Examen critique des données mondiales de température de surface /1

 

1.2. Nombre d'échantillons GHCN et leur baisse après 1990

La figure 1-1 ci-dessous, de Peterson et Vose (1997), montre le nombre total d’enregistrements de stations disponibles dans la base GHCN. La taille de l'échantillon a atteint un maximum dans les années 1960 et 1970 puis a chuté de façon spectaculaire.

Les enregistrements climatiques exigent des observations sur les températures moyennes, minimales et maximales. Comme le montre la figure 1.1, il y a toujours environ un tiers de stations avec des enregistrements min-max de moins que de stations avec des enregistments de température moyenne.

 

Figure 1-1

Figure 1-1 Nombre d’enregistrements de stations, complets ou partiels dans GHCN v2. Ligne continue : température moyenne. Ligne pointillée : enregistrements Max / min. Source : Peterson and Vose (1997) Figure 2a.

Bien que GHCN v2 ait au minimu desdonnées de la plupart des endroits dans le monde, la couverture continue pour l'ensemble du 20ème siècle est largement limitée aux États-Unis, au sud du Canada, à l’Europe et à quelques autres endroits. La figure 1-2, de Peterson et Vose, compare le nombre total de stations au nombre de celles pour lesquelles la moyenne est disponible en 1900, et à celles pour lesquelles les maxima-minima sont disponibles dès 1900.

Ainsi qu'il ressort de la troisième partie (NDT : du graphique), la couverture globale est pratiquement inexistante pour les maxima-minima depuis 1900. En dehors des États-Unis, du sud du Canada et de zones côtières en Australie, il n'y a généralement que quelques enregistrements, avec de larges zones continentales d'Amérique du Sud, d'Afrique, d'Europe et d'Asie dépourvues de données.

Après la sortie de l'archive GHCN v2 en 1997, seule une petite minorité de stations y a été mise à jour régulièrement. Peterson et Vose (1997) soulignent que des 31 archives utilisées par le GHCN, les mises à jour mensuelles régulières ne sont disponibles que pour trois d'entre elles, dont, deux sont des réseaux des États-Unis et l'autre un réseau de 1500 stations qui fournissent automatiquement des données météorologiques via le réseau denommé « CLIMAT Network ». Le site de GHCN ne signale pas les sites qui sont inclus dans les mises à jour mensuelles, mais des tableaux récents utilisant des dossiers du GHCN montrent que :

* La couverture a baissé partout (y compris aux États-Unis);

* L'échantillon est devenu de plus en plus déséquilibré en faveur des aéroports;

* L'échantillon s'est déplacé vers des latitudes plus chaudes;

* L'échantillon s’est déplacé vers des altitudes plus basses.

Chacun de ces points sera illustré ci-dessous en utilisant des données du GHCN

 

Figure1-2rmk

Figure 1-2 En haut: Sites avec au minimum des enregistrements de température moyenne dans le GHCN v2.Au milieu : Sites avec un enregistrement de températures moyennes disponible en 1900. En bas : Sites avec un enregistrement de températures min-max disponible en 1900. Source: Peterson et Vose (1997), Figures 3 et 4.

Comme il ressort de la figure 1-1 ci-dessus, la taille de l'échantillon du GHCN a diminué rapidement dans les années 1990. Étonnamment, la baisse de l’échantillonnage du GHCN a continué depuis lors. La figure 1-3 montre le nombre total de stations météo de GHCN par année. A noter que la baisse s'est non seulement poursuivie après 1989, mais s’est accelérée en 2005. Au milieu et en bas de la figure sont montrés, respectivement, l’hémisphère Nord et l’hémisphère Sud, confirmant une perte globale de stations . La taille de l'échantillon a diminué d'environ 75% depuis le maximum du début des années 1970, et est désormais inférieure à celle de 1919. Aujourd’hui, le GHCN recueille moins d’enregistrements de température qu’il n'aurait pu le faire à la fin de la Première Guerre mondiale.

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Figure 1-3: nombre de stations le GHCN. Haut : mondial; milieu: NH (hémisphère nord); bas: SH (hémisphère sud). Source des données : GHCN. Voir l'annexe pour les détails de calcul.

 

 1.2.1. La perte de données par région

La diminition du nombre de thermomètres a été mondiale. Le tableau suivant montre la baisse des effectifs par grande zone géographique depuis 1979. Les États-Unis sont indiqués séparément car la densité de leur couverture implique qu'ils pèsent plus dans l’échantillonnage avant 1990

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Figure 1-4: Baisse du nombre de stations météorologiques contribuant aux archives du GHCN. 1979-2008. Source des données: GHCN; tableau par http://chiefio.wordpress.com/2009/11/03/ghcn-the-global-analysis/.

Il a été fait allusion à la diminution du nombre des stations GHCN dans certaines publications, mais cela n'a pas été souligné par des sources telles que le GIEC. Smith et Reynolds (2005 p. 2023) décrivent le problème comme suit (caractères gras ajoutés) :

Pour la LST [Land Surface Temperature = température terrestre], la taille de l’échantillon croît régulièrement jusque vers 1980, où elle commence alors à diminuer légèrement. Cette baisse récente de l'échantillonnage LST est la conséquence du délai pour l'inclusion de certaines données dans le GHCN et de la suppression de station.

 

1.2.2. Un biais croissant en provenance des stations d'aéroport

Les changements de l'échantillonnage n'ont pas été uniformes par rapport aux types de sources. Par exemple, l'échantillonnage a été biaisé en faveur des  aéroports. Les aéroports, qui, pour diverses raisons, ne sont pas adaptés au suivi du climat, étaient déjà sur-représentés dans la base GHCN. Un des problèmes avec les aéroports est qu'ils sont souvent dans des zones urbaines ou de banlieue qui se sont construites durant ces dernières décennies, et l'augmentation mondiale du voyage aérien a conduit à une augmentation du trafic, des chaussées, des bâtiments et de la dissipation de chaleur, tous effets difficiles à soustraire de l'enregistrement de la température. Comme le montre le tableau suivant, la fraction des observations en provenance d'aéroports a augmenté en raison des pertes de stations signalées dans le texte ci-dessus. Leur nombre était déjà élevé dans la plupart des régions , soit 40 pour cent ou plus en 1980. Maintenant, la moitié ou plus des mesures dans de nombreuses régions proviennent des aéroports.

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Figure 1-5: Variation du pourcentage de stations météorologiques situées dans les aéroports GHCN, 1979-2009. Source des données: GHCN; tableau par http://chiefio.wordpress.com/2009/12/08/ncdc-ghcn-airports-by-year-by-latitude/.

Les États-Unis sont de nouveau traités à part. Un peu moins du tiers des données GHCN des États-Unis viennent d'aéroports, ce qui est en fait une amélioration depuis 1979, mais il convient de garder à l'esprit que, durant la même période, 92% de toutes les stations américaines ont été retirés de l'échantillon GHCN.

Comme le montre la Figure 1-6, au niveau mondial, à partir de 2009 49% de toutes les données GHCN provenaient d’aéroports (46% NH, 59% SH), contre un peu plus de 20 pour cent dans les années 1920.

 

Figure1-6rmk

Figure 1-6: Pourcentage de stations GHCN situés dans des aéroports, 1890-2009. À gauche :mondial; au milieu: NH (hémisphère nord), à droite : SH (hémisphère sud). Source des données: GHCN. Voir l'annexe pour les détails de calcul.

51.  Pecqror | 21/09/2010 @ 19:50 Répondre à ce commentaire

Clem (#48),
Vous n’avez jamais vu Poltergeist!
Vu la grandeur de la tombe, je dirais qu’il s’agit celle d’un chien ou d’un chat.

52.  Antonio San | 22/09/2010 @ 20:09 Répondre à ce commentaire

http://wattsupwiththat.com/201.....more-25195

Interessant!

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