Climathon, semaine 41 : le Commandeur des Croyants l’emporte une nouvelle fois

par le jury du Climathon (qui espère qu’on en finira au plus vite avec ces connards du Collectif des climato-réalistes)

À moins de deux mois de la fin de la compétition, les concurrents du Cimathon se sont rués dans la bataille de la propagande pour tenter de l’emporter. Le contexte difficile d’un public qui semble ne pas vouloir accorder aussi volontiers que prévu son enthousiasme pour le Nouvel Ordre Climatique a obligé les candidats à une surenchère de grand talent.

Comment choisir entre les splendeurs offertes cette semaine ? La première d’entre elles, qui a longtemps tenu la corde, n’est autre que la célèbre sortie de Nathalie-Kosciusko-Morizet qui, n’hésitant pas à faire peuple pour sauver les gens d’eux-mêmes, a déclaré que les climatosceptiques étaient des « connards« . C’était simple et de bon goût, typiquement le genre d’assaut qui plaît au jury pour son caractère direct et foudroyant. Hélas pour elle, l’ex-ministre au vocabulaire si particulier n’avait pas prévu un effet de bord malheureux : ces odieux climatosceptiques, vexés qu’on leur dise la vérité sur leur compte, ont eu l’outrecuidance de jouer le jeu de la victimisation, comme si les traiter de ce qu’ils sont pouvait être constitutif d’une insulte. L’assaut de Nathalie-Kosciusko-Morizet a donc eu une conséquence des plus fâcheuses : les soutiens au Collectif des climato-réalistes se font de plus en plus nombreux. La tentative, qui semblait si brillante, de l’ancienne ministre doit donc être déclarée caduque.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres, et c’est le meilleur compétiteur de tous les temps au Climathon qui l’emporte cette semaine encore : Nicolas Hulot, alias le Commandeur des Croyants, s’impose grâce à son millionième tract débile qui lui donne l’occasion de répéter encore les mêmes fadaises nouvel Appel adressé aux chefs d’États pour sauver l’humanité, la planète et les ours polaires.

Pour les lecteurs qui ne craignent pas de mourir sous le choc de la bêtise la plus insondable faire face aux vérités qui dérangent, une fabuleuse vidéo promotionnelle a été produite pour accompagner l’Appel. (Celui de Nicolas Hulot, donc. Oui, le dernier qu’il a lancé, celui de la semaine dernière. Non, pas celui de cet été. Suivez un peu, quoi.) Destinée plus particulièrement aux jeunes, cette vidéo prend explicitement ceux-ci pour des abrutis complets tâche de s’adresser à eux sous forme de gestes et d’éructations diverses dans ce que Nicolas Hulot et ses fins ethnologues ont reconstitué comme étant leur mode naturel d’expression.

Intitulé « Chefs d’État, osez », l’Appel intime l’ordre à ceux-ci de « reconnaître que la lutte pour le climat conditionne l’avenir de notre monde », leur enjoint d’en « finir avec les beaux discours et les déclarations d’intention » avant de conclure sur un audacieux « Chefs d’État, soyez à la hauteur. Entrez dans l’Histoire. Osez ! ». Il s’inscrit dans une tradition désormais fort longue d’appels en tous genre dont personne n’a rien à cirer qui chacun à leur manière sème de petites graines dans la société : une coalition, des consciences, des femmes, une louche de société civile, l’Océan en personne, les faucheurs de chaises et même des arbres fruitiers. Après la Warmlist de Brignell, peut-être pourra-t-on bientôt songer à une Appel-list.

L’Appel récompensé cette semaine est accompagné de douze indispensables « propositions essentielles pour les décideurs politiques », dont certaines ressassent un dévoiement désormais classique de la science au profit d’un projet politique toutes ont un rapport évident avec le combat du Bien contre le Chaos Climatique : « Réguler enfin la finance », ainsi que « mettre fin aux abus des multinationales » (rien de tel que l’érection d’adversaires pour mobiliser les citoyendumondes), « garder sa couleur bleue à la terre » (avec l’irréversible hausse des océans, ça devrait aller ; attention tout de même de ne pas donner l’impression d’un appel du pied à Nadine Morano), « renforcer la justice sociale pour combattre le dérèglement climatique » (le jury se déclare incompétent pour comprendre tout lien de causalité), et encore « réinventer la démocratie » (l’Envoyé spécial du Président remettrait-il en cause la légitimité de son Envoyeur ?)

L’Appel est accompagné d’une petite promotion pour le dernier livre du Commandeur, sobrement intitulé Osons. Cet étrange plagiat d’une réflexion d’un ancien président de France Télévisions il y a plus de vingt ans nous dit ceci :

Parce que l’urgence est à l’action, Nicolas Hulot dresse, avec sa Fondation, une feuille de route alternative pour les Etats en 12 propositions concrètes et suggère 10 engagements individuels pour que chacun puise [sic] également faire bouger les lignes à son niveau. Cri du coeur, plaidoyer pour l’action, ultime appel à la mobilisation, le livre « Osons » est également un coup de poing sur la table des négociations climat avant le grand rendez-vous de la COP21.

Dans l’« Ultime appel à la mobilisation », on aura bien entendu reconnu l’évidence du fait que quand le Commandeur a parlé, les autres n’ont plus qu’à fermer leurs gueules et faire ce qu’on leur dit de faire passer à l’action citoyenne pour le bien de la Nature et de l’Homme. Une stature de Commandeur, c’est une question de force intérieur, qui permet de faire face stoïquement même au narcissisme le plus ridicule.

Osons

Les accessits

Belle entrée au Climathon cette semaine du groupe d’éditeurs Belin – Le Pommier – Pour la Science pour leur catalogue « Je m’engage pour le climat » qui regroupe tout ce que ces éditeurs ont publié de tracts livres pour sauver la planète. Avec des citations choisies des meilleurs scientifiques qui savent faire la part des choses, tel Pierre Léna qui explique que

refuser de faire confiance à ces travaux [ceux qui annoncent l’apocalypse climatique], parier sur l’incertitude, ici mineure, demeurant dans toute prévision, pour prendre un risque aussi majeur seraient preuve d’inhumanité et d’aveuglement.

Les climatosceptiques sont donc inhumains en plus d’être des connards. Le reste du catalogue est à déguster sans modération, il contient absolument tous les poncifs du genre toutes les vérités incontestables sur l’impact du réchauffement climatique du la santé, sur les questions énergétiques et sur la sobriété nécessaire. Repentez-vous, mes frères, car vous avez pêché, et la fin du monde est proche.

Les ONG ont souhaité s’assurer par quelques sondages que le temps de cerveau disponible des « consom’acteurs » a bien été pénétré de la nécessité de l’action. Un premier sondage nous apprend ainsi que seulement 25% des français ont entendu parler de la COP21. Pour se rassurer, les commanditaires du sondage pourront toujours se dire que 86% des sondés se montrent conscients qu’ils devront changer leur mode de vie. Nos modes de vie n’étant déjà plus exactement ce qu’ils étaient il y a 50 ans, l’on ne peut que souscrire à l’avis de cette écrasante majorité. Triomphant, le président du comité 21, commanditaire de l’étude, considère ainsi en un certain raccourci logique que « Ce n’est plus la seule affaire de militants engagés, le grand public aussi se sent concerné » et par là-même « qu’il ne jette plus la responsabilité sur les entreprises ». La suite de l’étude aurait pourtant pu quelque peu doucher son optimisme béat car quand il s’agit de passer aux actes, les Français semblent être nettement moins prêt à l’action (10% sont prêts à modifier leurs modes de transport et 22% leur consommation d’énergie par exemple). Mais surtout, c’est l’aspect financier qui semble leur poser problème (pour 48%). Quelle surprise, n’est-ce pas…

Un autre sondage commandité par le WWF indique que si les Français craignent effectivement l’apocalypse qui leur est promis (ouragans, cyclones, augmentation des sécheresses, fonte des glaces, …), ils considèrent à 82% que les gouvernements ne répondent pas « sérieusement à l’urgence climatique ». Il semble donc finalement qu’à défaut de rejeter la responsabilité sur les entreprises, la grogne s’oriente vers les gouvernants – voilà au moins un des objectifs poursuivis par les ONG qui semble en passe d’être accompli.

Dans le passionnant match à la surenchère, Les Échos se sont une fois de plus illustrés :

Les économistes ne se risquent plus à donner des chiffres mais jugent le coût potentiellement infini.

Encore une belle leçon des économistes aux climatologues, qui jouent « petits bras » pour chiffrer l’augmentation des températures à l’horizon 2100. L’infini, ça a quand même une autre gueule, non ? Il faut dire que chiffrer les prédictions de Jean-Marc Jancovici, un des papes auto-proclamés de l’énergie maître-expert sauveteur de planète, s’avère une tâche ardue, de nature à rebuter les âmes sensibles :

Imaginez un monde où 30 % de l’humanité aurait succombé par maladie d’ici à 2089. Un monde où la moitié du globe serait devenue un désert en 2080. Un monde où le Gulf Stream aurait disparu en 2120. Tous ces événements sont possibles dans le cadre du réchauffement en cours.

Jean-Marc Jancovici a donc suivi l’injonction du Commandeur des Croyants : il ose. Tout. Bravo.

Un blâme

Des informations concordantes font état d’un désintérêt généralisé du corps enseignant lors de la semaine de simulations de négociations climatiques pourtant exigées par la ministre française de l’éducation nationale dans sa lettre circulaire de juin dernier. Pour une telle négligence, à l’ensemble desdits enseignants est attribué un blâme collectif. Ce blâme n’atteint pas l’institution elle-même, qui s’est toujours montrée d’une loyauté sans faille à l’alarmisme climatique.

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71 Comments     Poster votre commentaire »

51.  luc | 15/10/2015 @ 10:37 Répondre à ce commentaire

Un nouveau concurrent:

http://www.lefigaro.fr/actuali.....atique.php

52.  pastilleverte | 15/10/2015 @ 20:33 Répondre à ce commentaire

luc (#51),
trop choupinets le CEMA et le José …

53.  de Rouvex | 16/10/2015 @ 10:58 Répondre à ce commentaire

luc (#51), le frérot de Phil de Villiers qui nous prend pour des billes : « le général de Villiers, en soulignant la contribution des armées à la lutte contre le stress climatique et énergétique, à travers les opérations extérieures (Opex), en Afrique notamment. » Bon sang, mais c’est bien sûr, lutter contre Boko Haram c’est lutter contre le stress climatique !! :mrgreen:

54.  Bob | 16/10/2015 @ 11:09 Répondre à ce commentaire

de Rouvex (#53),
Affligeant de voir l’armée copiner avec José Bové, antimilitariste et grand pourfendeur du camp du Larzac.
Cependant, la question est « l’armée (la grande muette) peut-elle faire autrement ? » par les temps qui courent ?

55.  chercheur | 16/10/2015 @ 12:50 Répondre à ce commentaire

Bob (#54),

Oui l’armée a la mémoire courte. Voici ce qu’en dit Wikipédia:

« Réfractaire au service militaire et refusant le statut d’objecteur de conscience, José Bové, recherché par l’armée, trouve refuge dans une exploitation agricole des Pyrénées. En 1973, il participe au rassemblement national contre l’extension du camp militaire sur le causse du Larzac, où il rencontre Bernard Lambert. À l’été 1974, 50 000 personnes participent à l’opération Moisson pour le Tiers monde sur le causse. Il se trouve parmi les quelques militants qui évitent à François Mitterrand, candidat battu quelques semaines auparavant, d’être lynché par des groupuscules maoïstes8.

Avec sa femme Alice Monier, et sa première fille Marie, il s’y installe en 1976 et élève des brebis mais ne lâche en rien son côté contestataire. Son opposition au militarisme le conduit tout naturellement à participer à la lutte contre l’extension du camp militaire du Larzac, qui fédère paysans et ouvriers au cours des années 1970. Il fait partie des vingt-deux personnes qui investissent en 1978 le camp militaire et s’emparent de documents attestant la vente de terrains par divers paysans. Il fait trois semaines de prison préventive, et est condamné à quatre mois avec sursis et privation de ses droits civiques pour activités antimilitaristes. Il décide avec sa femme de squatter une ferme à l’abandon depuis 1920, Le hameau de Montredon, et de mettre en valeur les terres convoitées par l’armée. En 1976, il s’installe sur cette ferme. En 1977, il est au volant de l’un des 90 tracteurs qui pénètrent sur le champ de tir avec, sur le garde-boue, un soldat contestataire en cagoule, délégué par les comités de soldats.

En 1978 naît Hélène, la seconde fille de José et Alice[réf. nécessaire].

En 1981, c’est la victoire du mouvement du Larzac, François Mitterrand annonçant l’annulation du projet d’extension du camp militaire. Les terrains acquis par l’État pour l’extension du camp sont ensuite confiés par bail emphytéotique à la société civile des Terres du Larzac, dont José Bové est l’un des gérants. »

A l’époque, un tel individu était appelé un déserteur…

Mais oui l’armée pourrait faire autrement. Elle n’a pas à s’embarquer dans ce type de débat. Un chef d’Etat-major qui se respecte devrait affirmer que le seul rôle de l’armée est de faire la guerre contre des ennemis à la nation et non de « lutter contre le stress climatique et énergétique ». Le ridicule a ses limites quand on dirige des armées.

56.  Bob | 16/10/2015 @ 23:42 Répondre à ce commentaire

chercheur (#55),
Oui et je connais quelques militaires (ou ex) qui doivent ronger leur képi !
De honte.

57.  chercheur | 17/10/2015 @ 1:17 Répondre à ce commentaire

Lui aussi devrait avoir honte…Comment peut-on sortir autant d’âneries?

http://www.bfmtv.com/politique.....23030.html

58.  rageous | 17/10/2015 @ 1:57 Répondre à ce commentaire

Murps (#50),

La solution consisterait à simplifier et vulgariser.
Mauvaise pioche : on va tout de suite voir que tout est bidon.

:RÉ
https://youtu.be/BisEbFRV0mw

59.  rageous | 17/10/2015 @ 9:16 Répondre à ce commentaire

L’émô est celui-là 😀
J’espère que cette video ne va pas subire le même sort que la pétition pour Verdier!
J’aime bien ce passage (d’ailleurs toute sa conférence est épatante!) où Ben se paye de façon magistrale en même temps nos politiques et les scientifiques du GIEC pour le traitement superficiel de ce dossier par les uns et celui brouillon et bâclé pour les autres dans ce résumé pour les décideurs.
A chaque fois que je transmets ce lien, je ne me lasse pas de ré-écouter cette video dans son entier, accrocheur ce Ben! 😉 ♥

60.  Bernnard | 17/10/2015 @ 11:27 Répondre à ce commentaire

chercheur (#57),

François Hollande est en Islande ce vendredi. Accompagné de Ségolène Royal et de Nicolas Hulot, le président français a pu constater les effets concrets du réchauffement climatique en se rendant sur un glacier fondant goutte à goutte.

la fonte goutte à goutte des glaciers islandais : 1975 en septembre octobre c’était déjà le cas et j’y étais.
Dire ça est une idiotie: En Islande, au niveau de la mer, au bord des glaciers, il fait plus de 0°C (environ 2 à 3 °C) en cette saison et depuis longtemps. De plus, le sol est par endroit chaud car c’est volcanique. Il suffit d’aller là où ça goutte.

61.  Bob | 17/10/2015 @ 11:36 Répondre à ce commentaire

Bernnard (#60),
Et Hollande craint « la disparition de l’Histoire« ;
comprenne qui pourra.
On peut attribuer cette envolée surréaliste à un effet « Pythie de Delphes ». Les fumées volcaniques islandaises, embrument le cerveau.

62.  Curieux | 17/10/2015 @ 11:54 Répondre à ce commentaire

Bob (#61),
Il doit parler de la sienne à l’Elysée, non ?

63.  JG2433 | 17/10/2015 @ 12:53 Répondre à ce commentaire

Bob (#61),
Ses circonvolutions cérébrales seraient-elles si atteintes qu’elles ressembleraient à ça ?

64.  rageous | 17/10/2015 @ 13:42 Répondre à ce commentaire

JG2433 (#63),
Ou ça! 😀
Sa Majesté l’Empereur!

65.  Murps | 17/10/2015 @ 15:55 Répondre à ce commentaire

Fondant…

66.  François Bastien | 17/10/2015 @ 16:43 Répondre à ce commentaire

Temps de la Terre, temps de l’homme
Patrick De Wever

L’auteur, prof de géologie au muséum, raconte avoir rencontré un chercheur islandais qui avait vu au cours de sa carrière (30 ans peut-être) reculer puis avancer puis à nouveau reculer ce même glacier, à une vitesse de 60m par an!
PS: bouquin très intéressant, où le GIEC est plusieurs fois épinglé

67.  Nick de Cusa | 17/10/2015 @ 22:10 Répondre à ce commentaire

Mme Audrey Garic ose s’aventurer dans l’ignoble pour le climat.

https://twitter.com/audreygarric/status/654518723911491585

Aller si loin, je ne vois pas comment ça pourrait ne pas en faire la gagnante de la semaine.

68.  AntonioSan | 17/10/2015 @ 23:08 Répondre à ce commentaire

Bernnard (#60), +1

69.  Murps | 17/10/2015 @ 23:23 Répondre à ce commentaire

Nick de Cusa (#67), lisez les commentaires de son tweet…
Miss Garriguette s’en prend plein la tronche.
😯

70.  Bob | 17/10/2015 @ 23:37 Répondre à ce commentaire

Murps (#69),
En effet, j’aimerais pas être à sa place…

71.  TL | 18/10/2015 @ 0:12 Répondre à ce commentaire

Son brushing risque de souffrir. Barbie va mal digérer les baffes dans la tronche qu’elle se prend en rafale.
J’aime.