Contre-COP21 : court compte-rendu

par Benoît Rittaud (alias Ben).

 

Vous n’y étiez pas ? Vous ne savez pas ce que vous avez raté.

Ne me demandez pas des nouvelles de mes chevilles, parce que là franchement, je crois qu’on a vraiment de quoi faire les malins. La série d’exposés de la « Contre-COP21 » de mardi organisée par le Collectif des climato-réalistes a été passionnante. Très prochainement, Nicias, le taulier de Skyfall, mettra en ligne les vidéos qui ont été faites des interventions, pour que les absents puissent en profiter aussi. (On est trop bons !)

La plupart des exposés ont marqué par leur clarté et leur intelligence. Comme il est tard, je vais me contenter de vous en signaler rapidement quelques uns, dans l’ordre de passage.

L’un des exposés les plus notables a été celui d’Istvan Marko, remarquable de drôlerie et de précision scientifique. Tellement efficace qu’une équipe de journalistes présents, qui voulaient interroger chaque orateur pendant dix minutes, l’a gardé avec eux pendant trois quarts d’heure. S’il les a emballés comme il a emballé la salle pendant son exposé, je comprends fort bien pourquoi ils ne l’ont pas lâché. Avec l’exposé tout aussi pêchu de Drieu Godefridi, on s’est dit que, quand même, heureusement qu’on a les Belges.

L’exposé de Serge Galam a été particulièrement clair et convaincant. En peu de mots, il a donné quantité de clés épistémologiques efficaces pour comprendre ce qui est en jeu dans cette affaire de climat. C’est une vraie chance d’avoir pu l’entendre. De même, l’éclairage pondéré d’Olivier Postel-Vinay, qui a apporté son regard de journaliste scientifique, a considérablement enrichi cette journée.

Bon, évidemment, il y a eu aussi Vincent Courtillot, sur lequel je vais éviter de m’étendre parce qu’on va encore dire, comme l’ont déjà fait des journalistes de Canal +, que je suis son « disciple ». Mais que voulez-vous, c’est un type qui réunit deux qualités qui ne sont incompatibles qu’en apparence : la grande compétence scientifique et une réelle humilité. Allez-y, dites que j’en fais trop, je m’en fout : ce type est l’honneur de la science française, épissétou.

Philippe Verdier n’était pas là, mais il avait écrit un texte spécialement à l’intention du public de la Contre-COP21. Sa lecture a constitué un moment particulier, qui s’est conclu par une salve d’applaudissements nourris pour celui qui, plus que tout autre, a éprouvé ce qu’il en coûte d’oser penser librement.

À la fin des exposés, plusieurs figures mondialement connues sont venues nous rejoindre, telles Christopher Monckton, Willie Soon et Robert Carter. Et sans vouloir nous vanter (mais bon, quand même un peu), les très vilains groupes climatosceptiques américains venus en observateurs ont été scotchés de voir qu’on a su organiser un événement pareil après seulement trois mois d’existence du Collectif.

Merci à tout ceux qui sont venus, notamment les quelques contributeurs de Skyfall qui se reconnaîtront. Un moment que j’ai particulièrement apprécié tout au long de l’après-midi a été de devoir ajouter des chaises à mesure que de nouvelles personnes arrivaient.

Pour transformer l’essai, c’est-à-dire faire en sorte que le Collectif continue à se déployer et faire connaître ses idées, nous allons réfléchir rapidement à la suite à donner à nos actions post-COP21. Vos avis et suggestions sont d’ores et déjà les bienvenues.

Share on FacebookTweet about this on TwitterEmail this to someone

212 Comments     Poster votre commentaire »

201.  lemiere jacques | 19/12/2015 @ 20:54 Répondre à ce commentaire

kate (#200), ça va être intéressant d’entendre ce qu’on va vous répondre là dessus… les sceptiques ne s’accordent pas du tout là dessus, ça va de ceux qui admettent très bien l’absence de saturation à ceux qui refusent l’idée que le CO2 ait un effet « réchauffant »… mais c’est toujours la même chose de toute façon pour comprendre sans prendre en compte une atmosphère réelle un peu et pouvoir exprimer une idée simple il faut commencer par se placer dans un cadre théorique descriptif de l’atmosphère simplifié .
vous risquez de réentendre l’histoire la longue histoire du bidulator.
A titre personnel , quant à considérer un système simplifié en gros, moyen en tout ,et en somme ne s’intéresser qu’à un truc vertical, ignorer la réaction de la circulation qui résulterait de l’augmentation du CO2 et donc du transfert radiatif et à considérer que photon absorbé est thermalisé etc… ( ouf) om je peux comprendre « avec les mains ( eou les pieds) l’absence de saturation ne me gêne pas du tout.
façon de dire que de toutes façons, tout calcul qu’on prétend réaliste me semble nécessiter la prise en considération d’une atmosphère réelle avec distribution de temperature et circulation océanique et atmosphérique..Mais ça fait 25 ans que j’ai arrêté de regarder la moindre équation de physique .
🙂

Je ne connais pas tout de gervais, je n’ai pas lu son livre, (trop radin.).. mais de toutes façons les arguments clefs du scepticisme se situent davantage dans observations contre modèles, je ne comprends pas trop le passage où on se sent le besoin de se croire capable de faire un meilleur choix d’hypothèses que les autres. Le petit sourire qu va avec la dénonciation de l’idiotie des autres ressemble beaucoup à une forme d’argument d’autorité..

puisque la preuve est dans les modèles , regardons les modèles.

une petite remarque sur le lien que vous avez donné
regardons la figure
regardez notamment les mod »lasations land + ocean..et océan .est ce que ça reproduit les temperatures du début du XX eme??
or que lit on

Il est vrai aussi que, compte tenu de la complexité de l’atmosphère et notamment de la présence de nuages susceptibles d’amoindrir le flux solaire incident à la surface, il existe des possibilités de rétroactions négatives. Quant à imaginer qu’elles soient d’une ampleur telle qu’elles puissent annihiler l’effet de l’augmentation des gaz à effet de serre…comme certains le font… Ceci n’est en aucun cas conforté par les modèles qui comme le montre la figure suivante, reproduisent pour l’essentiel les variations de température observées depuis le début du 20ème siècle.

je n’ai pas l’impression que les modèles reproduisent les données…
ça me suffit pour être sceptique….mais toto la variabilité naturelle….tu ne la vois pas??

Pour ce que vaut mon avis…

202.  scaletrans | 19/12/2015 @ 22:16 Répondre à ce commentaire

kate (#200),

Surtout pas celui-là en tous cas !

203.  phi | 19/12/2015 @ 23:35 Répondre à ce commentaire

kate (#200),
Le CO2 peut, schématiquement, agir par trois mécanismes différents :

1. Fermeture de la fenêtre atmosphérique.
2. Augmentation de la résistance de l’atmosphère aux transferts radiatifs.
3. Elévation du niveau moyen d’émission vers l’espace.

Il est probable que les deux premiers mécanismes soient pratiquement saturés. D’ailleurs, le mécanisme 2 n’est même pas pris en compte dans les modèles numériques pour cause de (suprême) simplification. Le mécanisme 3 n’est lui, bien évidemment, pas saturé.

Vous trouverez une grande quantité de références sur les mécanismes 1 et 3 et vous pouvez même les calculer avec MODTRAN en ligne. Le mécanisme 2 est moins bien servi, on en parle, comme dans votre lien, avec une singulière indigence mais je doute que vous trouviez mieux.

Le problème n’est toutefois pas celui de la saturation mais de la réponse de la convection à ces trois mécanismes. On l’ignore complètement. Je ne me lasse pas de rappeler cela :

As Ramanathan and Coakley pointed out in their 1978 paper, convection is what determines the temperature gradient of the atmosphere but solving the equations for convection is a significant problem – so the radiative convective approach is to use the known temperature profile in the lower atmosphere to solve the radiative transfer equations.

(http://scienceofdoom.com/2010/04/)

Et ce n’est pas demain qu’on aura une réponse.

Conclusion : l’effet du CO2 n’est pas saturé mais la théorie et le calcul sont incapables d’en chiffrer l’ordre de grandeur sur les températures de surface. Restent les observations, sensibilité climatique très probablement inférieure à 0.2 °C.

204.  Bob | 20/12/2015 @ 0:00 Répondre à ce commentaire

kate (#200),
Stricto sensu, votre copain n’a pas tort, mais c’est une question difficile.
Le CO2 est très absorbant pour l’émission thermique de la terre et le centre de la raie d’absorption est effectivement totalement saturé au bout d’un parcours de quelques dizaines de mètres mais, dans ces conditions, une petite fenêtre de chaque coté de la bande saturée laisse quand même passer une partie de l’émission selon le modèle Modtran. C’est de la spectroscopie pure et simple. Plutôt simpliste en l’occurrence.

On l’évoque brièvement ici et beaucoup mieux dans un autre billet de Claes Johnson ( qui est un sceptique) que je n’ai pas retrouvé, ainsi, entre autres, que dans un article de Pierrehumbert dans Physics today qui cite les débats qui ont opposés plusieurs scientifiques à ce sujet, au début.

Ceci dit, la loi est quand même en logarithme c’est à dire que l’effet du CO2 additionnel diminue quand la concentration augmente.

Les objections de Phi sont tout à fait valables.

Comme beaucoup, votre copain pense avoir compris ce qui, en réalité, est très (trop) délicat.

Ps : Je pense que c’est Hors Sujet ici. Le fil « l’effet de serre est-il indubitable » serait plus approprié.

205.  kate | 20/12/2015 @ 2:04 Répondre à ce commentaire

Il est presque 2h du mat, et je rentre encore d’une de ces soirées obligatoires de fin d’année et c’est avec une gratitude débordante que je voie que l’on a répondu à mon s.o.s.;

sans être dans un état de pouvoir pleinement appréhender vos remarques ce que j’en retire sans les avoir étudiées c’est que bien que l’on ne comprenne pas encore comment la convection répond aux mécaniques de l’effet de serre par le CO2 les modèles n’arrive pas à décrire pourquoi il n’y a presque pas de changement de température malgré le manque de saturation…
mais enfin, le vin rouge, l’armagnac, le sommeil…

C’est avec délectation qu’e me levant dans quelques heures je vais tenter de mieux comprendre les mécanismes de l’effet de serre et l’élévation du niveau moyen d’émission vers l’espace.

Et j’ai compris aussi que désormais mes questions sur l’effet de serre seront posées sur le fil « l’effet de serre est-il indubitable » ce qui, réflexion faite, parait logique quelque part! 8*))

Encore merci du fond du cœur! – kate

206.  Ecophob | 20/12/2015 @ 12:29 Répondre à ce commentaire

kate (#200), lemiere jacques (#201), Bob (#204), il y a quand même cet article de la NASA qui date de 1971, qui donne raison a François Gervais, avant l’heure! On sait depuis 1971 que la bande à 15 micron est saturée et qu’augmenter la concentration en CO2 ne changerait pas grand chose à la température du fait de l’opacité.

207.  Bernnard | 20/12/2015 @ 12:49 Répondre à ce commentaire

Ecophob (#206),
Oui, il faut faire une différence entre augmentation de la température et absorption de rayonnement électromagnétique. Il n’y a pas nécessairement un lien. L’énergie excédentaire absorbée à 15 micron peut dans un deuxième temps s’échapper sous forme de rayonnement émis dans une zone « transparente » de l’atmosphère. Dans ce sens, on peut parler de « saturation ».

208.  Murps | 20/12/2015 @ 13:19 Répondre à ce commentaire

kate vient de relancer le bidulator…

209.  kate | 20/12/2015 @ 14:28 Répondre à ce commentaire

…c’est que… il faut pas réveiller un bidulator qui dort….?? 8*o

210.  Bernnard | 21/12/2015 @ 10:25 Répondre à ce commentaire

kate (#209),

…c’est que… il faut pas réveiller un bidulator qui dort….??

Oui on peut le réveiller, mais dans sa tanière !
C’est ici.

211.  kate | 21/12/2015 @ 11:40 Répondre à ce commentaire

Whaoouuuu! Exactement ce qu’il me faut! avec des dessins et tout! Merci Bernard!!

212.  scaletrans | 21/12/2015 @ 14:11 Répondre à ce commentaire

kate (#211),

J’ai peur que cela n’entretienne la confusion 😈