Les renouvelables intermittents ne peuvent transformer favorablement le réseau électrique

Par Gail Tverberg

Source

Traduction Scaletrans

Beaucoup de gens espèrent que le vent et les panneaux PV vont transformer positivement le réseau électrique ? Est-ce vraiment possible ? Est-il vraiment possible que des renouvelables intermittents puissent générer une grande partie de la production électrique. De plus en plus, la réponse apparaît être la suivante : “Non, les coûts sont trop élevés et le retour sur investissement risque d’être trop bas.” Nous rencontrons déjà des problèmes de réseau majeurs, même avec une faible proportion d’électricité renouvelable intermittente : US, 5.4% de l’électricité consommée en 2015 ; Chine, 3.9% ; Allemagne, 19.5% ; Australie, 6.6%.

En fait, je suis parvenue à la conclusion ahurissante que même si les éoliennes et les panneaux PV pouvaient être produits pour rien, cela n’aurait pas de sens de les ajouter au réseau électrique en l’absence de systèmes de stockage bien meilleurs et bien moins chers qu’actuellement.

Il existe trop de coûts autres que ceux de la construction des systèmes eux-mêmes. Ce sont ces coûts secondaires qui posent problème. De plus, la présence d’électricité intermittente perturbe les prix du marché, conduisant à des prix bien trop bas pour les autres fournisseurs de courant, y compris ceux qui fournissent du courant d’origine nucléaire ou provenant du gaz naturel. La petite contribution du vent et du solaire au réseau électrique ne peut compenser la perte de sources de courant plus traditionnelles en raison des prix bas.

Des dirigeants du monde entier ont demandé que leurs pays passent aux énergies renouvelables, sans jamais avoir examiné de près les coûts et bénéfices probables. Quelques calculs simples ont été faits, comme “Life-Cycle Assessment” et “Energy Returned on Energy Invested.” Ces calculs oublient le fait que l’énergie intermittente retournée est de bien moindre qualité que ce que nécessite le fonctionnement du réseau électrique. Ils oublient également que le calendrier et le coût du capital sont très importants, de même que l’impact du prix d’autres produits énergétiques. C’est un autre exemple de base d’un problème que j’ai décrit auparavant, Les modèles d’énergie-économie trop simples donnent des réponses trompeuses.

Jetons un coup d’œil aux problèmes que nous rencontrons lorsque nous tentons d’ajouter de l’énergie renouvelable intermittente au réseau électrique.

Problème 1.

La gestion du réseau devient problématique a des niveaux de pénétration d’électricité intermittente faibles.

D’après les données EIA, en 2015, le vent et le solaire ont représenté seulement 12.2% du total de l’électricité consommée à Hawaï. Même à ce faible niveau, Hawaï rencontre des problèmes de réseau suffisamment sérieux pour qu’il ait été nécessaire d’arrêter le décompte net (donnant crédit aux propriétaires privés pour le prix de détail d’électricité lorsque celle-ci est vendue au réseau), et de suspendre les subventions.

Figure 1. Production d’électricité à Hawaï, d’après les données EIA. Other Disp. est le total des diverses autres sources d’électricité non intermittente, y compris la géothermie et la biomasse.

Hawaï est un archipel, donc il ne peut importer d’électricité d’ailleurs. C’est ce que j’entends par “Génération = Consommation.” Il y a bien sûr de la perte en ligne avec toute génération électrique, donc, génération et consommation diffèrent légèrement en fait.

La situation en Californie n’est pas si différente. La principale différence est que la Californie peut importer de l’électricité non intermittente (appelée aussi “disponible”) d’ailleurs. C’est en réalité le ratio d’électricité intermittente par rapport au total qui est important quand il s’agit d’équilibrage. La Californie fait face à des problèmes de réseau à un niveau de pénétration d’électricité intermittente (vent + panneau solaire) similaire à Hawaï – environ 12,3% d’électricité consommée en 2015, pour 12,2% à Hawaï.

Figure 2. Consommation d’électricité de Californie, données EIA. Other Disp. est la somme des autres sources non intermittentes, y compris la géothermie et la biomasse brûlée pour la génération électrique.

Et avec une production de production éolienne et solaire en augmentation, la Californie est de plus en plus dépendante des importations d’électricité non intermittente d’autres états.

Problème 2.

Le “plafond” apparent à 10 à 15% du total de la consommation électrique est lié à des limites de réserves opérationnelles.

Les réseaux électriques sont dotés de “réserves opérationnelles” permettant de maintenir leur stabilité, même si une grosse unité, comme une centrale nucléaire, se déconnecte. Ces réserves opérationnelles prennent habituellement en charge les fluctuations de 10 à 15% de l’approvisionnement électrique (NdT : En France, elle est de 5GW soit 5% de la production lors des pointes de consommation).

Si un réglage supplémentaire est nécessaire, il est possible de déconnecter certaines installations commerciales, sur la base d’accords offrant des tarifs plus bas en échange d’interruptions possibles. Il est aussi possible pour certaines centrales, particulièrement les “unités de pointe”, de faire varier rapidement la production en hausse ou en baisse. Les centrales au gaz naturel à cycle combiné ont également une réponse raisonnablement rapide.

En théorie, on peut modifier le système pour le rendre plus souple. Par exemple on peut ajouter plus de transport longue distance de façon à distribuer l’électricité sur une plus grande zone. De cette façon, la réserve opérationnelle de 10-15% s’applique plus largement. Une autre approche est d’ajouter du stockage d’énergie de façon à ce que l’électricité en excès puisse être disponible plus tard selon la demande. Une troisième approche est de faire appel à un “réseau intelligent” pour faire des changements comme déconnecter tous les climatiseurs et les ballons d’eau chaude lorsque l’approvisionnement électrique est insuffisant. Tous ces changements prennent du temps à installer et sont coûteux par rapport au montant d’électricité intermittente qu’ils permettent d’ajouter.

Problème 3.

Lorsqu’il n’y a pas de solution alternative pour l’électricité intermittente en trop, elle doit être limitée, c’est-à-dire jetée plutôt qu’ajoutée au réseau.

La surproduction ne pouvant être absorbée par le réseau fut un problème important au Texas en 2009, ce qui fait qu’il a fallu réduire environ 17% l’énergie éolienne. A cette époque, l’énergie éolienne représentait environ 5% de la consommation électrique totale du Texas. Le problème a été majoritairement résolu avec une série d’améliorations du réseau permettant à l’énergie éolienne de mieux s’écouler entre l’ouest et l’est du Texas.

Figure 3. Génération nette d’électricité d’après les données EIA. Le réseau du Texas est isolé, donc il n’y a pas d’exportation ou d’importation d’électricité.

En 2015, l’électricité intermittente totale du vent et du soleil au Texas se monte à seulement 10,1%. Le soleil n’a jamais été assez important pour apparaître sur le graphe – seulement 0,1% de la consommation en 2015. C’est seulement maintenant que le montant total d’électricité intermittente consommée atteint la limite plausible de 10 – 15% des réserves opérationnelles. Donc, il atteint les limites de l’électricité intermittente après Hawaï et la Californie

Le modèle de la compagnie qui supervise le réseau électrique de Californie prévoit que la limitation d’électricité dans cet état sera significative en 2024 si le Renewable Portfolio Standard (RPS) de 40% est suivi, et si rien n’est fait pour solutionner le problème.

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101.  Nicias | 26/12/2016 @ 12:34 Répondre à ce commentaire

tsih (#99),

Sans le nucléaire militaire il n’y aurait pas de nucléaire civil.

Je vous ai pourtant cité l’exemple du Canada. Ils ont développé une filière civile, 100% domestique sans filière nucléaire militaire.

Je n’ai pas de chiffres sous la main mais à vue de nez globalement tous ces crédits dépassent (et de très loin) ce qui a été mis dans les renouvelables jusqu’ici.

Bien sur que non. Vous ne faites pas la distinction entre subventions pour la recherche et le développement et subventions à la production. Il y a une différence d’ordre de grandeur entre les premières et les deuxièmes, même pour le nucléaire. On a tout essayé après le premier choc pétrolier, tout subventionné. Tout. Même une usine marémotrice unique au monde. On a choisit le nucléaire (REP) parce que c’était le plus rationnel, pas à cause de subvention militaires ou civiles.

102.  Nicias | 26/12/2016 @ 12:51 Répondre à ce commentaire

tsih (#99),

Il n’y a pas que les réacteurs, il y a (et c’est énorme comme problème et difficulté) toute la chaine d’enrichissement de l’U en U 235

Mais l’enrichissement de l’Uranium n’est pas nécessaire pour toutes les filières civiles. Par contre il est nécessaire pour le militaire. C’est pour ça qu’en France on a pas dans un premier temps développé les REP. On avait pas assez d’uranium enrichi pour faire du militaire et une filière REP. Par contre la filière graphite-gaz et le militaire, c’était possible. Mais le graphite-gaz on a dépensé puis abandonné.

103.  tsih | 26/12/2016 @ 14:00 Répondre à ce commentaire

Nicias (#101),

Même la filière Candu n’est pas une filière purement « civile » (et « domestique ») non plus .
Regardez son histoire.
Elle évite le problème ardu de l’enrichissement de l’U pour le remplacer par celui de l’eau lourde, chose difficile et coûteuse à fabriquer. Là aussi les crédits militaires depuis les nazis jusqu’aux alliés ont boosté puissamment les choses pour mettre au point les techniques, construire les usines et en obtenir de façon routinière en quantité suffisante. Sans compter tout le reste du nucléaire militaire dont CANDU a bénéficié indirectement.
Vous sous-estimez à mon avis complètement les difficultés de l’industrie nucléaire et le rôle capital des militaires dans son développement historique.
Encore une fois il n’y a pas que les réacteurs et voir aussi les problèmes actuels de l’EPR, « purement civil ».
Mais bon, on va pas épiloguer.

104.  volauvent | 26/12/2016 @ 17:12 Répondre à ce commentaire

tsih (#103),

Quel est votre objectif? Défendre les ENR?
Si c’est non, ce débat est stérile.
Si c’est oui, c’est que vous n’avez pas compris la différence de nature des subventions. Le nucléaire bénéficie, comme la plupart des technologies modernes, de retombées militaires. Mais c’est essentiellement des aides à la recherche fondamentale et appliquée. L’enrichissement de l’uranium et le retraitement ne sont plus des sujets militaires avec les procédés utilisés, même s’ils l’ont, d’une certaine manière, été dans le passé.
On peut faire le pendant pour les éoliennes et le solaire d’ailleurs (aéronautique, spatial, ). Par contre, la production du combustible et l’exploitation des centrales ne sont en rien subventionnées, c’est même plutôt le contraire actuellement.
Les ENR sont subventionnées en exploitation de trois façons: via l’obligation d’achat de leur production, même quand le réseau n’en n’a pas besoin, via des prix obligés supérieurs aux prix du marché, et via des coûts de réseau supplémentaires spécifiques supportés par l’ensemble des productions.
J’ajoute qu’il y a aussi une différence de traitement des sujets sécurité et environnement; il a moins de démarche administrative pour ériger 5 éoliennes de 200 m de haut que pour construire un supermarché. Coté nucléaire, c’est la surenchère permanente.

105.  tsih | 27/12/2016 @ 8:44 Répondre à ce commentaire

volauvent (#104),

Quel est votre objectif? Défendre les ENR?
Si c’est non, ce débat est stérile.

Aucun objectif sinon comme je l’ai déjà dit de dire les choses telles qu’elles sont plutôt que comme certains voudraient qu’elles soient. Attention aux illusions. Ce n’est pas parce que les ENR posent problème et sont subventionnés que le nucléaire n’en pose pas et ne l’est pas ou ne l’a pas été et surtout qu’il n’y a qu’à faut qu’on pour « résoudre le problème » avec le nucléaire.

106.  volauvent | 27/12/2016 @ 9:09 Répondre à ce commentaire

tsih (#105),

En France on a bel et bien « résolu le problème » avec le nucléaire. Et indirectement, en ce moment, c’est en partie lui qui subventionne les ENR, via la perte d’EDF (prix de session inférieur au prix de revient, non remboursement de 5 milliards de CSPE non effectué par l’Etat.)
Contrairement à ce que vous dites, on ne peut donc pas comparer ENR et nucléaire sur le plan des subventions.

107.  tsih | 27/12/2016 @ 10:44 Répondre à ce commentaire

volauvent (#106),

Le problème n’est pas « d’avoir résolu le problème dans le passé », c’est de le résoudre dans le futur et ça c’est une autre paire de manches. On ne peut pas simplement prolonger le modèle du passé.

108.  volauvent | 27/12/2016 @ 10:50 Répondre à ce commentaire

tsih (#107),

Le problème n’est pas « d’avoir résolu le problème dans le passé », c’est de le résoudre dans le futur et ça c’est une autre paire de manches. On ne peut pas simplement prolonger le modèle du passé.

D’abord, on ne la pas résolu que dans le passé; ça marche encore, et ça peut marcher encore un certain temps, surtout en retraitant le combustible !
Ensuite, pourquoi ça ne marcherait plus dans le futur? avec d’autres combustibles, sur le plan théorique, il n’y a aucun problème.

109.  tsih | 27/12/2016 @ 11:08 Répondre à ce commentaire

volauvent (#108),

Je n’ai pas dit que « ça ne marcherait plus » mais ce n’est pas du tout si évident et assuré que vous et d’autres ici aimeraient le croire. Passer à d’autres combustibles oui, en théorie, comme vous faites bien de le préciser. En pratique c’est autre chose, on n’est plus dans les trente glorieuses avec pétrole pas cher (on ne construit pas une centrale et on extrait pas de l’uranium du sol, entre autres, avec de la chaleur ou de l’électricité de centrales nucléaires, sans carburant donc) et on ne bénéficie plus du moteur militaire, la population a augmenté et d’autres pays très frugaux jusque là veulent se mettre à table comme les Chinois et les Indiens.

110.  lemiere jacques | 27/12/2016 @ 13:43 Répondre à ce commentaire

Tout est dans le favorablement dans le titre….
tout renouvelable c’est possible!!!! bien entendu si on met de côté la question du niveau de vie qui en résulte…on peut causer tranquille…très tranquille…
au fait si l’électricité est plus chère à produire , il n’y pas que MA facture edf qui va augmenter…tout ce qui demande de électricité va véritablement augmenter…

Il est curieux que des pays émergents ne choisissent pas d’emblée des systèmes reposant sur les renouvelables…sauf pour capter un peu de pognon produit ailleurs pas des fossiles …

Bon on vit dans un monde où quand un quasi planeur solaire fait le tour du monde en je ne sais combien de temps , on ne nous présente pas ça comme une preuve des limitations du bidule mais au contraire comme une preuve de la pertinence de son utilisation immédiate…

La perspective de l’augmentation des fossiles est une raison économique suffisante pour que des agents économiques essayent de trouver des sources alternatives de production d’energie..

Dans le meilleurs des cas tout ce qu’on voit est des gens qui ont raison trop tôt…mais avoir raison trop tôt, c’est encore avoir tort.

Les énergies renouvelables c’est une chose…la POLITIQUE les escroqueries tant intellectuelles que réelles qui vont avec c’est autre chose.

On peut signaler aussi aux détracteurs du nucleaire actuel que la filière nucléaire français a résulté d’un choix grandement politique…la critiquer porte avant tout sur la légitimité du politique à faire des choix de cette nature. Mauvais choix? peut être mais il a été fait, les questions a se poser c’est de savoir si les choses étant ce qu’elles sont, il faut les arrêter les prolonger voire en construire de nouvelles. Pour le reste, puisque s’agit de politique le procès doit porter sur les politiques et éventuellement les électeurs, sauf à trouver les corrompus et les corrupteurs éventuels, je vous souhaite bien du plaisir.
Bon, pour les renouvelables ça se passe maintenant…trouver les corrupteurs et les corrompus éventuels doit être moins difficile.

bah quand une personne vous dit on doit utiliser 50% d’energie en moins en 2050, ou bien il est extra lucide ou bien il est un peu stupide ou bien il veut utiliser votre crédulité..Et je te sors un joli nombre de mon chapeau…

111.  Claude C | 27/12/2016 @ 14:03 Répondre à ce commentaire

Petite question béotienne:
Les progrès relatifs au piégeage des émissions de gaz et particules est-il effectif et en constante évolution ces dernières décennies,
tant au niveau des carburants destinés aux centrales à énergies fossiles et aux transports …comme je l’ai lu…?
Sommes nous en mesure, dans l’état actuel des techniques mises en oeuvre, d’espérer progresser encore de façon à réduire toujours plus ces émissions jusqu’au résultat ultime…?

112.  Bernnard | 27/12/2016 @ 15:12 Répondre à ce commentaire

Claude C (#111),
D’après ce que je pense avoir compris, en ce qui concerne les micro-particules, celles-ci se formeraient bien après leur sortie du pot d’échappement. Ce serait de très fines gouttelettes qui passeraient à travers les filtres et qui se solidifieraient en refroidissant quelques mètres en sortie du pot.
Si c’est ça, ce ne sera pas simple de résoudre ce problème.

113.  volauvent | 27/12/2016 @ 19:45 Répondre à ce commentaire

Claude C (#111),

Un filtre bien conçu sur une cheminée d’usine ou de centrale peut éliminer 98% des particules et des gaz polluants en même temps en poids mais il reste quand même un peu des fines et des aérosols, c’est à dire des gaz qui vont se combiner à autre chose pour former d’autres particules. On peut toujours aller plus loin, en y consacrant la totalité de notre PIB….
Pour les voitures, on est dans les normes à mon avis au delà de ce qui est vraiment faisable, d’où les contorsions du secteur automobile (et c’est la même chose pour l’essence et le diesel).
Pour aller plus loin, il faudrait changer de configuration: turbine à vitesse constante ou pile à combustible avec traction électrique.
Mais peu de gens se rendent compte de la sévérité incroyable (et sans doute inatteignable en pratique) des normes euro 6.

114.  Claude C | 27/12/2016 @ 20:25 Répondre à ce commentaire

Bernnard (#112), volauvent (#113),
Merci pour ces précisions…

115.  Nicias | 27/12/2016 @ 20:47 Répondre à ce commentaire

tsih (#109),

on n’est plus dans les trente glorieuses avec pétrole pas cher (on ne construit pas une centrale et on extrait pas de l’uranium du sol, entre autres, avec de la chaleur ou de l’électricité de centrales nucléaires, sans carburant donc) et on ne bénéficie plus du moteur militaire

Punaise. Nos centrales nucléaires ont été construites après les 30 glorieuses. Pourquoi ? Parce-que le pétrole était cher ! Le pétrole cher était une condition nécessaire et pas principalement un facteur pénalisant. Vous ne comprenez rien à l’économie. Le facteur rare n’est pas le pétrole (ni l’énergie en général), c’est le travail, le travail humain au cas ou vous compreniez de travers. Et les subventions du militaire, c’est marginal.

90 millions de barils par jour * 50$ * 365 = le PIB de l’Italie (c’est tout petit !) et approximativement 0 explication de l’évolution de l’économie du monde. Si vous multipliez le prix du baril par 10 (à 500$), vous avez un problème. Un problème de transfert car les puits de pétrole qui produisent à 10$ existent toujours mais vous les payez 500$. Le puits qui produit à 500$, on s’en fout, c’est la marge, l’épaisseur du trait en terme de consommation de travail humain.

116.  Rosa | 27/12/2016 @ 21:21 Répondre à ce commentaire

Bah … v’la une autre bonne nouvelle

117.  Rosa | 27/12/2016 @ 21:22 Répondre à ce commentaire

Ici

118.  papijo | 27/12/2016 @ 21:56 Répondre à ce commentaire

Rosa (#117),
5000 milliards de désinvestissement dans les énergies fossiles en un an … c’est sûrement un calcul d’écolo. Si on regarde les cotations en bourse, on voit l’évolution sur un an:
– Total (pétrole): + 18.7%
– Technip(ingénierie pétrole): + 49.1%
– Arcelor (acier, gros consommateur de fossiles): + 81,3%
et j’imagine qu’à l’étranger la tendance est la même. Manifestement, si les cours montent, c’est qu’il y a d’avantage d’investisseurs que de désinvestisseurs …

119.  volauvent | 28/12/2016 @ 9:01 Répondre à ce commentaire

Rosa (#117),

le terme « désinvestissement » employé dans l’article concerne des institutions financières; si elles ont vendu leur part, cela ne veut pas dire que les « actifs » réels ont été désinvestis; ils ont été juste rachetés par d’autres (Chine, Inde pour le charbon).
Cela se justifie financièrement et n’a rien à voir avec le climat; la concurrence du gaz fait baisser les prix du charbon. Il y a toujours autant de centrales à charbon, mais on ferme (ou ne démarre pas) de nouvelles mines pour faire monter les prix.
Pour le gaz, il peut y avoir un désinvestissement apparent en dollars, car les opérateurs de gaz de schiste ont fortement baissé les coûts.
Pour le pétrole, la baisse des cours a ralenti l’investissement; il reprendra si les cours remontent.
Rien à voir avec le climat dans tout cela, du moins pour les opérateurs avertis.

120.  tsih | 28/12/2016 @ 10:12 Répondre à ce commentaire

Nicias (#115),

Vous ne comprenez rien à l’économie.

Sans doute.

Et si vous alliez expliquer vos théories à AREVA et montrer aux gens qui développent l’ EPR que ça coince parce que c’est le « travail humain » qui manque…

121.  tsih | 28/12/2016 @ 10:24 Répondre à ce commentaire

volauvent (#119),

Oui, d’ailleurs les cours du pétrole ont déjà remonté de façon spectaculaire par suite d’un accord historique entre producteurs OPEP et non OPEP pour les faire remonter en limitant l’offre.

Personne ne débarrassera le monde des énergies fossiles. Seule la Nature a ce privilège, elle le fera à sa façon, et son plan le plus probable est tout bêtement de le faire par épuisement de ce que la planète avait en stock.

122.  Christial | 28/12/2016 @ 14:10 Répondre à ce commentaire

tsih (#121),
Et personne n’empêchera d’investir dans une activité rentable, sauf â instaurer la dictature verte espérée par les Staline du 21è siècle.
Que quelques grandes institutions financières fassent du flan pour la galerie et soigner leur image médiatique ne change en rien les réalités économiques.

123.  Rosa | 28/12/2016 @ 22:38 Répondre à ce commentaire

Tout cela n’est pas très grave.
Vous ne vous débattez dans votre bocal que pour sauver un monde qui n’existe déjà plus.

124.  papijo | 28/12/2016 @ 23:10 Répondre à ce commentaire

Rosa (#123),
Une grande « victoire » pour la transition énergétique de l’Allemagne (Energiewende): pendant les fêtes de Noël, les renouvelables ont établi un record à 35 GW grâce à une forte production éolienne. Les écolos pavoisent ici en allemand, et le même en anglais.

Juste un petit truc à améliorer, le vent s’est mis à souffler fort pour battre ce record juste au moment du week-end de Noël, quand les usines allemandes étaient à l’arrêt ! Le résultat: des prix spots largement négatifs pendant tout le week-end (lien EPEX) jusqu’à la reprise du travail. (Rosa vous expliquera que c’est la faute aux énergies fossiles !)

125.  jG2433 | 29/12/2016 @ 8:07 Répondre à ce commentaire

Rosa (#123),
« Cours, cours, camarade, le vieux monde est derrière toi. »
(air connu)

126.  volauvent | 29/12/2016 @ 8:58 Répondre à ce commentaire

Rosa (#123),

Alors, décrivez nous le Monde qui existe, nous sommes impatients de le connaître!

127.  volauvent | 29/12/2016 @ 9:27 Répondre à ce commentaire

papijo (#124),

ça me console qu’on puisse trouver des articles de journalistes en Allemagne aussi débiles qu’en France.
Les commentaires valent d’être lus: ils reviennent à la réalité.

Le bilan est d’ailleurs loin d’être « triomphal », même si on reprend les éléments de l’article.
L’éolien plus le solaire en Allemagne, c’est 85 GW; évidemment, la nuit de Noel, pas de solaire; le rendement global de l’investissement est donc de 40%…
De plus, pour pallier les fluctuations, il a fallu garder des centrales fossiles et nucléaires en réserve.
Le bilan global est un excès de 8 GW qu’il a fallu écouler coûte que coûte….à prix négatif pour le plus grand plaisir des autrichiens.(qui ont sans doute pompé pour stockage, une énergie qu’ils revendront très cher aux Allemands un jour sans vent.)
On comprend que les commentaires des consommateurs soient désobligeants.

128.  tsih | 29/12/2016 @ 13:16 Répondre à ce commentaire

volauvent (#127),

Oui les Autrichiens comme les Suisses sont heureux. Ils reçoivent une prem!ère fois de l’argent pour stocker l’électricité en excès dans leurs barrages et une deuxième fois quand il revendront ça aux Allemands lors des jours de calmasse et grisaille.

Comme quoi la montagne a du bon et constitue une nouvelle rente de situation.

129.  the fritz le testut | 29/12/2016 @ 13:35 Répondre à ce commentaire

Comme quoi la montagne a du bon et constitue une nouvelle rente de situation.

et que les adeptes de la vie en haute mer y retournent et ne nous emm…dent plus

130.  tsih | 29/12/2016 @ 14:34 Répondre à ce commentaire

the fritz le testut (#129),

Tiens, the fritz qui re-émerge après avoir épuisé tout son schnaps. J’expédie un baril de rhum de suite.

131.  papijo | 31/12/2016 @ 10:45 Répondre à ce commentaire

Pour ceux qui veulent voir à quoi conduit le doublement des prix de l’électricité en faveur des ENRs, un article de EIKE illustré de nombreuses courbes et d’un dessin de circonstance (le week-end de Noël a été très venté en Allemagne):

Traduction en anglais (pour avoir des graphiques cliquables lisibles, utiliser la version originale)

132.  amike | 31/12/2016 @ 14:41 Répondre à ce commentaire

papijo (#131), Merci pour ce suivi de l’expérience allemande.
Je note que l’auteur compare enfin les conséquences de cette production d’électricité superflue à la politique agricole… L’énergie est gratuite comme l’est la croissance d’une plante, sauf que tout ce qui est en amont, en cours ou en aval ne l’est pas.

133.  Rosa | 4/01/2017 @ 15:32 Répondre à ce commentaire

Encore des niouzes

134.  scaletrans | 4/01/2017 @ 16:27 Répondre à ce commentaire

Rosa (#133),
Les retraités vont avoir du souci à se faire si leurs fonds de pensions ont investi dans l’intermittent… surtout off-shore ! De toutes façons, ces chiffres sont invérifiables, et probablement fort au dessus de la vérité.

135.  Nicias | 4/01/2017 @ 17:22 Répondre à ce commentaire

Rosa (#133), scaletrans (#134),

Those divesting include Norway’s sovereign wealth fund

Donc le fond Norvégien alimenté par la rente pétrolière n’investit plus dans les fossiles. Qu’est ce qu’on rigole avec ce genre de com.

Et puis 5000 milliards de $, c’est largement moins de la moitié du patrimoine des seuls ménages français. Bref c’est pas beaucoup.

136.  papijo | 4/01/2017 @ 18:06 Répondre à ce commentaire

Rosa (#133),
Je croyais qu’on vous avait expliqué que s’il y en a qui désinvestissent, le fait que les cours des sociétés impliquées dans les fossiles montent montrent bien qu’il y en a beaucoup plus qui investissent et croient en leur avenir ! Vous ne comprenez pas ça ? Un peu de lecture à propos d’un état « écolo » qui a « réussi » à fermer sa dernière centrale charbon, … et qui 6 mois plus tard s’apprête à subventionner ses centrales à gaz pour qu’elles marchent en permanence !

A moins bien sûr que ce ne soient Greenpeace et le WWF qui rachètent à prix d’or toutes ces actions pour fermer les sociétés en question ensuite, mais à ce niveau, ça me surprendrait un peu !

137.  papijo | 4/01/2017 @ 18:29 Répondre à ce commentaire

Rosa (#133),
Et d’ailleurs voila comment ces gens-là imaginent leur avenir d’ici 2040:

138.  Herté07 | 5/01/2017 @ 11:29 Répondre à ce commentaire

pour changer de point de vue :

Casamance, le temple du solaire

139.  Rosa | 13/01/2017 @ 22:25 Répondre à ce commentaire

Hop

140.  Araucan | 14/01/2017 @ 1:13 Répondre à ce commentaire

Rosa (#139),
On ne connaîtra véritablement les coûts du solaire qu’une fois que l’on aura eu un cycle complet d’exploitation (15, 20 ans) , donc les coûts d’entretiens et de maintenance , de démantèlement et de recyclage des composants.
Et puis il ne faut confondre prix sur le marché et prix basé sur les coûts …

141.  Nicias | 14/01/2017 @ 7:36 Répondre à ce commentaire

Rosa (#139), Araucan (#140),

In nearly 60 lower-income countries, the average price of solar energy has dropped to $1.65 million per megawatt in 2016, just below wind at $1.66 million per megawatt. That means new energy development projects will focus on solar energy rather than wind power.

Normalement, à ce stade, c’est à dire au deuxième paragraphe de l’article, il faut cliquer sur « fermer l’onglet » et passer à autre chose. L’auteur ne comprend rien à son sujet.

Il s’agit ici de cout par MW de capacité installé. Je vais prendre le cas de l’Irlande (certes pas un pays sous-développé). En Irlande, l’éolien a un rendement de 30% (très variable selon les années, en France c’est 22%), ce qui veut dire que chaque MW de capacité installée éolien vas produire 0,3*MWcapacitéInstallée*unitéDeTemps. Le rendement du solaire en Irlande doit être de quelque-chose comme 10% (je ne connais pas le chiffre exact, les Irlandais sont des gens pas complètement cons et ne font pas de solaire). Il s’ensuit qu’en Irlande, si l’on reprend les chiffres produits par l’article, le solaire est 3 fois plus cher que que l’éolien par MWh produit. La production s’exprime en méga watt heure. Je suis près à développer ce point si nécessaire.

Et bien sur avec du solaire vous pouvez avoir de la lumière le jour, mais pas la nuit. Donc il vous faut un autre moyen de production électrique qui lui n’est pas superflu. Comprenons, le cout de production, même s’il est calculé correctement, n’a pas grande importance si votre moyen de production ne répond pas au besoin : avoir de l’électricité quand on en a besoin.

142.  volauvent | 14/01/2017 @ 9:11 Répondre à ce commentaire

Nicias (#141),

Oui, les coûts très bas généralement annoncés concernent des régions quasi désertiques en Amérique du Sud, aux USA, au Qatar.
ils s’expliquent par:
– un bon rendement
– des coûts de main d’oeuvre ridicules. Or, 50% des coûts d’une centrale PV c’est du montage, du cuivre et de la quincaillerie de support.
– la période actuelle où la Chine, ayant trop produit d’usines de panneaux, vend à perte
– des utilisations bien adaptées, n’exigeant pas la continuité de service: climatisation ou dessalement de l’eau de mer.

La question de la durée de vie et des coûts de maintenance sera cruciale. Une installation présentant de telles grandes surface au grand air est très sensible à la corrosion. Les conditions météo pourraient aussi être très pénalisantes (nettoyage, événements extrêmes)

Si il faut tout remplacer au bout de 15 ans, tout est remis en cause.
Et de toutes façons, dans la majeure partie de l’Europe, pays sans grand soleil, à forte densité et industrialisé, ça ne marche pas. Ou alors il faut qu’on m’explique où passe l’argent des subventions.

143.  papijo | 14/01/2017 @ 10:13 Répondre à ce commentaire

Nicias (#141),
Et en plus, cet article à la gloire du photovoltaïque est illustré par une photo de centrale à solaire « thermodynamique » (miroirs, générateur de vapeur et turbine), nettement plus chère mais qui présente quelques avantages, du moins sur le papier ! (si fiabilité et performances tenaient leurs promesses !)

144.  tsih | 14/01/2017 @ 11:27 Répondre à ce commentaire

Rosa (#139),

Bullshit.

Il manque surtout mon emphasis et le petit détail entre parenthèses dans la citation suivante:

In the developing world, solar power is becoming the most cost-effective new source of (intermittent) electricity.

Est-ce dans les pays sous-développés qu’il y aurait soi-disant production de trop de CO2 pour générer leur électricité alors qu’il n’y a le plus souvent même pas de réseau du tout.

Vivez-vous dans un pays sous-développé ? Une source intermittente vous suffit-elle, comme dans un village camerounais jamais relié à un réseau électrique ?

Etes-vous prête à attendre le printemps prochain que le soleil remonte sur l’horizon et remontre le bout de son nez pour faire tourner votre machine à laver ?

Enfin, avez-vous au moins parcouru l’article qui est l’objet du présent fil ?

En fait, je suis parvenue à la conclusion ahurissante que même si les éoliennes et les panneaux PV pouvaient être produits pour rien, cela n’aurait pas de sens de les ajouter au réseau électrique en l’absence de systèmes de stockage bien meilleurs et bien moins chers qu’actuellement.

145.  the fritz le testut | 14/01/2017 @ 13:30 Répondre à ce commentaire

@Rosa,
La connerie cela se cultive et il y en a qui ont la main verte

146.  Christial | 14/01/2017 @ 14:11 Répondre à ce commentaire

Sans doute que l’éolien et le solaire ont une place plus ou moins importante dans le mix énergétique, selon le contexte géographique local.
Elle n’a pas de sens économique à devenir prépondérante à cause de son intermittence, donc tant qu’il n’y aura pas de solution économique de stockage de l’énergie électrique.

Si son amorçage est idéologique, le catalyseur du développement des ENR est la collusion d’intérêts économiques et politiques avec l’imposture climatique et sa prétendue urgence.
Que le RCA fasse plouf et il fera plouf, on ne peut éternellement tromper la science, et les ENR plongeront avec.

147.  jG2433 | 14/01/2017 @ 14:16 Répondre à ce commentaire

the fritz le testut (#145),

La connerie cela se cultive

Ce livre serait-il en mesure de m’en prémunir – autant que faire se peut ?
Je verrai bien…
J’ai passé commande, hier, pour ce livre à paraître le 18 janvier prochain, par l’intermédiaire de mon libraire habituel.

Voici une flânerie savante, drolatique, philosophique et éclectique au pays très peuplé de la bêtise.

Ce livre est un vrai bijou d’érudition et de charme.
On y réfléchit en souriant.
On s’y amuse avec gravité.

https://www.amazon.fr/g%C3%A9nie-b%C3%AAtise-Denis-Grozdanovitch/dp/224681071X

148.  the fritz le testut | 14/01/2017 @ 16:42 Répondre à ce commentaire

jG2433 (#147),
Bonne lecture

149.  Nicias | 14/01/2017 @ 20:15 Répondre à ce commentaire

volauvent (#142),

des coûts de main d’oeuvre ridicules

L’article (de Skyfall) fait cette corrélation ridicule entre cout des EnR et cout de l’électricité (page 2) sans se préoccuper du fait que ceux qui font des EnR sont riches et ont des couts de main d’œuvre élevés. C’est sans doute pas faux mais gênant.

150.  Nicias | 14/01/2017 @ 20:25 Répondre à ce commentaire

papijo (#143),

C’est moins technique et plus géopolitique. Le Maroc fait ce qu’il veut et l’Algérie (pétée de pétrole et de gaz au contraire du Maroc son ennemi) fait ec qu’il veut aussi.