennial scale variations in regional TC incidence, the causes of which are at present not understood.

lien et merci à Science hub

19.  scaletrans | 9/09/2017 @ 10:15 Répondre à ce commentaire

tsih (#17),

Le lien donne une page en cyrillique…

20.  tsih | 9/09/2017 @ 10:25 Répondre à ce commentaire

scaletrans (#18),

Ben oui c’est un site russe pour briser le paywall. Mais si vous passez le test de détection de robot il devrait vous donner le papier en question.

Sinon ouvrez ça et collez le DOI du papier: DOI: 10.1002/wcc.371

21.  patilleverte | 9/09/2017 @ 10:30 Répondre à ce commentaire

tsih (#17),
Merci, c’est parce que je suis un grand scientifique smile

22.  BenHague | 9/09/2017 @ 10:32 Répondre à ce commentaire

Je pense que tout est là sur les connaissances officielles :

It is premature to conclude that human activities–and particularly greenhouse gas emissions that cause global warming–have already had a detectable impact on Atlantic hurricane or global tropical cyclone activity. That said, human activities may have already caused changes that are not yet detectable due to the small magnitude of the changes or observational limitations, or are not yet confidently modeled (e.g., aerosol effects on regional climate).

C’est le premier point de la conclusion

Et meme si ils ont acquis la conviction par la modelisation qu’il y aura une intensification des ouragans dans le futur ; il est clairement dit que :

Owing to the large interannual to decadal variability of SST and hurricane activity in the basin, Bender et al (2010) estimate that detection of this projected anthropogenic influence on hurricanes should not be expected for a number of decades.

Finalement aujourd’hui , ils concluent que depuis 1850 jusqu’à aujourd’hui:

In short, the historical Atlantic hurricane record does not provide compelling evidence for a substantial greenhouse warming-induced long-term increase.

Ni en intensité , ni en fréquence ….

On est à des années lumière de toutes les betises déversées dans les medias par de pseudo-experts et les politiques

23.  tsih | 9/09/2017 @ 11:41 Répondre à ce commentaire

BenHague (#22),

Le problème c’est que le résumé du GFDL dit aussi ça:

Anthropogenic warming by the end of the 21st century will likely cause tropical cyclones globally to be more intense on average (by 2 to 11% according to model projections for an IPCC A1B scenario). This change would imply an even larger percentage increase in the destructive potential per storm, assuming no reduction in storm size.
There are better than even odds that anthropogenic warming over the next century will lead to an increase in the occurrence of very intense tropical cyclone in some basins–an increase that would be substantially larger in percentage terms than the 2-11% increase in the average storm intensity. This increase in intense storm occurrence is projected despite a likely decrease (or little change) in the global numbers of all tropical cyclones.
Anthropogenic warming by the end of the 21st century will likely cause tropical cyclones to have substantially higher rainfall rates than present-day ones, with a model-projected increase of about 10-15% for rainfall rates averaged within about 100 km of the storm center.

Et les benêts réchauffistes sautent là-dessus comme la vérole sur le bas-clergé breton !

Or ceci ce n’est que des spéculations qui ne méritent même pas le qualificatif de « théoriques » puisqu’elles s’appuient que sur des modélisations numériques qui ne valent pas tripette et qu’on n’a pas de théorie de la formation des cyclones tropicaux.

24.  chercheur | 9/09/2017 @ 12:19 Répondre à ce commentaire

On parle de Macron…

https://cliscep.com/2017/09/08/the-worst-x-since-y/

25.  BenHague | 9/09/2017 @ 13:30 Répondre à ce commentaire

Ce que dit la NOAA n est pas un problème … c est un état des lieux de la Science aujourd ‘hui. « will likely » signifie au moins 2 chance sur 3 avec les incertitudes que cela soit juste … avec les modèles d aujourd hui et leur imperfections … on est loin du 3-sigma autant dire qu on sait pas grand chose pour le futur.
La seule certitude aujourd hui c est que depuis 1850 il n y a pas eu d augmentation de frequence ni d intensité. Ce n est ni speculatif ni basé sur des hypothèses conservatives. C est démontré. Donc on peut affirmer que le RC (A) n a eu aucun effet sur les ouragans jusqu à aujourd hui …

Malheureusement on ne pourra jamais empecher les récupérations macabres et encore moins les convaincre … c est une religion en marche …

26.  chercheur | 9/09/2017 @ 13:33 Répondre à ce commentaire

La théorie expliquant que plus la mer est chaude plus les cyclones sont puissants, est invalidée par Irma…

https://cliscep.com/2017/09/08/the-worst-x-since-y/

Existe-t-il des théories dans la science du climat réellement pertinentes?

27.  BenHague | 9/09/2017 @ 14:22 Répondre à ce commentaire

Irma n invalide ni ne valide quoique ce soit.
C est evenement meteo extrème, statistiquement rare, qui s est deja produit et qui malheureusement se reproduira …

28.  Cdt Michel e.r. | 9/09/2017 @ 14:34 Répondre à ce commentaire

chercheur (#26),

Judith Curry a publié un article à ce sujet
https://judithcurry.com/2017/09/08/hurricane-irma-eyes-florida/

29.  chercheur | 9/09/2017 @ 14:55 Répondre à ce commentaire

Cdt Michel e.r. (#28),

C’est le lien que je voulais donner…mais il y a eu une petite erreur de manip.

30.  chercheur | 9/09/2017 @ 15:06 Répondre à ce commentaire

BenHague (#27),

Quand la théorie dit que plus la mer est chaude, plus les cyclones sont violents et que l’on constate qu’un des cyclones les plus violents ne vient pas d’une mer chaude, c’est que la théorie est fausse et doit être révisée.

Vous pouvez avoir 100 cyclones qui valident cette théorie. Si un seul ne la valide pas, c’est qu’elle est fausse.

Si la science est à la dérive aujourd’hui, c’est parce que la grande majorité des scientifiques ne prennent aucun compte de ce fondement de la science.

31.  chercheur | 9/09/2017 @ 15:11 Répondre à ce commentaire

A ce sujet, j’ai entendu un expert des cyclones affirmer dans un C’est dans l’air que la vitesse du vent dans les cyclones a un plafond et qu’Irma est à ce plafond. Au-dessus ce sont des tornades avec leurs spécificités, sachant qu’il peut y avoir des tornades dans un typhon.

J’ai cherché des explications sur ce sujet, je n’ai rien trouvé.

32.  tsih | 9/09/2017 @ 15:25 Répondre à ce commentaire

chercheur (#26),

Oui, absolument, c’est justement pour cela que je qualifiais la partie prospective du résumé du GFDL que je citais plus haut de pures spéculations qui sont basées essentiellement sur du vent.

Comme on l’observe avec Irma la température de surface de l’océan n’était pas du tout particulièrement élevée, bien au contraire. Judith Curry le fait remarquer:

The surprising thing about this development into a major hurricane was that it developed over relatively cool waters in the Atlantic – 26.5C — the rule of thumb is 28.5C for a major hurricane (and that threshold has been inching higher in recent years).

Or cela ne devrait justement pas surprendre quelqu’un qui connait un peu de thermodynamique hors équilibre, la discipline dont relève . Ce qui compte pour déclencher ce type de structure dissipative qu’est un cyclone ce n’est pas la température de surface de l’eau elle-même mais les gradients, profils de températures dans la troposphère et donc les différences de températures verticales entre l’eau et la tropopause.

Et j’avais déjà rappelé cette évidence dans le fil Info de sceptique le 30 / 08

Du mois d’août jusqu’en décembre les ouragans sont la règle dans cette région de l’Atlantique et de la mer des Caraïbes depuis la nuit des temps. Les navigateurs à voile savent très bien qu’il vaut mieux éviter la traversée de l’Atlantique par la route des alizés en cette saison s’ils ne veulent pas risquer de se faire hacher menus par un tel phénomène de la nature.
Les rapports du GIEC eux-mêmes reconnaissent qu’il n’y a aucun effet aggravant avéré et démontré jusqu’ici du réchauffement climatique sur la fréquence et l’intensité de ces phénomènes. En fait leur fréquence a même plutôt diminué depuis 10 ans mais ce n’est probablement qu’une fluctuation statistique.
Mais les benêts réchauffistes ne peuvent s’empêcher de vouloir faire le lien et de se livrer à des spéculations imbéciles. L’argument le plus débile avancé étant: température plus élevée => humidité plus élevée => plus grand volume de précipitation. Ceci n’est même pas correct scientifiquement pour la dernière implication qui confond flux et stock. L’humidité peut parfaitement augmenter sans augmentation des précipitations !
L’autre argument tout aussi débile c’est: il y a plus d’énergie thermique disponible avec une température plus élevée pour alimenter l’ouragan. L’ « ennui » avec ça c’est que ce qui compte pour la machine thermique que constitue l’ouragan et la force du vent ce n’est pas du tout les températures mais les gradients ou les différences de températures, Carnot oblige. Or rien n’indique que ces derniers ou dernières augmentent. Au contraire la différence de température entre hautes latitudes et basse latitudes s’atténue avec le réchauffement plus important en Arctique qu’en zone tropicale. Avec ceci on s’attendrait plutôt à une diminution de l’intensité des phénomènes météorologiques comme les ouragans ou les dépressions. Là encore l’argument ne tient donc pas du tout. Tout au plus pourrait-il expliquer le « blocage du temps qu’il fait » et qu’on observe semble-t-il. Harvey justement s’est bloqué sur le Texas pendant un temps au lieu de poursuivre régulièrement sa route habituelle vers le Nord, mais il y a probablement eu des ouragans à trajectoire capricieuse avant le réchauffement actuel.

33.  Nicias | 9/09/2017 @ 15:35 Répondre à ce commentaire

BenHague (#25),

will likely » signifie au moins 2 chance sur 3

Mais c’est complètement bidon !
Cela ne vaut pas plus que moi accoudé au comptoir qui peut raconter que le PSG a deux chance sur trois de gagner son prochain match de foot par 3-0 avec une fourchette de 1-0 à 6-2 à 3 sigma. C’est une opinion, de la science de comptoir. Il n’y a pas de calcul sérieux. En fait il y en a, je les ai lu, et je pourrai aller les chercher dans le texte de l’AR5 et les publications qu’il cite mais pour quoi faire ? Les rédacteurs du rapport du GIEC (ou la NOAA, c’est pareil) n’y croient même pas eux même. C’est pour cela qu’ils produisent des chiffres invraisemblables de rondeur : +200%, c’est une blague.

34.  AntonioSan | 9/09/2017 @ 15:42 Répondre à ce commentaire

La weather Porn y va a plein tube avec Macron/Irma…
Et notre Premier Ministre est « convaincu du rechauffement » mais ne sait pas comment on nomme les ouragans…

35.  Nicias | 9/09/2017 @ 15:43 Répondre à ce commentaire

tsih (#32),

Dans les détails (en cherchant vraiment bien) de la littérature on peut lire des choses sur le gradient de température car c’est pris en compte dans certaines études et cela vient minorer les prévisions catastrophiques qui sont faites.

Si on est pas capable de trouver une tendance de long terme dans les cyclones, on cherche aussi le « hot spot », c’est embêtant tout de même.

36.  Nicias | 9/09/2017 @ 15:50 Répondre à ce commentaire

Araucan (#7),

Je ne connais pas bien l’administration publique mais j’ai fait des réunions comme beaucoup de monde. C’est Brazil, la bureaucratie (publique ou privée) et ses absurdités. Remarquez que le prochain rapport est pour 2022. Plus le temps passe et plus le GIEC met du temps a produire un rapport. Après l’AR5, ils étaient épuisés et ils réfléchissaient a une alternative à un AR6. Trop compliqué, trop lourd a produire. Finalement, ils vont en faire encore un, on ne stoppe pas une grosse machine comme ça.

37.  tsih | 9/09/2017 @ 16:35 Répondre à ce commentaire

chercheur (#31),

On peut justement estimer un maximum de vitesse de vent à partir du rendement de Carnot de la machine thermique que constitue un cyclone. Les températures entre lesquelles il fonctionne sont la température de surface de l’eau, environ 300 K, et la température autour de la tropopause, environ 200 K sous les tropique.

Séminaire

38.  tsih | 9/09/2017 @ 17:04 Répondre à ce commentaire

Nicias (#35),

Oui, les spécialistes le savent bien mais on spécule quand même…
Faute de mieux.

Kerry Emanuel dans un de ses papiers , après avoir bien spéculé, le rappelle et revient à la raison avec un amusant however:

Tropical cyclones do not respond directly to SST, however, and the appropriate measure of their thermodynamic environment is the potential intensity, which depends not only on surface temperature but on the whole temperature profile of the troposphere. I used daily averaged re-analysis data and Hadley Centre SST to re-construct the potential maximum wind speed, and then averaged the result over each calendar year and over the same tropical areas used to calculate the average SST. In both the Atlantic and western North Pacific, the time series of potential intensity closely follows the SST, but increases by about 10% over the period of record, rather than the predicted 2–3%. Close examination of the re-analysis data shows that the observed atmospheric temperature does not keep pace with SST. This has the effect of increasing the potential intensity. Given the observed increase of about 10%, the expected increase of PDI is about 40%, taking into account the increased duration of events. This is still short of the observed increase.

39.  Nicias | 9/09/2017 @ 17:20 Répondre à ce commentaire

tsih (#38),

N’empêche que « Manu » est le grand pourvoyeur d’études qui prévoient une augmentation des gros cyclones sur la seule base d’une augmentation de la température de surface de l’eau. S’il revient à la raison de temps a autre, c’est pas plus mal. La première chose que j’ai compris en lisant l’article de Wikipedia pour comprendre comment fonctionne un cyclone, c’est que c’est bien une histoire de gradient de température, si non ça fonctionne pas.

Si je me souvient bien aussi, les cyclones, c’est un des seul moment dans un cours de physique de l’atmosphère ou le rayonnement ne compte pas pour du beurre.

———–

Le GIEC et la NOAA nous serinent que l’activité cyclonique a augmenté depuis les années 70 sur la foi des observations des satellites. Et voila sur quoi je tombe au détour d’un article de Reuters :

Jeff Masters, director of meteorology of The Weather Underground, recalled an extremely close call during a flight into Hurricane Hugo in 1989 organized by the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), which also fields its own turbo-prop aircraft.

The pilot lost control of the aircraft, one of the engines caught on fire, and the aircraft descended rapidly, all because satellite data had given his crew the sense they were flying into a Category 3 storm. It turned out to be a Category 5.

They were flying much too low for a storm that potent.

“We went in at 1,500 feet, which is a no-no in a Category 5 and we got clobbered,” recounted Masters. The pilot was able to recover control after entering Hugo’s eye.

http://www.reuters.com/article.....SKCN1BK0KD

40.  chercheur | 9/09/2017 @ 18:07 Répondre à ce commentaire

tsih (#37),

Merci pour les infos.

C’est aussi amusant de lire cela:

http://www.chron.com/business/.....755364.php

Il semble que cet expert balance entre l’approche scientifique et la religion du RCA. Je constate que le RCA n’a pas d’influence, mais je ne peux pas croire qu’il n’en ai pas.

41.  Murps | 9/09/2017 @ 18:19 Répondre à ce commentaire

Dans le même ordre d’idées il y a eu la démission fracassante du Giec du spécialiste des ouragans, Chris Landsea
Extrait de sa lettre de démission de 2005.

I found it a bit perplexing that the participants in the Harvard press
conference had come to the conclusion that global warming was impacting
hurricane activity today. To my knowledge, none of the participants in that
press conference had performed any research on hurricane variability, nor
were they reporting on any new work in the field. All previous and current
research in the area of hurricane variability has shown no reliable,
long-term trend up in the frequency or intensity of tropical cyclones,
either in the Atlantic or any other basin.

Quand on voit que ce texte a 12 ans !
Tout cela est réellement un phénomène sociologique de masse.
Quelle perversion des idéaux scientifiques ! Quelle perte de lucidité !

42.  patilleverte | 9/09/2017 @ 18:53 Répondre à ce commentaire

chercheur (#24),
Hou la la, une attaque sournoise et perfide sur les 3% de deficit en fin d’article.
Ce site serait-il anglais ?

43.  lemiere jacques | 9/09/2017 @ 19:38 Répondre à ce commentaire

tsih (#32),vous vous fatiguez pour rien..
avez vous démontré qu’il n’l n’est pas impossible que…
sinon..alors tout est possible..donc la catastrophe et donc il faut absolument éviter d’augmenter le taux de CO2 atmosphérique sinon c’est jouer à l’apprenti sorcier avec notre belle planète etc etc..

A quel risque s’exposent des gens qui vous disent qu’il est possible qu’irma soit un signe sinon une conséquence possible du rca?
puisqu ‘on ne peut pas montrer le contraire!!!
la honte vis à vis de collègues ? même pas, il suffit de plaider la bonne foi…

Avancer l’idée qu’un cyclone a UNE cause est en soi absurde…

44.  tsih | 9/09/2017 @ 20:39 Répondre à ce commentaire

chercheur (#40),

Oui, merci, c’est très amusant en effet, c’est toujours Kerry Emanuel qui après son papier spéculatif de 2005 ( lien plus haut en #32) met de l’eau dans son vin et fait un joli rétropédalage 3 ans plus tard.

45.  geoff Chambers | 9/09/2017 @ 23:59 Répondre à ce commentaire

J’ai traduit cet article en anglais et le publierai à cliscep.com une fois que je suis arrivé à insérer les graphiques. J’espère que ça vous convient.
Sur Irma:
J’ai vu des images de St Martin (BFMTV?) des panneaux solaires arrachés des toits, et des lampadaires par terre. Une fois, un poteau plus important sur une colline – une éolienne?
Je cherche des informations sur les energies renouvelables aux Antilles. J’ai trouvé ceci:
https://www.qualiblue.com/blog/50-denergie-renouvelable-en-2020-et-lautonomie-energetique-en-2030-pour-les-antilles/
Est-ce que quelqu’un a d’autres informations?

46.  lemiere jacques | 10/09/2017 @ 10:01 Répondre à ce commentaire

geoff Chambers (#45), oui…c’est aussi édifiant quand on songe à la stratégie proposée pour lutter contre le rca..
Pour le reste , tant que les gens seront fâches avec les chiffres et accepteront une façon de raisonner « précautionneuse », vous ne convaincrez pas grand monde…
Il est maintenant admis que l’on doit faire quelque chose quand on pense qu’une catastrophe n’est pas exclue. Au mieux on peut montrer que la catastrophe n’est absolument pas certaine..tu parles d’un contre argument!!!
Jouzel et Cie sont en général prudents, ils utilisent du conditionnel ou bien souvent vous donnent les résultats de modèles , en ayant pris soin à un moment ou un autre de vous signifier que l’on pouvait accorder une certain confiance dans les modèles..quand on démonte leur argumentaire on rigole… »Je te demandais si il y aurait une catastrophe et tu me réponds que la catastrophe n’est exclue ??? me voila bien avancé , ça c’est de la science!!! »…  » je vois que tu me donnes des probabilités de malheurs divers et variés voyons ça…ah bon, ce ne sont pas des probabilités ce sont des choses comme des distributions de modèles? mais tu m’as dit que je pouvais faire confiance aux modèles? pour ça aussi ? tu n’as pas dit ça? mais alors qu’est ce que ça peut bien vouloir dire que je doive faire confiance aux modèles???? Bon voyons ailleurs je vois que tu me dit qu’il y a une low confidence que telle choses se produise..comment je dois comprendre cela? qu’il est peu probable qu’elle se produise ou que vous n’avez pas encore réussi à prouver qu’elle va se produire , ce qui me laisse à penser qu’elle peut se produire? et d’ailleurs pourquoi tu me donnes une info avec une low confidence autrement dis un truc que tu ignores? pour me laisser à penser qu’un truc avec une medium confidence est plus probable? »
« donc je je résume bien, la climatologie m’affirme l’avenir sera « catastrophique » ou ne le sera pas et si j’en crois « les » modèles, la « catastrophe » est plus probable que la « non catastrophe » alors que tu ne peux pas véritablement me dire pourquoi je dois croire les modèles qui de ton propre aveu ne sont pas parfaits , concept avec lequel j’ai un peu de mal sur le plan scientifique « 
En général , ils ne mentent pas en tous les cas si vous les écoutez bien, parfois, ils mordent un peu..
En outre,ils sont soucieux et sans doute absolument honnêtes en ce sens qu’ils pensent qu’il y a du « souci à se faire »..
Quand jouzel vous dit qu’irma est annonciateur de ce qui pourrait se passer : IL NE VOUS MENT PAS…il devrait juste ajouter on en sait rien….mais il peut parfaitement vous dire on en sait rien…mais ça pourrait m^me être pire!!! et il ne vous ment toujours pas!!!!! Comme les autres il connait les chiffres…il connait les failles du raisonnement, il sait aussi que ce qu’il dit est irréfutable par nature , donc pas très utile dans un débat scientifique , MAIS il a une bonne tête, c’est un scientifique et il se fait de la bile..

Il ya d’autres domaines où la stratégie de bannissement est similaire : pesticides produits chimiques en général, nucléaire. Dans ces cas on a des éléments d’épidémiologie qui permettent de borner les conséquences possibles et de relativiser, et pourtant la stratégie marche auprès du public. La peur ça marche alors la bonne figure de jouzel sincèrement inquiet écrabouille vos contre arguments…

La réponse tiendrait normalement par un ressaisissement du monde académique et de la recherche autrement dit une condamnation pas les pairs de jouzel, non pas bien de son inquiétude, mais de l’illégitimité de communiquer de la sorte en vue de promouvoir ce qui est bel est bien une simple conviction sans véritable assises scientifique, parce que si vous espérez convaincre les gens à base d’arguments rationnels…ça prend trop de temps et pour certains c’est foutu on leur a d’ailleurs seriné que les « scientifiques » sont des gens « spéciaux et intelligents ».

48.  BenHague | 10/09/2017 @ 14:37 Répondre à ce commentaire

On est d accord . C etait bien ma conclusion. Mais comme on entend tres souvent dans les medias le terme probablement , j ai voulu rappelé que ce  » « probablement » est quantifié officiellement par au moins 2 chances sur 3 et que c est finalement tres faible comme certitude .

49.  zorglub | 10/09/2017 @ 18:39 Répondre à ce commentaire

Pour le seul 18ème siècle et les plus violents événements :

On 30 July 1715, a hurricane struck the southern Bahamas and the Straits of Florida in the United States. The storm caused between 1,000 and 2,500 deaths.

In August 1767, a great Atlantic hurricane struck the island of Martinique in the Caribbean causing
approximately 1,600 deaths.

On 25 October 1768, a hurricane struck Havana, Cuba destroying 96 public edifices and 4,048 houses. Above 1,000 persons perished almost instantaneously.

On 9-12 September 1775, a hurricane struck Newfoundland Banks, Canada causing 4,000 deaths.

On 6 September 1776, a hurricane struck Pointe-a-Pitre Bay in Guadeloupe in the Leeward Islands. The hurricane caused over 6,000 deaths.

On 10-16 October 1780, a hurricane struck the Caribbean islands of Martinique, St. Eustatius [Statia] and offshore Barbados. The hurricane killed approximately 22,000 people.

During 17-21 October 1780, a great hurricane struck eastern Gulf of Mexico causing approximately 2,000 deaths

On 16-17 September 1782, a great Atlantic hurricane struck the central Atlantic causing approximately
3,000 deaths.

On 21-22 June 1791, a great hurricane struck western Cuba causing approximately 3,000 deaths.

(source : James A. Marusek A Chronological Listing of Early Weather Events)

50.  jdrien | 10/09/2017 @ 20:21 Répondre à ce commentaire

Quelqu’un a-t-il vu sur nos TV nationales un reportage sur le passage d’Irma à Cuba avant d’attaquer la Floride?