Bulletin des climato-réalistes n° 93

– Une pétition sur le climat en Italie passée inaperçue en France

– La loi Énergie-Climat : un exercice de pensée magique

UNE PÉTITION À CONTRE-COURANT EN ITALIE

En Italie, 91 scientifiques invitent dans une pétition leur gouvernement à adopter des politiques de protection de l’environnement qui soient compatibles avec les connaissances scientifiques. Cette pétition n’ayant pas été relayée par les medias français, l’association des climato-réaliste a donc pris l’initiative de la traduire.

LE PROJET DE LOI ÉNERGIE-CLIMAT, UN EXERCICE DE PENSÉE MAGIQUE 

La France persiste dans la fuite en avant et les formules incantatoires en se fixant des objectifs de plus en plus contraignants : le projet de loi Énergie-Climat va plus loin que la loi sur la transition écologique de 2015 visant la neutralité carbone en 2050 : « au lieu de diviser par quatre nos émissions de CO2 en 2050, il s’agit de les diviser au moins par six » a déclaré le ci-devant ministre de la transition écologique et solidaire.

Chacun sait bien que cet objectif ne sera jamais tenu. S’appuyant sur un récent rapport du Manhattan Institute Vincent Benard montre dans Contrepoints que, sauf à multiplier par 90 la production mondiale d’énergies renouvelables au cours des 20 prochaines années, la transition vers une économie décarbonée est économiquement, financièrement et technologiquement impossible.

De plus, elle n’est même pas souhaitable, comme le montrent Guillaume Pitron et Jean-Louis Pérez dans un documentaire qui explore la face cachée de la transition énergétique. Selon les auteurs, «  la promesse d’un monde meilleur, libéré des énergies fossiles, est un mythe », le monde subissant désormais une nouvelle dépendance aux métaux rares.

LA POLITIQUE EST VIRTUELLE, MAIS LES TAXES SONT BIEN RÉELLES 

Le Conseil de défense écologique a institué une écotaxe de sur les billets d’avion. Le PDG de Ryanair a fustigé le culot des politiques surtout en France : « si les gouvernements européens appliquaient ce qu’ils disent qu’ils vont faire depuis des années, on économiserait déjà 10% de notre consommation et de nos émissions ». Rappelons que le transport aérien compte entre 2 et 3 % des émissions mondiales de carbone, soit moins que le numérique qui serait responsable de 4% et dont la part pourrait atteindre 8% (soit la part actuelle des émissions des voitures).

Le Conseil de défense écologique a également décidé la réduction de 2 centimes par litre de l’avantage fiscal accordé aux transporteurs routiers. Pour  les professionnels du secteur  cette taxe touchera les entreprises françaises et épargnera les poids lourds étrangers pour un gain dérisoire (180 million d’Euros). Le système mis en place en Allemagne dès 2005, qui taxe prioritairement les transports de longue distance et les camions étrangers rapporte au pays plus de 4,5 milliards d’euros par an. « Si l’écotaxe n’avait pas été supprimée d’un coup de crayon par Mme Royal en octobre 2014, nous aurions à disposition, chaque année, environ 4 milliards d’euros », a déclaré l’ancien ministre des transports Dominique Bussereau sur BFMTV en août 2018.

LA VALSE DES COMITÉS THÉODULE 

Parodiant la formule d’un président du Conseil de la Quatrième République, nous pourrions dire « Il n’est pas de problème qu’un comité Théodule ne finisse par résoudre ». L’inflation du nombre d’agences comités et conseils traitant de questions environnementales apparaît proportionnelle à l’impuissance des pouvoirs publics à résoudre les problèmes qu’ils ont eux-mêmes créés .

Nous avions depuis 1960 le Conseil économique et social, devenu environnemental en 2008 et qu’une loi du 28 juin 2010 a doté d’un pôle de 33 membres dédié à la protection de la nature et de l’environnement. Sont venus s’ajouter L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) en 1991, le Conseil national du développement durable  en 2003, L’IDDRI  (Institut du développement durable et des relations internationales) en 2002, le Conseil national de la transition écologique en 2013, le Comité d’experts pour la transition énergétique en 2015. On assiste à une nette accélération depuis la crise des gilets jaunes : création du Haut conseil pour le climat (qui remplace le comité d’experts pour la transition énergétique) du Conseil de défense écologique, enfin des Convention citoyenne pour la transition écologique.

ACCORD UE-MERCOSUR : LES ÉLEVEURS SONT SACRIFIÉS MAIS L’ACCORD DE PARIS EST SAUVÉ

L’accord UE-Mercosur (obtenu après plus de 20 ans de négociations) permettra aux pays d’Amérique latine d’exporter 200 000 tonnes de viande bovine et de volailles en Europe. « Une fois de plus c’est l’agriculture qui en est la principale variable d’ajustement » remarque Philippe Chalmin. Selon Natacha Polony, l’accord de Paris a été l’argument magique  qui a permis la signature de ce traité : « il fallait faire des largesses à l’Argentine et au Brésil,  sinon ils auraient basculé dans le camp du mal ». Les éleveurs français sont vent debout contre cet accord. En l’acceptant, « nos dirigeants renient les objectifs de transition écologique annoncés lors des États Généraux de l’Alimentation » commente la coordination rurale.

GRETA THUNBERG À L’ASSEMBLÉE NATIONALE LE 23 JUILLET

Invitée par 162 députés membres du collectif pour le climat « Accélérons », Greta Thunberg interviendra le 23 juillet prochain à l’Assemblée nationale. « Jusqu’où ira-t-on dans le mélange des bons sentiments et du jeunisme triomphant ? » se demande le sociologue Jean-Pierre Le Goff  dans L’Express. « Les jeunes renvoient aux adultes la bonne cause que ces derniers ont mise en avant depuis longtemps ». Il ne se trouve pour l’instant que quatre députés à avoir dénoncé cet exercice « d’infantilisation obscurantiste », également commenté par Benoît Rittaud sur son blog.

LA RÉDACTION DU SITE DE L’ASSOCIATION DES CLIMATO-RÉALISTES VOUS SOUHAITENT DE BONNES VACANCES ET VOUS DONNE RENDEZ-VOUS EN SEPTEMBRE