La France doit-elle réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30 % d’ici à 2020 ?

La France a une longueur d’avance dans la réduction de ses émissions de GES 

L’analyse portera principalement sur la maîtrise des émissions de CO2 liées à la production et à l’utilisation de l’énergie qui jouent et joueront, au moins dans les pays les plus industrialisés, un rôle déterminant : aujourd’hui, le CO2 représente près de 83 % des émissions de GES de l’Union européenne et 75 % de celles de la France.

La production électrique étant déjà décarbonée à près de 90 %, la France dispose désormais de beaucoup moins de marges de manœuvre pour réduire ses émissions liées à la production d’électricité. Sa situation démographique est en outre particulière au sein de l’Europe : si les tendances récentes se poursuivent, sa population (3)  pourrait augmenter de 8,6 % d’ici à 2030 par rapport à 2010, – ajoutant une difficulté supplémentaire à la réduction des émissions de GES (alors que, dans le même temps, la population de l’UE-27 n’augmenterait que de 5 %).

La France dispose des solutions techniques nécessaires pour envisager une réduction de 30 % de ses émissions de GES à l’horizon 2025 (4). Néanmoins, de tels résultats ne pourront être obtenus qu’au prix d’efforts importants : 

  • – une rénovation massive du parc résidentiel actuel permettrait d’abaisser de plus de 50 % les émissions de GES par la diffusion des progrès du chauffage et de l’isolation et par un développement des bâtiments basse consommation dans le neuf, en ligne avec les conclusions du Grenelle de l’Environnement. Une telle action nécessite en particulier le lancement de plans d’accompagnement de grande ampleur (formation, qualité, financement, etc.) dans le bâtiment afin de pouvoir réaliser les rénovations lourdes prévues : 400 000 à 500 000 logements par an et 20 000 000 m2 de surface tertiaire en rythme annuel moyen. Dans le résidentiel et le tertiaire, les enjeux majeurs se situent dans le bâtiment existant, même si l’amélioration des performances de la construction neuve doit être poursuivie avec détermination (5);
  • – la maîtrise de la demande d’énergie dans l’industrie doit être poursuivie pour conserver le niveau d’amélioration de l’intensité énergétique (– 2,2 %/an) des quinze dernières années : elle permettrait d’économiser 6 Mtep. Une substitution par de l’électricité et des énergies renouvelables de 4 Mtep d’énergies fossiles est également possible. De tels investissements devraient être favorisés par le coût tendanciellement croissant des combustibles fossiles majoré d’une contribution carbone harmonisée au niveau européen ou de la valeur des quotas, selon les secteurs, et pourraient aboutir à une réduction des émissions de 18 % par rapport à 2006 ;
  • – les émissions de GES du secteur électrique pourraient être ramenées à 22 Mt de CO2 (contre 34,7 Mt en 2006) grâce à la poursuite, à un rythme adapté, du programme nucléaire (6) et au développement des énergies renouvelables dans la production d’électricité ;
  • – une réduction de 30 % des émissions est enfin possible dans le secteur du transport mais suppose une rupture importante par rapport à l’évolution tendancielle, s’appuyant notamment sur les actions prévues dans le cadre du Grenelle de l’Environnement, sur une baisse de 40 % de la consommation des moteurs classiques, liée aux progrès technologiques, ainsi que sur une diffusion massive des véhicules électriques et hybrides (rechargeables).

Une comparaison avec le projet de loi américain Waxman-Markey sur la lutte contre le changement climatique voté en juin 2009 par la Chambre des Représentants.

Même si le projet américain de marché de quotas de CO2 n’a que peu de chances d’être voté par le Sénat américain, la comparaison avec la situation des États-Unis, telle qu’elle ressort du projet de loi sur le réchauffement climatique (American Clean Energy and Security Act 2009), qui envisage une réduction de 17 % des émissions de gaz à effet de serre entre aujourd’hui et 2020, est éclairante (7). De 2005 à 2030, les études prospectives indiquent qu’entre 80 % et 88 % des efforts de réduction d’émissions seront réalisés par le secteur électrique, qui repose encore pour plus de la moitié de sa production sur des centrales à charbon, dont certaines fonctionnent depuis plus de soixante ans. Dès lors, la contribution demandée aux autres secteurs serait beaucoup plus faible et pourrait correspondre pour le transport et le résidentiel-tertiaire à des réductions inférieures à 5 %.
Le secteur de l’énergie produit près de 34 % des émissions de CO2 américaines : une réduction de moitié conduit à une baisse d’ensemble de 17 % et permet de n’abaisser que très légèrement les consommations dans les autres secteurs. Au contraire, en France, les émissions de CO2 du secteur énergétique ne représentent plus que 17 % des émissions nationales : le rapport France 2025 a donc montré que si des dépenses doivent encore être réalisées dans le secteur de l’énergie (en développant en particulier les énergies renouvelables), celles-ci ne peuvent suffire et doivent s’accompagner d’actions vigoureuses dans les autres domaines.

Cette comparaison nous permet ainsi de qualifier les efforts qui attendent les deux pays dans leur lutte contre le réchauffement climatique si l’on s’en réfère pour l’un à la loi Grenelle et pour l’autre à l’American Clean Energy and Security Act dans sa version votée par la Chambre des Représentants :

  • les réductions américaines, marginalement les moins coûteuses, se concentreront essentiellement d’ici à 2030 dans le secteur électrique afin d’aboutir à une production aussi décarbonée que possible ;
  • pour la France, qui dispose d’un parc nucléaire important, il s’agira dans le même temps de d’améliorer son efficacité énergétique et de développer ses énergies renouvelables, mais également de mener des actions extrêmement ambitieuses dans le résidentiel-tertiaire déjà bâti et dans les transports. Dans cette phase, disposer d’une électricité déjà très fortement décarbonée constitue un atout précieux pour les progrès à réaliser dans le bâtiment (pompes à chaleur notamment) ou dans les transports avec les véhicules électriques ou hybrides.
L’étude réalisée dans le cadre de la Chaire de modélisation prospective au service du développement durable de ParisTech (8) permet de préciser l’ampleur des efforts qui devraient être réalisés par l’Union européenne si elle retenait un objectif de réduction de 30 % à 2020 et par les États-Unis si l’American Clean Energy and Security Act était adopté : dans ces hypothèses, le coût marginal de réduction de la tonne carbone en 2020 en Europe serait d’environ quinze à vingt fois supérieur à celui de l’Amérique du Nord.
D’une certaine manière, la France a une longueur d’avance et doit la conserver. Il est cependant beaucoup plus facile de mobiliser quelques centaines d’acteurs industriels dans le secteur de l’électricité que des millions de particuliers dans le secteur de l’habitat existant. Les Américains ne devraient donc pas être amenés à modifier sensiblement leur way of life, tandis que les Européens, et les Français notamment, devront engager une modification durable de leurs comportements. De fait, la France et, plus généralement, l’Union européenne ont déjà engagé des mesures de réduction importantes et ont donc devant elles des actions qui coûtent de plus en plus cher, tandis que les États-Unis, faute d’efforts dans les années passées, bénéficient encore d’un important potentiel de réduction à coût (financier et politique) relativement modéré.
101.  yvesdemars | 28/05/2010 @ 12:07 Répondre à ce commentaire

Manu95 (#95),
je ne parlais que des 1.680 ppb de CH4 pas du texte que je n’avais pas lu ..
mais je suis d’accord sur le fait que ce n’est que de la propagande masquée sous de la pseudo-science …
Wikipédia étant contrôlé par un activiste enragé (Connoley)

102.  Manu95 | 28/05/2010 @ 13:30 Répondre à ce commentaire

yvesdemars (#101),

Wikipédia étant contrôlé par un activiste enragé (Connoley)

Ce n’est heureusement pas vrai pour tous les articles. Wikipédia reste très souvent valable pour les sujets qui ne fâchent pas.
Le problème c’est qu’il faut déjà avoir une certaine éducation et un certain savoir pour se rendre compte si quelque chose est sujet à caution.
Personnellement je considère Wikipédia comme un bon point de départ pour des recherches sur un sujet donné. Mais il ne faut pas hésiter à voir la discussion de l’article, à comparer les versions dans les autres langues que l’on comprend (anglais, néerlandais, roumain, allemand pour moi et dans cet ordre), et surtout à suivre les liens externes donnés.

103.  yvesdemars | 28/05/2010 @ 20:58 Répondre à ce commentaire

Manu95 (#102),
je suis assez d’accord : quand on veut s’informer sur des sujets non politisés tels que sciences de base, géographie, histoire pas trop récente, etc on peut commencer par balayer leur site.
regarder les autres langues est un bon conseil, je pourrais essayer l’espagnol olé !!

104.  williams | 1/06/2010 @ 10:42 Répondre à ce commentaire

TF1 qui sont les seul a montrer l’evolution d’emission de CO2 abuse sur ce qu’ils disent.

Car voila pour que ce Jean Marque qui est le crerateur de cette analyse nous dit que ce mois d’avril 2010 on a plus emis de CO2 qu’en 2009 car le mois d’avril 2010 a été frais. Alors qu’avril 2010 n’a pas était frais mais au contraire très doux avec une anomalie de 1°C.

Et en plus pour enfoncer les civils ils parlent des avions et du volcan. Ceci est par ce que TF1 qui est la seul chaine a montrer ceci est avec ce Mrs Sarkozi qui voulait nous mettre cette taxe Carbone.

Source : http://videos.tf1.fr/jt-20h/ec.....66647.html

Williams

105.  pecqror | 1/06/2010 @ 11:28 Répondre à ce commentaire

williams (#104), Ce jean-marc croit que les produits électronique sont encore fabriqué en france! de la grande expertise à la n’importe quoi.

106.  williams | 1/06/2010 @ 11:49 Répondre à ce commentaire

pecqror (#105),

Tout a fait, car ces produitS sont surtout fabriqués surtout en Chine et donc c’est pas nous qui emettons le CO2 pour fabriquer ces produits.

De plus il est trop facile de faire un bilan que sur le CO2 plus particulierement sur les civiles (essance, electricité et gazole). Car les avions non seulement emettent bp de CO2 mais en plus tres haut dans l’atmosphere donc ca plus d’effet qu’au sol. Puis ils emmettent du H2O et comme par hazard on ne tien pas compte de ceci malgres que le H2O est un gaz a effet de serre plus important que le CO2.

Voir ici : http://videos.tf1.fr/jt-20h/bi.....66648.html

Williams

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