Des scientifiques aux mauvaises manières

[Une analyse passionnante d'une partie des emails du ClimateGate, d'autres révélations sont à venir]
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Une cabale corrompue d'alarmistes du réchauffement climatique exposée par une fuite massive de documents, par Steven F. Hayward

Lentement et quasiment à l'insu des médias de masse, le ballon du réchauffement climatique est en train de se dégonfler. La température mondiale a cessé d'augmenter depuis quelques années, à la grande consternation des militants du climat. La conférence de Copenhague à venir de l'ONU – qui était censée donner un accord contraignant de réduction des gaz à effet de serre pour remplacer le Protocole de Kyoto en faillite – s'est effondrée des semaines à l'avance et reste en réanimation, suspendue à l'intervention magique d'Obama. La bourse du carbone [Cap and trade] est restée bloquée à Capitol Hill. Les récents sondages de Gallup, Pew, Rasmussen, ABC / Washington Post et d'autres constatent tous un déclin dramatique dans la croyance du public au réchauffement anthropique. Les militants du climat continuent d'insister que c'est un problème de «communication» mais après le coup double Prix Nobel / Academy Award d'Al Gore, des millions de dollars de publicité payante et le catastrophisme incessant par les antennes médiatico-politiques, cette excuse est absurde. Maintenant la campagne du climat a atteint son moment de l'empereur-est-nu.

À la mi-Novembre, une importante cache d'e-mails et de documents techniques du Climate Research Unit (CRU) [ndt l'intitulé exact est Climatic Research Unit] de l'Université d'East Anglia en Grande-Bretagne a été diffusée sur nombre de serveurs de fichiers sur Internet – oeuvre d'un hacker ou d'une fuite par un informateur à l'intérieur du CRU. Les e-mails – plus de 1.000 d'entre eux – font apparaître une petite coterie de scientifiques impliquée, selon les termes de Michael Schrage du MIT, dans "de la malveillance, de la malfaisance et des manœuvres machiavéliques". Dans une tournure ironique des événements, l'un des correspondants fréquents de cette chaîne d'emails (Jonathan Overpeck, chercheur à Université de l'Arizona) a averti à plusieurs de ses collègues en Septembre, "s'il vous plaît, écrivez tous les e-mails comme s'ils étaient rendus publics." Pas étonnant. Il s'agit du Climategate. Comme dans l'hystérie des documents fabriqués par Dan Rather en 2004 au sujet de la conscription de George W Bush aux seins de la Garde nationale, les blogueurs ont se sont rués sur les preuves matérielles en mettant en lumière la mauvaise foi, la mauvaise science, et peut-être même des comportements criminels (suppression de documents soumis à la loi sur la liberté de l'information britannique [FOIA] et sans doute de l'évasion fiscale) d'un petit groupe de scientifiques du climat très influents. Comme avec le Rathergate, des militants purs et durs du climat ont recours à l'argument de défense "faux mais juste" : ce que ces scientifiques ont fait pourrait être contraire à l'éthique ou profondément biaisé, disent-ils, mais le débat scientifique est terminé, passez à autre chose, il n'y a rien à voir.

Monbiot s'est joint à un certain nombre
d'éminents spécialistes du climat pour
exiger que les personnalités du CRU
démissionnent de leurs postes

Il y a des exceptions notable comme Georges Monbiot, qui par le passé s'est impliqué dans le catastrophisme climatique le plus extrême : "Il est inutile de prétendre que ce n'est pas une défaite majeure", écrit Monbiot dans une colonne du 23 Novembre. "Les e-mails piratés du CRU de l'Université d'East Anglia pourraient difficilement être plus dommageables…. Je suis consterné et profondément ébranlé…. J'avais fait trop confiance à certains de ceux qui ont fourni les preuves de ce que je défends. J'aurais été un meilleur journaliste si j'avais regardé leurs affirmations de plus près." Monbiot s'est joint à un certain nombre d'éminents spécialistes du climat pour exiger que les personnalités du CRU démissionnent de leurs postes et soient exclus de futures recherches climatiques. Le directeur du CRU, Phil Jones, a annoncé la semaine dernière qu'il démissionne temporairement, le temps de l'enquête.

Aussi tentant que ce soit de se livrer à une diversion sur le labeur hautement méritant d'un gang qui s'est livré à d'interminables calomnies contre les scientifiques dissidents (James Hansen de la NASA, par exemple, qualifie Richard Lindzen du MIT de scientifique de l'industrie du tabac, et Al Gore et une multitutde d'autres assimilent les sceptiques à des «négationnistes»), le sens des documents du CRU ne devrait pas être mal interprété. Les courriels ne révèlent pas en eux-mêmes que les scénarios catastrophiques du changement climatique seraient un canular ou sans aucun fondement. Ce qu'ils révèlent est quelque chose de problématique pour la communauté scientifique dans son ensemble, à savoir, la tendance des scientifiques à franchir la ligne séparant les chercheurs désintéressés en quête de vérité d'activistes avec une conclusion préconçue sur la question.

Les courriels ne révèlent pas en
eux-mêmes que les scénarios
catastrophes du changement
climatique seraient un canular
ou sans aucun fondement

Dans la langue de bois de l'année, Phil Jones du CRU, l'une des principales figures de la controverse, a admis que les e-mails "ne sont pas convenables". Jones est l'auteur de la majorité des e-mails, celui qui a dit à des collègues en 1999 qu'il avait utilisé "l'astuce de Mike [Mann] dans Nature [le journal]" pour "cacher la baisse" qui apparaît après 1960 à son dépit dans une série de température. Mais il insiste que l'ensemble du contexte du travail du CRU montre que cela a été une simple figure de style maladroite. La lecture de l'ensemble des emails, toutefois, ne confirme pas une telle explication; bien au contraire, des dizaines d'autres messages, bien que moins flagrants que "cacher la baisse", exposent de manière scandaleuse un manque de professionnalisme. Cela concerne des tentatives de truquer et de manipuler le processus d'examen par les pairs qui est critique dans l'approbation des manuscrits soumis pour publication dans des revues scientifiques.

Les données qui auraient dû être disponibles pour inspection par d'autres scientifiques et critiques indépendants n'ont été divulguées qu'à contrecœur, voire pas du tout. Peut-être plus important encore, les archives d'emails révèlent également que, même au coeur de ce petit cercle de spécialistes du climat – le reste du temps alliés dans l'objectif de mobiliser à outrance la politique internationale de lutte contre le réchauffement de la planète – il y avait des désaccords considérables, la confusion, le doute et parfois l'acrimonie sur les résultats de leurs travaux. En d'autres termes, il y a bien moins d'unanimité ou de consensus parmi les initiés du climat que ce que nous avons été amenés à croire.

Le comportement du cercle du CRU a jeté une ombre sur toute la communauté des scientifiques du climat et de nombreux scientifiques honnêtes vont maintenant porter injustement les stigmates du Climategate sauf s'il le problème est traité en totale transparence. D'autres centres de recherche importants sur le climat avec des liens étroits avec le CRU – notamment l'Institut Goddard de la NASA et le Climate Change Science Program de la NOAA – ne devraient pas être exemptés d'une enquête approfondie. Une telle réévaluation doit commencer par une compréhension du rôle crucial que le cercle du CRU a joué dans le théâtre du réchauffement climatique.

Le chapitre sur les modèles climatiques du GIEC
évoque des "incertitudes significatives" pour tous
les modèles, et admet que "les modèles montrent
toujours des erreurs significatives"

Au sein de la communauté plus large des sciences du climat, l'affaire du Climategate concerne pour l'essentiel une petite mais très importante branche : la paléoclimatologie, qui tâche de reconstituer le climat terrestre d'époques antérieures à celle où les humains ont commencé à mesurer et à archiver des données météorologiques. Une telle tâche s'est révélée un exercice extrêmement compliqué de traitement statistique d'immenses quantités de données brutes. Parce que, dans cette branche, l'écart entre observations et conclusions est beaucoup plus dépendant des techniques statistiques employées que des mesures directes, il était clair que la controverse fasse rage et appelle un regard par des scientifiques extérieurs. C'est exactement ce genre de regard que les membres du CRU ont tenté d'empêcher ou de gêner.

Le climat terrestre étant un système complexe, les efforts pour comprendre pourquoi et comment il se modifie est peut-être la plus grande entreprise jamais conduite par la communauté scientifique mondiale. Le CRU de l'université d'East Anglia n'est pas seulement un nœud important de la science climatique, mais aussi parmi ceux qui jouent l'un des rôles les plus cruciaux dans le Groupe Intergouvernemental d'Etude du Climat (le GIEC), organisme qui, tous les cinq ou six ans depuis 1990, produit de volumineux rapports sur le "consensus" international dans le domaine des sciences du climat. C'est l'organisme dont on dit habituellement qu'il rassemble les 2000 scientifiques les plus mondialement réputés, bien qu'il existe des milliers d'autres scientifiques qui travaillent sur divers aspects du changement climatique et ne participent pas aux travaux du GIEC, de nombreux d'entre eux étant en désaccord avec le rigide "consensus". L'un des points démontrés par les mails du CRU, c'est que ce nombre de 2000 éminents scientifiques est trompeur ; le cercle des scientifiques véritablement actifs dans les travaux du CRU et d'institutions connexes dans ce pays est très faible. Néanmoins, Al Gore et les autres militants du climats se sont fortement appuyés sur le GIEC pour soutenir leurs affirmations selon lesquelles le réchauffement climatique d'origine humaine est une question scientifique résolue. Cela malgré le fait que, dans le dernier rapport du GIEC sur l'état de la science climatique en 2007, les termes "incertain" et "incertitude" apparaissent plus de 1300 fois en 900 pages, et que le rapport décrit notre niveau de compréhension scientifique de certains aspects clés du climat comme "faible" ou "très faible". Le chapitre sur les modèles climatiques, lesquels sont les principaux outils pour prédire l'apocalypse à venir, évoque des "incertitudes significatives" pour tous les modèles, et admet que "les modèles montrent toujours des erreurs significatives."

Pendant des années, des rumeurs ont circulé au sujet de pressions politiques exercées pour influencer le GIEC et lui faire mentionner des nombres effrayants, car les effets d'une augmentation de 2 ou 3 degrés de la température n'étaient tout simplement pas suffisants pour justifier l'ampleur des réductions d'émissions demandés par les écologistes. Et l'une des incertitudes les plus larges dans l'affaire, c'est de savoir si nous sommes en mesure de déterminer si le réchauffement des 150 dernières années (environ 0,8 °C) excède la tendance naturelle historique, ce qui serait une forte confirmation des modèles climatiques qui avancent des projections inédites et des augmentations de température potentiellement dangereuses pour les décennies à venir, à cause des gaz à effet de serre produits par les sociétés industrielles.

Température historique selon le GIEC 1995.
On y voit clairement l'optimum médiéval autour de 1000

On a longtemps cru que, durant les mille dernières années, la Terre avait connu deux cycles climatiques naturels : l'optimum médiéval (OM), autour de l'an mil, et le petit âge glaciaire (PAG), en gros entre 1500 et 1850. Le premier rapport du GIEC, en 1990, réalisa une courbe stylisée de l'évolution des températures qui montrait que l'OM était plus chaud qu'aujourd'hui, mais il s'agissait encore d'une conjecture. Cela n'en était pas moins un gros problème pour les militants climatiques : si les températures médiévales étaient les mêmes qu'aujourd'hui, comme certains scientifiques le croient, alors cela signifie que les températures actuelles peuvent tout à fait se situer à l'intérieur d'une variabilité naturelle, et que nous ne pouvons donc pas attribuer aux émissions de gaz à effet de serre la cause essentielle du réchauffement récent, et pas non plus se fier aux modèles climatiques prédisant l'apocalypse à venir. Des rumeurs persistantes ont toujours affirmé que de grandes figures de la communauté climatique avaient décidé de se débarasser de l'OM, mais jusqu'à la divulgation des mails du CRU, il n'y avait pas de preuve que les scientifiques tripatouillaient peut-être leurs données – juste des on-dits.

Température historique en "crosse de hockey",
GIEC 2001 (reproduit libéralement par le CNRS)
L'optimum médiéval et le petit âge glaciaire ont été "effacés"

Les preuves de l'existence d'un optimum médiéval et d'un petit âge glaciaire proviennent essentiellement de témoignages, puisqu'il n'y avait pas de thermomètre en l'an mil. Y a-t-il un moyen pour savoir quelles étaient les températures d'il y a un millénaire ? Calculer la température moyenne de la planète entière n'est pas facile, même aujourd'hui. C'est là que les paléoclimatologistes du CRU sont entrés en scène.

Le groupe du CRU a travaillé à la " reconstuction " des températures du passé à l'aide de " marqueurs " comme les cernes d'arbres, les échantillons de glaces plusieurs fois centenaires prélevés de glaciers et des calottes polaires, des échantillons de sédiments lacustres, et des coraux prélevés dans les océans. En utilisant diverses techniques ingénieuses, il est possible, pour chacun de ces marqueurs, de produire une estimation de température à un endroit donné. Les cernes d'arbres sont considérés comme les meilleurs marqueurs, car il est possible de compter à rebours et d'établir l'année exacte de formation de chaque cerne, et d'estimer la température à partir de sa taille. Mais les données des cernes d'arbres sont très limitées. Il n'y a que quelques espèces d'arbres qui vivent mille ans ou plus, essentiellement les pins Bristlecone de l'ouest des États-Unis et quelques espèces en Sibérie. Et les milliers de données obtenues par de lourds efforts ne parlent pas d'elles-mêmes. Elles doivent être ajustées et calibrées pour tenir compte de la latitude, de l'altitude et de beaucoup d'autres facteurs (comme l'activité volcanique et les précipitations durant la période). Même la méthodologie statistique la plus rigoureuse produira des estimations avec de larges marges d'erreur.

L'un des aspects marquants des mails du CRU est la quantité de temps que le groupe du CRU a passé à discuter en interne des innombrables problèmes posés par le traitement des données et comment les présenter à une large audience. D'un côté, c'est ce à quoi l'on peut s'attendre dans un travail scientifique en cours. Mais d'un autre côté, ce sont les mêmes scientifiques qui, par ailleurs, ont toujours clamé de la manière la plus véhémente qu'il y avait un consensus définitif qui ralliait tous les chercheurs réputés et qu'il ne restait aucun motif de discussion. Une autre chose frappante qui ressort des mails est que les modélisateurs du climat ne tiennent pas la paléoclimatologie en grande estime, et que les paléoclimatologues ont un palpable complexe d'infériorité. À en juger par la longueur de nombre de chaînes de mails détaillants leurs problèmes, on peut se demander si ce petit groupe a vraiment eu le temps de faire de la recherche.

En 1998, trois scientifiques d'universités américaines – Michael Mann, Raymond Bradley et Malcolm Hughes – révélèrent dans la revue Nature ce qui fut considéré comme une percée majeure en paléoclimatologie : la désormais célèbre "courbe en crosse de hockey" reconstruisant les températures (montrant un "manche" plat entre 1000 et 1850, puis un bout ascendant de 1850 à 2000). Leur article était censé démontrer que la température globale actuelle est la plus haute des mille dernières années, dans une large marge dépassant de beaucoup ce que pourrait donner la variabilité naturelle. L'optimum médiéval et le petit âge glaciaire disparaissaient tous les deux. Le dessin de la crosse de hockey fut utilisé abondamment dans le rapport de 2001 du GIEC, en tant que "preuve conclusive" du réchauffement climatique provoqué par l'homme. Mann est ses co-auteurs concluaient que "les années 1990 sont probablement les plus chaudes, et 1998 la plus chaude, depuis au moins un millénaire."

Affaire réglée ? Loin de là. Les mails du CRU révèlent des doutes internes au sujet de cette reconstruction, aussi bien avant qu'après l'entrée en scène de la crosse de hockey. Dans un mail de 1996 diffusé à beaucoup de scientifique du groupe du CRU, Tom Wigley, un climatologiste de haut niveau qui travaille au Centre national américain de recherches sur l'atmosphère (NCAR), dans le Colorado, prévint "je suis favorable à la collecte de ce genre de données, mais je suis dérangé par la manière dont certaines personnes dans la communauté des paléoclimatologues tentent de survendre leur produit."[0839858862] Mann et ses collègues avaient utilisé quelques unes des données du CRU, mais certains scientifiques du CRU étaient mal à l'aise de la façon dont Mann les représentaient, et semblaient aussi trouver Mann quelque peu difficile à supporter.

Keith Briffa, un scientifique du CRU critique sur ses propres travaux sur les cernes d'arbres, envoya un mail à Edward Cook, de l'université Columbia : "Je suis malade de voir Mann affirmer que sa reconstruction représente la zone tropicale simplement parce qu'elle intègre un peu de séries tropicales (très mal reliées à la température)". Il ajouta qu'il était fatigué de "la tendance de plus en plus forte au verbiage autosatisfait [de Mann] de ces dernières années… et (mieux vaut ne pas en dire plus)."
Cook répondit : "Je suis d'accord avec vous. Nous connaissons tous les deux les failles de la recon[struction] de Mann, particulièrement en ce qui concerne les tropiques. Votre réponse est aussi la raison pour laquelle j'ai choisi de ne pas lire la version publiée de sa lettre. Ce serait pire… Ça m'étonne qu'un type aussi brillant que Mann soit aussi incapable d'évaluer son travail un tout petit peu plus objectivement."[1024334440]

Dans un autre mail révélateur, Cook écrivit à Briffa : "Bien sûr, [Bradley] et les autres membres du camp MBH [Mann, Bradley, Hughes] ont une aversion profonde pour le concept même d'optimum médiéval, et donc j'ai tendance à voir leurs évaluations comme émanant d'une perspective quelque peu biaisée, c'est-à-dire que le vase n'est pas seulement "à moitié vide" : il est clair qu'il est "cassé". Je viens plutôt du camp du "vase à moitié plein" au sujet de l'optimum médiéval, peut-être que oui, peut-être que non, mais il est trop tôt pour dire ce qu'il en est."[1051638938]
Dans un autre mail à Briffa, Cook se plaignit aussi de Bradley : "ses airs d'infaillibilité pontifiante sont vraiment assez nauséabonds, parfois."[1062592331]

Même au moment où le GIEC se saisit avec enthousiasme de la crosse de hockey de Mann, Briffa écrivit à Mann un mot d'avertissement à propos "de la possibilité de faire paraître l'impression que le consensus est plus fort qu'il n'est en réalité. Je pense que la discussion que nous avons eu plus tôt impliquant que nous ne devions pas "brouiller le message" [ndt : du réchauffement anthropique] en incluant des preuves contradictoires m'a troublé. Le GIEC est supposé représenter le consensus, mais aussi les incertitudes dans les preuves."[0938125745] Briffa avait déjà fait dissidence au sujet de la crosse de hockey dans un mail de 1999 adressé à Mann et Phil Jones : "Je crois que le réchauffement récent nous rapproche de la situation d'il y a environ 1000 ans."[0938031546] Même Malcolm Hughes, l'un des coauteurs de la crosse de hockey, exprima la plus grande réserve sur toute confiance excessive mise dans leur invention, en écrivant à Cook, Mann et d'autres en 2002 :

"Jusque là, toutes nos tentatives pour estimer les températures à l'échelle hémisphérique d'il y a environ 1000 ans sont fondées sur beaucoup moins de données que n'importe lequel d'entre nous le souhaiterait. Aucune des données utilisées jusqu'à présent n'a la distribution géographique nécessaire d'après notre expérience, et personne n'a encore trouvé un moyen convaincant de valider leurs composantes basses-fréquences à partir de données indépendantes. Comme Ed [Cook] l'a écrit, dans les enregistrements de cernes d'arbres, qui constituent la colonne vertébrale de la plupart des estimations publiées, le problème de la mauvaise réplication au niveau du début des enregistrements est particulièrement criant, et omniprésent… C'est pourquoi je considère que tout ce que nous faisons est préliminaire, et doit être manipulé avec grande prudence."[1018647333]

Mann réagit mal à ces hésitations de ses collègues. Même Ray Bradley, l'un des coauteurs de l'article sur la crosse de hockey, se sentit contraint d'envoyer un message à Briffa après avoir reçu un message d'autosatisfaction de Mann, avec cette simple ligne : "Excusez-moi, il faut que je dégueule."[0926681134] Dans un long fil de discussion, Mann houspille ses collègues et l'ambiance devint de plus en plus acrimonieuse. En rage de voir leurs remarques favorables à propos d'un article dans Science qui proposait un historique des températures différent de la crosse de hockey, il écrivit à Briffa, Jones et sept autres : "Il est triste que votre texte sur le papier d'Esper et al. soit encore plus défectueux que ce papier lui-même… Il va y avoir beaucoup de dégâts à réparer et, à mon avis, vous avez desservi les discussions honnêtes que nous avions eu par le passé, parce que vous avez dénaturé les preuves."[1016818778]

À Briffa en particulier, Mann écrivit : "J'espère que vous savez que je vous respecte tout à fait comme scientifique ! Mais dans ce cas, je pense que vous avez été négligent. Et la négligence a un coût."[1018629153] Les mauvaises manières de Mann conduisirent Bradley à répondre :

"Je souhaite me dissocier des commentaires de Mike, au moins sur le ton. Je ne me considère pas comme l'arbitre ultime de ce que la Science doit publier, et je ne considère pas non plus que ce que vous avez fait signe la fin de la civilisation que nous connaissons." [1016896740]

L'énervement devint tellement hors de contrôle que Tom Crowley, de l'université de Duke, intervint : "Je suis préoccupé par le ton enflammé de certains messages qui ont circulé dernièrement… Je pense que vous êtes tous des gens raisonnables et de très bons scientifiques et qu'il est temps de fumer le calumet de la paix sur toute cette affaire et déclarer un moratoire provisoire sur les mails jusqu'à ce que les esprits s'appaisent."[1018623296]

Mann répondit, dans sa plus belle imitation de Don Corleone : "Tout ça concerne la science, il n'y a rien de personnel."[1018647333] Si c'est de cette manière que discutent les membres du CRU entre eux, on comprend que les sceptiques soient traités encore plus rudement.

Après 1960 les données des cernes
indiquent une baisse des températures,
tandis que d'autres ensembles de
données montrent une augmentation

Une des préoccupations de Briffa au sujet de la crosse de hockey de Mann est que certaines des données de cernes d'arbre – sa spécialité – ne collent pas bien avec d'autres séries, donc soit Mann les supprime (dans certaines versions de la crosse de hockey) soit change leur pondération statistique dans sa synthèse globale pour minimiser les résultats anormaux dans les données brutes. Ceci est d'ailleurs à l'origine du message de Phil Jones "masquer le déclin" ; après 1960 les données des cernes indiquent une baisse des températures, tandis que d'autres ensembles de données montrent une augmentation. (Ceci est une des nombreuses sources d'intenses controverses au sujet des reconstructions de température.) La méthode de Jones et Mann pourrait être défendable, mais elle est pour le moins problématique.

À compter de 2003, deux Canadiens aux manières feutrées, l'ingénieur retraité Stephen McIntyre et l'économiste Ross McKitrick de l'Université de Guelph, ont commencé à faire du bruit sur de sérieux problèmes affectant l'emblématique crosse de hockey de l'époque. Le différend entre McIntyre, McKitrick (M / M tels qu'ils sont connus dans le jargon de la climatologie) et l'équipe de hockey était très technique, impliquant des méthodes avancées de sélection des données et l'analyse statistique presque impossibles à suivre pour un profane. Mais un point essentiel était l'accès aux données brutes originales et aux codes informatiques complets utilisés par Mann et le CRU, au lieu des données ajustées études finales.

Pour prolonger la comparaison sportive, Mann et l'équipe de hockey ont répondu par l'équivalent scientifique de la tactique de l'encerclement-blocage. Ce sont les demandes de données brutes et des codes informatiques de McIntyre qui ont déclenché les nombreux mails de Jones et d'autres membres du CRU sur la manière de "se cacher" derrière des arguties administratifs pour refuser les demandes d'accès aux informations (le Freedom of Information Act ou FOIA) ou même de détruire des données, des codes et des emails pour contrecarrer McIntyre. Avant cela, la plupart des plaintes au sujet de ceux extérieurs au cercle du ClimateGate concernent des sceptiques bien connus tels que Patrick Michaels de l'Université de Virginie, Fred Singer, Richard Lindzen du MIT, et des rédacteurs de journaux scientifiques qui ne suivent pas la ligne. Après 2003, l'équipe du CRU est devenue obsédée par McIntyre bien plus que par tout autre. Celui-ci est évoqué dans 105 des emails par son nom (dans quelques autres, il est désigné par "un certain canadien"), généralement sur un ton de ressentiment et de mépris.

McIntyre n'est pas un initié des sciences du climat et n'a pas publié d'articles dans des revues à comité de lecture que l'équipe de hockey contrôle étroitement. C'est un amateur, expert en mathématiques, avec un vrai bilan de découvreur de statistiques douteuses dans le monde du business. McIntyre, qui a passé des décennies dans l'exploration minérale, a contribué à dénoncer la fraude Bre-X au Canada il y a des années. Bre-X était une société d'exploitation aurifère promettant de plantureux bénéfices grâce à une nouvelle technologie brevetée pour l'exploitation de gisements de minerais à Bornéo ; McIntyre sentait un rat et a exigé des données brutes. Bre-X s'effondra peu après. Et McIntyre a marqué un coup majeur contre le chef de file des alarmistes climatiques, Hansen de la NASA, par la découverte d'importantes erreurs de surestimation dans la reconstruction de température du 20e siècle. (L'Institut Goddard de la NASA a publiquement remercié McIntyre, pour avoir repéré ses erreurs, même si c'était sans nul doute du bout de lèvres grimaçantes). L'obsession des hockeyeurs pour McIntyre semble hors proportions s'il n'y avait rien d'anormal dans leur travail.

On peut placer encore moins de confiance
dans les conclusions originales de Mann
et al. (1999) que "les années 1990 sont
probablement la décennie la plus chaude
et 1998 l'année la plus chaude depuis au
moins un millénaire".
NAS 2006

McIntyre et McKitrick ont peut-être commis des erreurs dans leur critique de la crosse de hockey – les accusations et les contre-accusations sont difficiles à trancher pour les non-spécialistes – mais ils étaient suffisamment convaincants pour que la National Academy of Sciences nomme un comité d'experts pour examiner le différend. La NAS a rendu ses conclusions en 2006, et le texte était dans un langage suffisamment diplomatique et équivoque pour que Mann et les médias puissent clamer que la crosse de hockey a fait ses preuves. Mais une lecture attentive montre que le rapport de la NAS a dévasté la crosse de hockey. Alors que la NAS a déclaré que la reconstruction de la crosse de hockey était une représentation plausible du réchauffement du 20ème siècle, le rapport poursuit en déclarant clairement que

Des incertitudes importantes actuellement présentes dans l'évaluation quantitative des modifications de la température de surface à large échelle avant l'an 1600 amoindrissent notre confiance dans les conclusions par rapport au niveau élevé de confiance que nous avons dans le refroidissement du Petit âge glaciaire et dans le réchauffement du 20ème siècle. On peut placer encore moins de confiance dans les conclusions originales de Mann et al. (1999) que "les années 1990 sont probablement la décennie la plus chaude et 1998 l'année la plus chaude depuis au moins un millénaire."

Un des membres du comité de NAS, le physicien Kurt Cuffey de l'Université de Californie, a été plus direct dans ses remarques à la revue Science : "Le GIEC a utilisé [la crosse de hockey] en tant que visuel majeur dans son rapport [de 2001]. Je pense que cela a envoyé un message très trompeur sur l'état d'avancement de la recherche scientifique sur ce sujet." La crosse hockey de Mann, une pièce maîtresse du rapport du GIEC 2001, ne figurait pas dans le rapport du GIEC 2007.

Le rapport de la NAS, il convient d'ajouter, inclut une réprimande implicite adressée à Mann et ses collègues pour leur réticence à partager leurs données avec d'autres chercheurs :

Le comité reconnaît que l'accès aux données de recherche est un problème complexe et propre à chaque discipline, et que l'accès aux modèles informatiques et aux méthodes est particulièrement difficile parce que les droits de propriété intellectuelle doivent être pris en considération. Notre opinion est que la recherche bénéficiera de l'accès complet et transparent aux données publiées et qu'une explication claire des méthodes d'analyse est obligatoire. Le comité de lecture devrait avoir accès aux informations nécessaires pour reproduire les résultats publiés, afin que la confiance accrue dans les résultats de l'étude puisse s'établir à l'intérieur et à l'extérieur de la communauté scientifique.

En dépit de ces critiques et reproches de la NAS, l'équipe de hockey du CRU continue de refuser jusqu'à ce mois-ci de partager ses données brutes et des codes informatiques avec McIntyre et McKitrick ou avec quiconque. Mann a continué à insister que la période chaude médiévale a été surestimée, et continue de produire plus de nouvelles crosses de hockey que la NHL [la Ligue Nationale de Hockey sur glace] (il a publié une autre cette semaine dans la revue Science). Quelques courriels compromettants du tas suggèrent aux membres du cercle de supprimer les emails liés à leurs travaux relatifs au rapport du GIEC pour les protéger contre des demandes d'information FOIA (ce qui est éventuellement illégal) et, selon l'un des emails de Jones, de détruire même les données brutes dans la perspective d'une demande de FOIA réussie. Jones écrit à Mann dans un message de 205 : "ne laissez pas traîner des choses sur les serveurs FTP – vous ne savez jamais qui est en train de les ratisser. Les deux MM [McIntyre et McKitrick] sont à la recherche des données des stations du CRU depuis des années. Si jamais, ils étaient au courant de l'existence du FOIA (Freedom of Information Act) au Royaume-Uni, je crois que je vais supprimer le fichier plutôt que de l'envoyer à qui que ce soit."[1107454306] Jones affirme aujourd'hui qu'aucun email a été supprimé, mais il aura besoin d'expliquer son message du 3 décembre 2008 à Ben Santer – un chercheur spécialiste du climat au Lawrence Livermore National Laboratory – à propos d'une nouvelle demande de FOIA de McIntyre: "Je suis censé fouiller dans mes e-mails pour qu'il puisse obtenir tout ce que j'ai écrit sur lui. Il y a environ 2 mois, j'ai supprimé un tas d'emails, donc il m'en reste très peu – voire rien du tout."[1228330629]

Sous la pression du ClimateGate, le CRU a finalement accepté de publier ses données brutes et ses codes informatiques. Mais maintenant, nous apprenons que certaines des données brutes ont été perdues, et tandis qu'on devrait demander à Jones des questions embarrassantes pour savoir s'il avait mis à exécution ses menaces de suppression des données, il est possible que les données aient été perdues par négligence pure et simple. Le document le plus dévastateur dans les lettres du CRU pourait ne pas être les emails embarrassants qui ont attiré le plus l'attention du public, mais les notes détaillées d'un programmeur du CRU, Ian "Harry" Harris, qui avait pour mission de clarifier le traitement des données brutes et de trier les fichiers informatiques.

Le fichier HARRY_READ_ME.txt, long de plus de 100.000 mots, brosse un tableau de négligence dans le traitement des données qui aurait entraîné le licenciement de n'importe quel chercheur du secteur privé. Parmi les nombreux points accablants trouvés dans le récit de Harris, on trouve des exemples supplémentaires de "cacher la baisse", comme "Spécifier une période pour appliquer les régressions (s'arrêter en 1940 pour éviter la baisse)" et "Appliquer une correction très artificielle au déclin !". Pire encore sont les notes de Harris au sujet de données mal codés (ou des données sans codes du tout), de sous-programmes qui ne fonctionnent pas et le chaos quasi-total : "Je suis vraiment désolé d'annoncer que le reste des bases de données semble être en presque aussi piteux état que pour l'Australie… Aarrggghhh ! Il n'y a vraiment pas de fin en vue… Suis-je le premier à tenter d'obtenir les bases de données du CRU en ordre de marche ?!… ". Encore et encore se défile le catalogue des bogues logiciels et des horreurs dans les données trouvées par Harris. Enfin, ceci: "OH P.TAIN. C'est dimanche soir, j'ai travaillé tout le week-end, et au moment où je pensais que c'était terminé, je me cogne encore un autre problème dû à l'état désespéré de nos bases de données. Il n'y a aucune intégrité uniforme des données, c'est juste un catalogue de problèmes qui ne cesse de grossir au fur et à mesure qu'on les trouve."

Aucune entreprise pharmaceutique ne pourrait passer à travers les processus d'approbation de la FDA avec une attitude aussi cavalière vis à vis des données et pourtant, la politique climatique aux coûts prévus de milliards de dollars pour l'économie mondiale se base en partie sur ce genre d'incompétence. Pire encore, elle suggère qu'il est possible que le cercle du CRU pourrait ne pas être en mesure de reproduire ses propres conclusions, et ne parlons même d'auditeurs extérieurs. Pas étonnant que Mann continue de sortir de nouvelles versions de sa crosse de hockey.

Mais la frustration du malheureux Harris souligne un problème plus fondamental : la politisation extrême des sciences du climat que cet épisode révèle découragera les meilleurs jeunes diplômés d'y rentrer. Judith Curry, président de la School of Earth and Atmospheric Sciences de Georgia Tech – pas une climato-sceptique pour le moins du monde – a publié en ligne une lettre qu'elle avait reçue d'une étudiante de troisième cycle qui se demande si elle doit ou non intégrer les sciences du climat : "Je suis une jeune chercheuse spécialiste du climat (viens d'obtenir ma maîtrise…) et ai été très troublée par la divulgation des emails du CRU… Le contenu de certains des emails m'ont fait littéralement m'arrêter et m'interroger sur le bienfodé d'une poursuite de ma demande pour un PhD pour l'automne 2010 dans cette science." Les scientifiques de grandes universités m'ont dit en privé depuis plusieurs années maintenant que leurs meilleurs étudiants en cycles supérieurs évitent la climatologie parce qu'ils détestent la façon dont elle est devenue politisée et considèrent qu'il s'agit d'une discipline dans une impasse. Malheureusement, cela signifie que beaucoup d'étudiants qui adoptent la discipline sont de deuxième classe ou le font par motivation idéologique, ce qui garantit que le scandale du CRU ne sera pas le dernier.

Le scandale du CRU n'est que la pointe d'un iceberg non fondu de la science politisée, bien que les sciences dites "dures" jusqu'à récemment sont généralement perçues comme immunes (ou du moins résistantes) au biais de gauche et au politiquement correct au sein des universités. Certains scientifiques ne cachent même pas leur orientation à gauche. En 2004, le généticien Richard Lewontin de Harvard a écrit dans le New York Review of Books : "La plupart des scientifiques sont, au minimum, à gauche, bien qu'il ne soit nullement évident pourquoi cela devrait en être ainsi. Bien que tous les biologistes moléculaires de ma connaissance soient actionnaires ou conseillers d'entreprises de biotechnologie, la controverse politique principale au sein la communauté scientifique semble être de savoir s'il est sage de voter pour Ralph Nader" [ndt politicien écologiste américain]. Kerry Emanuel du MIT, qui appartient pourtant à la science climatologique "dominante" (Al Gore fait référence à ses travaux et dans l'un de ses livres, Emanuel se réfère au sénateur James Inhofe comme un "analphabète en science" et aux sceptiques climatiques comme des "refusards"), offre néanmoins cet avertissement à ses collègues :

"Les scientifiques sont plus efficaces quand ils fournissent des conseils sains et impartiaux, mais leur réputation d'impartialité est sérieusement compromise par l'absence choquante de diversité politique dans le milieu universitaire américain, qui souffre de cette sorte de conformisme qui se développe dans des cultures cloîtrées. Tant que cette uniformité intellectuelle profonde et bien documentée ne change, les scientifiques seront soupçonnées d'être des éléments d'un cercle de réflexion de gauche."

Peut-être l'email le plus accablant du cercle du CRU est ce message de juillet 2005 de Phil Jones à John Christy, climatologue de l'Université de l'Alabama : "Comme vous le savez, je ne suis pas politique. Au pire, je voudrais voir les changements climatiques se produire, pour prouver que la science serait juste, peu importe les conséquences. Ce n'est pas être politique, c'est être égoïste."[1051638938] L'attitude de Jones pourrait ne pas être exactement politique, mais ce n'est certainement pas scientifique. Le déni du rôle du biais politique [ndt dans la recherche] est difficile à concilier avec les emails qui révèlent que plusieurs de ces scientifiques ont travaillé en étroite collaboration en coulisse avec des groupes d'activistes alarmistes tels que Greenpeace qui mérite vraiment d'être rejetés par des scientifiques sérieux.

"Au pire, je voudrais voir les
changements climatiques se
produire, pour prouver que
la science serait juste, peu
importe les conséquence"
Phil Jone, ex directeur du CRU

Le volume de matériel de la fuite du CRU est tel qu'il pourrait se passer des mois avant que toutes ses implications pour la science du climat puissent être mises au clair. Mais quelques conclusions préliminaires peuvent être tirées.

Premièrement, nous ne savons toujours pas si l'Optimum Médiéval a été comparable, voire beaucoup plus chaud que la période actuelle, et nous ne le saurons probablement jamais avec confiance. Ainsi, la validation ou l'amélioration des modèles climatiques actuels devrait aller de l'avant sans cette pièce du puzzle. Ensuite, une lecture attentive de l'archive complète des emails permet de faire certaines distinctions au sein du cercle du CRU. Michael Mann, Phil Jones, et Ben Santer de Lawrence Livermore semblent incontestablement être les mauvais gars (c'était Santer qui a déclaré qu'il était "très tenté de tabasser" le sceptique Pat Michaels).[1255100876] D'autres membres du cercle, tels que Keith Briffa, Tom Wigley et Mike Hulme, semblent beaucoup plus scrupuleux dans le traitement des données, les incertitudes, et les conclusions qu'ils publient. Kevin Trenberth, un scientifique du Centre national de recherche atmosphérique et un des principaux contributeurs du GIEC, se situe quelque part au milieu, écrivant récemment, par exemple, "Le fait est que nous ne pouvons pas expliquer l'absence d'un réchauffement pour le moment [depuis 1998], et c'est ridicule que nous n'y arrivions pas".[1255523796] Mais Jones a également laissé entrevoir dans un email que lui et Trenberth veilleront à écarter les résultats de recherches climatiques contrariants du GIEC, "même si nous devons redéfinir ce qu'est la publication soumise à la relecture par les pairs !"[1089318616]

La distinction entre des scientifiques totalement politisés comme Jones, Mann et James Hansen de la NASA et d'autres scientifiques plus sobres a été brouillée par les médias et les militants du climat depuis longtemps. Par conséquent, les lettres du CRU jetteront une ombre sur toute la discipline. Il ne fait aucun doute que ce genre de corruption se trouve dans d'autres foyers des sciences du climat, mais il y a aussi beaucoup de scientifiques impartiaux qui essayent de faire un travail important et précieux. Les alarmistes climatiques et leurs chambres d'échos dans les médias sont friands d'alertes de "seuils" de désastre, mais, ironiquement, cet épisode pourrait représenter un seuil de basculement contre les alarmistes. Le plus grand danger pour la science du climat n'a pas tant été les contre-arguments des sceptiques que les dommages infligés par la communauté écologiste à sa propre cause par ses exagérations.

Le changement climatique est un phénomène réel et il existe un risque non négligeable de conséquences majeures dans le futur. Pourtant, l'hystérie des militants du réchauffement planétaire et leur activisme monomaniaque pour promouvoir des politiques aux coûts absurdes de réduction de combustibles fossiles ont conduit à une impasse politique qui deviendra encore plus évident avec l'effondrement imminent du processus de Kyoto-Copenhague. Je m'attends depuis longtemps à ce que dans 20 et quelques années, nous considérions avec du recul l'hystérie climatique du tournant du siècle de la même façon que nous considérons maintenant l'hystérie de la bombe démographique de la fin des années 1960 et début 1970 : comme un phénomène dont l'ampleur et les effets ont été largement surestimés, et dont les solutions proposées sont aberrantes et souvent véritablement vicieuses (comme la stérilisation forcée de milliers d'Indiens mâles dans les années 1970, en grande partie financée par la Fondation Ford). Aujourd'hui, les militants climatiques veulent stériliser de force l'approvisionnement énergétique mondial, et jusqu'à récemment, ils semblaient avoir été à deux doigts de le faire. Mais avant même le ClimateGate, la campagne avait commencé à ressembler à une comédie musicale de Broadway restée trop longtemps à l'affiche, avec une audience déclinante et l'enthousiasme en baisse d'un public de plus en plus clairsemé. Quelqu'un se doit d'annoncer la mauvaise nouvelle aux acteurs que c'est l'heure de fermer le show de l'horreur climatique.

Source : Weekly Standard
Traduction par Ben, du blog Le Mythe Climatique

1.  Blanc Cassis | 12/12/2009 @ 7:30 Répondre à ce commentaire

Bravo pour le travail du traducteur et la qualité du contenu de l’article.

antoniosan (#2),
Cette vidéo est effrayante au sens ou l’esprit critique est interdit (ONU : nouvelle dictature mondiale ? ) mais intéressante au sens ou elle révèle un grand malaise au sein du GIEC.
———————————
Il est sidérant aussi de voir que les politiques qui négocient à Copenhague pinaillent autour d’une diminution de 2°C ou de 1,5°C, alors que je croyais qu’il fallait être encore plus inquiet sur le réchauffement climatique et ses conséquences.
Comment scientifiquement parlant, peut-on apprécier un delta de 0,5°C alors que l’on sait que les mesures sont disparates et entachées d’incertitudes graves tels que les appareils de mesure et leur environnement ainsi que leurs répartition à l’échelle planétaire.
En supposant que le GIEC ait raison, comment cet organisme va t-il contrôler les éventuels effets de la réduction de CO2 sur la température puisqu’ils défendent une équation simpliste qui est T°C= f(Vco2)
Il serait impératif que les climatologues sérieux définissent un système de mesure fiable et cohérent pour repartir sur des bases exemptes de toute contestation.
Autre question : comment va t-on contrôler le volume des émissions de carbone pour chaque Etat ?
Est-on capable techniquement de mesurer la balance carbone d’un investissement destiné à réduire les émissions de CO2 ?
Mon sentiment est qu’on est dans une très grave impasse, que le citoyen lambda est pris pour une bille, et que des intérêts politiques, financiers et scientifiques, divergents et convergents se mélangent.
De toute façon, ceux qui dirigent et décident aujourd’hui seront retraités ou décédés en 2020 ou plus, 2050, et personne ne pourra leur demander des comptes.

2.  Murps | 12/12/2009 @ 10:02 Répondre à ce commentaire

Il serait impératif que les climatologues sérieux définissent un système de mesure fiable et cohérent pour repartir sur des bases exemptes de toute contestation.

A mon avis ce n’est même pas possible actuellement…

Sinon, excellent article, vraiment.
smile

3.  Manu95 | 12/12/2009 @ 10:13 Répondre à ce commentaire

Murps (#2),

Je partage cet avis.

Il y a longtemps déjà que je me demande si vouloir établir une température moyenne globale de la basse atmosphère a même un sens.
Pour moi seules les températures locales représentent quelque chose de concret et ont un sens pour la météorologie.
Les températures mesurées par satellite devraient être la seule base de travail fiable pour toutes les études sur le climat global.

Le tripatouillage actuel des températures mesurées et des proxies pour tenter d’établir une température moyenne globale relève plus de l’art divinatoire que de la science.

4.  Electron | 12/12/2009 @ 10:13 Répondre à ce commentaire

Message urgent aux ouibemasseteurzes de skyfal

Arrêtez de publier ce genre d’article! Vous allez finir de ruiner notre bienfaisante presse écrite et consensuelle, déjà mal en point avec la crise! Vous n’avez vraiment pas de coeur, pensez un peu à tous ces pauvres journalistes au chômage smile

5.  florent76 | 12/12/2009 @ 11:08 Répondre à ce commentaire

Electron (#4), Je n’appelle plus ça des journalistes : la plupart ne sont que des commentateurs partiaux qui ont plus peur de perdre leur place que de faire leur travail.

Il ne faut pas chercher plus loin la lente érosion que subit le nombre de lecteur de la presse écrite.

6.  vincent | 12/12/2009 @ 11:43 Répondre à ce commentaire

Fantastique travail de traduction, messieurs (ou mesdames ?) de Skyfal. Chapeau bas. (et hop, dans la gazette du ClimateGate sur ob’lib’)

Sinon, ce Michael Mann, qui vient de lâcher Jones dans la presse de la façon la plus vile, est vraiment une parfaite ordure.

Si les gouvernements britanniques et américains faisaient leur boulot, c’est à dire une enquête policière pour escroquerie (tous ces gans récoltaient des fonds publics et privés), nul doute que tous ces gens se mettraient à table, que toutes les vieilles haines ressortiraient, et que des gens comme Briffa seraient soulagés de vider leur sac.

Faut il que la clique de Jones, Hansen et co soit protégée au plus haut niveau pour qu’il n’y ait toujours rien au niveau judiciaire !!

7.  Frédéric, admin skyfall | 12/12/2009 @ 11:43 Répondre à ce commentaire

Bonjour,
Il y a eu un léger bug, je n’ai publié que les 2/3 de la traduction. Le reste est à venir, et est bien plus croustillant encore !
C’est bien parmi un des meilleurs articles que j’ai pu lire.

8.  maurice | 12/12/2009 @ 11:52 Répondre à ce commentaire

sur c dans l’air d’hier, V.Courtillot n’a pas été trop véhement (mais a quand meme fait passer le message…) concernant sa requete au CRU d’obtenir les données de travail, qui lui a été refusée sous couvert de « confidentialité » ou du moins d’une clause de non divulgation imposée au CRU par ses sources.
Je ne suis pas familier des protocoles en vigueur dans la communauté scientifique donc je pose la question: est ce courant que des données somme toutes aussi importantes soit non communicables au sein de la communauté ?

9.  florent76 | 12/12/2009 @ 11:55 Répondre à ce commentaire

Merci pour cet article qui montre combien il y a bien plus grave dans ces mails que les commentaires qui en ont été fait en retirant tout cela du contexte. Bien plus que les mails seraient hors contexte puisqu’avec leur nombre considérable, ils forment un corpus, ce sont les commentaires journalistiques qui l’ont été jusque là et alors que tout n’avait pas été étudié…

Je ne cautionne pas la manière dont tout cela est sortit, mais à regarder dans les cuisines du GIEC, il n’y a pas grand chose de scientifique chez Mann. On se demandera plus tard comment ce chercheur a acquis une telle aura parmi ses pairs jusqu’à ce que l’élastique ne lâche comme on le voit ici…

10.  thierry_st_malo | 12/12/2009 @ 12:32 Répondre à ce commentaire

Dans mon propre blog, après une série de commentaires peu charitables ( et peu scientifiques, je le reconnais humblement ) sur le chapitre 6 dont la traduction en français a été publiée, j’avais écrit :
« Bon, je caricature, d’accord. Mais à votre avis… Tant que ça ? Vous comprenez, dans toute cette histoire ce qui m’exaspère n’est pas cette liste d’ « incertitudes majeures » qui au fond est plutôt à l’honneur de ses auteurs ; non, c’est qu’on ait essayé de nous faire croire, et qu’on essaie toujours de nous faire croire, que tout ce disent ces gens est prouvé ! Comme si les phénomènes climatiques n’étaient pas incroyablement complexes ! »
Je nétais pas si loin du compte, finalement…
En tous les cas, un grand merci au traducteur, et je vais publier le lien !

11.  lelynx | 12/12/2009 @ 12:33 Répondre à ce commentaire

J’ai aussi regardé Courtillot, hier soir sur c dans l’air.
Il a de la classe, il a refusé d’utiliser les emails du CRU car obtenus de manière illégale, il argumente uniquement sur des faits scientifiques.
Il a rendu hommage aux travaux de Jean Jouzel, mais celui ci n’a pas condamné les attaques de la presse dont il a été victime et que Courtillot a rappelées.

Une question: il a indiqué qu’il a refait le travail d’analyse des températures suite au refus de Jones de communiquer ses data. Ou peut on trouver les résultats de cette analyse?

12.  Ben | 12/12/2009 @ 12:50 Répondre à ce commentaire

(Frédéric est trop discret : il aurait dû préciser que c’est lui qui a traduit les 7 premiers paragraphes.)

13.  maurice | 12/12/2009 @ 12:59 Répondre à ce commentaire

lelynx (#11),

meme question et: il a dit NOUS avons refait. De qui parle t-il ?

14.  Myke | 12/12/2009 @ 13:34 Répondre à ce commentaire

maurice (#13),
D’après ce que j’ai compris, il s’agit d’une équipe de l’Institut de physique du globe, qu’il dirige.

15.  joletaxi | 12/12/2009 @ 14:31 Répondre à ce commentaire

Sur tous les plateaux ,tv, radio, on évoque le »trick » et on traduit cela comme une allusion à une astuce,à une trouvaille, pour résoudre un problème scientifique.Et de conclure:il n’y a rien que de plus normal, ce sont des controverses qui honorent les scientifiques.
J’ai remarqué, lorsque j’évoque ces émails en compagnie, que personne à nouveau ne comprend l’enjeu.En réalité, il faut avoir suivi sur les sites des conspirationnistes le « combat »,pour percevoir,une fois replacés dans le contexte,toute la signification des émails.
Une explication exhaustive,imparable comme toujours se trouve ici:
http://climateaudit.org/2009/1.....the-trick/

De partout surgissent des hypothèses farfelues sur les auteurs du « hacking »
Le chef de gare(Van Yperzeel est apparu à la tv belge avec une casquette de chef de gare pour le départ du train »climatique ».Dorénavant, je le nommerai de cette façon) déclarait que le lobby pétrolier, associé avec les sbires de l’ex-KGB, financés par les saoudiens, étaient responsables de cet acte criminel…
Sur le site de
http://noconsensus.wordpress.c...../#comments

après avoir apprécié la qualité du débat, des intervenants(Singer vous vendrait une épave),et surtout du présentateur qui a l’air de savoir de quoi il parle (pas comme Calvi qui est là juste pour servir la soupe à Jouzel),accordez une attention toute particulière au premier commentaire qui traite du « paradoxe d’Abilène »
Faites un petit rapprochement avec une des conclusions du rapport Wegman:
je cite de mémoire…la communauté des paléoclimatologues forment une « clique »(cela n’a pas en anglais la même signification péjorative qu’en français) restreinte de tout au plus une cinquantaine de personnes, qui se connaissent, qui participent de façon croisée à leurs travaux, qui relisent les uns les autres leurs travaux respectifs par le procédé du peerrewied et qui est étonnammet isolée du reste du monde scientifique.
Pas besoin de refaire le JamesBond n° 22,tout y est.

16.  Curieux | 12/12/2009 @ 14:32 Répondre à ce commentaire

Myke (#14),
Avec le « trick » de Mann ?

17.  yvesdemars | 12/12/2009 @ 14:36 Répondre à ce commentaire

Frédéric, admin skyfall (#7),

eh bien j’attends la suite avec impatience, ça va être « trop bon » comme dit ma fille, félicitations pour la traduction

18.  Myke | 12/12/2009 @ 15:03 Répondre à ce commentaire

Curieux (#16),
Vous voulez dire le « stick » ? ou la trique ?

19.  jean levant | 12/12/2009 @ 18:54 Répondre à ce commentaire

Article remarquable. Décidément, les anglo-saxons ont une longueur d’avance sur nous autres. Et dire que certains dans ce pays, et pas n’importe lesquels de ses citoyens, croient sérieusement être des leaders, quand ils ne sont que des ramasse-miettes ! Et le plus drôle est qu’ils semblent trouver des crédules du côté de Copenhague. Mais sans doute ces derniers font-ils semblant. On ne va tout de même pas gober les énormité de Pinocchio et Polichinelle.

20.  Bamboo | 12/12/2009 @ 19:57 Répondre à ce commentaire

lelynx (#11),

Courtillot présente ce qu’il a fait avec les données utilisées (Europe et USA) dans sa conférence donnée à Strasbourg.

La vidéo se trouve au lien suivant :

http://www.canalc2.tv/video.as.....8;idfiche=

21.  Blanc Cassis | 13/12/2009 @ 8:48 Répondre à ce commentaire

J’ai le profond sentiment que les sceptiques tournent en rond et que la machine GIEC ne s’arrêtera pas de si tôt.
Le MET organise une pétition de scientifiques pour soutenir le CRU.
Données et calculs climatiques = circulez, il n’y a rien à voir.
Interdiction de poser des questions techniques à Copenhague
ClimateGate est un coup du FSB Russe, appuyé par les pétroliers dont l’Arabie Saoudite
Les mails du CRU sont privés et ne regardent pas les commentateurs.
Al Gore est l’envoyé de Zeus, le nouveau Chronos des temps modernes, les autres sont dans la mythologie grecque ou romaine.
Les politiques sont capables d’apprécier à un demi degré près la température en 2020 et la baisse de CO2 dépendra des $ distribués, des bourses carbones et des taxes climatiques.
Les Chinois sont les leaders des pays pauvres qui ne peuvent pas polluer.
Etc….
Nous sommes loin de la SCIENCE et on nous fait patauger dans Ce cassoulet climato-écolo-politico financier.
Je ne vois qu’une solution , c’est une pétition Française, voire Mondiale pour demander un audit des données du GIEC, la transparence sur le climat car c’est un Bien Commun et Public, me semble t-il.

22.  Volauvent | 13/12/2009 @ 9:16 Répondre à ce commentaire

Blanc Cassis (#21),

Il y a déjà eu des tonnes de pétition sans effet; je pense que le plus efficace est de laisser-ou aider- la presse anglo-saxonne faire son boulot; elle semble le faire très bien. (voir le daily mail de dimanche). C’est par les media que tout cela est arrivé, seuls les media peuvent le déconstruire.
Pour la remise en cause scientifique, je serais assez optimiste. Pour les politiques, ils vont retomber sur leur pied, en transformant tout ceci en une affire de relation et d’aide Nord-Sud. Pour les media, pas de problème, je leur fais confiance pour retomber sur leur pied.
Par contre, il y aura deux victimes: la crédibilité de la science et la confiance dans le progès technologique, et la crédibilité de l’ONU, mise à mal déjà par les scandales précédents. Or je suis persuadé que nous avons besoin d’une gouvernance mondiale. La difficulté est de l’établir avec des règles démocratiques.

23.  maurice | 13/12/2009 @ 9:24 Répondre à ce commentaire

Pour les media, pas de problème, je leur fais confiance pour retomber sur leur pied.

pas en France tant que les medias seront des militants à la botte du giec

24.  scaletrans | 13/12/2009 @ 9:31 Répondre à ce commentaire

Volauvent (#22),

Or je suis persuadé que nous avons besoin d’une gouvernance mondiale. La difficulté est de l’établir avec des règles démocratiques.

Vous rêvez mon bon ami. Alors que l’Europe est incapable de se faire selon des règles démocratiques (« vous avez mal voté, on va vous faire revoter »… etc.), comment pouvez-vous imaginer qu’un gouvernement mondial puisse s’établir sans être une dictature comme le monde n’en a jamais connu ? D’autant plus que c’est ce que certains désirent !

25.  jeff hersson | 13/12/2009 @ 9:42 Répondre à ce commentaire

scaletrans (#24), Quelle « coloration » aurait ce gouvernement mondial, qui plus est ?

J’ai eu l’immense joie, il y a vingt ans, d’assister « en direct » à la chute du bloc communiste et de l’URSS…Je suis mortifié, actuellement, d’assister, impuissant, à la création d’un nouveau « monstre », l’Union européenne…J’ai l’impression de me rapprocher du monde glauque décrit par Stephen King/Richard Brachman dans son roman « the running man »…Ce qui me console, c’est que lorsqu’on étudie attentivement l’histoire de l’Humanité, on se rend compte que TOUTES, absolument TOUTES les tentatives d’Empire du même genre ont fini par s’écrouler. Ce qui me navre, c’est que je ne serai sans doute plus de ce monde pour voir l’effondrement de celui-ci…

26.  scaletrans | 13/12/2009 @ 9:46 Répondre à ce commentaire

jeff hersson (#25),

Allons, vous êtes jeune ! Mais j’avoue être assez pessimiste moi-même.

27.  Manu95 | 13/12/2009 @ 10:07 Répondre à ce commentaire

joletaxi (#15),

Dans le second lien, il est question du paradoxe d’Abilène, mais cela ressemble furieusement à la Pensée de groupe (groupthink), dont on reconnaît tous les symptômes dans l’attitude des membres du CRU et affiliés

Les huit symptômes de la pensée de groupe :

1. L’illusion de l’invulnérabilité : lorsque les groupes se croient intouchables, ils ont tendance à réprimer la dissidence ;
2. La croyance en la supériorité morale du groupe : lorsqu’un groupe pense qu’il est moral, il a tendance à ignorer sa propre immoralité ;
3. La rationalisation : un groupe est plus soudé lorsqu’il justifie collectivement ses actions ;
4. La transformation de l’opposant en stéréotype : lorsqu’un opposant est considéré avec partialité ou avec des préjugés, les affirmations qui contredisent les convictions du groupe sont ignorées ;
5. La pression de la conformité : une forte pression est exercée sur les individus pour qu’ils s’alignent sur la volonté du groupe et pour qu’ils ne soient pas en désaccord avec lui, sinon ils sont ostracisés, c’est-à-dire écartés des débats, voire sanctionnés ou expulsés ;
6. L’autocensure : les membres du groupe préfèrent garder leurs opinions divergentes pour eux, plutôt que de déserter le navire ;
7. L’illusion de l’unanimité : les dissensions internes sont cachées au groupe. Ainsi, elles semblent inexistantes ;
8. Les gardiens de la pensée : certains membres du groupe s’engagent activement à protéger le groupe de toute dissidence ou information contraire.

Wicked Pedia : Pensée de groupe et plus complet en anglais

29.  joletaxi | 13/12/2009 @ 10:48 Répondre à ce commentaire

@Manbu
Dans quelques années les sociologues publieront sur le paradoxe de Copenhague

30.  Araucan | 13/12/2009 @ 10:54 Répondre à ce commentaire

Manu95 (#27),

Cela s’applique plutôt bien, je trouve ….

31.  Myke | 13/12/2009 @ 11:33 Répondre à ce commentaire

jeff hersson (#25),
Vous avez bien raison. Le tout premier exemple d’effondrement se trouve dans l’Ancien testament (Genèse, 11) ; la parabole de la tour de Babel va plus loin qu’on ne pense.

32.  joletaxi | 13/12/2009 @ 11:48 Répondre à ce commentaire

@Araucan
j’ai trouvé cela par hasard.Cela m’a tout de suite rappelé le passage du rapport de Wegman.
C’est tellement évident…et dramatique,que cela fait froid dans le dos.Imaginer que des décisions aussi cruciales se prennent sur des dérives aussi « puériles »
J’avais eu ce sentiment pendant mon passage à l’armée,que contrairement à ce que l’on nous « fait » penser, une guerre est toujours possible.

33.  Araucan | 13/12/2009 @ 13:26 Répondre à ce commentaire

joletaxi (#32),

Ce genre de phénomène (paradoxe d’Abilène) peut intervenir lorsque le fait de montrer son désaccord peut entrainer :
-l’exclusion du groupe, perçu comme protecteur ou comme d’un intérêt supérieur à la somme des avis de ses membres (l’existence du groupe même imparfait est jugé préférable à un conflit ouvert),
– le risque d’ouvrir d’autres conflits à l’intérieur du groupe et de menacer son existence,
– de mettre en évidence des inégalités ou des non-dits accumulés à l’intérieur du groupe,
– de mettre en péril l’identité du groupe, sa reconnaissance vis-à-vis de l’extérieur
– d’entrer en conflit avec un plusieurs membres du groupe et de menacer sa propre situation à l’intérieur du groupe, notamment si le conflit se fait avec des membres influents du groupe.

En gros, le groupe risque sa déstabilisation, interne et externe : elle est intériorisée par rapport à ce risque, d’où le fait que personne ne dit rien tout haut.

Les scientifiques se définissent ou sont définis par la notion de communauté (règles communes, sujet commun, système commun, identité – on est un Chercheur ou un Scientifique-) par rapport au reste des autres groupes.
Le système est profondément inégalitaire, d’autant que la méritocratie interne dépend à la fois du positionnement au groupe ou de ses sous-groupes, du sujet traité et de la capacité à développer des relations à l’extérieur pour sa reconnaissance ou celle du sujet concerné ainsi que des financements obtenus. Si vous travaillez sur un sujet moins tendance, cela peut être frustrant, malgré toute la légitimité de votre travail : imaginez que votre travail porte sur la sociologie et l’économie du ramassage de champignons dans le Massif central et le Sud Ouest (je ne rigole pas) : il y a une légitimité (nombre de personnes concernées, conflits d’usage, filière industrielle derrière, poids des revenus complémentaires dans les budgets des ménages) mais hors ceux qui vous ont financé votre étude, à l’extérieur, vous n’avez rien pour accrocher, sauf peut-être à faire une avancée conceptuelle forte (mais ce n’est pas donné à tout le monde et ce sera juste à l’intérieur du groupe de scientifiques tournant autour du même type de sujets).
L’avantage du RCA (et de la pollution en général), c’est que cela permet plus facilement de se raccrocher à la mode du moment et d’accéder à la médiatisation, en permettant aux journalistes d’avoir des titres accrocheurs et de devenir visibles aux yeux des politiques. Un modèle prédictif en sus ne nuit pas.
Si vous travaillez sur un élément chimique donné, c’est mieux s’il (un de ses composants) peut être considéré comme un polluant …

En cas d’états d’âme, si vous êtes assez fort, vous quittez le groupe ou vous vous opposez à lui publiquement. Vous pouvez jouer aussi les mouches du coche de l’intérieur (situation pas toujours aisée) ou organiser la résistance de l’intérieur (mais cela demande du temps ou de l’énergie). Dans beaucoup de cas lorsque l’on monte dans le système, l’on devient moins critique…
Beaucoup de ces aspects ne sont pas spécifiques à la communauté scientifique en soi, mais à la différence, cette communauté a une image, qu’elle entretient, de probité, de promotion du mérite, d’auto-évaluation, d’indépendance vis-à-vis du politique ou des lobbyies, d’objectivité et de non-engagement par rapport aux basses contingences matérielles auxquelles les autres sont confrontés.

Que montrent l’ensemble des mails (ils valent parce qu’ils sont pris en bloc) ?
Que cette représentation n’est pas valide et que les scientifiques sont comme les autres : ils défendent leur pré carré et leur survie, parfais en étant éthique parfois non et qu’il est difficile de séparer le politique du reste, surtout lorsque le sujet est devenu politique. Sauf que la place des avis scientifiques dans la société occidentale et le système international est d’un poids énorme. Que n’a-t-on vu de disciplines se raccrocher au RCA en se prévalant de la logique propre au RCA : puits ou sources de carbone (pédologie, agronomie, foresterie, spécialistes des algues,…), évaluation des impacts ( médecine, économie, démographie …), technologies diverses … C’est l’avantage du RCA que beaucoup peuvent s’y raccrocher et même trouver des soutiens dans la société civile (ONG, entreprises, groupes d’intérêts divers, etc ….)

Venir avec des idées divergentes (justifiées ou non) remet en cause cette bulle d’intérêts convergents (pas seulement financiers, mais sociaux aussi) et l’idée cachée, que le traitement de la question RCA, même s’il n’est pas avéré, ne fait de mal, va dans le bon sens face à une société qui globalement n’est pas perçue comme allant très bien, au quotidien comme en bloc (effet accentué par les groupes de pression intéressés) et permet de justifier (individuellement) l’adhésion à la bulle.
Sauf que les remèdes nécessaires, on les détermine par rapport au problème, pas parce qu’ils pourraient peut-être être intellectuellement satisfaisants, répondre à un autre problème ou politiquement corrects. Tout dépend combien de temps cette contradiction interne tiendra …

34.  joletaxi | 13/12/2009 @ 14:25 Répondre à ce commentaire

@Araucan

vous n’êtes pas en train de nous faire une confession là?

Votre analyse confirme ma conviction,il s’agit d’un acteur interne au groupe.Vous avez lu le rapport Wegman,et surtout son analyse sociologique?

35.  Araucan | 13/12/2009 @ 15:09 Répondre à ce commentaire

joletaxi (#34),

Non, non mais je suis souvent en relations professionnelles avec des scientifiques, j’ai vu évoluer des programmes de recherche et fonctionner des groupes d’experts. J’y ai quelques amis aussi (ce qui permet des discussions en profondeur), plutôt du coté des non bélants en général, c’est plus intéressant parce que vous avez la tendance, les nouvelles idées, qui dit quoi ET les discussions autour.

36.  Araucan | 13/12/2009 @ 15:12 Répondre à ce commentaire

joletaxi (#34),

Non, il faut que je me l’imprime !

37.  Araucan | 13/12/2009 @ 15:24 Répondre à ce commentaire

Discussion au MIT sur le Climategate avec Lindzen

http://mitworld.mit.edu/video/730

38.  Araucan | 13/12/2009 @ 15:50 Répondre à ce commentaire

Si quelqu’un pouvait transcrire ce que dit Lindzen (au moins en anglais)…ensuite on traduirait !

39.  evrard | 13/12/2009 @ 17:02 Répondre à ce commentaire

Excellent article, beau travail.

Mais ce qui m’inquiète c’est que pour toute la presse française et beaucoup de scientifiques proGiec, ce ClimateGate est un coup monté.
L’affaire sera vite étouffée par d’autres beaucoup plus importantes pour la presse, puis il y aura les élections régionales.
Aucun accord ne sera conclu à COpenhague, mais ce sommet affermira les dirigeants à nous assomer de nouvelles taxes, pour limiter les émissions de carbone.

Et on ne peut rien y faire puisque lorsqu’on parle de cette affaire, on se fait traiter de négationiste.

40.  Volauvent | 13/12/2009 @ 17:14 Répondre à ce commentaire

jeff hersson (#25),

jeff hersson (#25),

J’aime mieux rêver que cauchemarder. Si les tenants de la démocratie ne s’en occupent pas, de cette gouvernance mondiale, c’est Greenpeace qui la fera. Ou peut être on sera sous le régime des triades avec les mafias russes et chinoises…
Je connais bien les problèmes de l’Union européenne et le chemin qui reste à accomplir pour qu’elle soit véritablement démocratique. Mais il ne faut pas tout jeter; c’est la France qui a le plus à gagner dans l’UE; l’Allemagne et ses pays d’influence n’ont besoin de personne pour s’en sortir. Et si on regarde comment fonctionnent les Etats Unis au niveau Fédéral, c’est tout aussi merdique.
Mais on s’éloigne de notre sujet.

41.  thierry_st_malo | 13/12/2009 @ 17:39 Répondre à ce commentaire

Araucan (#37),
Très-très mauvaise impression, il faut bien l’avouer ; d’abord le Monsieur-au-costard-à-carreaux a l’air très mal à l’aise, ensuite à quoi servent ces intégrales doubles à la con qui sont au tableau, sauf à faire « scientifique » ?
P.S : Pardon d’avoir mauvais esprit. Je l’avoue à ma honte, je n’ai pas regardé plus de deux minutes ( la faute aux intégrales doubles ).

42.  Araucan | 13/12/2009 @ 18:26 Répondre à ce commentaire

thierry_st_malo (#41),

Eh bien vous loupez quelque chose. C’est un très bon débat, il faut passer l’intro par le président du débat (qui n’intervient quasiment plus après) : au moins écouter Lindzen (très compréhensible), la dame et le Giecien de service (cheveux blancs). Toutes les sensibilités sont représentées et personne ne se coupe ! Bon c’est de l’anglais et il faut se concentrer !
NB : le MIT c’est une université de sciences et technologies et pas la moindre ! Sinon ils n’ont pas essuyé le tableau, c’est tout … Les intégrales n’ont jamais mangé personne !

43.  Woody | 13/12/2009 @ 18:49 Répondre à ce commentaire

Araucan (#28),

C dans l’air, C maintenant sur Dailymotion :

1re partie | 2e partie | 3e partie | 4e partie

44.  Frédéric, admin skyfall | 13/12/2009 @ 19:20 Répondre à ce commentaire

Merci Woody, j’ai regardé le débat, intéressant.
Je l’ai chargé sur Sevenload, en un seul segment. Je le posterai dans un billet.
Sur DailyMotion, ce n’est pas très fiable, j’ai déjà eu des vidéos supprimées sans raison.

45.  joletaxi | 13/12/2009 @ 19:25 Répondre à ce commentaire

@42 Araucan
effectivement,très bon débat et très instructif.
J’en reste aussi perplexe qu’après l’intervention de Mr.Mestre.
Lors de l’introduction,Lintzen a exposé sans ambage le problème.Qu’un phd vienne soutenir la thèse d’un complot des industriels dans un débat de ce genre est choquant.
Qu’un autre phd ne trouve rien d’anormal,sinon sur la forme, au comportement des gens impliqués devient préoccupant.Que finalement, en conclusion, toute cette affaire soit politique,et affaire de conflits d’intérêts,on l’avait comprisJ’ai bien aimé l’attaque sur la politique de l’éducation de Obhama.
A la réflexion, ces gens,à part Lintzen,devraient relire le paradoxe d’Abilène….

46.  joletaxi | 13/12/2009 @ 19:33 Répondre à ce commentaire

Et aussi,l’intervention du jeune étudiant faisant le parallèle avec la guerre d’Irak,qu’ils ont d’abord fait semblant de ne pas comprendre.

47.  joletaxi | 13/12/2009 @ 19:36 Répondre à ce commentaire

@Araucan

avez-vous regardé le débat avec Singer ici?
http://noconsensus.wordpress.c.....us-debate/

Ne se pourrait-il pas que nous nous laissions « bercer » dans nos illusions par des « vieux sages » investis par leur apparence d’une autorité morale et scientifique?

48.  jmr | 13/12/2009 @ 19:47 Répondre à ce commentaire

A verser au dossier des c…ies bien senties (il faudrait une rubrique spéciale sur Skyfal) cette analyse (si on peut appeler ça comme ça) :

Le climategate ? Un complot des pétroliers tout simplement dit cette dit dame du CNRS sur Rue89 qui présente les premiers éléments sur l’origine des fuites.

« Cela confirme bien que ce sont des gens pour qui réduire les émissions, consommer moins de pétrole ou de gaz, ne convient pas… », décortique Amy Dahan, historienne et sociologue des sciences, qui étudie depuis 2002 le monde des climatologues et le fonctionnement du Giec.

49.  Araucan | 13/12/2009 @ 20:12 Répondre à ce commentaire

joletaxi (#47),

Not yet !

Sur le débat, aucune question n’est rejetée… Mais des questions j’ai plus retenu l’inquiétude des gens par rapport au Climategate. La chercheuse montrait bien les limites ou les difficultés entre sciences et politique.

Sur les vieux sages, il en faut ! (Et parfois les supporter aussi )
Ils ont le droit aussi d’avoir leur opinion … mais bon il n’ont pas encore l’air complètement gâteux non plus ! De toute façon, ce sont eux qui sont montés au créneau en premier.

J’ai bien aimé Lindzen : « de toute façon, je n’ai jamais eu confiance dans les températures ! »

50.  Araucan | 13/12/2009 @ 20:18 Répondre à ce commentaire

jmr (#48),

Regardez dans les commentaires , il y a un très bon commentaire de miniTax ….

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