Economie du changement climatique/5-fin-.


5.2. Lomborg

Lomborg [58] prend une approche quelque peu différente. Il croit aux modèles climatiques et que le réchauffement global va se produire comme ils disent qu’il le fera, mais croit qu’il y a d’autres problèmes plus importants dans le monde qu’il est nécessaire aussi d’aborder. Il s’est aussi intéressé à la géo- ingénierie et croit qu’elle mérite d’être explorée. Aussi il est un croyant modéré de la science du RCA, et un croyant ferme que les coûts de l’atténuation doivent être réduits, principalement par un grand programme gouvernemental assis sur l’impôt, et que d’autres alternatives doivent être explorées. Aussi appelons-le croyant modéré dans les bénéfices de l’atténuation et vigoureux dans la possibilité et la nécessité de réduire les coûts si les émissions de CO2 doivent être effectivement réduites.
L’approche multidisciplinaire prise par Lomborg du côté des coûts est cohérente avec celle défendue ici, mais il apparaît que Lomborg n’utilise pas et peut n’avoir pas vu les apports critiques de la science climatique du côté des bénéfices tels que ceux décrits dans la section 2 ci-dessus. Il peut aussi avoir surestimé l’efficacité des grands efforts de recherche gouvernementaux qui ne sont pas très clairement concentrés sur une technologie particulièrement prometteuse. Clairement le Projet Manhattan fut couronné de succès en atteignant ses buts, mais la même chose ne peut pas être dite des efforts gouvernementaux de recherche sur le changement climatique/réchauffement global [60].
En somme, Lomborg ne semble pas remettre en question la science avancée par les alarmistes du climat mais examine s’il n’y aurait pas des alternatives moins coûteuses pour l’atténuation.


5.3. Relation entre les affirmations des analystes et les recommandations politiques

Bien qu’il y ait eu certains désaccords purement économiques sur l’économie du RCA, principalement en ce qui concerne les meilleurs taux d’intérêts à utiliser pour évaluer au mieux les bénéfices et coûts, il apparaît que les apports de la science physique utilisés et d’autres suppositions, sont au moins aussi importants pour déterminer les recommandations politiques à atteindre. Cet article a souligné l’importance du FSC et du temps de résidence du CO2 dans l’atmosphère, qui en retour détermine l’étendue des effets RCA vraisemblables du réchauffement climatique, le coût de l’amélioration de l’efficacité énergétique, et si les approches par géo- ingénierie peuvent être tenues pour des alternatives aussi valides que la réduction des émissions comme approche d’atténuation.

Ce que ceci suggère c’est l’importance d’un examen soigneux des apports de la science physique et d’autres implications pour arriver à des conclusions utiles. C’est seulement en faisant ceci que les variables majeures pour atteindre une conclusion économique au regard des mesures d’atténuation du changement climatique proposées peuvent être comprises et expliquées. Au risque de généralisations grossières à partir de données limitées, le tableau 4 montre mes propositions sur la façon dont plusieurs économistes ont traité les suppositions majeures dans leurs recommandations politiques globales. Evidemment il y a des exceptions qui ne sont pas notées, aux généralisations incluses dans le tableau, particulièrement dans la dernière colonne étant donnée la diversité des autres études. Et il y aura des désaccords sur mes caractérisations. Mais je crois que le tableau suggère les variables politiques majeures qui ont été considérées jusqu’à maintenant. Les économistes devraient trouver utile d’apporter plus d’attention aux suppositions majeures de la science physique pour préparer des estimations détaillées de bénéfice/coût.

Tableau 4. Comparaison des principales suppositions et recommandations par les analystes économiques.
actab4.jpg

Il apparaît que les conclusions de cette analyse sont substantiellement différentes de la plupart des analyses précédentes pour les raisons identifiées dans ce tableau. Une différence majeure est la revue détaillée de certains des sujets scientifiques et techniques impliqués dans cet article.


6. Conclusions


6.1 Conclusions en ce qui concerne l’économie de la maîtrise du changement climatique

En prenant une approche multidisciplinaire considérant soigneusement ce que les autres disciplines ont à dire, en insistant sur l’utilisation des plus pertinentes données d’observation et la méthode scientifique plutôt que de dépendre d’assertions, de sorties de modèles climatiques, ou de conclusions douteuses, et en considérant les alternatives aux coûts les plus bas pour réaliser les mêmes bénéfices, conduit à des conclusions économiques substantiellement différentes que les analyses antérieures, incluant ce qui suit :
* Bien qu’il y ait des incertitudes significatives au regard des suppositions exactes que les autres analyses économiques ont faites, une bonne argumentation peut être soutenue que les bénéfices économiques de la réduction des émissions pourraient être d’environ deux ordres de grandeur plus faibles que ceux estimés par la plupart des autres économistes parce que le Facteur de Sensibilité Climatique (FSC) est beaucoup plus faible que celui supposé par les Nations Unies parce que la rétroaction est négative plutôt que positive et que les effets de réductions des émissions sur le CO2 atmosphérique sont courts plutôt que durables. [rapides plutôt qu’à longue échéance ??? ndt mln (à mon avis oui)]
* Les coûts de la réduction des émissions de CO2 sont beaucoup plus élevés que ceux habituellement estimés à cause de problèmes de mise en pratique récemment identifiés. Des tentatives de réduire ces coûts par des programmes de recherche largement financés par le gouvernement pour encourager l’innovation technologique sont à la fois onéreux et pourraient ou ne pourraient pas s’avérer une réussite dans la réduction des problèmes technologiques.
* La géo- ingénierie, comme la gestion des radiations solaires, est une alternative controversée aux réductions d’émissions de CO2 qui offre l’opportunité de diminuer largement ces coûts élevés, de changer les températures globales avec une beaucoup plus grande chance de succès, et élimine la possibilité des risques de montée des températures, de faible probabilité et de fortes conséquences, mais est largement ignorée par les économistes.
Les coûts de cette approche prometteuse mais, jusqu’à maintenant, sans recherche ni validation soigneuse, sont de plusieurs ordres de grandeur meilleurs marché, bien qu’avec des risques peut-être nouveaux mais peu explorés. Elle pourrait, cependant, introduire la possibilité de risques nouveaux imprévus, mai ces risques pourraient être réduits par des recherches à relativement bas coût si elles étaient entreprises avant toute mise en œuvre. Avec un programme de recherches si modeste une option de géo- ingénierie pourrait procurer une police d’assurance contre le RCA s’il devenait un jour une possibilité réaliste. Cette approche devrait supprimer le souci des événement de faible probabilité mais de forte conséquences dus à l’accroissement des températures globales puisque une telle MRS pourrait être mise en œuvre extrêmement rapidement en cas de préparation adéquate, contrairement aux tentatives (probablement futiles) de réduire le CO2 atmosphérique des décennies à l’avance, ce qui est actuellement proposé par les Nations Unies et beaucoup de gouvernements occidentaux. Donc, il n’y a pas de fondement pour (il n’est pas fondé d’) entreprendre actuellement une maîtrise du changement climatique, mais des recherches sur la mise en œuvre des options de géo- ingénierie telles que la MRSpourraient être judicieuses.


6.2 Conclusions plus générales au regard la production d’analyses économiques de l’atténuation environnementale.

Bien qu’il ne soit pas toujours nécessaire pour l’économiste de l’environnement de comprendre les aspects de science physique des mesures de protection environnementale proposées et de déterminer si il pourrait y avoir des moyens à plus bas coût pour obtenir les mêmes bénéfices recherchés par une atténuation donnée, cela n’est jamais néfaste et dans la plupart des cas impliquant des thèmes pluridisciplinaire il est vital que les économistes puissent proposer des avis réalistes et utiles aux décideurs. Quelqu’un pourrait objecter qu’en ce monde spécialisé les économistes devraient laisser de telles matières aux physiciens qui sont supposés en connaître plus sur elles. Le danger, bien sûr, est que les économistes pourraient placer leur confiance dans des physiciens aux connaissances insuffisantes ou ayant des biais préalables (présupposés ?) envers des hypothèses scientifiques ou des méthodes d’atténuation à l’exclusion des autres.
Ce qui est nécessaire de la part des économistes c’est un esprit d’investigation et ouvert, l’instance sur l’utilisation des données d’observation les plus pertinentes et de la méthode scientifique, et une curiosité technique  apte à déterminer s’il pourrait exister des méthodes alternatives moins coûteuses ou plus efficaces pour effectuer ce que n’importe quelle mesure de maîtrise environnementale qu’ils évaluent est supposer réaliser. Les économistes ne doivent pas entreprendre la recherche en science physique impliquée ou inventer les mesures de maîtrise moins coûteuses, mais il est nécessaire qu’ils reconnaisse quelles mesures de recherche et de maîtrise satisfont leur besoins dans ces domaines et particulièrement lesquelles ont été validées et utilisent les données d’observation et la méthode scientifique, les plus pertinentes.


Remerciements

L’auteur voudrait remercier les nombreux commentaires utiles des pairs anonymes et les encouragements initiaux de Fred Singer pour entreprendre un article sur ce sujet. Les points de vue exprimés dans cet article ne représentent toutefois que ceux de l’auteur. La permission d’utilisation des diverses figures reçues de leurs auteurs est aussi très appréciée.
References and Notes ( Voir dans la source)

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Acronymes :
AMO    Oscillation Atlantique Multidécennale
AR4    Quatrième rapport d’évaluation du GIEC publié en 2007
CAGW    Réchauffement Global Anthropique Catastrophique
CO2    Dioxyde de Carbone
CSF    Facteur de Sensibilité Climatique
°C    Degrés Celsius
13C    Taux d’isotopes 13C ou 12C défini comme la différence normalisée par rapport à la norme Pee Dee Belemnite (PDB).
ENSO    Oscillation Sud El Niño
ERD    Décarbonisation Réglementaire Exclusive
EU    Union Européenne
GCM    Modèle de Circulation Générale
GDP    Production Domestique Brute
GWP    Production Globale Mondiale
GES    Gaz à Effet de Serre
GIEC    Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat
MER    Valeur sur le Marché
PDO    Oscillation Pacifique Décennale
RCIO    Proportion de Carbone de la Production
RT    Temps de Rémanence (Résidence)
SRM    Gestion du Rayonnement Solaire
TSI    Irradiance Solaire Totale
US    Etats-Unis
US$    Dollar US
UN    Nations Unies (ONU)

@@@@@@

1.  Marot | 1/10/2011 @ 7:13 Répondre à ce commentaire

Grands progrès aux É.-U.

La dénonciation des tromperies de l’EPA (Environnement par Alan Carlin vient d’être amplement justifiée.
Le rapport de l’Inspecteur général de l’EPA en 92 pages est maintenant public. Il est en libre accès ici.

Il montre à l’évidence que le classement du CO2 comme polluant « dangereux » a été une manipulation hors règles d’examen.

Voici un extrait du § d’en-tête traduit par moi :

Revue de la procédure du processus de l’EPA sur la mise en danger par les gaz à effet de serre.
Ce que nous avons trouvé.

L’EPA a des exigences légales de qualité des données pour élaborer les règlements, des usages généralement suivis et des conseils visant à garantir la qualité de l’information qui vient en appui technique.
Le fait que la revue par l’EPA sur la « mise en danger » suive les exigences d’examen de l’Office of Management and Budget (OMB) sur la revue par les pairs dépend du très influent technical support document (TSD) scientifique.

À notre avis, le TSD était une évaluation scientifique très influente parce que l’EPA a pesé sur la science disponible par ses choix d’informations, de données, d’études et de conclusions inclus et exclus du TSD.

Les représentants de l’EPA nous ont dit qu’ils ne considéraient pas le TSD comme une évaluation scientifique très influente.
L’EPA a souligné que le TSD consistait uniquement en de la science déjà été examinée par des pairs et que ces examens ont été jugées suffisants par la politique de l’agence.
L’EPA a fait examiner le TSD par un groupe de 12 scientifiques fédéraux du changement climatique.
Cette revue n’a pas satisfait toutes les exigences de l’OMB pour l’examen d’une évaluation scientifique très influente principalement parce que les résultats de l’examen et la réponse de l’EPA n’ont pas été publiés et parce qu’un des 12 examinateurs était un employé de l’EPA.

Les directives de l’EPA pour évaluer les données apportées par d’autres organismes ne comprennent pas de procédures pour faire des évaluations ou exiger de l’EPA qu’elle justifie son évaluation.

Notre évaluation a examiné les données sur la qualité des procédures de l’EPA utilisées pour l’examen de la « mise en danger ».
Nous n’avons pas évalué si les informations scientifiques et les données soutiennent cette mise en danger.
Fin de citation.

En bref, pour faire passer son « Le CO2 est en polluant qui met en danger », l’EPA s’est assise sur ses procédures et les a fait craquer.

Il apparaît ainsi de plus en plus clairement qu’il s’agit de politique et non de science.

Cette politique est la même que celles des traitres de la commission européenne :
Détruire systématiquement l’industrie de notre monde développé et nous jeter dans la misère.

2.  Laurent Berthod | 1/10/2011 @ 9:31 Répondre à ce commentaire

Marot (#1),

Détruire systématiquement l’industrie de notre monde développé et nous jeter dans la misère.

C’est ce que Rémi Brague appelle La voie romaine, revisitée par la postmodernité des sanglots de l’homme blanc faisant pénitence. On a été battu par les Tonga ! C’est bien, nous n’avons que ce que mérite un ancien colonisateur ! Mais cette pénitence n’est pas suffisante, il nous faut tomber dans la misère pour espérer nous pardonner à nous-mêmes (peut-être !) !

3.  Marot | 1/10/2011 @ 17:36 Répondre à ce commentaire

Laurent Berthod (#2)

Je suis persuadé que la pénitence est seconde.
Ce qui est premier est l’objectif de nivellement des peuples par le bas.

La pénitence, le sanglot de l’homme blanc ne sont que des moyens.

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