Popper vs. Festinger


(redirigé depuis Le Mythe climatique)

Une fois n’est pas coutume, ce billet s’intéresse à une contradiction collective des climato-sceptiques.

Côté pile, les sceptiques brandissent parfois le célébrissime « critère de scientificité de Popper » contre les carbocentristes. Rappelons à tout hasard que, selon Popper, une théorie mérite le qualificatif de « scientifique » si, et seulement si, il est possible d’imaginer une expérience susceptible de la mettre en défaut. Un exemple parmi d’autres de l’application du critère de Popper au carbocentrisme est cette citation tout à fait étonnante tirée du second rapport du GIEC (1995) :

L’augmentation des températures (…) va augmenter le risque de sécheresses et/ou d’inondations dans certaines régions et la possibilité que l’amplitude de ces phénomènes se réduise dans d’autres régions.

Sans jeu de mots, ça s’appelle ne pas se mouiller. Or précisément, « ne pas se mouiller » est un bon résumé du reproche de Popper aux pseudosciences : une théorie scientifique, elle, prend des risques en prévoyant l’apparition de tel phénomène plutôt que de tel autre. Une théorie capable de prévoir tout et son contraire, c’est-à-dire pour laquelle il n’est pas même possible d’imaginer comment on pourrait la mettre en défaut, ne peut pas être considérée comme scientifique. La citation du GIEC ci-dessus tombe clairement sous le coup de cette critique.

Côté face, certains sceptiques accusent les carbocentristes de « dissonance cognitive ». Forgée en 1954 par Leon Festinger, cette notion consiste à poser que, lorsque quelqu’un s’est fortement engagé dans une croyance qu’un événement vient frontalement contredire, le moyen psychologique le plus courant pour surmonter le choc consiste à se faire prosélyte, à « renflouer » la croyance en lui trouvant de nouveaux adeptes. Des sceptiques estiment que les carbocentristes souffrent de dissonance cognitive : d’une part les revers que le carbocentrisme subit (comme la stagnation de la température globale) sont effectivement autant de réfutations graves, d’autre part le discours carbocentriste appelant à l’éveil d’une « conscience climatique mondiale » relève bien du prosélytisme.

Sans être dénués d’intérêt, ces deux reproches ont le défaut de s’exclure mutuellement. En effet, si l’on reproche au carbocentrisme de ne pas pouvoir être réfuté (c’est-à-dire de violer le critère de scientificité de Popper), alors il n’est par définition pas possible d’espérer le mettre face à une irréductible contradiction, et les carbocentristes ne peuvent donc pas être taxés de dissonance cognitive. Celle-ci exige que « la croyance [soit] suffisamment spécifique et suffisamment en prise avec le monde réel pour que des événements puissent la réfuter de manière non équivoque » (« The belief must be sufficiently specific and sufficiently concerned with the real world so that events may unequivocally refute the belief. »), et qu’« une réfutation indéniable [se produise] et [doive] être reconnue par l’individu engagé dans la croyance » (« Such undeniable disconfirmatory evidence must occur and must be recognized by the individual holding the belief. »). Une telle définition rend impossible que la dissonance cognitive s’accompagne d’une violation du critère de Popper.

S’agissant du carbocentrisme, il me semble que, même si la dissonance cognitive et le critère de Popper peuvent ponctuellement constituer d’utiles éléments d’appréciation, aucun des deux n’est parfaitement adapté à la situation. Juger une théorie en construction à l’aune du critère de Popper est extrêmement réducteur : à peu près aucune théorie scientifique émergente ne peut jamais surmonter ce critère. Quant au prosélytisme carbocentriste, on ne peut guère le relier à une quelconque réfutation indéniable et reconnue comme telle, car le prosélytisme climatique a commencé il y a au moins vingt ans (1988 et la déposition de Hansen au Congrès américain est un point de repère majeur), c’est-à-dire bien avant les grands revers infligés au carbocentrisme depuis (la stagnation de la température globale, notamment). Tout au long de son ouvrage fondateur (When Prophecy Fails, écrit avec Henry Riecken et Stanley Schachter), Festinger insiste quant à lui sur l’importance d’une réfutation frontale de la croyance dans le processus de dissonance cognitive conduisant à un comportement prosélyte.

Aussi avons-nous affaire à quelque chose d’intellectuellement plus complexe que le discours astrologique ou celui d’une secte millénariste. Alors que le premier peut bien s’analyser avec Popper et le second avec Festinger, le discours carbocentriste, lui, relève d’une mosaïque qui échappe à l’un et l’autre de ces deux critères bruts. La richesse épistémologique du mythe climatique n’en est que plus grande.

Benoît Rittaud.


82 réponses à “Popper vs. Festinger”

  1. Je crois que dans le processus de « dissonance cognitive », il y a surtout le phénomène dit « processus de rationalisation » qui consiste à ignorer complètement le fait qui vient en contradiction avec la théorie.
    Cette ignorance dépasse beaucoup le fait de passer sous silence. C’est un effacement mental intégral du fait, qui n’existe plus aux yeux de la personne atteinte de ce syndrome.
    L’attitude d’un certain nombre de carbocentristes vis à vis de la stagnation actuelle des températures en est un bon exemple.

  2. Je pense que les carbocentristes sont vraiment dans un processus de dissonance cognitive.
    Bien sûr il n’y a pas de réfutation claire sur un plan purement scientifique (encore que l’absence de « hot spot » pourrait en être une: voir les contorsions pour dire que finalement la mesure des vents est plus représentative de la mesure de température que la mesure de température elle même; c’est pas de la dissonance cognitive ça?). On ne peut pas à prorement parler d’expérience à inventer pour réfuter le carbocentrisme mais beaucoup de sous-affirmations ont été réfutées et sont proprement ignorées par la suite (disparition du hockey stick dans le rapport du GIECC mais poursuite de l’argument « il n’a jamais fait aussi chaud….)

    Concernant le critère de Popper, je ne suis guère convaincu. Ou alors il faudrait bien préciser « une théorie scientifiquement établie » peut être. Nombre de théoties émergentes auraient pu ne pas être classées scientifiques à leur début, et cela aurait pu leur être dommageables; en plus, on peut ne pas être capable à un instant donné de bâtir l’expérience de réfutation mais cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas.

    Le phénomène changement climatique n’est plus à analyser sur des critères scientifiques mais sur des critères théologiques, psychologiques, géopolitiques, économiques et sociaux.

  3. Comme je le comprend, la théorie des réchauffistes sur le rôle majeur du CO2 dans le réchauffement de l’atmosphère n’est pas prouvé.
    Par contre ce qui est prouvé, c’est que les prédictions du GIEC sont foireuses, puisqu’aucune n’a prédit la stagnation des températures depuis 10 ans. Je ne vois donc pas de contradiction.

  4. En effet, la dissonance cognitive ne peut à priori pas exister dans une pseudo-science telle que celle du RCA ou l’astrologie.
    Mais elle existe bel et bien largement dans tout ce qui gravite autour,
    -chez ceux qui refusent de voir qu’une science ne doit pas être politisée,
    -ceux qui nient que la « science » du RCA qui explique tout et son contraire n’explique rien et ne doit pas servir à dicter une politique,
    -ceux qui refusent de voir le désastre économique et écologique des biocarburants (que l’Europe veut toujours inscrire dans son objectif de 20% d’énergie renouvelable),
    -ceux qui refusent de constater que la bourse du carbone part en sucette,
    -ceux qui refusent de voir qu’un « emploi vert » détruit 4 emplois tout courts,
    -ceux qui refusent de reconnaître la corruption de la science climatique par l’argent des lobbies,
    -ceux qui refusent que voir que Kyoto n’aboutit à rien et qu’un accord contraignant à Copenhague est impossible.
    etc, etc

    C’est cette dissonance cognitive que les sceptiques évoquent le plus souvent et c’est là où où Festinger ne contredit pas du tout Popper.
    Et puis Popper n’est pas scientifique, alors pardon ! SA définition de la science et du critère scientifique n’est pas parole d’évangile. C’est juste une piste de réflexion épistémologique, sans plus. Je trouve les lois de Langmuir, qui lui est un vrai scientifique, de la pseudo-science bien plus utiles (celle surlignée est ma préférée, tellement elle se vérifie souvent chez la FARCE jusqu’à la caricature). En terme de pertinence pratique, Popper, c’est la boussole, Langmuir, c’est un GPS.

    1 .The maximum effect that is observed is produced by a causative agent of barely detectable intensity, and the magnitude of the effect is substantially independent of the intensity of the cause.

    2. The effect is of a magnitude that remains close to the limit of detectability, or many measurements are necessary because of the low level of significance of the results.

    3. There are claims of great accuracy.

    4. Fantastic theories contrary to experience are suggested.

    5. Criticisms are met by ad hoc excuses thought up on the spur of the moment.

    6. The ratio of supporters to critics rises to somewhere near 50% and then falls gradually to zero.

  5. Attention à ne pas confondre la dissonance cognitive avec le déni de réalité. Ce dernier peut exister aussi, bien sûr, mais ce n’est pas l’objet premier de la dissonance cognitive. Dans son livre, Festinger essaie moins de savoir ce que le croyant fait de la contradiction elle-même, mais bien de démontrer que celle-ci le conduit à un comportement prosélyte. Cette transition de la contradiction au prosélytisme qui traverse tout le livre, et non le phénomène consistant à « nier les faits ».

    miniTAX (#4), d’accord sur le fait que Popper n’est pas la panacée (loin de là), et d’accord sur l’intérêt de Langmuir. Grosse nuance tout de même : Langmuir ne parle pas de pseudoscience mais de science pathologique, ce qui est très différent.

  6. Je trouve effectivement amusant de considérer la querelle carbocentristes/sceptiques sur un plan purement philosophique et idéologique.

    Ma modeste analyse ne va pas aussi loin : les carbocentristes ont tort, leur théorie est sous-tendue par une idéologie sociale et politique.
    L’histoire donnera raison à ceux qui pensent qu’il n’y a pas d’impact climatique d’origine anthropique.
    Trop de faits ou d’absences de preuves donnent raison aux « sceptiques » et ce débat finira dans les poubelles de l’histoire.

    Pourquoi chercher à sauver la face d’une théorie qui ne vaut pas un clou ? Quelle que soit l’angle scientifique sous lequel on considère le carbocentrisme, il disparaitra.

    Il y des tas de théories qui semblaient loufoques au départ et qui se sont révélées parfaitement exacte, cohérentes et « respecteuses » des « règles » de Popper.

  7. Ben (#5),

    Il y a bien prosélytisme chez les carbocentristes, le comportement d’un Nicolas Hulot est typique. Et dans le cas du GIECC, cela aura été plus que du prosélytismes; une véritable campagne menée scientifiquement celle là, avec toutes les méthodes bien connues du prosélytisme sectaire et les recettes du totalitarisme : noyautage des medias, culpabilisation, utilisation des méthodes médiatiques les plus modernes -voir l’analyse du film d’ Al Gore -infiltration des organismes politiques et des administrations publiques (ONU, Metoffice…)

  8. Volauvent (#7), oui, bien sûr, il y a prosélytisme de la part des carbocentristes. Mais les exemples que vous donnez ne sont pas la conséquence d’une réfutation frontale du carbocentrisme, réfutation qui est nécessaire pour parler de dissonance cognitive.

  9. Pierre-Ernest (#1), Volauvent (#2), miniTAX (#4),
    Ben (#5),

    Bien intéressant papier qui me semble bien rendre compte du combat entre science et « foi » tel que l’a si bien décrit Orwell dans « 1984 » et son novlang, parlant du stalinisme et du nazisme.
    L’actualité du problème est parfaitement illustrée dans 2 films à l’affiche, peut-être pas longtemps pour le deuxième, Avatar et Agora, à voir tous les deux si vous pouvez et dans cet ordre démystificateur.

    J’ai commis un article récemment paru dans la revue de la Libre Pensée, « La Raison », dont je cite un extrait qui s’appuie sur l’analyse de l’Océania d’Orwell pour présenter l’actuel movement écolo-réchauffiste à propos du diable CO2.

    Le vocabulaire n’est plus en adéquation avec la réalité, il doit donc être changé afin que rien ne change d’essentiel. Désormais, le global warming a vécu et est systématiquement remplacé par le « changement climatique » ou mieux encore par le « dérèglement climatique » ; mais toujours de responsabilité humaine par le gaz carbonique des énergies fossiles bien entendu. Ce produit taxable qui nous rend corvéables à merci peut faire le chaud comme froid.
    Les deux premiers principes d’Océania sont :
    La guerre c’est la paix
    La liberté c’est l’esclavage

    Pourquoi le CO2 que nous rejetons ne ferait-il pas la pluie et le beau temps ?
    Mais pour qu’une telle contradiction s’installe et persiste dans la pensée du plus grand nombre au mépris du plus élémentaire bon sens, deux conditions sont nécessaires, l’abolition de l’instruction au profit de l’éducation et l’instauration par le peuple lui-même d’une police de la pensée. C’est le troisième principe qui surgit à tout instant sur les murs et les écrans d’Océania :
    L’ignorance c’est la force
    Ce précepte constitutif de la foi est en matière d’écolo-éthique le comble du fétichisme intellectuel. Toute humanité dans chaque individu est réduite à deux allégories trompeuses qui le ravalent au niveau d’un robot-milicien au service de la dictature d’un clergé pseudo savant.

    Pour moi, la destruction de l’enseignement des connaissances, pour lesquelles un effort et un respect du « magister » sont absolument nécessaires, est à l’origine de la disparition de la conscience commune des propositions de Popper comme de celle de Festinger. Cette destruction des connaissances s’est accompagnée du prosélytisme des bons sentiments, de la morale et de la domination de l’image.

    Une analyse assez forte de ce processus de déliquescence de l’instruction est donnée sur son site par le mathématicien français Laurent Lafforgue (médaille Fields)

    Mais l’important est la question « Que faire ? »
    A mon humble avis, il faut sortir l’enseignement des ciences de tout aspect politique en soulignant que les grandes découvertes ont été faites par des hommes de toutes idéologies, de toutes morales, de toutes opinions politiques, que ce qui importe, c’est la raison, l’humilité et rien d’autre, la vérité d’aujourd’hui sera toujours l’erreur de demain, ainsi va le progrès scientifique que toute idéologie veut arrêter.

    Il faut refondre complètement tous les programmes. Il faut en finr avec des instructions pour les professeurs qui disent en 3e :
    V- RESPONSABILITE HUMAINE SANTE ET ENVIRONNEMENT
    L’approche pédagogique de cette partie du programme est précisée par la formulation des compétences à développer chez les élèves :
    – justifier, sur la base de données scientifiques, le bien fondé de mesures prises dans le domaine de la santé
    – discuter, sur des bases scientifiques, de la responsabilité de l’Homme quant aux conséquences de ses activités sur l’environnement à l’échelle de la planète

    Et pire encore si c’est possible : « L’enseignant doit attirer l’attention des élèves sur le fait que l’établissement de normes éthiques est un choix de société qui doit impliquer une réflexion de citoyens informés représentatifs de groupes sociaux divers, et qu’il ne relève pas de la compétence exclusive du scientifique. »

    Je ne comprend pas comment des inspecteurs ou des professeurs rédacteurs de ces instructions, sous Jospin puis Bayroud ont pu laisser passer de telles incongruités, pour ne pas dire plus.
    Pardon d’avoir été un peu long.

  10. MichelLN35 (#9),

    À propos de « novlangue », je peux vous suggérer les lectures suivantes :

    Victor Klemperer. – LTI, la langue du IIIe Reich, Albin Michel, coll. Agora, Pocket, 2006.

    Jacques Dewitte. – Le pouvoir de la langue et la liberté de l’esprit. Essai sur la résistance au langage totalitaire, Ed. Michalon, 2007.

  11. @ michelN35
    P….., que vous écrivez bien !
    Ceci dit, l’instruction (sic) suivante :
    Discuter, sur des bases scientifiques, de la responsabilité de l’Homme quant aux conséquences de ses activités sur l’environnement à l’échelle de la planète
    telle que rédigée ne me choque pas, car l’Homme a forcèment des répercussions sur l’environnement à l’échelle de la planète du fait de sa présence et de ses activités;
    C’est pas nouveau, ça date de « l’invention » de l’agriculture.
    Heureusement que ce n’est pas quelque chose comme :
    Discuter sur des bases scientifiques consensuelles de la responsabilité du vilain gaz carbonique dans l’augmentation des températures du globe, et de la catastrophe annoncée dans les rapports du GIEC. Illustrer par des films irréprochables, objectifs et pédagogiques (U.. V….. Q.. D……) !!!
    tiens, pour le fun, je viens de me faire allumer sur Enerzine.com par un carbocentrique qui me reproche de jouer la politique de l’autruche en niant le rôle (reconnu « par tous ») du CO2 dans l’augmentation des temp°;
    Même pas peur! inconscient (en un seul mot SVP) que je suis.
    Meilleures salutation « denialistes »

  12. Attention à ne pas confondre la dissonance cognitive avec le déni de réalité.

    Ben (#5), ok, mais tous les cas (non exhaustif) de déni de réalité que j’ai cités se traduisent par la dissonance cognitive, le premier étant la condition nécessaire du 2nd. D’ailleurs, vous en connaissez, vous, des cas concrets de déni de réalité collectif qui n’entraînent pas de dissonance cognitive ?

    Quant au distingo science pathologique et pseudo-science, no problemo. Pour tout avouer, j’avais un peu de scrupule à traduire « bad science » en pseudo-science et en effet ça n’a pas échappé à votre perspicacité :mrgreen:

  13. Pardon de m’immiscer dans la discussion mais une réflexion faite pat V.Courtillot à la fin d’une interview m’avait quelque peu interpellé : selon lui, le « réchauffement climatique » aurait une résonance toute particulière dans la culture judéo-chrétienne plutôt qu’au sein d’une autre culture et les implications mythologiques induites rend la réflexion rationnelle à ce sujet particulièrement difficile dans nos contrées. En effet, l’ensemble du discours carbocentriste semble touiller une épaisse soupe irrationnelle contenant tous les ingrédients essentiels du judéo-christianisme tel que la « faute originelle » engendrée par l’égoïsme et l’appât du gain, l’expiation par l’auto-flagellation, le jeûne et la frugalité ainsi que la « rédemption » par l’amendement et l’effort sur soi-même.
    Ce prétendu RCA, par sa dimension globale, n’offrirait-il enfin pas une lecture ordonnée de la réalité, limpide, en accord avec les mythes fondateurs, le bien se distinguant clairement du mal et donnant par là une direction, une méthode et finalité aux efforts humains dans un monde vidé de tous ses anciens repères et perçut comme plus insupportablement chaotique de jour en jour ?
    Ce qui, au-delà des aspects psychologiques, pourrait peut-être expliquer l’évidente répugnance qu’éprouvent une majorité de « citoyens » à remettre en question ce fameux RCA et conséquemment ébranler une vision du monde paradoxalement réconfortante parce que compréhensible ?

  14. @miniTAX

    En effet, l’article mentionné en parle très bien. Désolé.
    Je dois dire que je ne connais ce site que depuis l’affaire du « Climategate » et qu’avant cette date, mes opinions sur le sujet étaient tout-à-fait conformes à l’hystérie réchauffiste martelée sans relâche ( opinions toutefois un peu contraintes : le prétendu unanimisme scientifique mis tant en exergue par les médias m’a secrètement toujours paru quelque peu suspect ).

  15. Immiscez-vous Aladin, immiscez-vous.
    La dimension symbolique que vous évoquez là, me semble être le fondement même de la bonne santé de l’idée RCA. C’est d’ailleurs pour cette raison – et chacun peut le tester – que je ne crois pas que ce soit le fameux consensus scientifique qui persuade car la majorité n’en n’a pas besoin pour y croire sans se poser de question.
    Quand un interlocuteur me sert l’argument du consensus, je réponds que je ne crois pas une seconde que ce soit la raison sur laquelle est fondée son point de vue et que je vais le lui prouver sur le champ. J’aborde alors cet autre sujet de société polémique sur lequel il existe un consensus scientifique : l’intérêt du maïs OGM. La suite est toujours la même : mon interlocuteur est évidemment opposé aux OGM et tente d’expliquer que cela n’a rien à voir.

  16. miniTAX (#12)

    tous les cas (non exhaustif) de déni de réalité que j’ai cités se traduisent par la dissonance cognitive

    Je ne suis pas convaincu. Encore une fois, la définition de Festinger demande une réfutation indéniable et reconnue comme telle par le croyant. Quand vous dites « un emploi vert en détruit 4 autres », vous n’êtes pas dans ce registre. Avant que vous me tombiez dessus à bras raccourcis : je ne veux pas dire que vous avez tort, mais simplement qu’il est plus facile à un contradicteur de ne pas être d’accord, fût-ce en invoquant des arguments faux (mais qui pourront éventuellement le convaincre lui). On est plus près de Popper que de Festinger.
    Dans le cas étudié par Festinger, les soucoupes volantes devaient arriver tel jour à telle heure et à tel endroit pour emmener les membres de la secte, et figurez-vous que rien de tel ne s’est produit. Il n’y avait aucun moyen de contourner la réfutation, et d’ailleurs les membres de la secte ne l’ont pas fait.

    vous en connaissez, vous, des cas concrets de déni de réalité collectif qui n’entraînent pas de dissonance cognitive ?

    Question intéressante. Mon premier mouvement est d’être d’accord, mon second est de me méfier : je peux imaginer des « amnésies collectives » qui ne s’accompagnent pas de prosélytisme – mais j’avoue que je n’ai pas d’exemple.

    Je crois qu’un responsable du GIEC a dit récemment que le prochain rapport serait encore plus alarmant que les précédents (alors même que la température stagne) : là, peut-être qu’on tient quelque chose qui ressemble à de la dissonance cognitive.

  17. aladin (#15),
    Vous avez dû vous frotter à la lampe merveilleuse du scepticisme, qui vous a éclairée. Le génie de la raison vous est apparu! Allez louilla!

  18. @ andqui

    Vous avez dû vous frotter à la lampe merveilleuse du scepticisme, qui vous a éclairée.

    Disons que j’ai plus eu le sentiment de me la prendre sur la tête, cette lampe, et ce bien qu’une obscure intuition persistait à me souffler que toute cette histoire de RCA paraissait tout même un peu trop belle idéologiquement pour être vraie. smile

  19. aladin (#19),
    bienvenue au « club » des croyants déçus du RCA ; j’étais moi-même, dans les années 1990 convaincu que l’océan (atlantique) allait commettre les pires exactions à cause du réchauffement ; je l’ai même écrit, et contribué à des propectives pour l’année 2050 (dans le cadre d’un numéro spécial d’un grand quotidien régional). Et puis, je ne comprenais pas pourquoi rien ne se passait comme la théorie (les modèles…). Et puis le doute cartésien s’est installé, et s’est amplifié devant les exagérations médiatiques que je voyais bien sous-tendues par un lobbying écolo-politique (Mulot, Gore, and co).
    Je crois qu’il doit y en avoir un certain nombre qui viennent sur ce site, et qui ont aussi pris une lampe sur la tête!

  20. Cette phrase de l’article m’a frappé:

    Juger une théorie en construction à l’aune du critère de Popper est extrêmement réducteur : à peu près aucune théorie scientifique émergente ne peut jamais surmonter ce critère.

    Elle implique (ou donne à entendre) que la théorie du réchauffement climatique d’origine anthropique (RCA) est une théorie toujours en construction, ce qui dans un sens est vraie et constituerait donc un contre-argument important pour les carbocentristes (réchauffistes). Mais à ma connaissance, je n’ai jamais lu ou entendu ce contre-argument venant d’un carbocentriste. Explication: cet argument ne peut pas en même temps être utilisé de manière cohérente avec cet autre argument que « la science est réglée » (Science is settled).

    Quoiqu’il soit, je ne vois pas où l’auteur est allé piger l’idée qu’une science émergente n’a pas à être jugée à l’aune du critère de falsifiabilité. Les hypothèses fondamentales ou subsidiaires de toute science empirique, en construction ou non, doivent pouvoir être soumises à l’épreuve des faits observables. Cela s’applique à RCA, à moins de considérer cette théorie comme … non empirique. Ce que nul carbocentriste ne saurait affirmer au risque de se tourner lui-même en ridicule…

    Le fait est que RCA a été falsifiée (réfutée) par l’observation sur de nombreux points de son architecture mais ses adeptes n’ont jamais considéré et ne continuent toujours pas de considérer ces réfutations pour ce qu’elles sont mais les voient plutôt comme de simples « anomalies ». Or, comme l’a montré Thomas S. Kuhn, une théorie (ou un « paradigme », pour employer son expression favorite) peut perdurer longtemps, à tort ou à raison, avec d’importantes anomalies en son sein. C’est ce qui se passe maintenant et encore peut être pour longtemps encore avec le RCA, qui je pense personnellement, pour plusieurs raisons, est un faux paradigme.

  21. Je ne suis pas convaincu. Encore une fois, la définition de Festinger demande une réfutation indéniable et reconnue comme telle par le croyant. Quand vous dites “un emploi vert en détruit 4 autres”, vous n’êtes pas dans ce registre.

    Ben (#17), Bah là, il se trouve que si ! Le cas de l’emploi vert qui détruit bien plus d’emplois ailleurs est justement une bonne illustration de la dissonance cognitive. On en a la preuve : le gouvernement Obama citait initialement abondamment l’Espagne comme exemple de création de Green Jobs. Boum, sortait l’étude de Calzada de l’Université de Madrid qui montrait, chiffres à l’appui qu’un job vert détruisait 2 à 5 jobs non vert. Et hop, l’administration Obama ne citait plus l’Espagne en exemple donc la réfutation a bien été reconnue, réfutation d’autant plus cinglante que le taux de chômage en Espagne avait explosé encore plus après. Et pourtant la création de Green Jobs continue d’être l’argument phare d’Obama et des Démocrates et un des plus gros postes de subvention du plan « bailout ».
    Si c’est pas du Festinger, ça a en tout cas la couleur du Festinger et la couleur du Festinger.

  22. Sirius (#22), en ce qui me concerne, j’accorde au carbocentrisme d’être une théorie en construction – si ce n’était pas le cas, d’ailleurs, et qu’on pouvait dire « The science is settled », on se demande bien pourquoi il y aurait besoin que le GIEC ponde un rapport sur l’état de l’art tous les 6 ans.
    Le seul point sur lequel nous divergeons un peu est que j’ai moins confiance que vous dans ce que vous appelez « l’épreuve des faits observables », parce qu’il n’est pas toujours facile de se mettre d’accord sur une observation. L’histoire des sciences donne beaucoup d’exemples de théories « justes » qui ne se sont pas du tout imposées selon le schéma empirique naïf (on fait une théorie, on la confronte à l’expérience, elle marche, c’est bon). Feyerabend explique le problème à propos de Galilée, par exemple, et Kuhn en parle aussi (histoire de donner une référence qui sent moins le soufre). Pour donner un exemple sur le climat : on ne « voit » pas tous la même chose devant une courbe de températures brutes, car tout le monde n’est pas d’accord sur la manière de trouver la « vraie » information qui est censée se cacher dans le bruit.

    Pour finir, je souscris entièrement à votre dernier paragraphe.

  23. miniTAX (#23), que croyez-vous que le gouvernement Obama vous répondrait si vous lui disiez cela ? Je parie sur quelque chose comme : oui mais en Espagne il s’est passé ceci et cela, alors ça fausse tout… Et puis ce n’est qu’une étude, d’ailleurs sûrement financée par des lobbys… Et puis il y a d’autres pays où ça se passe autrement… Lesquels ? Heu… je ne sais plus mais j’en ai entendu parler, sisi je vous assure…
    Et ça peut continuer indéfiniment (souvenez-vous de vos contradicteurs de Futura Sciences sur l’extinction des espèces).
    L’important n’est pas ici de savoir si ces arguments sont valables, ou même vraisemblables. Il est de voir qu’ils fournissent au croyant un vernis efficace pour protéger sa croyance.
    A contrario, si vous annoncez que les extraterrestres atterriront cet après-midi dans votre jardin pour vous emmenez dans leur soucoupe, vous n’aurez aucun moyen d’utiliser un vernis de même nature pour sauvegarder votre croyance, et devrez utiliser des expédients d’un autre ordre (genre : oui, je me suis trompé, mais ce n’est pas si grave, car j’ai d’autres raisons de croire quand même aux soucoupes volantes).

  24. Ben (#25),

    C’est le problème avec ces théories non linéaires avec plein de variables et de lois dans tous les sens : cela permet de se tirer toujours d’affaire…

  25. @24_Ben

    […] il n’est pas toujours facile de se mettre d’accord sur une observation.

    Voilà pourquoi l’épistémologie existe!

    […] on ne “voit” pas tous la même chose devant une courbe de températures brutes, car tout le monde n’est pas d’accord sur la manière de trouver la “vraie” information qui est censée se cacher dans le bruit.

    Je suis malheureusement d’accord. Je suis toujours fasciné par le fait qu’un même phénomène ou un même ensemble de données puisse induire un ensemble d’explications divergentes ou incompatibles entre elles.

    Mais d’un point de vue logique, ça s’explique. Une même conclusion (fait) peut être déduite validement de prémisses vraies ou fausses (théorie). Comme illustration, voici une preuve, tout à fait logiquement valide, que je je ne suis pas le Pape:

    Si je suis le Pape, alors la Lune n’est pas en fromage.
    La Lune est en fromage.
    _____________________________________________
    Je ne suis pas le Pape.

  26. Sirius (#22),
    Bien sûr, parce que ce n’est encore qu’une hypothèse, comme toute les autres et qui doit être empiriquement confrontée au réel.
    Le GIEC a shunté toute la démarche.

  27. Sirius (#27), Le Treut qui « appelle à la prudence » quant à la l’interprétation des événements climatiques (surtout ceux qui sont climatiquement incorrects), j’ai rappelé à ses bons souvenirs ça : :mrgreen:

    « Le dérèglement est en marche, il n’y a aucun doute, on est au début du processus », Hervé Le Treut à l’AFP, lors de la canicule de 2006. http://hebdo.nouvelobs.com/heb…..13097.html

  28. Sacrée argumentation ce Le Treut: Bon OK ca baisse un peu et il fait froid, mais vous allez voir ce que vous allez voir ! Exactement le raisonnement du MET Office, avec les succes que l’on connait.

  29. Gilles des Landes (#20),
    moi je suis devenu sceptique en écoutant par hasard une émission de radio entre Corinne Lepage et le … président de l’Automobile Club de France. Le gars avait potassé son sujet et connaissait visiblement le rapport du GIEC 2007. Contrairement a Lepage qui semblait ne connaitre aucun fait concret mais seulement des rengaines moralisantes (« les générations futures… » etc). Je suis resté scié quand j’ai entendu de la bouche du president de l’AC que la montée des eaux etait estimée à 1.3 millimètre par an. Scié. Je suis allé chercher les docs et p… ce gars disait la vérité, et Lepage etait totalement ignorante du sujet et faisait seulement un preche. Depuis…

  30. Pour revenir au sujet du topic, pour moi la theorie RC ne peut pas etre l’objet de dissonance cognitive car elle est, au sens propre, une théorie millénariste: Elle s’adresse a un horizon 2100 voire plus, et aucun fait actuel ne saurait la mettre en défaut dans sa forme actuelle, car elle ne cessera d’osciller jusqu’à cet horizon entre précision extrême (on mesure les océans au millimètre et on est « sur » a 90%) et incertitude totale (la variabilité naturelle bien commode)

  31. the fritz (#21),
    Bon, déjà il faudrait que je retrouve l’œuvre, et de plus, je n’en suis pas sûr de vouloir en faire la promo…
    abb (#32),
    Cela montre bien le fossé qui existe entre nos dirigeants (disons la plupart…) et le citoyen curieux et censé….dasn la mesure où ce dernier n’est pas contraint par les « idéologies » ; de plus, il a aujourd’hui, grâce à Internet, la possibilité d’accéder à des connaissances de haut niveau. Quant à la montée des eaux, je crois que les données marégraphes (avant corrections par les « experts », destinées aux rapports du GIECC) sont aux alentours de 1,2 mm/an. Mais la donnée doit être modulée en fonction des phénomènes de subsidence (enfoncement du continent, comme à Socoa – mais aussi dans un grand nombre d’îles que l’on dit menacées par la montée des eaux…), et d’autres facteurs.
    Le GIECC a utilisé les données des satellites Topex Poséidon, dont il faudra un jour que l’on m’explique comment ils ont fait pour calculer la précision (+/- 2 mm…). Curieusement, la hausse est plus forte avec les données satellitaires qu’avec les marégraphes…
    Voyez le site du SHOM, et accédez à son rapport annuel : il y a une courbe très intéressante de la hausse du niveau de l’océan pour la période 1806/2006!
    http://www.shom.fr/

  32. 1,2mm/an, est ce qu’on ne peut pas dire que c’est « peanuts »?

  33. Gilles des Landes (#34),

    Effectivement cette précision de l’ordre du millimètre à de quoi étonner.

    Récurrent de Jason-1, il [Jason-2] est construit également par Thales Alenia Space dans le Centre spatial de Cannes Mandelieu. Il est capable de mesurer le niveau global des océans avec une précision de 2 cm, la hauteur des vagues et la vitesse des vents, ce qui permettra d’évaluer l’ampleur et l’impact du changement climatique. Il couvrira l’ensemble de la planète tous les dix jours.

    Jason-2, lancé le 20 juin 2008

  34. Manu95 (#36),
    Il ne faut pas confondre précision absolue « instantanée », précision absolue réduite au biais de calibration (après élimination statistique du bruit) et précision relative.
    J’ai déjà donné des infos sur le sujet dans un autre fil de ce blog. Je suis un peu trop feignant pour le retrouver… 😉

  35. Araucan (#38),
    Pour Topex/Poseidon oui. En ce qui concerne Jason, la précision millimétrique en variation interanuelle (une fois le signal quasi-totalement débruité) est crédible.

  36. Je ne sais plus où j’avais trouvé ceci :

    La fréquence de l’oscillateur est ainsi asservie à la fréquence de la transition atomique. Dans le cas du césium, la fréquence ƒ est 9 192 631 770 Hz. Cette valeur est exacte car elle définit la seconde, et donc le Hertz.

    ƒ = 9 192 631 770 Hz = 9.192 GHz
    Il en résulte que le maximum de précision que l’on peut espérer sur une mesure de temps est de 1/ƒ s soit ~ 1e-10 s (1.088 e-10 s)
    et sur une télémétrie laser ou radar cela correspond à une précision maximum sur la distance de l’ordre de 2 cm, la lumière devant parcourir 4 cm aller-retour (4 e-2 /3 e+8 = 1.33 e-10 s = 0.133 nanosecondes).

    Je me souviens encore vaguement de la manière de calculer une erreur sur une somme ou un produit – c’était il y a quarante ans.

    Ici, il faut tenir compte de la précision sur l’orbite du satellite, sur le géoïde et bien sûr sur la mesure de la distance satellite-surface de l’océan. Je veux bien croire que la précision est « bonne » mais pas au cm près.

    Bien sûr on peut tirer des conclusions de mesures même entachées d’erreurs systématiques, mais pas quand il s’agit d’influencer des politiques pour faire dépenser des milliards de dollars par an.

    J’ai deux thermomètres électroniques bon marché dans mon living, la différence entre les deux même placés côte à côte est souvent de l’ordre du degré. Dans la mesure où cela permet simplement de me rendre compte qu’il fait un peu plus froid que d’habitude ou que c’est moi qui suis plus frileux, cela me suffit pour décider d’ajuster le chauffage ou de manger un bout…

  37. Manu95 (#40),
    Quand tu multiplie les mesures, la précision augmente (élimination du bruit de mesure, y compris pour le bruit « système »).

    Ici, il faut tenir compte de la précision sur l’orbite du satellite, sur le géoïde et bien sûr sur la mesure de la distance satellite-surface de l’océan. Je veux bien croire que la précision est “bonne” mais pas au cm près

    La précision sur le géoïde ne joue pas… vu que c’est justement ce que tu mesure… (la surface moyenne des océans est localement une portion de géoïde).
    La précision sur l’orbite du satellite est sub-centimétrique en ce qui concerne Topex/Poseidon après recalcul au sol (avec retraitement triode). Elle est encore meilleure avec Jason.
    La précision de mesure « système » (incluant l’erreur sur l’orbite et l’erreur de mesure radar altimètre) est constitué d’un biais (qui ne peut pas être réduit autrement que par calibration, ce qui se fait en général pendant la recette en vol, avec appuis sur les données marégraphes et autres mesures, et suivi périodique) et d’un bruit (micro-variations orbitales non modélisées, erreurs sur le temps de transmission du radar altimètre, etc…).
    La partie bruit est assimilable (c’est une approximation, mais cela marche plutôt bien) à un bruit gaussien qui se réduit donc en racine(nombre de mesures).

  38. laurent (#41),

    Quand on répète des mesures d’un même objet, on peut espérer que leur moyenne améliore la précision.
    Mais dans un système complexe et dynamique, espérer que les statistiques vont permettre de gommer toutes les erreurs des mesures sur un paquet de variables, cela relève de la foi aveugle.

    Désolé d’être de la vieille école, celle où l’on faisait les calculs à la main et à la règle à calcul. Nous ne nous amusions pas avec des méthodes statistiques compliquées pour corriger les mesures parce que cela aurait pris bien trop de temps.
    Maintenant on enfourne un tas de données brutes dans un ordinateur et on en sort des résultats devant lesquels on se prosterne comme si cela était parole d’évangile. Que la vie est belle !

    On oublie le GIGO.

  39. Manu95 (#42),

    Quand on répète des mesures d’un même objet, on peut espérer que leur moyenne améliore la précision.

    Et c’est justement ce qu’on fait….

    Mais dans un système complexe et dynamique, espérer que les statistiques vont permettre de gommer toutes les erreurs des mesures sur un paquet de variables, cela relève de la foi aveugle.

    Tu n’a apparemment aucune idée de ce qui est fait et de ce qu’est un modèle physique (qui n’a rien à voir avec un modèle statistique).
    Cela n’a rien à voir avec de « l’espérance ». La physique de la mesure est modélisée, et chaque poste d’erreur est identifié, sa plage de variation étudiée et bornée (la contrainte correspondante est introduite dans le modèle). Les mesures du même objet sont ensuite introduites sous forme d’équation de mesure, et le tout est résolu par un moindre carré.
    Plus on introduit de mesures dans le système, plus la précision s’améliore. Cela n’a rien à voir avec la soupe d’un modèle statistique ou on ne comprend pas la physique mise en jeu.
    … et ce n’est certainement pas de la foi aveugle… je pratique depuis des décennies (sur d’autres systèmes de mesures satellitaires que Topex ou Jason, mais les systèmes sont tout aussi, voire beaucoup plus complexes, et les techniques mise en jeu sont les mêmes). Et toutes les campagnes de mesures indépendantes faites ont toujours validé les techniques (voir les centaines de publications sur la calibration et la validation des systèmes de mesure satellitaires).
    De plus, Topex et Jason sont des systèmes relativement simples. Les plateformes utilisées ne « gigotent » pas, sont remarquablement stabilisées dynamiquement et thermiquement, les perturbateurs sont peu nombreux et plutôt basse fréquence (roues à inertie, GS), ce qui fait que les modèles ont peu de degrés de liberté (a vue de nez, je n’en voit pas plus de 4 ou 5).
    L’orbite est remarquablement connue, en utilisant à la fois les mesures GPS et les mesures DORIS (mesures doppler sur signals balises au sol), et le retraitement au sol permet d’obtenir une précision sub-centimétrique (hors période d’éruption solaire). Ce qui laisse 3 degrés de liberté à faible variation… il ne reste qu’à rajouter le ou les degrés de liberté correspondant à la mesure elle-même.

  40. Manu95 (#42),

    Désolé d’être de la vieille école, celle où l’on faisait les calculs à la main et à la règle à calcul.

    Bah… essaie d’inverser une matrice 100.000×100.000, même très creuse, à la main, et ça risque d’être compliqué… 😉
    Et pourtant, cela reste tout à fait déterministe….

    Maintenant on enfourne un tas de données brutes dans un ordinateur et on en sort des résultats devant lesquels on se prosterne comme si cela était parole d’évangile.

    On ne peut pas faire plus éloigné comme représentation de ce qu’est la physique de la mesure….
    Les modèles sont très détaillés, les mesures maitrisées, les résultats systématiquememnt soumis à la question, et les données intermédiaires (plages de variation des degrés de liberté) remise en question à la moindre suspicion. Il n’y a pas plus pointilliste qu’un physicien de la mesure….
    … d’ailleurs on les traite plus souvent de « sodomisateur de drosophile » que de pénitent adorateur…. 😉

  41. Le ICE nouveau est arrive, avec son usuelle attaque sur les voisins de Jussieu, la promotion du post-doc Tom qui a vraiment trop de temps a glander a NYC et la leche habituelle a Realclimate.

    Le post nous informe de la reponse serieuse de Mr Huet, chroniqueur scientifique agree par ICE chez Liberation, faite a Pascal Bruckner. Jusque la, pourquoi pas? Mr Bruckner n’est pas climatologue. Mais la ou il y a de quoi se fendre la poire, c’est quand Huet se pare des explications du UK Met Office pour expliquer la vague de froid!

    Visiblement les rois du rire n’ont pas vu le grillage du directeur de l’institution sur la BBC, n’ont pas lu http://wattsupwiththat.com/201…..w-warning/

    Visiblement il n’y a qu’en France et dans certains milieux isotropes et homogenes que les previsions du UK Met Office son encore prises au serieux…

  42. antoniosan (#47),

    Sur la page de WUMT que vous citez, la photo m’a tiré l’oeil :

    Les chasse-neige travaillent bizarrement, vous ne trouvez pas ?

  43. @araucun#48

    C’est vrai mais peut-être est-il en train de répartir le sel ou le sablage de l’autre côté de la voie ?