De l’usage de la peur …


On ne présente plus Bjørn Lomborg. Voici un de ses derniers articles.

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COPENHAGUE – Imaginons que dans les 70 à 80 années à venir, une cité portuaire géante – disons Tokyo – se retrouve engloutie par une montée du niveaux des eaux atteignant 15 pieds (environ 4,50 mètres, NdT) ou plus. Des millions d’habitants seraient en péril, ainsi que des infrastructures d’une valeur de plusieurs trillions de dollars.

Cette horrible perspective est exactement le genre d’évènement que les évangélistes du réchauffement climatique comme Al Gore ont en tête lorsqu’ils nous pressent de prendre « des mesures préventives à grande échelle pour protéger la civilisation humaine telle que nous la connaissons aujourd’hui. » Ce discours peut sembler extrémiste, mais compte tenu de tout ce qui est dans la balance, c’est sûrement justifié. Sans un effort conséquent et extrêmement concerté, comment pourrions-nous faire face à une montée des eaux de cette ampleur ?

Eh bien, nous l’avons déjà fait. En fait, c’est ce que nous faisons. Depuis 1930, le pompage excessif des nappes phréatiques a provoqué un affaissement de la ville de Tokyo de près de 15 pieds et certaines parties basses du centre ville s’affaissent même d’un pied (environ 30 centimètres, ndt) par an certaines années. Des affaissements similaires ont été constatés au cours du siècle écoulé dans un grand nombre de villes dont Tianjin, Shanghai, Osaka, Bangkok, et Jakarta. Dans chacun de ces cas, la ville est parvenue à se protéger de telles montées du niveau des eaux et à prospérer.

Le problème n’est pas de pouvoir ou de devoir ignorer le réchauffement climatique de la planète. Le problème est que nous devrions nous méfier des prédictions extravagantes. Le plus souvent, ce qui apparaît comme des évolutions effrayantes en termes de climat et de géographie finissent par être gérables – et dans certains cas, même bénignes.

Considérons par exemple les résultats des recherches des climatologues Robert J. Nicholls, Richard S.J. Tol et Athanasios T. Vafeidis. Dans le cadre d’un programme financé par l’Union Européenne, ils ont étudié ce que serait l’impact économique global d’un réchauffement climatique qui entrainerait la disparition complète de la calotte glacière de l’Antarctique occidental. Un événement de cette ampleur provoquerait probablement une montée du niveau des océans de peut-être 20 pieds (environ 6 mètres, ndt) dans les cent prochaines années – précisément le genre de chose que les activistes environnementaux ont en tête lorsque qu’ils annoncent l’éventualité de catastrophes de fin du monde. Mais cela serait-il si catastrophique ?

Pas selon Nicholls, Tol, et Vafeidis. Voici les faits. Une montée du niveau des mers de 20 pieds (ce qui, et c’est important, est dix fois supérieur aux pires prévisions du panel sur le climat des Nations Unies) engloutirait 16 000 miles carrés de côtes, sur lesquelles vivent actuellement plus de 400 millions d’habitants. Cela représente beaucoup de monde, bien sûr, mais pas l’humanité toute entière. En fait, cela représente moins de 6% de la population mondiale – ce qui veut dire que 94% de la population ne seraient pas sinistrés. Et la plupart de ceux qui vivent dans ces régions inondées n’auraient même jamais les pieds dans l’eau.

C’est parce que la grande majorité de ces 400 millions de personnes habitent dans les villes où ils pourraient être mis à l’abri relativement rapidement, comme à Tokyo. Donc, seuls 15 millions de personnes devront alors être relogés. Et ce sur une période de cent ans. Donc, selon Nicholls, Tol, et Vafeidis, le coût total de gestion de cette « catastrophe » – si les politiques ne tergiversent pas et appliquent des mesures intelligentes et concertées – serait d’environ 600 milliards de dollars par an, soit moins d’1% du PIB global.

Ce chiffre peut paraître étonnamment bas, mais c’est seulement parce que beaucoup trop d’entre nous ont fini par admettre l’argument très répandu selon lequel nous ne serons pas capables de nous adapter à une forte montée du niveau des eaux. Non seulement nous avons cette capacité, mais nous l’avons déjà démontré à de nombreuses reprises par le passé.

Qu’on le veuille ou non, le réchauffement climatique est une réalité, il est causé par l’homme, et nous devons agir. Mais nous ne sommes pas dans un contexte de fin du monde.

La climatologie est une discipline subtile et diablement compliquée qui produit rarement des prévisions sans équivoque ou des formulations limpides. Et après vingt ans de débats mais peu d’actions utiles sur le réchauffement climatique, il faut s’attendre à une bonne dose de frustration. Il y a une volonté compréhensible de couper court à tout ce verbiage et à bousculer les gens.

Malheureusement, faire peur aux gens ne change pas grand chose. Oui, des statistiques saisissantes combinées à un discours excessif attirera notre attention. Mais nous sommes rapidement désensibilisés, et nous avons donc besoin d’une injection supplémentaire de scénarios catastrophe pour nous faire bouger. Plus ces histoires d’horreur seront excessives, plus la probabilité qu’elles soient perçues comme tel est forte  – ce qui finira par lasser l’opinion publique qui détournera son attention.

Cela pourrait expliquer pourquoi les récents sondages montrent un désintérêt de plus en plus important du public pour le réchauffement climatique depuis trois ans. Aux Etats-Unis par exemple, un sondage de l’institut Pew a montré que le nombre d’Américains qui considèrent que le réchauffement climatique est un problème très sérieux est passé de 44% en avril 2008 à seulement 35% en octobre dernier. Plus récemment, une étude de la BBC a établi que seuls 26% des Britanniques croient au « changement climatique » causé par l’homme, un chiffre en baisse par rapport aux 41% évalués en novembre 2009. Et en Allemagne, la revue Der Spiegel a publié une enquête dont les résultats montrent que seuls 42% des citoyens craignaient un réchauffement climatique, comparé aux 62% évalués en 2006.

La peur peut être un important facteur de motivation sur le court terme, mais c’est un contexte difficile pour prendre des décisions sages sur un problème compliqué qui exige toute notre intelligence sur le long terme.

Bjørn Lomborg, auteur de L’écologiste sceptique et de Cool It (Du calme, ndt), est à la tête du Centre du Consensus de Copenhague et professeur adjoint à la Copenhagen Business School. (Source) (A voir)


126 réponses à “De l’usage de la peur …”

  1. Ouais, ouais…moi je crois surtout que 2 bons hivers consécutifs ont tout à coup mis les « climastrologues » face à la réalité,et les gens qui se sont gelés les … ne les prennent plus au sérieux

  2. C’est quoi ce tripotage des nuages dont il parle dans la vidéo? C’est du sérieux ou bien il joue aux apprentis sorcier?

  3. Excusez-moi, rien à voir avec le sujet. Quoique…

    Je ne sais pas où poster cette encore énormité due à nos « chers » écolos et à nos « chers » politiques.
    http://fr.news.yahoo.com/73/20…..9e08a.html

    3 ans que nous nous battons contre ce fléau pour que l’agence de location fasse traiter l’appartement de nos enfants partis faire leurs études en france (désolée, j’ai du mal avec la majuscule sur ce pays).

    Quand ils daignent faire un geste (loyer de 900 euros/mois tout de même… et ce n’est pas un palace!)
    Le « we kill all size » ne sait pas où traiter et n’a pas les produits qu’il faut.

    Changé toute la literie, dorment sur le plastique entourant les matelas etc…
    J’ai fini par caler dans leurs valises de quoi pouvoir dormir à peu près tranquilles (nous avons encore ici, pas pour longtemps malheureusement, des sprays efficaces).

    L’interdiction du D.D.T fait des ravages, on le savait!!!

    Les bobos/cocos vont morfler, c’est la bonne nouvelle 😉
    La mauvaise nouvelle c’est qu’on est en train de retourner des années en arrière.

    Comme le dit notre fils aîné (Docteur en Physique depuis peu, et malgré tout… , et son frère le suit de près 😉 )

    « Ils ont trouvé une bombe A idéologique avec leur principe de précaution ».

    Le paludisme revient aussi en force.
    Chuuuut! On nous le dira dans deux ou trois ans… Cassez pas la tête! (TM Terry Pratchett of course)
    Sylvie

  4. joletaxi (#1),
    Rien de mieux qu’un coup de réel en pleine poire ^^

    « climastrologue »
    Avec votre permission je retiens votre excellente expression. smile

  5. Sylvie (#3)
    Au total cela peut être une bonne nouvelle.

    Les écolos fanatiques ne tiendront pas longtemps face à une invasion de punaises, même, et cela va arriver, s’ils mettent cela sur le dos du RCA. Leur amour pour la biodiversité va en prendre un coup.

    Bien fait, grattez-vous !

  6. joletaxi (#7),

    Qu’il me soit permis de signaler à Sylvie – pour autant qu’elle ne soit pas une habituée de ce blog, que l’inventivité, la verve, voire la véhémence de miniTAX, dans ses interventions percutantes sur Skyfall, ne s’arrêtent pas à cette seule expression !

  7. Marot (#6),
    Oui, « Bien fait,grattez-vous » 😉
    Je suis curieuse de les voir se gratter 😉
    Ou se mordre la queue (se tirer une balle dans le pied).
    Soyons optimistes, ils sont en train de s’effondrer totalement.
    On vit une époque formidable si on regarde bien « de sa fenêtre » ^^

  8. joletaxi (#7),
    Maaais, sur ce qui s’affiche sur mon écran, c’est Joletaxi. maintenant, mini TAX j’aime bien aussi ^^

  9. Bonne journée à vous, j’ai veillé tard, trop tard (décalage horaire de 12 heures, je sais, ce n’est pas sérieux).
    Il n’empêche que si quelqu’un a des infos ou peut en trouver sur le paludisme (il y en aurait même en france mais chuut..), ce peut être intéressant.
    Ce n’est pas une blague!

  10. mcd (#15), Ce papier de VA, dont je ne partage pas le positionnement politique, est extraordinaire et plein de sens.

  11. mcd (#15), cet article est franchement tendancieux.
    On a l’impression que les sceptiques se réunissent entre eux dans un club libéral sponsorisé par les cigarettiers…

    L’institut défend avec passion la liberté de marché, s’oppose à toute régulation fédérale tendant à limiter l’esprit d’entreprise et à tout oukase ou à toute idéologie sur la recherche scientifique. Fort d’un budget de 5,2 millions de dollars (en 2007), il soutient ainsi les fabricants de tabac, les marchands d’alcool mais aussi les producteurs d’énergie.

    Lindzen prétendrait que le réchauffement est bien dû à l’Homme…

    Dire que le réchauffement est dû aux activités humaines est trivialement vrai mais essentiellement dépourvu de sens. »

    Voila un résumé bien lapidaire de l’opinion de Lindzen.

    Bref, encore un torchon…

  12. Murps (#17),
    C’est du journalisme, voilà tout. On peut toutefois noter la phrase concernant Don Easterbrook : « Il fait partie de ces milliers de scientifiques qui contestent les bilans alarmistes et catastrophiques du GIEC etc. »
    Ils ne sont donc plus une « poignée » ni une « petite minorité » ?

  13. oui , c’est ce que j’en ai tiré aussi , dans sa globalité je trouve l’article reconnaissant l’existence d’une contestation fondée et pas une opposition gignolesque (merci allègre) .

    il a le mérite de me faire esperer que l’on pourait effectivement etudier le climat d’une manière objective et surtout que les rapports futurs (surtout ceux destinés aux décideurs) soient plus écologiques que politique ( entendez par là avec pour but de mieux respecter la nature et non une terre à produire de nouvelles taxes ) .

  14. mcd (#19),

    Encore faudrait-il que la confusion écologie vs écologisme ne soit plus systématiquement commise.

    Par exemple… Dixit Mme Jouanno, récemment :

    [l’écologie] « c’est pas un sujet technique (…) c’est un sujet profondément politique »

  15. oui , je parlais bien d’écologie comme le respect de la nature pas de l’essence de votes 😉

    en même temps pire que pachauri çà serait assez difficile , quelqu’un sait ce que fait GORE ? il lustre son prix nobel ? sage occupation …

  16. JG2433 (#20), Mme Jouanno a dit cela ?

    Voilà un grand moment de lucidité !
    mcd (#19), c’est vrai que ce torchon cité plus haut a un petit côté réjouissant : il décrit la contestation du réchauffement comme « existante ». C’est déjà ça.

  17. Sur http://alerte-environnement.fr…..ment-17351, on lit, à propos d’un article sur les pesticides bio : … »Huile minérale, autrement dit huile de pierre, si je traduit en latin, ça donne “petra oleum” autrement dit pétrole, soit encore, en chimie, hydrocarbures. Et ils voudraient nous faire croire qu’un hydrocarbure est un produit naturel ? »
    ça c’est le commentaire de notre ami Astre Noir ! Dites moi Astre, depuis quand le pétrole n’est-il plus un produit naturel ? … Qui est-ce qui le fabrique dans ses usines ? C’est pas la brave et terrible Terre, dans ses entrailles puissantes ??

  18. Patrick Bousquet de Rouvex (#25), reportage sur France2 ce samedi midi sur un petit hameau de « décroissants » vivants en communauté.

    Ca cultive le bio à donf sur France télévision dites donc !
    On est en plein délire écolobobo, façon matraquage politique verdâtre.

  19. 26 Murps
    J’ai vu le repotage, le lieu est près chez moi.
    J’aimerai bien allez les voir, leur expliquer que s’il vivent ainsi c’est grace à nous qui allons bosser pour payer leur COPTOREP et leur RSA pour qu’ils puissent acheter du carrelage, mettre du pétrole dans leur tracteur et leur pelle mécanique, qu’ils puisse s’habiller avec des vetements made in china, que leurs amis peuvent venir les voir avec leur voiture, que eux puissent aller faire leur courses pour acheter la poubelle en plastique (petrole), leur brosse a dent en plastique, leurs serres de jardinage en plastique etc…., sans nous ils sont finis, mais sans eux, nous on peut vivre !

  20. ardeche07 (#27), sans compter, en cas de pépin, les services médicaux de qualité, l’évacuation par hélicoptère, les soins de qualité, les médicaments efficaces, le suivi médical…

    Et puis les allocations familiales, les aides diverses…

    Tout une infrastructure qui n’existe que par notre société de consommation !
    Pour que tout cela soit cohérent, il faudrait qu’ils s’installent dans un pays ou il n’y a « rien »…

    Pour le coup ça décroîtrait sec !
    smile

  21. Dans le même temps où une armée de manipulateurs d’opinion sèment la peur chez un large public de crédules, aidés en ceci par des médias aussi méprisables que rentables (en fric) par leurs échos imbéciles, on peut assister sur ARTE – en 3 épisodes du samedi soir commençant ce 9/10 – à un documentaire flattant les prouesses des 2000 chercheurs s’efforçant de CONNAITRE les profondeurs marines.
    Car aux dires de commentateurs, on en connait à peine 10% de manière approximative, dont 1% de manière assez précise. Laissant 90% encore dans l’ombre des connaissances à acquérir. Chaque exploration leur révèle une foule d’éléments nouveaux (donc inconnus jusqu’ici) : en matière de géologie sous-marine à grandes profondeurs, de faune absolument étranges, d’une chimie du vivant absolument surprenante au plan scientifique.
    Où vais-je en venir avec cette observation qui relève de la vulgarisation de bon aloi? Ben au fait que les zozos du GIEC & compagnie osent EUX prétendre que leur modélisation « GLOBALE » des variables influentes sur le climat à long terme intégrerait des éléments jusqu’ici largement inconnus des meilleurs spécialistes d’autres branches de sciences (biologie, physico-chimie, thermodynamique marine, etc, etc.). Bref on a droit à l’esbroufe destinée au grand public des crédules et peureux de tout acabit, à une grave intoxication mentale de nos dirigeants et politiciens. Plus à un gouffre socio-économique qu’on ne cesse d’approfondir dans l’Union européenne qu’à besoin de bien autre chose que cela!!!

    L’absurdité voudra que la même chaîne TV nous balancera dans quelques heures, voire quelques jours le sempiternel message trompeur du réchauffement climatique d’origine anthropogénique… Et que chaque jour des scribouilleurs prétendument journalistes scientifiques nous répéteront la même rengaine dans leur pages noircies ou leur temps d’antenne. Soit une forme épidémique de peste intellectuelle.

  22. Murps (#26), Jaloux, va ! Si les gens aiment vivre en communauté, pourquoi pas ? (moi, pas trop…) Cela ne vous oblige pas d’en faire autant, il n’y a pas la pression (vous savez, le petit bouton rouge…), juste des gens pacifiques qui essaient de vivre ensemble en bonne camaraderie, avec peu de moyens . C’est mieux que de zoner, s’engager dans la Légion, faire la manche, se défoncer aux barbituriques ou s’inscrire aux Restos du coeur…: tant qu’ils ne prétendent pas vous obliger à être comme eux, tout va bien ! Et quant au pétrole qu’ils consomment, comme tout le monde, ils le gaspillent sans doute moins que beaucoup : qui peut le leur reprocher ? Ca en laisse pour les autres… La société qu’ils inventent, après tant d’autres (les moines médiévaux en bien plus grand nombre, les Cathares, les Mormons et autres sectes religieuses, le colons au bout du monde, etc.) n’est que le résultat du monde dans lequel ils sont : ils sont le contrepoids des mégapoles (ou mégalopoles), le retour du refoulé, le reflet inversé du modernisme et bien sur qu’ils ne vivraient pas ainsi sans le progrès technique qui a permis les pelleteuses et les bâches « intello » (c’est la marque !) perspirantes qui retiennent la ouate de cellulose : vive le monde post-moderne qui permet à ces gens de ne pas vivre dans la misère !

  23. ardeche07 (#33), Patrick Bousquet de Rouvex (#31),

    Juste une bonne dose d’utopie, plus mesurée qu’il y a trente ans mais avec tout un tas de moyens modernes !. Mais après tout les gens devraient avoir le choix, je n’ai pas trop de problème avec cela. La seule question c’est l’argent (voir là : http://www.la-ferme-des-enfant…..dique.html) pour la construction et pour la vie de tous les jours. On peut visiter (http://www.la-ferme-des-enfant…..aires.html) … Et c’est pas mal un nouveau village dans une zone où il n’y a pas forcément beaucoup de monde …

    Comme j’ai mauvais esprit, je ferais juste remarquer :
    – la construction en terre c’est bien mais cela détruit des sols, pas génial pour les cultures ensuite …
    – construire, ce n’est pas mal, et je ne connais pas le coin, mais combien y a t il de maisons par ailleurs abandonnées dans les villages alentour ?
    – on ne fera pas vivre 50 personnes sur 6 hectares, il faudra aller travailler ailleurs …

    Si l’on décape la couche bobo rajoutée par la journaliste et le coté chants autour du feu (vie en groupe), pourquoi pas ? Au moins ils n’ont pas l’air de tourner aux anti dépresseurs et ils bossent. Mais autant le dire, ils sont à la marge et le modèle a des limites : celle de l’accès à la terre (ben oui : est-ce possible partout ?) et du droit à construire, du coût de l’investissement, du modèle économique (les clients de passage, enfants ou touristes), du nombre de passagers clandestins, de l’effet du temps sur le groupe, des revenus propres des membres du groupe (?).
    Après tout, ils y en a qui larguent tout pour aller sous les tropiques, c’est le même schéma sans la vie en groupe.

    Bon espérons que les maisons seront terminées avant l’hiver et les bocaux remplis … Il neige parfois fort en Ardèche !

    NB : juste pour le gamin : cela ne fait pas peur ce qu’il a dans le tête ?

  24. ardeche07 (#33), « Philémon, 8 ans, hyperconscient »………
    Pauvre gamin déjà politiquement endoctriné. Sa vision de l’avenir est désespérante…..
    J’ai du louper une séquence, mais de quoi vivent-ils? Parce que le lait de chèvres et les légumes bio, c’est sympa mais ça ne suffit pas!
    Pas vu de panneaux de permis de construire, et tout ce bois c’est bien sympa mais qu’ont-ils prévus en cas d’incendie?
    M. RHABI et ses amis écolos-bobos ont juste oubliés un petit détail dans leur critique de la société : pour que leur utopie prenne forme, il faut vivre dans un pays où la démocratie ai un sens, où l’on respecte la liberté d’expression et la liberté de vivre différemment.
    Combien d’être humain sur Terre dans ce cas? Mhhh?

    Ils vivent bien dans une bulle idéologique, plutôt à la recherche de spiritualité.
    Quand on a le ventre plein, au chaud et bien portant, tout va bien…. Quand les ennuis arriveront, le retour sur Terre risque de leur être violent… Mais bon, il y a les pollueurs avides de croissance qui seront là pour amortir leur atterrissage (pour ceux qui s’interrogent : juste au niveau de la santé, comment font-ils?…..)
    Sinon, tant qu’ils sont heureux mais surtout qu’ils ne m’imposent RIEN (« No pressure »!!!), et bien bon courage !!!!!!

  25. Esprit pragmatique (#30),
    D’accord avec l’analyse mais le pseudo « no pressure » est déjà là, il n’y aura pas besoin d’attendre quelques heures ou semaines, vers la fin du premier film il a déjà fallu faire allégeance au dogme du réchauffement climatique, sans cela nous ne l’aurions jamais vu.

  26. Sinon, tant qu’ils sont heureux mais surtout qu’ils ne m’imposent RIEN (”No pressure”!!!), et bien bon courage !!!!!!

    Pas mieux…

    C’est juste ce côté matraquage médiatique, avec une philosophie à deux balles sur la société de consommation qui me contrarie.
    Mais, bon. C’est France Télévision, alors…

  27. ardeche07 (#33),
    J’ai une question bêtement terre-à-terre.
    Lorsqu’il y a un pépin de santé il y a un rebouteux dans le hameau qui s’occupe de tout ou ils vont « à la ville » voir un médecin moderne et équipé ?

  28. Clem (#40),

    Lorsqu’il y a un pépin de santé il y a un rebouteux dans le hameau qui s’occupe de tout ou ils vont “à la ville” voir un médecin moderne et équipé ?

    On peut supposer qu’ils fuient comme la peste les radios et scanners … avec toutes ces radiations … et les chirurgiens avec leurs manies de vous mettre partout des plaques et vis métalliques …

    La saignée – à l’aite d’un roseau, on ne va tout de même pas utiliser de l’acier avec sa saleté de carbone – et le clystère aux plantes bios, je vous le dit, c’est « le must » :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

    Autrement, je suis assez d’accord avec Araucan. Tant qu’ils ne viennent pas nous em…bêter en cherchant à nous imposer le mode de vie qu’ils ont choisi – toilettes sèches et utilisation du pq sur les deux faces comprises – c’est bien innocent.

  29. Marco33 (#37),

    Je fais – à tord ou à raison – le parallèle avec l »histoire » vraie », et qui a mal fini en 1973-1974 … Celle de Pierre Conty, devenu le tueur fou de l’Ardèche, relatée dans le livre ci-dessous :

    Yannick Blanc. – Les Espérados, Robert Laffont, 229 p, mai 1984.

    Je ne souhaite évidemment pas aux nouveaux adeptes de la même utopie « post-soixante-huitarde », celle ayant donné un motif irrépressible de fuite de la société, de sombrer dans le même dramatique échec.

    Bon courage à eux.

  30. PapyJako (#41),

    On peut supposer qu’ils fuient comme la peste les radios et scanners … avec toutes ces radiations … et les chirurgiens avec leurs manies de vous mettre partout des plaques et vis métalliques …

    Oula, attend, c’est que ça pourrait émettre du CO2 tout ça !! Dans le doute restons avec notre glaucome qui rend aveugle à 65ans. Prévoyons des soupes et des compotes au delà de 60, en souvenir de notre dentition… etc…

    Plus sérieusement.
    En dehors de ce gros souci (la santé ça n’est pas rien, c’est même essentiel) de cohérence (en gros si ils peuvent faire ce choix de vie c’est parce que d’autres ne l’ont fait), ça ne me pose moi non plus aucun problème, dans la mesure ou :
    – Ils ne cherchent rien à imposer à personne. (ça n’a pas l’air les concernant.)
    – Ils ne coutent pas plus chers à ceux qui ne font pas ce choix que n’importe qui d’autre (ça n’a pas l’air le cas bien que je n’ai pas creusé la question.).

  31. PapyJako (#41), Gniarc, Gniarc, Gniarc !!! Le papier sur les deux faces : très drôle, j’en ris encore ! On croirait « Olivier » sur Sciences², mais en pire ! Oh, les cancres, au fond de la classe !! Tenez-vous au courant, l’éco-construction, il y a tout plein de liens sur internet :
    On n’utilise pas deux fois le même pq. Les saignées, vous en faites souvent, vous ? Votre médecin s’appelle Diafoirus ? (Papy)
    On ne construit pas à la terre de jardin (Araucan)
    « Quand les ennuis arriveront, le retour sur Terre risque de leur être violent… » (Marco) : mais ils sont sur terre, et on nous dit que les ennuis leurs sont déjà arrivés, avant ! « Pauvre gamin déjà politiquement endoctriné. » : Et les vôtres, ils sont pas « endoctrinés » par vous ? A votre doctrine, si possible ? Et ont-ils l’air plus malheureux que les vôtres ? « Ce qu’ils ont dans la tête ne vous fait pas quelquefois peur ? » (Araucan) : Rêvent-ils de jeux video où l’on massacre des terroristes musulmans, de star académie avec caméra dans les chiottes, de fringues avec la pub de la boîte qui exploite les petits Indiens écrite en gros dessus ? Moi ça me fait souvent peur ce que les gosses ont dans la tête… Quant à en faire des desperados ou des tueurs fous, j’ai l’impression qu’il y en a plus en friche dans les quartiers de gens qui regardent la télé tous les soirs…

  32. Patrick Bousquet de Rouvex (#44),

    Donc on prend de l’argile ? on fait donc une carrière …Ok c’est mieux.

    Et pour les gamins, c’est endoctrinement pour endoctrinement. Mais il y a aussi moyen d’apprendre à ses gamins à réfléchir plus loin que leur zapette. Et la télé est à consommer avec précaution de toute façon. Mais un gamin de 8 ans qui vous dit en 2050 en gros il n’y aura presque plus de forêts ou tout sera pollué, n’a déjà plus d’espoir : je trouve cela triste. (encore que la capacité des ados à remettre en cause ce que leurs parents croient est fabuleuse …).

  33. PapyJako (#45), Ils sont effectivement recommandés par les naturopathes (pas forcément psychopathes), mais j’avoue que ça ne m’a pas souvent pris… Il paraît que c’est nécessaire de se laver les intestins de temps en temps, les yogis le font et les revues bio en vantent les mérites sur la santé, alors pourquoi pas ? Attention quand même à la taille du clystère, et allez-y en douceur….

  34. ces chantres de la fuite vers le passé …

    Mais non, autrefois on ne vivait pas comme ça ! Ni pelleteuse, ni toilettes sèches (on versait un broc d’eau sur les mouches, beurk), ni maisons à ossature bois et bottes de paille (la paille n’était pas bottelée), on allait chercher l’eau à la rivière ou au puits (aujourd’hui ils sont pollués… par les toilettes à eau des voisins et par le Roundup !) : c’est au contraire nouveau et intéressant (comme disait le journal Actuel au bon vieux temps).

  35. Patrick Bousquet de Rouvex (#44), Mes gamins, ils ne tiennent pas de discours prémâchés en disant que les autres-qui-vivent-pas-comme-nous sont des pollueurs qui abîment tout. J’ai deux jeunes enfants, un au collège, l’autre en primaire et ils ne désespèrent pas de l’avenir comme « Philémon ».
    La télé n’est pas un Mal, c’est le choix des programmes qui comptent.
    L’argent n’est pas une finalité, mais un moyen.
    Ce que je leur apprends, c’est la valeur des choses : rien n’est gratuit car tout à un « coût » : en temps, en talent, en risque…. Et qu’il faut donc éviter de gaspiller, d’abîmer, etc….
    Ce que je tente aussi de leur apprendre, c’est d’accepter certaines différences, tant qu’elles ne mettent pas en jeu leur vie.
    Il y a des chances pour qu’en grandissant ils aient alors des opinions différentes des miennes : cela ne me gêne pas. Mais il est hors de question qu’ils deviennent de petits khmers verts, rouges ou bruns.
    Maintenant, ces gens-là, tant qu’ils sont heureux et qu’ils ne m’imposent rien, ils font ce qu’ils veulent!
    Mais je repose la question : que font-ils si l’un d’entre eux à un accident sur un de leur chantier? Que l’un d’entre eux tombe malade, voir gravement malade?
    c’est bien beau de rejeter notre société de consommation… Mais jusqu’où va leur rejet?
    Ce genre de reportage, cela me rappelle ceux sur ces sociétés qui ont fait faillites, rachetés par leurs employés en mode coopérative….. Et dont on entend plus parlé quelques mois ou années plus tard………
    Je confirme : il est beau le discours utopique, le passage à l’acte courageux. Mais quand les ennuis commencent……..