Bulletin des climato-réalistes n° 86

– Décès de Jacques Duran

– Contre-COP24 des climato-réalistes le 14 décembre à Paris

DÉCÈS DE JACQUES DURAN

C’est sur une grande tristesse que s’ouvre ce bulletin, pour annoncer la mort de Jacques Duran, pionnier du climato-réalisme en France par son site pensee-unique connu de tous. Jacques était le président d’honneur de notre association. Il était un scientifique remarquable. Depuis deux ans, la maladie l’empêchait de poursuivre l’œuvre qu’il avait entreprise sur son site, mais il se rendait toujours très disponible pour tous ceux – nombreux – qui lui écrivaient. L’association s’associe à la douleur de sa famille et de ses proches.

Liens vers deux articles en hommage à Jacques Duran : ici et ici.

CONTRE-COP24 DES CLIMATO-RÉALISTES

VENDREDI 14 DÉCEMBRE À PARIS

Comme chaque année depuis 2015, l’association des climato-réalistes organise sa « Contre-COP » destinée à contrer les messages alarmistes qui ne manqueront pas d’être déversés dans les médias pendant la COP24 onusienne.

En ces temps de rejets de plus en plus fort des politiques prétendûment « climatiques » dont sont principalement victimes les oubliés du « nouveau monde », la Contre-COP24 aura pour thème « Climats et territoires ». En voici la présentation :

À notre époque qui martèle un discours écologiste fait d’incantations pour « sauver la planète », on en vient facilement à oublier que l’environnement est une réalité plurielle qui se doit d’être appréhendée avant tout à des échelles locales. L’alarmisme climatique est emblématique de cette dérive : aujourd’hui, chaque phénomène météorologique est censé constituer « un signe du dérèglement climatique », sans considération pour l’histoire ou la géographie du lieu concerné.

En se rendant aveugle à la variété des situations particulières, de telles généralités climatiques globalisantes ne sont pas seulement un outil inefficace pour comprendre le réel : elles sont malheureusement aussi des machines à détruire. Ainsi des politiques de « transition énergétique » qui, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, promeuvent à marche forcée le développement d’éoliennes qui saccageront biodiversité et cadres de vie, pour des résultats dont on sait d’avance qu’ils seront à l’opposé des bonnes intentions initiales.

Pour contribuer à l’émergence d’un vrai débat sur ces questions, la Contre-COP24 de l’Association des climato-réalistes aura pour thème « Climats et Territoires ». Elle réunira géographes, économistes, physiciens, décideurs et acteurs locaux lors d’une journée de conférences et de débats à Paris en décembre 2018.

La Contre-COP24 se tiendra à Paris la journée du vendredi 14 décembre 2018, dans une grande salle de l’ASIEM, 6 rue Albert de Lapparent (Paris VIIe). Le programme détaillé sera communiqué ultérieurement.

LE GIEC SONNE UNE NOUVELLE FOIS LE TOCSIN

Comme le dit le physicien François Gervais dans une interview, « malgré des projections non validées, le GIEC persiste dans l’alarmisme ». Le dernier rapport spécial (SR15) évalue à 45% la réduction nécessaire de nos émissions de CO2 d’ici 2030 pour limiter le réchauffement à venir à 1,5°C. Les bases scientifiques sur lesquelles sont basées les injonctions du GIEC sont pourtant des plus fragiles. Une publication sur le site de Judith Curry révèle d’autre part que le SR15 a introduit des changements considérables. Ainsi, les émissions qui permettraient de rester dans les objectifs de 1,5°C sont désormais cinq fois supérieures à celles qu’indiquaient le rapport précédent du GIEC, l’AR5, à peine cinq ans plus tôt ! Cherchez l’erreur…

Chacun voit bien que ce qui est demandé à nos sociétés n’est pas souhaitable. Ce n’est même pas possible, sauf à être imposé par un ordre international autoritaire aujourd’hui encore heureusement hypothétique. Certains scientifiques semblent appeler de leurs vœux ce type de dictature climatique. Ainsi de François-Marie Bréon, directeur adjoint du laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE), qui a carrément déclaré à Libération il y a quelques semaines : « On peut dire que la lutte contre le changement climatique est contraire aux libertés individuelles et donc sans doute avec la démocratie ». (Voir ici pour une analyse.)

LA RÉVOLTE DES AUTOMOBILISTES 

« Il n’y a pas de solution magique au problème du dérèglement climatique » a déclaré Édouard Philippe lors d’un déplacement au Viêt-Nam. «Ça râle un peu… » a t-il ajouté. Ça râle même beaucoup, surtout chez les provinciaux qui ont besoin de leur voiture pour leurs déplacements professionnels et personnels. Le 6 novembre, une pétition en ligne contre la hausse des carburants avait déjà recueilli plus de 776 000 signatures. Une journée d’action nationale (dite « des gilets jaunes ») est prévue samedi 17 novembre. Même Ségolène Royal, ancienne ministre de l’Environnement que l’on a connu moins dérangée par l’écologie punitive en son temps, s’est désolidarisée de la mesure. Selon elle, cette hausse des taxes sur les carburants serait illégale, l’article premier de la loi sur la transition écologique de 2015 prévoyant la neutralité fiscale (un centime de hausse de la fiscalité carbone doit donner lieu à un centime de baisse d’une autre taxe).

Droit dans ses bottes, le président de la République assume. Interpellé par un passant lors de sa tournée dans le nord et l’est de la France, il a déclaré : « le carburant, c’est pas bibi ! », c’est (selon lui) l’effet de l’augmentation des cours mondiaux du pétrole. L’économiste  Rémy Prud’homme a fait les calculs, qui contredisent cette affirmation : la variation des cours du pétrole n’explique que 33% de l’augmentation du prix à la pompe de l’essence, et 18% de celle du gazole.

L’AIR EST PUR À PARIS, MAIS ANNE HIDALGO NE LE SAIT PAS

Soyons clair : la hausse du prix du carburant est une question pour les provinciaux. Les Parisiens, eux, n’en ont cure. Ainsi, le Plan Climat Air Énergie (PCAE) de la ville de Paris prévoit la fin des moteurs diesel à Paris en 2024 et celle des moteurs à essence en 2030. Anne Hidalgo veut lutter contre la pollution et le dérèglement climatique : « On ne mourra pas demain de la pollution : on en meurt aujourd’hui » affirme-t-elle dans la préface de son opus, Respirer, qui vient de paraître. Dans un essai publié le même jour aux éditions du Toucan (commenté ici), Christian Gerondeau démontre pourtant, en se fondant sur les données les plus officielles fournies par AirParif, que la pollution atmosphérique sous toutes ses formes a considérablement régressé en Île-de-France depuis les années 1950, au point de devenir indécelable par les capteurs. Les particules fines à l’origine de la stigmatisation du moteur Diesel sont quant à elles largement en-dessous des seuils d’alerte européens.

LA MOBILITÉ PROPRE EST COÛTEUSE ET… PLUTÔT SALE

La stigmatisation du moteur thermique est en train d’anéantir des décennies d’expérience, des milliards d’investissement en recherche et développement, et d’ouvrir une formidable fenêtre d’opportunité aux constructeurs chinois. Comme le souligne dans Le Point Ferdinand Dudenhöffer, directeur du Center Automotive Research, le cœur du véhicule est désormais la batterie, dont les technologies les plus avancées sont entre les mains des groupes d’électronique japonais, coréens et chinois. D’autre part, selon un rapport du cabinet FTI Consulting rapporté par BFMTVla marche forcée vers la voiture électrique va détruire de nombreux emplois chez les fabricants automobiles et leurs sous-traitants. Carlos Tavares a résumé sur France-Inter la situation par cette formule :  « la mobilité propre, c’est comme la nourriture bio, c’est plus cher ».

Or est-elle si propre, cette mobilité ? On en doute : « Une voiture électrique pollue (presque) autant qu’un diesel », admet L’Obs.  Nicolas Meilhan, consultant spécialisé dans les secteurs du transport et de l’énergie, estime dans un article intitulé « La voiture électrique ou l’externalisation de la pollution » que la fabrication d’une voiture électrique émet plus de gaz à effet de serre que celle d’une voiture thermique.

LA PROGRAMMATION PLURIANNUELLE DE L’ÉNERGIE UNE NOUVELLE FOIS REPOUSSÉE

Devant cet inextricable imbroglio de contradictions, on comprend que le gouvernement tarde à faire connaître ses arbitrages sur la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie, dont la présentation a été à nouveau repoussée courant novembre. Dans un article intitulé « Programmation énergétique : savoir aller contre le vent » publié par l’Opinion, Jean-Pierre Chevènement donne le ton : « EDF, sous la tutelle de M. de Rugy, prépare un plan prévoyant la fermeture d’au moins une demi-douzaine de centrales nucléaires. A-t-on vu quelque part dans le monde un pays qui manifeste une telle défiance à l’égard de ses propres capacités au point de porter un tel coup à la crédibilité de son industrie ? ».

ACTIVITÉS DE L’ASSOCIATION 

FRANCOIS GERVAIS SUR FRANCE INTER

Jeudi 1 novembre 2018, François Gervais participait à l’émission de France Inter de Laurent Goumarre sur le thème « Climat en Folie ». Parmi ses contradicteurs, Aymeric Caron, journaliste, Françoise Vimeux et Jean Jouzel.

PUBLICATIONS

Deux nouvelles publications à signaler aux éditions de l’Artilleur :

• Christian Gerondeau, L’Air est pur à Paris mais personne ne le sait.

• François Gervais, L’Urgence climatique est un leurre, dans la collection Grandeur Nature initiée et soutenue par l’association des climato-réalistes.

L’essai de François Gervais a fait l’objet d’un article dans Valeurs actuelles  : « Malgré des projections non validées, le GIEC persiste dans l’alarmisme » ! Cet article a donné lieu à quelques critiques auxquelles l’auteur, et Valeurs actuelles, ont apporté plusieurs éléments de réponses.

Numéro hors-série 67 de la revue de vulgarisation mathématique Tangente

Des articles de Rémy Rémy Prud’homme, Jean-Claude Bernier François Gervais et Benoît Rittaud

Dernières publications sur le site des climato-réalistes

Journée sans voiture du 16 septembre 2018
Le nombre d’ouragans est en diminution aux États-Unis
Cycle du carbone, l’éclairage de trois nouvelles publications

53 Comments     Poster votre commentaire »

51.  williams | 23/11/2018 @ 20:54 Répondre à ce commentaire

scaletrans (#49),

C’est ce que j’ai lu ici : https://www.lci.fr/sciences/silencieux-et-ecologique-inspire-du-vaisseau-de-star-trek-le-premier-avion-propulse-par-vent-ionique-prend-son-envol-etude-nature-2105459.html et qu’il y a aussi dans le Figaro, ou… Après comme vous dites il peut y avoir de l’exagération mais ce dont il est sûr c’est que tout les avions émettent plus de CO2 que toutes les voitures.

Ici ( http://www.lesempreintesduvoya.....ge_17.html ) il est dit : « On remarque bien en comparant les résultats par type de transport que pour le nombre de km parcourus, le CO2 émis par l’avion est plus impactant que tous les autres modes de transport : « .

http://consommerresponsable.co.....ort2-1.png

Souvent on lit que l’avion est ce qui émet le plus de CO2 puis après les bateaux suivit des voitures et du train comme ici aussi : http://www.univers-nature.com/.....66269.html

Williams

52.  scaletrans | 23/11/2018 @ 21:39 Répondre à ce commentaire

williams (#51),

Possible après tout. Mais personnellement je me fiche de cette lubie du « bilan carbone » comme de ma première barboteuse. Pour ça j’adhère à ce que dit François Gervais. Certes tout élément de l’atmosphère a son importance, mais à part la photosynthèse, j’ai toujours pensé que le CO2 était pratiquement neutre en termes de climat.

53.  ardeche07 | 23/11/2018 @ 21:57 Répondre à ce commentaire

Williams.
La taxe carbone est remboursée au patrons des boites de transport sous présentation de la facture, comme les bus et les taxis
Raison pour laquelle ils bronchent pas en ce moment.

http://www.douane.gouv.fr/arti.....-carburant

En fait seul le Francais moyen avec sa petite auto doit sauver la planète, les pays hors UE s’en tapent et en France pas de taxe écolo pour le maritime, l’aérien, les camions, les bus et les taxis …

Et encore, j’étais aux Canaries la semaine dernière, c’est l’Europe et j’ai payé 0.975 le gasoil et mes clopes à 2.35