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27 Mars 2008
A l'Honorable Kevin Rudd,
Premier Ministre de l'Australie
Parlement australien
Canberra, Capitale de l'Austrie
Monsieur le Ministre,
Votre leadership est nécessaire concernant les centrales thermiques au charbon et les taux d'émission de CO2 dans votre pays. C'est une question qui a des conséquences sur la vie sur notre planète et sur toutes les espèces. L'avenir des enfants d'aujourd'hui, et en particulier celui des pauvres dans le monde, dépend de notre succès à stabiliser le climat.
Je reconnais que, depuis des années, vous avez été un fervent partisan d'actions agressives pour atténuer les changements climatiques dangereux. En outre, depuis votre élection en tant que Premier Ministre de l'Australie, votre gouvernement a été actif en pressant la communauté internationale à agir. Nous en sommes maintenant à un tel point qu'un leadership audacieux est nécessaire, le leadership qui pourraient changer le cours de l'histoire de l'humanité.
J'ai lu et salué le rapport intérimaire du professeur Ross Garnaut, soumis à votre gouvernement. La conclusion que la quantité nette des émissions de carbone doit être réduite à une fraction des émissions actuelle devrait interpeler et donner à réfléchir aux décideurs.
Pourtant, la science est sans ambiguïté : si nous brûlons la plus grande part des combustibles fossiles disponibles, en libérant le CO2 dans l'air, nous allons assurément détruire une grande partie de ce qui fait la vie sur la planète.
Atteindre l'objectif nécesaire de réduire à pratiquement zéro les émissions nettes d'ici au mi-siècle implique un plan de réduction substantielle des émissions avant 2020. La promotion agressive à court terme de l'efficacité énergétique et des technologies respectueuses du climat est un impératif pour atténuer la crise climatique imminente et optimiser la voie économique vers l'objectif d'un monde à énergie propre.
Le climat mondial est près du point critique de basculement qui pourrait provoquer la perte de la banquise estivale en Arctique avec des effets préjudiciables sur la vie sauvage, l'amorce de la désintégration de glace dans l'ouest de l'Antarctique et le Groenland, avec une élévation progressive et inexorable du niveau des mers du globe, le déplacement de zones climatiques provoquant l'extermination de nombreuses espèces animales et végétales, la réduction de l'approvisionnement en eau douce pour des centaines de millions de personnes, et un cycle hydrologique plus intense avec des sécheresses plus fortes et des incendies de forêt, mais aussi des pluies plus intenses et des inondations, des tempêtes plus fortes générées par la chaleur latente, y compris les tempêtes tropicales, les tornades et les orages.
Pourtant, la poursuite de l'exploitation minière du charbon, de l'exportation de charbon, et la construction de nouvelles centrales électriques au charbon centrales sont toujours planifiées de par le monde, y compris en Australie, pour des centrales avec une durée d'exploitation de 50 ans, voire plus.
Le choix entre les sources alternatives d'énergie – énergies renouvelables, efficacité énergétique, énergie nucléaire, combustibles fossiles avec piégeage du carbone – relève d'un problème local. Mais la décision d'éliminer l'emploi du charbon dont le CO2 n'est pas capturé est un impératif si nous voulons préserver les merveilles de la nature, nos côtes, et notre bien-être social et économique.
Bien que le charbon est le principal problème, il existe de nombreuses questions secondaires, y compris la nécessité d'une transition rapide de centrales électriques au fioul, des installations industrielles et des systèmes de transport vers des sources d'énergie propre (solaire, hydrogène, gaz, éolienne, géothermie roches chaudes [sic], marée), ainsi que celle de la suppression de freins à l'amélioration de l'efficacité énergétique.
Si l'Occident s'engage fermement dans cette voie, les discussions avec les pays en développement peuvent être rapides. Étant donné le potentiel de transfert de technologies, de prise de conscience des effets néfastes du changement climatique et d'interdépendance croissante du commerce mondial, le succès de la coopération entre pays développés et en développement est possible.
L'occident a le plus contribué à la hausse de CO2 d'origine fossile dans l'air aujourd'hui, sur une base par habitant. Ce n'est pas une tentative de chercher qui à blâmer. C'est juste reconnaître la réalité du développement industriel initial dans ces pays, et souligner la responsabilité d'être le chef de file dans la recherche d'une solution au réchauffement de la planète.
Si l'Australie interrompait la construction de centrales électriques au charbon sans capture et séquestration du CO2, elle pourrait être un point de basculement pour le monde. Il est encore temps de trouver ce point de basculement, mais seulement à peine. J'espère que vous prendrez en considération cela dans votre politique nationale. Vous avez le potentiel d'influencer l'avenir de la planète.
Monsieur Le Premier Ministre Rudd, nous ne pouvons pas détourner les yeux des faits de base sur les combustibles fossiles, ni des conséquences pour la vie sur notre planète en ignorant ces faits sur les combustibles fossiles. Si nous continuons à construire des centrales électriques au charbon sans capture de CO2, nous allons déclencher des catastrophes climatiques futurs associées à des points de basculement du climat. Nous devons résoudre le problème du charbon maintenant.
Pour votre information, j'ai l'intention d'envoyer une lettre analogue aux gouverneurs de chaque Etat australien.
Je vous recommande ces chercheurs australiens en climatologie, paléoclimatologie et sciences de la terre qui vous fourniront des précisions scientifiques sur le contenu de mon document ci-joint (Hansen et al., 2008) :
Professor Barry Brook, Professor of climate change, University of Adelaide
Dr Andrew Glikson, Australian National University
Professor Janette Lindesay, Australian National University
Dr Graeme Pearman, Monash University
Dr Barrie Pittock, CSIRO
Dr Michael Raupach, CSIRO
Professor Will Steffen, Australian National University
Cordialement,
James E. Hansen
Kintnersville, Pennsylvania
United States of America
135 réponses à “Lettre de James Hansen au Premier Ministre australien”
@ minitax
En arrivant sur ce site j’ai tout de suite été agressé par toi et maintenant je me rend compte que tu es un peu paranoïaque et que tu ne lis jamais bien les réponses.
En aucun cas je n’ai parlé de la théorie du complot en ce qui concerne le changement climatique. J’essayais de dire exactement la même chose que toi.
« la complexité géo-politico-scientifique de la société, aux trajectoires chaotiquement chaotique… »
A partir de là il y a forcément instrumentalisation (je reprenais cela de notre ami Araucan) car chaque groupe que tu décris Minitax veut tirer profit de la situation. C’est ça le lobbying.
Ma comparaison avec le 11/09 était justement pour dire que les choses ne sont pas simples, que pour expliquer par exemple les attentats il faudrait revenir sur des années de politiques étrangères, etc, etc… Tout cela nous dépasse.
Mais j’en remet une couche (faut bien rire) : je suis persuadé que les lobbies du pétrole et les gouvernements associés entretiennent la théorie suivant laquelle le changement climatique est un mythe et une manipulation. Certains doivent même sévir sur ce site.
Allez ne le prenez pas mal c’est encore une boutade. A moins que vous n’ayez des renseignements ?
@ scaletrans
Les cycles, je ne peux pas y croire. C’est contraire à la dynamique des systèmes complexes. Ceux-ci n’évoluent pas par cycle, mais par spirale. Sauf si on décide que un seul paramètre est la cause de tout, ce qui est impossible. Je ne dis pas que les activités humaines y sont pour quelque chose. Sauf qu’on ne peut pas réduire les choses de cette manière.
Quant au soleil, attention, c’est une piste très intéressante, mais il ne faut pas devenir dogmatique non plus. Nos connaissances sont encore très faibles et peu viables.
@chria
Dans le message 48, vous dites:
Au moins, assumez ce que vous dites 🙄
Oui, la théorie du complot peut fonctionner dans certains milieux. Il est à noter que certains lobbies (charbonniers US) ont délibérément donné des bâtons pour se faire battre, même si quoiqu’ils aient fait ils auraient été taxés de toutes les vilenies du monde. Il n’y a pas de gouvernement occulte du monde, même si cela peut faire des romans sympas mais simplificateurs (mythe de la cause ultime, mythe du péché originel toujours reproduit, mythe du mal absolu incarné et réincarné)
Il y a une différence entre cycle et périodicité. Si je ne me trompe, les phénomènes chaotiques (y compris astronomiques) ne sont pas exempts de périodicités apparentes (ne serait-ce que les orbites des planètes), voire de certains cycles sous certaines conditions ou durées de temps. Il suffit de considérer le phénomène des taches solaire pour constater la périodicité de ce phénomène mais aussi sa variabilité. L’oscillation d’un pendule n’est pas éternelle.
@chria,
J’ai parfaitement lu et compris ce que tu as écrit. Quand tu dis qu’il faut éviter de croire que, je te cite, « les politiques complotent contre nous », tu as bien fait comprendre que les sceptiques seraient motivés par l’argument du complot. C’est une rhétorique par l’absurde d’un banal à pleurer (« les sceptiques croient aux complots, donc leurs arguments sont nuls »). Donc ton préjugé est on ne peut plus clair alors arrête de te rattraper aux branches.
Car il s’agit bien d’un préjugé de ta part: je répète, nul besoin de l’argument du complot. Quand un ou plusieurs groupes de personnes font de l’activisme pour une cause commune, c’est du lobbying tout simplement pour des intérêts particuliers aux dépends du plus grand nombre. Il se trouve juste que le RC d’origine humaine est le prétexte de « changement de société » qui fédère beaucoup de monde, c’est tout. Une fois que le bateau est sur son erre, la collusion, la corruption, la crédulité, la cupidité, le manque de courage pour dénoncer les dérives, la dissonance cognitive le font avancer tout seul, jusqu’à ce qu’il sombre par ses propres voies d’eau ou rencontre un récif.
L’argument du complot est « irrelevant » pour expliquer ce qui n’est qu’un exemple trop banal du comportement de groupe.
@chria,
Le Soleil est un système complexe et pourtant il ne peut douter qu’il connaisse des cycles. Alors, système complexe ou pas, il va bien falloir prendre en considération les dominantes. Ou bien on pèche contre l’esprit…
@chria,
Punaise mais on s’en fout de ce que tu crois. Les cycles naturels, tu les a sous tes yeux, que ce soit solaires, océaniques, saisonniers, biologiques… Ils sont bel et bien là, que t’y crois ou pas, que ça colle à tes théories ou pas n’ont strictement aucune importance.
Jusqu’à nouvel ordre, c’est l’observation qui prévaut sur la théorie et non l’inverse, heureusement !
@ minitax et floyd
Je ne relie pas les sceptiques à la théorie du complot. Certains qui ne comprenne rien au sujet le fond peut-être, mais pas ici, je le vois bien, et c’est pour cela que je discute avec vous. Je voulais juste montrer que les gens peuvent rapidement voir des complots partout alors que c’est surtout le hasard, les incompétences et la complexité sociétale qui au final forme un tout interprétable de maintes façons.
D’ailleurs je ne veux pas m’étendre sur le sujet. Mais minitax où ais-je écrit que « les politiques complotent contre nous « ? Je ne le retrouve pas.
Au fait, ce n’est pas en sortant une phrase ou deux de son contexte que l’on peut résumer ma pensée. Certains journalistes font cela, quand ils veulent faire un scoop.
@ Araucan.
La trajectoire des planètes est chaotique mais on peut retrouver des périodicités. Et c’est tout à fait logique, car ce système n’est pas autant complexe que le système climatique. Peu de facteurs influencent la course des planètes, et de plus peu de paramètres gèrent les trajectoires.
Quant au soleil, c’est presque une machine. Elle est compliqué, certes, mais pas forcément très complexe. C’est surtout l’effet des taches solaires par exemple qui peut influencer le climat et se rajouter à une multitude d’autres facteurs qui jouent à des échelles différentes, et au final l’observation humaine, qui reste subjective et « participatoire » comme dirait Wheeler, ne permet pas d’interpréter correctement le signal perçu, qu’il soit périodique ou non.
Les échelles macroscopiques influencent les échelles microscopiques, qui en retour modifient les échelles mésoscopiques… Un beau bordel, quoi.
@chria,
Heuh, ça serait bien que tu sortes de tes approximations :
etc.
Elles sont, aux mieux, risibles mais au final, encombrantes.
Et pourquoi ? La sensibilité, ça existe, non ? Y’a pas que les chiffres et les modèles dans la vie…
Quant à la différence entre compliqué et complexe, je persiste et signe !
Enfin bon si on ne peut plus rien dire…
Je ne vois pas en quoi il serait obligatoire de pondre un livre de physique ici sur la différence entre le système climatique et la trajectoire des planètes. Une simple phrase risible et encombrante peut parfois suffire…
@chria,
ici : http://skyfal.free.fr/?p=266#comment-9312
Bah si, tu peux tout dire. Il faut seulement assumer 😉
Mais bon, c’est vrai qu’on est un peu rugueux, à force de cotoyer des trolls réchauffistes maso qui adorent se faire taper. Tu peux pourtant éviter ça en utilisant la case « Chercher » en haut à gauche du blog. Ce que tu abordes a le plus souvent déjà été traité sur ce blog.
Juste une chose qui n’a pas grand rapport avec le sujet initial, mais il se trouve que Chria a évoqué, et c’est un sujet qui revient régulièrement, le lobby de l’énergie fossile.
Je trouve que c’est aller un peu vite en besogne que de penser que ces groupes n’ont comme but que de la désinformation. Je serais un dirigeant de l’une de ces entreprises, je me demanderais avant tout si les projections sont bonnes : 1°C de plus ou de moins, c’est je ne sais combien de mégatonnes de charbon ou de millions de barils en plus ou en moins à un avenir prévisible, et ces gens doivent prévoir, savoir s’il faut engager de nouvelles recherches ou développer de nouvelles technologies.
Comme, de plus, nous comptons sur eux pour chaque minute de notre vie… Il ne faudrait peut-être pas jeter le bébé avec l’eau du bain.
Autre chose qui a plus de rapport avec le sujet : avez-vous lu dans le monde l’article (de Mr Foucart bien évidemment) narrant le divorce croissant entre les intentions affichées par tous les gouvernements et la réalité des émissions de CO2?
Deux choix de pensée :
– Nous considérons que les humains sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis et que les générations futures le leur reprocheront.
– Nous estimons que les gouvernants de ces pays qui émettent de plus en plus de CO2 savent ce qu’il en est de la réalité des relations entre le dioxyde de carbone et le climat et poursuivent leurs objectifs de développement sans plus se soucier du « consensus ».
@miniTAX,
Ouaip mais vous êtes aussi un peu sadiques par moment
Quand on parle d’amour, oui, de passion, encore oui ou de cul toujours oui (NB, ça marche même sans « sensibilité »). Mais quand on parle de « sciences » non, non, non, non et re-non.
Ouais, c’est un blog plein de physiciens purs et durs 😆 qui n’acceptent les données qu’avec leurs écarts-types, la sensibilité des appareils et l’age du capitaine re 😆 . Ca ne marché pas avec la politique, ça c’est sur.
Cela oblige à réfléchir avant d’écrire mais ce n’est pas inutile, j’ai appris plein de trucs sur ce blog.
NB : Chria, combien de temps a-t-il fallu pour résoudre le problème des orbites à trois corps posé par Poincaré ?
@ minitax
Ok j’ai vu, mais c’était justement pour dénoncer les personnes qui font des raccourcis énormes. C’était du second degré… Mais y’a pas de mal. Quant à chercher les postes précédents, je préfère questionner moi-même.
Sinon c’est malin, avec votre scepticisme contagieux, j’ai rembroué à midi un fonctionnaire d’une collectivité locale qui veut faire un plan climat-énergie, en lui disant que mêler le climat à tout ça était un peu de la récupération de message alarmiste et politique, qu’on a pas assez de données, qu’il faut être prudent…
Je suis loin d’être un troll…
@ araucan
Justement, avec la complexité du système climatique, on est pas près de résoudre quoi que ce soit. Alors de l’humilité, il nous en faut plein.
@ curieux : la sensibilité s’acquière avec l’expérience, beaucoup de scientifique s’en servent quand les équations ne donnent rien.
Mais loin de moi l’idée de faire de l’art divinatoire. C’est juste pour vous titiller un peu.
@Araucan,
Non pas forcement physicien ou autre, mais le blabla d’opinion fondé sur des états d’âmes ou sur une idélogie, les journaux papiers ou cathodiques en regorgent…Alors essayons de préserver un lieu ou ce que chacun dit soit un tant soit peu étayé même si cela peut-être à corriger.
Et si quelqu’un me convint de changer de camp… après tout rien est impossible !
Non, il faut de l’observation, de l’observation et encore de l’observation. C’est ça qui nous fera avancer, pas cette espèce de parodie chrétienne imbécile, « Mon modèle et juste, je m’appelle Modélisateur, grand prêtre du XXI siècle et ma parole (Bulle ?) est infaillible. »
.
@Curieux,
Mais moi aussi, je ne supporte pas une donnée sans son écart type. ! (En biologie, sans statistiques, pas de salut). J’estime que c’est un minimum à fournir ! Et le Giec donne des courbes sans intervalles de confiance (sur le passé et sur l’avenir).
Et les idéologies , je supporte encore moins, il faut savoir que cela existe et s’en détacher mais les questions environnementales en sont farcies.
Donc pas de problème !
@Araucan,
En stat, on fournit les données avec la valeur de 2xécart type (95% de chance que la vraie valeur se trouve entre x +- 2 sigma).
Le GIEC lui a inventé une nouvelle science dans laquelle, soit on ne fournit pas d’incertitude, soit quand on la fournit, c’est la valeur 1 sigma qui est donnée (au lieu de 2sigma), cf par exemple l’incertitude de la montée des mers, pour faire croire que l’incertitude est faible.
Bref, le GIEC reste fidèle à la devise de son premier chairman en 1994, Sir John Houghton :
« Si on n’annonce pas de désastre, personne n’écoutera »
(« Unless we announce disasters no one will listen »).
@ curieux
L’observation c’est aussi mon credo. Mais il faut prendre le problème dans son ensemble, et parfois cela demande de faire un choix. Or qu’est-ce qui va déterminer ce choix ? Souvent c’est la morale, voir la religion, ou ses propres convictions. Et c’est là qu’il faut réfléchir. Tout discours, qu’il soit proche ou loin de la réalité (qui nous échappe), doit intégrer une part des conséquences qu’il va provoquer. C’est une question de responsabilité. Et là je m’interroge. Je ne sais pas quelle tactique utiliser entre l’honnêteté intellectuelle et la responsabilité morale… Qu’en pensez-vous ?
@71_chria
Bonjour! J’apprécie vos commentaires. Voici ce que je pense du rôle de l’observation dans l’étude du climat.
Le principal, voire le fondamental, handicap épistémologique de l’étude du climat ou climatologie, c’est que celle-ci ne peut reproduire/tester ses hypothèses en laboratoire (du moins dans tous ses paramètres) et ni a fortiori en condition réelle, à moins d’attendre longtemps (minimum 30 ans), en espérant que dans l’intervalle, de nouvelles conditions n’interviennent pas, car autrement il faut tout recommencer sur de nouvelles bases. Non. Pour aller plus vite, elle ne peut que s’en remettre à la simulation informatisée (ou modélisation), qui dans toutes ses variantes, n’est que théorie implémentée dans un programme dont les résultats ne seront confirmés ou réfutés par rapport au réel que … dans longtemps. Conclusion : c’est plate à dire peut être mais à l’échelle d’une vie d’homme, on est condamné à tourner quasiment en rond…
Et pourtant. Et pourtant certains gonflés, tel ce James Hansen, martèlent ad nauseam que le débat scientifique, dans ce domaine de surcroit, est clos…
J’entrevois déjà des objections mais je réserve mes munitions.
@71 observer, observer, observer. Réfléchir s’il faut agir et où agir. Ne pas se précipiter et surtout sur des sujets non stabilisés, éviter au maximum que n’importe qui puisse dire n’importe quoi. C’est déjà le cas sur le climat, donc toujours ramener à ce qui est mesuré et mesurable. Eviter les prévisions, projections et évaluer le coût d’éventuelles reproductions du passé dans l’avenir avant d’agir (ex : les tempêtes de 1999 n’ont pu être annoncées par Météo France parce ce qu’on en avait pas d’exemple….Par contre, lors des inondations de Nimes, on a des références historiques à peu près tous les 100 à 150 ans, mais se prémunir contre des inondations centennales, est généralement trop onéreux…). Vaison la Romaine était sans précédent connu …. et ne s’est pas reproduit…ouf.
Une inondation de la Loire du niveau de la dernière grande inondation du XIXième coûterait très cher (parce qu’on a construit derrière les digues et les zones où l’eau peut s’étendre). On réduit les risques avec les barrages, mais une telle inondation n’est pas impossible. Idem pour une inondation du type de 1910 à Paris. De toute façon, la même ferait beaucoup plus de dégâts (plus de monde et de constructions). Après dire s’il y en aura plus, moins, on peut lire Leroux, cela donne des idées, mais ce n’est pas simple. Ou alors remettre en service la Pythie de Delphes.
@73
Les épreuves tout comme les événements heureux du passé, alors ça oui, il faut en tenir compte si l’on est d’abord pour l’homme. Éviter de construire sur des terres inondables par exemple, voilà une leçon évidente à tirer de l’observation ; planter des arbres ou des arbustes sur les dénivellations afin de prévenir l’érosion du sol, voilà une autre bonne idée éprouvée par l’expérience. Mais bien entendu, rien de cela n’a à voir avec l’évolution du climat de la planète, concept statistique qui ne renvoie à aucune réalité physique tangible ponctuelle. Sur ce point, je suis finalement d’accord avec MiniTax, qui je crois a bien lu et compris les écrits du professeur Leroux.
@73 bis
Les Hollandais s’en tirent très bien avec leurs digues. Ils les ont faits soigneusement à partir des observations du passé. Et elles marchent! Voilà pourquoi, à ce que je sache, le catastrophisme climatique ne fait pas tellement recette en Hollande…
Prévoir c’est bien, mais lorsqu’on n’a pas les éléments, l’honnêteté scientifique ne devraient elles pas conduire les spécialistes à dire franchement « on n’en sait rien. »
Peut être que la prévision de l’avenir avec autant de paramètres et sur une échelle de temps aussi longue est mathématiquement impossible ! Dans ce cas les meilleurs ordinateurs et les meilleurs algorithmes du monde n’y pourront rien changer. en effet, pour que tout soit prévisible sur une aussi longue période il faudrait qu’il n’y ait plus de libre arbitre sur terre. Or nous sommes pourtant bien là, nous les humains avec ce bien si précieux.
la vanité des vanités ne consiste-t-elle pas à vouloir à tout prix prévoir, rassurer, protéger au point de concevoir ce projet complètement fou de figer la planète en l’état.
Heureusement que cela est impossible , qu’on ne nous prévoit pas encore, notre vie, notre mort, à la minute près, et que tout n’est pas bloqué pour l’éternité . Tant que nous ne connaitrons pas notre avenir 100 ans à l’avance nous aurons au moins chaque matin le bonheur de créer notre propre chemin plein d’imprévus.
certaines discours écologistes soutiennent parfois en creux et sous une apparence douce des thèses totalitaires et malthusiennes impressionnantes. et beaucoup n’hésiteraient même pas à nous enfermer avec le sourire dans la prison de leur pensée unique, sans le moindre remord , car le doute – ce doute si précieux du scientifique – ne les effleure même pas.
En résumant ce qui se dit ici on pourrait pourtant proposer une solution intermédiaire raisonnable qui consisterait à
1/ laisser les scientifiques continuer leur recherches quelques années le temps qu’ils arrivent à une conclusion certaine – si celle ci est possible –
2/ consacrer les efforts de la société non pas à stopper le rechauffement climatique (vanitas) mais à s’adapter à un monde qui change, et heureusement, en protégeant en particulier les plus faibles
3/ Eduquer les jeunes citoyens
– à la vraie science qui doute
– à se sentir solidaires de l’ensemble des habitants de la planète
– à ne pas gaspiller l’energie ni les biens matériels, mais cela beaucoup d’entre nous le font naturellement depuis longtemps.
Alors si ces 3 points paraissent si évidents à beaucoup de monde, pourquoi en est on encore si loin ?
Mais là ce sont les experts qui entrent en jeu…..
Ok sur le reste, mais le monde n’est pas gouverné par le bon sens ou en tout le raisonnable et le raisonné mais « la terreur et la pitié » comme le dit Serres…
Si je vous suis, il faut à la fois être honnête et dire qu’on en sait rien scientifiquement, tout en prônant la responsabilité face à l’environnement. Ainsi ou peut réduire les émissions de GES en luttant contre la pollution carbonée ou autre, et étudier le meilleur moyen de s’adapter aux changements.
En conclusion, il faut lutter contre la pollution et si par hasard les GES ont effectivement une responsabilité dans le CC, alors on aura fait une pierre deux coups.
A fond sur les plans climat ! ! ! (minitax j’attends ton avis…)
Vous savez tous que la France doit réduire ses émissions de CO2 de 20% pour 2020. L’habitat et le transport sont les deux secteurs visés.
Remarque 1 : cela ne sert à rien dans la lutte contre le changement climatique
Remarque 2 : mais cela peu enfin lancer la machine sur les économies d’énergie et la pollution, et donc agir fortement sur la protection de l’environnement.
Je me demande alors : si le thème du changement climatique peut enfin faire bouger les choses, pourquoi ne pas l’utiliser, même si cela va à l’encontre de l’honnêteté intellectuelle et scientifique ?
@Araucan,
De toutes façons, si de nouvelles inondations du type Loire 1856 ou Paris 1910 se reproduisent, ce sera la faute du réchauffement climatique!
😉
@chria,
Le CO2 n’étant pas un polluant 😆 , il faut effectivement réduire les pollutions (utilisation abusive de pesticides, détergents, rejets azotés et phosphatés, métaux lourds,…) quant les impacts sont connus, la préservation de milieux naturels et le gaspillage (énergie). Il est toujours possible de faire ensuite une traduction en T de CO2 pour raison de conformisme ambiant et politique.
@chria,
L’observation vous donne la réponse : le nombre de chercheurs, parce que si ce nombre est élevé, vous aurez tout les choix attaqués de front pour les raisons que vous citez. Et comme la science n’est pas un processus consensuel, il y a une bonne chance d’avoir une approche valide (prouvée) qui sera reconnu.
Notez au passage qu’avec ce point de vu, le nombre d’habitant de la planète est un gros gros avantage ! Et aussi qu’il faut bannir tout consensus.
Il y a aussi les polluants atmosphériques (COV, NOx, PM, SO2…) dégagés par les voitures…
Ce qui montre que lutter conjointement contre la pollution et les émissions de CO2 (qui n’est pas un polluant bien sûr) coule de source.
Alors on va pas s’en priver…
Et on oublie le méthane et le protoxyde d’azote…
Et pour ça il manger moins de viande, et cela ne fera pas de mal, au contraire.
On voit donc comment lutter contre les GES permet aussi de faire tout un tas de bonnes actions.
Ouais, comme les émeutes de la faim et la déforestation massive des forêts tropicales à cause des biocarburants… Super.
Si t’as d’autres perles de ce genre à sortir, n’hésite pas.
« Les biocarburants sont un crime contre l’humanité ». Jean Ziegler.
Tu as l’art de lire que ce que tu as envie de lire, minitax. Qui a parlé des biocarburants ?
Plutôt ce lien : http://www.actu-environnement……_5722.php4
@chria,
Il n’y a que deux groupes de pays pour ce qui est des objectifs de réduction des émissions: ceux qui n’ont pas à tenir des objectifs et ceux qui n’arrivent pas à tenir les objectifs.
Alors faire une fixation dessus pendant même que le climat entre dans un cycle refroidissement d’au moins 30 ans et qu’on a au contraire besoin de plus en plus d’énergie, il faut vraiment être atteint de dissonance cognitive grave. Si tu as encore un pied dans le navire du RCA et de la « réduction de CO2 », il est temps de sauter.
Et pourquoi, si cela peut permettre de changer nos modes de vie pour qu’elles soient plus en adéquation avec nos environnement ? Même si cela ne se passe qu’en France ?
@chria,
Et toi, tu as l’art de ne retenir ce qui t’arrange. Tu parles des « bonnes actions » de la lutte des GES et tu négliges de parler des conséquences inattendues, ça frise l’escroquerie intellectuelle.
Quand tu racontes une historie, raconte TOUTE l’histoire, pas que la moitié qui te plaît.
Pour quoi faire ???
parce que l’environnement est le milieu dans lequel nous puisons nos ressources en énergie et en matière… Si vous voulez polluer à tout va et engendrer une super pollution engendrant cancers et auxtres maladies, allez en chine
On se cotise pour le billet d’avion ?
@minitax
Et de quelles conséquences inattendues tu parles ? Je ne vois pas bien.
Pourquoi habite-t-on en ville : c’est bien pour échapper à notre environnement … idem pour les maisons ? Les grottes ça caille et les forêts c’est humide et plein de bestioles.
La notion de bonne action, c’est pour la sauce aux politiques, pas ici.
Un critère de base, c’est l’efficacité à l’échelle où l’action est entreprise. Lutter contre le SO2 dans des collectivité rurale, intérêt ?
par contre sur une zone industrielle, ce peut être utile ou efficace, mieux efficient.
@chria,
Les voitures, par exemple : le sublime bonus-malus instauré par J-Louis « hips » Borloo a fait exploser les ventes de petites voitures diesel, peu émettrices de CO2, mais grandes émettrices de particules fines, de NOx et de SO2, tous éléments connus pour leurs effets bénéfiques sur la santé pûblique, n’est-il pas, et non rejetés par les voitures à essence, qui mince alors, crache beaucoup de CO2… et dont les ventes ont plongé de 40% !
Un effet désastreux de la « lutte » contre le soi-disant RCA ? En voilà un exemple !
Alors là Araucan je ne suis pas d’accord, il y a une différence entre retour à la nature et évolution de l’homme dans son environnement.
Quant j’ai écris bonne action, je ne pensais pas à la formule politique, mais au fait que les mauvaises habitudes peuvent être changées. Pourquoi ne pas vouloir vivre mieux ? C’est étrange…
On ne se rend pas assez compte des futurs impacts de la pollution sur la santé. Des études montrent que la pollution augmente et augmentera de façon significative les maladies type diabète, maladies cardiaques et mentales. Personne de nous vivra autant de temps que nos parents ou grand parents, parce eux n’ont pas vécu leur enfance dans un milieu déjà pollué.
Sur la relation ville / campagne, je souligne que l’ozone se forme au-dessus des zones de pollution (route, ville) et retombe dans les campagnes.
Enfin je suis bien d’accord de l’échelle de l’action, le SO2 dans le rural ça n’a pas d’interêt, mais puisque c’est les bagnoles qui polluent, il faut améliorer l’ensemble du parc, à la ville comme à la campagne.
@ jeff
C’est pourquoi il faut que la lutte contre la pollution soit complétement mêler à celle (juste ou non) de la réduction des GES (voir le lien 85).
Borloo n’a de toute façon rien compris, ou alors il est manipulé.
C’est quoi une « mauvaise habitude » sinon un truc purement politico-socio-gogo ?
confirmé ici
c’est totalement débile ça !
diabète : surconsomation de sucre et graisse et sédentarité. ou est la pollution ici ?
maladies cardiaques : idem ci-dessus
mentales : ??????????????????? et aucun lien avec la polution.
Les seules maladies « environnementales » restent l’asthme et les allergies mais il semblerait que se soit un défaut de pollution qui entraine le système immunitaire à s’attaquer au corps.
Mais t’es né ou ? Va voir en Afrique, va voir les images de nos ancêtres pour comprendre la bêtise de cette péroraison. Il y a un siècles l’âge moyen était d’une grosse cinquantaine d’années, aujourdhui on est en route pour plus de 80 ans dont les 75 « premières » années en grande forme !
@chria,
Je réagis dès que je vois les termes « bon, mauvais » qui attribuent une valeur morale à certaines actions, ce n’est jamais aussi simple(1). Et ce qui m’agace le plus c’est le terme de « cyccle vertueux » en économie ou en industriel, parce que c’est plaquer des notions qui n’ont aucun cours dans ces matières. Et qu’un « cycle vertueux » finit souvent en « cercle vicieux » tant le théorème de Gödel se manifeste vite dans les systèmes humains.
De plus, je en parlais pas de retour à la nature mais ignorer que l’homme depuis qu’il sait utiliser le feu, se crée son propre environnement, le plus indépendant possible de ce qu’il ne maîtrise pas, c’est ignorer un fait fondamental des sociétés humaines, qui leur permis de vivre et d’aller partout sur Terre et re-bientôt dans la Lune.
(1) De plus, aucune mesure n’est complètement bonne ou mauvaise. Il y a toujours des choix à faire.
En science le doute n’est pas tout à fait le même que le doute populaire.
On ne doute pas pour le plaisir de douter.
Oups désolé pour ma réponse décalée, elle correspond à un message qui remonte à quelques heures..