Bilan de l’été 2019

Un bilan, Météo France le fait, alors pourquoi pas nous. Avec un peu de contexte historique, on peut parler de climat sur un sujet météo.

Par Anecdote

C’est la fin de l’été, donc l’occasion de dresser un bref bilan météo de ces derniers mois.

Encore un été remarquablement chaud, sec et ensoleillé en France (après ceux de 2018 et 2017), avec 2 semaines de pics de chaleur extrêmes particulièrement notables et intéressants (fin juin et fin juillet). Des épisodes de ce genre sont cohérents dans un contexte climatique chaud, mais l’Europe occidentale est particulièrement concernée ces dernières années (en y incluant aussi 2015).

C’est probablement la loi des séries qui se manifeste ici, car des régions de l’hémisphère nord n’ont pas connu un été chaud, au contraire. Par exemple la partie européenne de la Russie a connu un été pourri (fraîcheur et succession de passages pluvieux), ou encore le centre de l’Amérique du nord. Notons aussi l’hiver relativement froid à l’échelle de tout l’hémisphère sud, qui fait moins parler de lui mais qui a autant d’importance que l’hémisphère nord. Au final, un indicateur de température mondiale pas très spectaculaire cet été, avec un excédent modéré et inférieur à celui de l’année dernière.

La France pense que le réchauffement s’intensifie car elle a de fait plus chaud mais elle ne regarde pas ailleurs dans le monde, et les médias n’y aident pas. Trump et beaucoup d’Américains ne croient pas au « réchauffement » mais il est vrai que le centre et l’Est des Etats-Unis se sont peu réchauffés depuis plusieurs dizaines d’années. En outre, les Américains sont habitués depuis toujours à subir des événements météorologiques extrêmes (tornades, cyclones, blizzards, brusques changements de température, etc.).

La tendance pour les années à venir en France reste donc ouverte, ainsi une série d’années moyennes voire mauvaises peut très bien succéder à une série d’années belles et chaudes. Dans un tel scénario, nul doute que nous nous plaindrions et certains se moqueraient des élites en parlant de « refroidissement » ou de « changement » climatique, mais l’écueil est toujours le même : La France ne prend aucun recul spatial et historique. Car dans le même temps, de chaudes années pourraient se succéder au Québec par exemple (les Québécois enchaînent les déficits de température ces dernières années).

Le sujet des climats se traite donc avec du recul, spatial (d’où le pluriel) et temporel. Il faut savoir que la loi des séries en météo peut opérer de façon sévère sur des durées parfois très longues à l’échelle d’une vie humaine. Quelques exemples : Au XIXe siècle, de 1846 à 1876, la France subit tant d’inondations que le pouvoir mit en place des politiques de reboisement, croyant ainsi à tort limiter les écoulements de façon significative ; A l’époque, l’historien Maurice Champion, chargé par Napoléon III de dresser l’inventaire historique des inondations connues jusqu’alors, publia un ouvrage de… 3000 pages. Puis le temps passa et le climat devint nettement plus sec. Entre 1880 et 1909, soit sur 30 ans, seulement 4 années enregistrèrent un excédent de pluie en Ile-de-France ; La fin du XIXe siècle fut marquée par de grandes sécheresses et de fortes vagues de chaleur. Comment, dans ces conditions, imaginer que la Seine allait déborder de façon considérable en janvier 1910 ? Effectuons un bond dans le temps : Après de nombreuses canicules entre 1942 et 1952, le climat se rafraîchit tant et si bien durant 30 ans qu’on eût du mal à imaginer atteindre 40°C en France (ce qui pourtant était arrivé avant) : 5 étés frais et pourris consécutifs (1977-1981) au terme de 30 ans de rafraîchissement, ajoutés aux annonces de retour à l’ère glaciaire formulées par les scientifiques de l’époque (tandis que les glaciers avançaient effectivement), mirent un terme aux espoirs d’une amélioration des conditions météorologiques. Mais contre toute attente, le climat se réchauffa nettement dans les années 80 et 90 et les beaux étés revinrent en force.

Il existe donc ainsi une superposition entre des tendances thermiques de long terme (réchauffement, refroidissement) et des séries de phénomènes météo de même nature dont la répétition sur une échelle de temps plus courte est interprétée (généralement à tort) comme une évolution climatique. La chose se complique quand on sait que les tendances de long terme ne sont pas uniformes sur la planète…

Quoi qu’il en soit, pour ce qui nous concerne, il faut apprécier de vivre une période chaude, car, comme montré historiquement, la chaleur et le soleil sont favorables aux récoltes (notamment le blé, plante d’origine asiatique – à l’opposé le maïs est beaucoup plus gourmand en eau) et à la santé (le froid même modéré tue beaucoup plus que le chaud). A ce titre, pour la France je préfère parler de radoucissement climatique, opéré essentiellement au XXe siècle et accentué en ville du fait de l’îlot de chaleur urbain : Ainsi à Paris, la température moyenne annuelle est passée de 12°C il y a 100 ans à près de 15°C au début du présent siècle. Les saisons intermédiaires ont beaucoup gagné : Les jours de chaleur précoce ont pris le pas sur les désagréables froids tardifs (sans les supprimer totalement), et les arrière-saisons sont devenues bien agréables (périodes d’été indien fréquentes). Les hivers sont devenus moins fatigants (douceur) et les étés certes imposent quelques séquences de chaleur pénible mais le nombre de jours modérément chauds a également augmenté.

Il serait donc bien d’apprécier enfin vraiment la période climatique bénie que nous vivons actuellement. D’autant qu’à nos latitudes, les événements météorologiques extrêmes, liés au gradient thermique pôle/équateur, semblent se raréfier lorsque le climat se réchauffe. A grande échelle, la montée des eaux reste lente (pas d’accélération), de l’ordre de quelques mm par an, et le recul des glaces est plus lent (notamment, stabilisation de la banquise en Arctique depuis 2007).

Des conditions similaires ont prévalu au Moyen Age, notamment au XIIIe siècle, les chroniques faisant mention de fréquentes et longues périodes de temps chaud, sec et ensoleillé, et de rares périodes rigoureuses (froid ou pluie abondante). Cet âge d’or climatique a contribué au développement du pays. Certaines années, on moissonnait en juin même dans le nord et les arbres fruitiers donnaient deux récoltes. Les vagues de chaleur parfois intense donnaient, certains jours, l’impression d’être dans un four (comme quoi les 40°C ne datent pas d’hier) y compris dans le nord. Seules quelques sécheresses sévères furent dommageables.

En revanche, par la suite, le climat s’est refroidi et dégradé, dès le début du XIVe siècle, avec un minimum au cours de la seconde partie du règne du Roi Soleil (Quelle ironie !), marquée par quelques séries d’hivers très rigoureux et/ou de fortes pluies printanières et estivales gâchant sérieusement les récoltes. Mais même au plus fort du refroidissement, la France a connu des étés brûlants (1718, 1719 par exemple). Tout est donc possible en météo… Imaginons qu’une vague de froid record s’abatte en France en décembre prochain…

Quelques exemples d’étés très chauds (extrait des chroniques) :

Il ne plut pas ou presque pas pendant les mois de février, mars et avril 1204 : de fortes chaleurs succédèrent à ces trois mois de sécheresse. L’année 1212 fut très sèche. L’extrême sécheresse de l’année 1226 entraîna la ruine de presque toutes les récoltes d’été : l’automne de cette année se montra encore chaud et sec. Cette chaleur sèche continue produisit dans toute la France une quantité prodigieuse de vin. Il ne plut pas pendant tout l’été 1287 ; les puits et les fontaines tarirent.
[…]
Les deux années de 1718 et 1719 eurent l’une et l’autre des chaleurs sèches, violentes, longues et soutenues. A Paris, le 7 août 1718, le thermomètre de Lahire, malgré son exposition défavorable, indiqua néanmoins vers trois heures de l’après-midi 35° ou 36° : il s’éleva aux mêmes chiffres le 11, le 21 et le 23. Un hiver très doux succéda à ces chaleurs. La plupart des arbres se couvrirent de fleurs dès le mois de février et de mars 1719.
Les fortes chaleurs reparurent avec le mois de juin. Plus intenses que celles de l’année précédente, elles durèrent aussi beaucoup plus longtemps. A Paris, le thermomètre de Lahire indiqua au maximum une température de 37° ; en outre, la table de Cassini attribue à cet été quarante-deux jours d’une température de 31° ; enfin, les chaleurs ont persévéré trois mois et demi, depuis le mois de juin jusqu’à la moitié du mois de septembre. L’extrême abaissement des eaux de la Seine au pont de la Tournelle, durant cette année si sèche, donna le zéro des mesures pour les hauteurs variables de ce fleuve. Le père Feuillée, cité par Maraldi, écrivait en même temps de Marseille que des chaleurs insolites y avaient fait refleurir les arbres au mois d’octobre, et qu’ils s’étaient plus tard chargés de nouveaux fruits. Les froids survenus au mois de décembre empêchèrent ces fruits de grossir comme à l’ordinaire, mais ils ne les empêchèrent pas d’aboutir à une parfaite maturité. Le père Feuillée ajoute qu’il a cueilli, le 18 décembre, des cerises et des pommes complètement mûres.
https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article644

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1.  Nicias | 20/09/2019 @ 7:08 Répondre à ce commentaire

mirent un terme aux espoirs d’une amélioration des conditions météorologiques.

L’espoir est revenu heureusement.

2.  Bernnard | 20/09/2019 @ 9:43 Répondre à ce commentaire

C’est une constante humaine que de croire à tout les instants et en tout lieux à une avance inéluctable vers un climat qui change pour atteindre des conditions qui nous seront néfastes !
On oublie vite le yoyo des températures à l’échelle des siècles nous qui vivons tout au plus un siècle !

3.  pastilleverte | 20/09/2019 @ 9:47 Répondre à ce commentaire

Pour faire simple, et comme « non scientifique », je résume les épisodes de chaleur estivale « extrêmes » en France comme ceci :
remontées d’air chaud « de l’Équateur » ou « du Sahara », avec des anticyclones « bloquant » cet air chaud
(les météorologues et les personnes très savantes intervenant sur ce blog me pardonneront cette « explication » des plus triviales !)
Bon, OK, mais qu’est-ce qui explique la fréquence de ces phénomènes, par exemple sur les trois derniers étés (je parle toujours de-presque toute- la France)
Ce n’est évidemment pas « le réchauffement climatique », ce qui apparaitrait comme un raisonnement circulaire.
Ce n’est, amah, évidemment pas le « méchant » CO2, la France étant bonne élève pour les émissions dudit gaz, d’autant plus que ce sont les concentrations et pas les émissions qui comptent pour « le climat » (en fait uniquement pour UN élément nommé les températures)
Antonio San peut nous expliquer les AMP et al. mais ça ne répondra pas totalement à la question (car, pourquoi tant d’effets des AMP ?)
En attendant, même si cela nous ferait plaisir en tant que C.R, je ne souhaite certainement pas le retour d’âges glaciaires aussi « petits » soient-ils !!
Bonne manifestation pour « le climat », ou mieux pour « lutter contre le changement climatique », formulation des plus sottes (Don Quichotte est plus réaliste en voulant lutter contre les moulins à vent) devenue un mantra imbécile, et je reste poli.
dash

4.  Le Rouméliote | 20/09/2019 @ 10:50 Répondre à ce commentaire

Pour le sinistre XVè siècle, on peut lire la biographie de Charles VII par Georges Minois (Perrin, 2005). On y trouve, notamment pages 655 et suivantes, de « belles » descriptions des ravages de la météo en ces temps de refroidissement. Pour résumer : »Les chroniques locales regorgent de catastrophes naturelles, mais aussi de séismes, comme celui d’Angers en 1442. » Ces catastrophes météorologiques s’ajoutent aux pertes de la Guerre de Cent Ans et aux épidémies largement consécutives au passage des armées et auxdites catastrophes. La population de la France est passée de 17 millions d’habitants en 1330 à environ 10 millions en 1450, soit moins 42% en 120 ans.
Finalement, le réchauffement climatique, c’est plutôt sympa !

5.  Didier Fessou | 21/09/2019 @ 14:10 Répondre à ce commentaire

Quand vous évoquez l’été indien, à quoi faites-vous allusion ?
Ce qu’on appelle été indien dans le nord-est américain est une période de deux ou trois jours de redoux après les premiers gels et la chute des feuilles des arbres. L’équivalent en France, à peu près à la même période de l’année, c’est l’été de la Saint-Martin.
Été de la Saint-Martin, en France, ça sonne quand même mieux que été indien !

6.  jdrien | 21/09/2019 @ 15:33 Répondre à ce commentaire

Didier Fessou (#5), oui mais, ceux de ma génération ont encore en tête la chanson de Joe Dassin smile

7.  Murps | 21/09/2019 @ 17:25 Répondre à ce commentaire

jdrien (#6), oui on s’en fiche de la réalité. Je pensais aussi à la poésie de l’ami américain…
😉

8.  ppm451 | 21/09/2019 @ 19:11 Répondre à ce commentaire

pastilleverte (#3),

Bon, OK, mais qu’est-ce qui explique la fréquence de ces phénomènes, par exemple sur les trois derniers étés

À mon avis, la distribution hasardeuse ! depuis quelques temps, on tire ‘pile’ (été chaud) plusieurs fois de suite, et on a une série continue.
D’ailleurs ‘face’ n’était pas loin, il me semble qu’il y avait en même temps un déficit de chaleur un peu plus au nord-est ; il s’est fallu que de la position des hautes-basses pression un peu différente, et on avait un été sans canicule ; enfin, c’est comme cela que je me l’explique.

Pour continuer dans la fiction prévisionnelle, je me m’amuse à penser qu’après une conjonction de plusieurs années favorable aux réchauffistes (une série aléatoire d’été chaud, un super Nino, les volcans calmes, les taches solaires qui commencent seulement à diminuer…) tout le bazar s’inverse, parce qu’il change de phase, tout en même temps, et qu’il se mette à cailler.

Je serai (sans ‘s’, futur) très curieux de voir comment les carbonistes expliqueront ce refroidissement…

9.  Anecdote | 21/09/2019 @ 19:24 Répondre à ce commentaire

ppm451 (#8),
Les réchauffistes pèchent en citant sans arrêt la météo.
C’est donc la météo qui les perdra.
Mais quand ?

10.  Hug | 21/09/2019 @ 20:45 Répondre à ce commentaire

pastilleverte (#3), ppm451 (#8),
Depuis quelques années, les situations de blocage météo qui nous amènent ces remontées d’air chaud en provenance d’Afrique se répètent fréquemment. Elles correspondent à un jet-stream qui forme des méandres (ondes de rossby) très prononcées, permettant ces mouvements d’air méridiens, d’un coté on a une bouffée d’air chaud provenant du sud alors qu’à coté de l’air froid polaire descend à des latitudes assez basses (ce qu’a subi la russie européenne cet été).
Il n’y a pas d’explication qui fasse l’unanimité sur ce changement de régime, amha le fait que cela se produise en période de très faible activité solaire n’est pas qu’une simple coincidence.

11.  Anecdote | 21/09/2019 @ 21:52 Répondre à ce commentaire

Hug (#10),
Le jet-stream n’existe pas de façon continue.
Il y a des couloirs de vents forts d’altitude, disjoints les uns des autres. Les « jets » (mot anglais) sont la conséquence de la circulation de basses couches, en particulier de l’irruption et du déplacement de masses d’air froides polaires de grandes dimensions qui obligent l’air chaud à être soulevé et à circuler dans des espaces restreints de fait, d’où son accélération (comme par exemple dans le couloir dépressionnaire qui aborde actuellement notre pays).
Les « ondes de Rossby » ne constituent donc qu’un schéma de courants d’altitude découlant de la circulation de surface, elle-même conditionnée par les pertes et gains de chaleur par rayonnement liés à la latitude et à la nature du substrat (glace, océan, terre, etc.).

12.  ppm451 | 22/09/2019 @ 7:48 Répondre à ce commentaire

Hug (#10), Anecdote (#11), Bonne explication ! je n’avais que des éléments imprécis sur l’origine des courant-jets, je savais juste que les routes aériennes transatlantiques étaient journellement choisies en altitude et latitude pour bénéficier de l’effet d’aubaine d’un vent-arrière qui favorise l’avion (une composante de vent de 100..200 km/h qui aide à avancer, c’est quelques tonnes de carburant gagnées ; à l’inverse, si la route est mal choisie avec composante de vent de face trop importante, cela devient vite très défavorable). Wiki au sujet des courants-jets est pas mal fait, puisque ce sujet n’est pas lié directement au RCA…

13.  AntonioSan | 23/09/2019 @ 3:14 Répondre à ce commentaire

Anecdote (#11), +1

14.  scaletrans | 23/09/2019 @ 12:44 Répondre à ce commentaire

Anecdote (#11), AntonioSan (#13),
Hé oui, chez les adeptes de l’Église de Climatologie, c’est la queue qui remue le chien.

15.  Hug | 23/09/2019 @ 14:06 Répondre à ce commentaire

Anecdote (#11), AntonioSan (#13), scaletrans (#14),
Sur ce sujet, je n’ai pas d’avis tranché.
Je suis d’accord qu’affirmer que le jet-stream influence la circulation atmosphérique dans la troposphère s’apparente à affirmer que c’est la queue qui remue le chien, mais d’une part on a affaire à un système ayant une grande liberté de mouvements et qui est susceptible de réagir à la moindre pichenette (le fameux battement d’ailes d’un papillon), d’autre part j’ai un peu de mal à imaginer par quel mécanisme extérieur la circulation atmosphérique dans la troposphère pourrait être modifiée, alors que j’imagine plus facilement une influence du soleil sur le jet-stream (variations magnétiques, variation de la température de la stratosphère liées aux variations d’activité solaire…).
Si vous avez des explications, je suis intéressé.

16.  AlterEgo | 23/09/2019 @ 17:26 Répondre à ce commentaire

Mais au fait pourquoi « lutter CONTRE le réchauffement climatique » alors que la logique est de « lutter POUR que l’homme n’influence pas le climat » ?

17.  AntonioSan | 23/09/2019 @ 21:31 Répondre à ce commentaire

Hug (#15),

d’autre part j’ai un peu de mal à imaginer par quel mécanisme extérieur la circulation atmosphérique dans la troposphère pourrait être modifiée,

Ah vraiment? Bah l’inclinaison de l’axe de rotation terrestre est suffisante pour que les variations d’insolation induisent les saisons au cours d’une revolution autour du soleil: AMP plus puissants en hiver, plus frequents etc… En voila donc un.

18.  Hug | 23/09/2019 @ 23:14 Répondre à ce commentaire

AntonioSan (#17),
Je parle de changements à court terme, qu’est-ce qui explique que depuis quelques années, on a des apports récurrents d’air chaud provenant du sud qui nous donnent ces épisodes caniculaires en été mais aussi des périodes de grande douceur à d’autres saisons (février dernier par exemple) ?

19.  AntonioSan | 24/09/2019 @ 1:27 Répondre à ce commentaire

Hug (#18), Ne confondons pas les mecanismes de canicule 1) dome anticyclonique stable par exemple avec 2) des remontees d’air chaud en face avant ou face arriere d’AMP.
Meteo France et autres adorent que l’air chaud vienne toujours du Sud. C’est leur dada sauf que pendant le plus fort de la canicule de juin, l’air en provenance d’Algerie se baladait a 3000 m d’altitude… pas en surface. En fait la canicule de juin a vraiment ete forte a partir du 26 juin quand de l’air sec provenant d’une agglutination anticyclonique a 1025 hPa a lentement envahi l’hexagone en provenance d’Europe orientale. C’est NOAA hysplit qui le montre (enfin quand on sait le lire, pas comme dans certains marigots…). Cet air a remplace un air humide et moderement chaud en face avant d’un AMP de 1035 hPa sur l’atlantique, qui effectivement venait du Maghreb jusqu’au 25 juin. Cela explique les deux phases de cette canicule, la premiere humide et moderement chaude (difficultes de respirer, oppressant genre NYC) et la seconde seche et tres chaude (insolation maximale, pas de nuages).
C’est donc une dynamique des AMPs qui regit les zones ou le temps aura certaines caracteristiques. Tout dependra de la situation de notre territoire par rapport a ce ballet incessant. Comme le rappelait un intervenant (Anecdote?) l’ete sur la Russie occidentale a ete particulierement froid et pourri.
Quant a savoir ce qui va decider de ces periodes de grand froid et de pauses pendant un hiver par exemple, personne ne le predit des mois a l’avance.

20.  ppm451 | 24/09/2019 @ 9:04 Répondre à ce commentaire

Les 2 phases de la canicule !
(si l’image veut bien s’afficher)

21.  ppm451 | 24/09/2019 @ 9:10 Répondre à ce commentaire

Autre tentative :
https://i.postimg.cc/2jFdfjr4/Screen-Shot244-1.jpg

22.  Hug | 24/09/2019 @ 9:56 Répondre à ce commentaire

AntonioSan (#19),
Quelque soit la provenance de la canicule, AMP ou air chaud venant du sud ou l’un provoquant l’autre, vous ne répondez à ma question qui est de savoir comment peut on expliquer ces canicules récurrentes depuis quelques années ? De même que ces épisodes exceptionnellement chauds par rapport à la saison (je pense notamment à la 2nde quinzaine de février dernier).
Qu’est ce qui fait que l’on subit aujourd’hui fréquemment ces canicules alors que c’était exceptionnel auparavant ?

23.  Marco40 | 24/09/2019 @ 10:43 Répondre à ce commentaire

Hug (#22), J’ai plutôt l’impression que ce sont les épisodes médiatiques entourant les canicules et caniculettes, voir micro-canicules, qui sont de plus en plus fréquents….

24.  scaletrans | 24/09/2019 @ 11:29 Répondre à ce commentaire

Hug (#22),
Un début de réponse: Marcel Leroux a dit dans les années 90 je crois, que la circulation (les échanges méridiens) était passée en mode rapide. Si de surcroît la trajectoire des AMP (Qui est en partie dictée par le relief) se reproduit plusieurs années de suite, il est évident que les mêmes phénomènes se trouvent reconduits aux mêmes endroits.

25.  BenHague | 24/09/2019 @ 11:41 Répondre à ce commentaire

ppm451 (#8),
« Je serai (sans ‘s’, futur) très curieux de voir comment les carbonistes expliqueront ce refroidissement… »

C’est déjá dans les tuyaus :

https://e360.yale.edu/features/how-a-wayward-arctic-current-could-cool-the-climate-in-europe

26.  scaletrans | 24/09/2019 @ 20:11 Répondre à ce commentaire

BenHague (#25),

Mais ils ont tout de suite l’explication:

The gyre’s strange behavior is likely linked, at least in part, to the profound warming of the Arctic.

Ils auront toujours réponse à tout. Et n’oublions pas que « likely » est un des mots les plus importants de leur vocabulaire

27.  BenHague | 24/09/2019 @ 22:49 Répondre à ce commentaire

C’est d’ailleurs le probleme de leur théorie : elle est infalsifiable …
J’ai meme vu passer une étude démontrant que plus le climat est sensible au CO2 , plus la probabilité d’avoir des hiatus/pause est importante …. J’invente rien …

Donc en résumé :
Si ca chauffe , c’est le CO2
Si ca se refroidit , c’est le rechauffement de l’ocean arctique á cause du CO2
Si ca bouge pas , c’est encore pire !! Ca veut dire que c’est ultra sensible au CO2 …

28.  pastilleverte | 26/09/2019 @ 9:07 Répondre à ce commentaire

ppm451 (#8),
Merci
Gaîa et Greta vous entendent, enfin, non, ne vous entendent pas .

29.  pastilleverte | 26/09/2019 @ 9:14 Répondre à ce commentaire

@ tous !
Merci, je vois que mon interrogation n’était pas inutile… même si je reste sur ma faim, mais comme disait Jean Martin/Jacques Duran « stay tuned »
(non pas que j’attende de réponse claire argumentée et robuste de la galaxie GIEC) laugh

30.  Terrien | 2/10/2019 @ 20:40 Répondre à ce commentaire

@Antonio
Je ne connais rien aux AMP, courants jets etc… mais visiblement la canicule de juin n à concerné que la France et ses régions limitrophes. Comment expliquer que ces “courants” ne laissent pas de “trace” sur leurs parcours, d ou qu ils viennent?

32.  AntonioSan | 2/10/2019 @ 21:55 Répondre à ce commentaire

BenHague (#25), Bien sur que c’est dans les tuyaux… Il faut bien attribuer tout refroidissement au rechauffement climatique.
L’article en question est risible, alarmiste sous-entendus pour en conclusion expliquer qu’ils n’en savent rien!

A similar event, known as the Great Salinity Anomaly, occurred from the late 1960s into the 1970s, when a surge of water out of the Arctic Ocean freshened and cooled the top half-mile of parts of the North Atlantic. According to British oceanographer Robert R. Dickson, the Great Salinity Anomaly represented one of the most persistent and extreme variations in global ocean climate observed during the past century. The surge of ice and freshwater cooled Northern Europe dramatically and disrupted the North Atlantic food chain, which, in turn, caused a collapse of the lucrative herring fishery. Between 1951 and 2010, as many as eight of 18 exceptionally cold European winters occurred during the period of the Great Salinity Anomaly.

On se demande alors comment un evenement qui se produit a la fin des 60s peut avoir une influence a partir de 1951… Enfin ne cherchons pas.

Carmack suspects that another smaller pulse of fresh Arctic water that leaked into the North Atlantic in the early 1990s — the result of the Beaufort Gyre spinning in a counter-clockwise direction — may have suppressed the recovery of the severely overharvested cod populations in Newfoundland and Labrador.

Ca, c’est de la science: il suspecte que cela aurait pu se passer.

Speaking about the possibility of a gyre-driven surge of cold water temporarily altering the climate of the North Atlantic, NASA’s Petty says, “It’s not going to be a scene from `The Day After Tomorrow,’ [the film in which the earth’s climate radically cools]. But the fact is we just don’t know. There just isn’t enough Arctic data out there to make firm predictions in a world where climate change, ocean currents, and atmospheric forces interact in complex ways.”

En somme, ils n’en savent rien. Et comme le monde a toujours connu des forces interagissant de maniere complexe…

33.  Pigouille | 3/10/2019 @ 12:56 Répondre à ce commentaire

I want you panic, notre maison brule, urgence climat, les chercheurs sont inquiets, principe de précaution. A force de crier au loup, on finit par ne plus être audible. Heureusement qu’il n’y a pas eu de blessés à Rouen.
https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/incendie/incendie-d-un-site-seveso-a-rouen/incendie-de-lubrizol-on-doit-pouvoir-faire-mieux-en-matiere-de-communication-de-crise-a-reconnu-elisabeth-borne_3642535.html
Laissez pas trainer les allumettes.

34.  BenHague | 3/10/2019 @ 14:30 Répondre à ce commentaire

AntonioSan (#32),

Mais encore une fois , le GIEC le dit clairement qu’il ne sait pas quantifier le réchauffement climatique .
En donnant une fourchette de [1.5 degC – 4.5 degC] pour l’ECS ( sensibilité climatique) sans « best estimate », le GIEC (et donc les climatologues) dit sans ambiguité qu’il ne sait pas …
Bien sur la clique autour de WG I en charge de résumer occulte cet aspect ..

La différence entre 1.5 et 4.5 , c’est la difference entre bénin-anecdotique et potentiellement tres problématique (encore que ….)

36.  amike | 3/10/2019 @ 14:40 Répondre à ce commentaire

BenHague (#34), Et c’est la même marge de 3°C depuis plusieurs rapports (20ans ?).

37.  Terrien | 3/10/2019 @ 18:06 Répondre à ce commentaire

Et nous sommes toujours sur un trend < a 1.5 (selon spencer) depuis 40 ans !
Oui encore que! Parce que pour l instant plus de CO2 et plus de chaleur c est surtout plus mieux😜 voire limite top “chez moi” (je ne sais pas si le phénomène est plus général à l hémisphère nord) avec la distribution saisonnière.

38.  Zimba | 4/10/2019 @ 19:50 Répondre à ce commentaire

Des nouvelles pour cette fin d’été. Et aussi pour le début de l’automne. En France on n’est pas trop mal lotis. Surtout par rapport à juin et juillet. Il semble que les mois des saisons printemps et automne soient les plus marqués par l’augmentation des températures. A confirmer…

http://www.meteofrance.fr/actu.....la-planete

http://www.meteofrance.fr/actu.....phere-nord

39.  AntonioSan | 4/10/2019 @ 22:04 Répondre à ce commentaire

Zimba (#38), Moi aussi je peux aller relever partout ou les temperatures sont elevees, sans aucune mise en contexte synoptique et ce pendant 3 jours… Et bien evidemment je passerai sous silence la ou elle sont bien plus froides… Meteo France devrait avoir honte d’ecrire de telles inepties.
Cette image et l’interpretation qui en est faite defie tout entendement meteorologique.
http://www.meteofrance.fr/docu.....nEZN-.webp
Le 4 octobre, https://climatereanalyzer.org/wx_frames/gfs/ds/gfs_nh-sat1_t2anom_1-day.png

On se demande ainsi d’ou provient l’air froid qui s’etendait sur l’Eurasie, l;ouest du continent americain… Mais meteo france prefere le planisphere qui exagere les zones d’advection d’air chaud vers le pole.
Meteo France a une communication frauduleuse.

40.  Pigouille | 4/10/2019 @ 23:27 Répondre à ce commentaire

AntonioSan (#39), Météo France a aussi un économiste et il vient de faire un rapport pour la banque mondiale sur la résilience.
https://mobile.francetvinfo.fr/replay-radio/l-interview-eco/changement-climatique-comment-rendre-nos-infrastructures-plus-robustes_3624231.html
Pour la résilience il faut investir. C’est urgent et ça coûte pas cher. On peut ponctionner les retraites ou sacrifier les crédits de Météo France.

41.  Terrien | 4/10/2019 @ 23:38 Répondre à ce commentaire

Oui zimba on est bien lotis, un été très agréable, septembre c était bien mais un peu plus chaud ne serait pas de refus.

42.  Anecdote | 5/10/2019 @ 10:29 Répondre à ce commentaire

AntonioSan (#39),
Dejà Spencer donne +0.2°C à +0.3°C pour septembre dans le monde alors que Météo France parle de +0,55°C…
Et l’article est bourré de jugements de valeur : l’Arctique n’est pas en « surchauffe », il est un peu moins froid, c’est tout.
Vive le radoucissement climatique !

43.  AntonioSan | 5/10/2019 @ 19:22 Répondre à ce commentaire

Anecdote (#42), +1

44.  AlterEgo | 6/10/2019 @ 10:12 Répondre à ce commentaire

De mémoire le Groenland n’est pas un gros émetteur de CO2 alors quel pays doit-il blâmer pour recevoir ces températures extrêmes ?
A moins qu’il ne doit blâmer aucun pays mais alors cela casse le lien entre émission de CO2 et augmentation de la température de surface, non ?

45.  the fritz | 6/10/2019 @ 11:47 Répondre à ce commentaire

AlterEgo (#44),

De mémoire le Groenland n’est pas un gros émetteur de CO2 alors quel pays doit-il blâmer pour recevoir ces températures extrêmes ?

Juste pour vous titiller ; le pergélisol fond et émet du CH4 , bien pire que du CO2; je l’ai vérifié en 1975

46.  MPh | 6/10/2019 @ 12:55 Répondre à ce commentaire

the fritz (#45), Question: d’où vient ce CH4 ? De la végétation qui y était présente avant glaciation?

47.  Araucan | 6/10/2019 @ 13:16 Répondre à ce commentaire

MPh (#46),
Ben oui …. De la décomposition de la matière organique et de l’humus ( et aussi de l’activité biologique de zones humides qui reprend).

48.  amike | 6/10/2019 @ 13:37 Répondre à ce commentaire

the fritz (#45), Le pergélisol groenlandais, il est sous l’inlandsis…

49.  the fritz | 6/10/2019 @ 14:27 Répondre à ce commentaire

amike (#48), sauf qu’en 1975 à l’ouest de Sondrestromfjorf j’ai marché pendant une heure après avoir traversé la moraine frontale de l’inlandsis avant de retrouver le front de celui-ci : impressionnant la hauteur de celui-ci , les paquets de glace qui dégringolent , le torrent qui coule à ses pieds et les myrtilles qui poussent sur les prairies en face

50.  MPh | 7/10/2019 @ 14:30 Répondre à ce commentaire

Araucan (#47), Ben oui, mais je croyais, dixit les ‘réchauffistes », que le « Groen » n’était qu’une pub d’Eric le Rouge pour vendre ses découvertes smile